Comment aborder les régimes vegans à la lumière de la Bible? (Episode 67)

Dans l'épisode 67, Florent Varak répond à une question sur la vision biblique des régimes végétariens stricts (vegans). Il se base alors sur 1 Timothée 4.1 pour rappeler que toute création est bonne et qu'aucun mérite ne vient par un régime alimentaire particulier. Il aborde ensuite le véganisme associé aux religions orientales, et la différence entre les animaux dans la vision biblique et dans les visions orientales. Il conclut en donnant des conseils pratiques pour discuter avec une personne qui pratiquerait le véganisme pour des raisons spirituelles.

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La question est posée : bonjour cher frère, un de nos enfants a pris la décision de manger végétarien et aussi vegan. Il rejette l’Évangile entendu depuis sa plus tendre enfance, et nous avons aussi appris qu’il pratiquait le yoga. Comment aborder avec amour ce sujet par rapport à la Bible, et que dit la Bible sur ce régime alimentaire ? Merci beaucoup de votre réponse. Très fraternellement.

Alors c’est une question qui me touche beaucoup, parce que lorsque j’étais enfant, mes parents étaient végétaliens, ce qui est l’équivalent de l’époque du régime Végan : pas de produits animaliers, comme la viande bien entendu, mais pas non plus de produits dérivés comme les œufs ou le fromage. Et donc ce régime strict peut avoir des conséquences, et selon que la question est posée par rapport à un enfant ou par rapport à un adulte, l’aspect médical doit être souligné. Ce n’est pas un aspect qui fait partie de la question, et je ne suis pas non plus qualifié pour en parler, mais quand même, il faut souligner qu’un tel régime peut avoir des conséquences néfastes lorsqu’il s’agit d’un petit enfant et qu’il faut être prudent. Il faut être vigilant sur cet aspect, parce que le manque de protéines chez une personne adulte va générer une certaine distance avec la prise en compte de la réalité, et parfois les parents ne se rendent pas toujours compte de ce que ça peut engendrer au niveau de leurs enfants. Donc ça c’est à voir avec un médecin ou avec des personnes qui sont nutritionnistes ou autre.

Moi je voudrais aborder la question comme elle est posée, c’est-à-dire par rapport à la Bible et comment aborder cette question de régime alimentaire. Il y a un texte de l’apôtre Paul qui parle de façon assez vive de ces choix là. Je vais en parler pour toi dans ta réflexion, et c’est également pour l’instruction générale sur ce qui est dit là, et ça ne sera certainement pas le premier point à aborder avec votre enfant ou ton enfant.

Donc voilà le texte qui nous est laissé en 1Timothée 4, c’est l’apôtre Paul qui écrit au verset 1 « Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons. Par l’hypocrisie de faux discoureurs marqués au fer rouge dans leur propre conscience. Ils prescrivent de ne pas se marier, et de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient pris avec actions de grâces par ceux qui sont fidèles et qui connaissent la vérité.Or, tout ce que Dieu a créé est bon, et rien n’est à rejeter, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces, car tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière.».

Je ne sais pas si tu as remarqué l’origine assez terrible de ce qui est dit à propos de ces efforts importants que peuvent être le rejet du mariage, que peuvent être le choix de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés, et l’apôtre Paul en parle ici comme des doctrines de démons.

Dans le contexte de l’époque, il faut vraisemblablement le comprendre comme une forme d’attachement à des régimes alimentaires judaïques en disant : “Si je m’abstiens de certains aliments, je serai plus proche de Dieu, et en étant plus proche de Dieu, je vais être plus méritant que ne le serait mon frère à mes côtés, ou bien en acceptant certains sacrifices, non pas d’une bonne manière parce que ça correspond à un appel de Dieu pour ma vie, mais le sacrifice du mariage, par une sorte de volonté de souffrir, et d’efforts qui vont à l’encontre de ma volonté, je vais obtenir un mérite supplémentaire auprès de Dieu.” En fait c’est en cela, que c’est une doctrine de démon. C’est que l’homme essaye, ou celui qui se croit chrétien essaye d’obtenir de la part de Dieu une plus grande sanctification, une sorte de nombre de points supplémentaires par ses propres efforts. Or l’Évangile, nous le savons, c’est vraiment pas moi qui me mets en avant, c’est plutôt moi qui reconnais mes déficiences et qui laisse Christ les remplir.

Cette substitution de Christ est celle qui me permet d’avoir de l’espoir, moi qui suis pécheur, moi qui suis faible, et je ne peux pas avoir confiance dans mes efforts pour lui plaire davantage. Dieu a fait tout le chemin pour que je sois pleinement accepté.

En cela, les régimes alimentaires qui visent à s’élever par rapport aux autres chrétiens, soi-disant, ou s’élever plus près de Dieu, soi-disant, encore une fois ce sont des régimes, ce sont des comportements qui n’ont rien compris à ce qu’est la grâce de Dieu qui nous accepte pleinement en vertu de mérite de Jésus-Christ. D’autres podcast parlent du salut, tu peux aller consulter et voir si tu veux des détails supplémentaires.

Je note également que, dans la plupart des cas des régimes du style végétariens et vegans sont pratiqués en référence à une foi qui est assez différente de la foi chrétienne, la foi biblique et qui fait état d’une croyance en la réincarnation. La réincarnation, disant,- selon les écoles de pensées il existe plusieurs modèles- que les êtres vivants progressent au fil de vie de mort – de vie de mort, de minerai à des plantes, de plantes à animaux et d’animaux à l’être humain. Et en cela, la valeur de l’animal est équivalente à la valeur d’un être humain. On ne va pas tuer une vache, on ne va pas tuer un rat, parce que c’est un être humain, peut-être qui est revenu en arrière pour ses mauvaises actions, ou en tout cas c’est un être vivant qui va progresser jusqu’à une existence humaine.

Et là, on est dans une spiritualité radicalement autre, parce que la Bible dit que l’être humain a été créé à l’image de Dieu, et que les animaux ne sont pas du tout dans ce statut, n’ont ni la même conscience, ni la même spiritualité, ni le même rapport à Dieu. En fait ils n’ont pas de rapport à Dieu, de ce que l’on peut comprendre des écritures, chose que peut avoir un être humain. C’est donc souvent un respect mal placé, quand ça va jusque-là, quand c’est associé à une spiritualité de style oriental, parce que la Bible nous présente la vie comme étant une seule vie;  et se dit en Hébreux « il est donné à l’homme de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. ». Il n’y a pas de multiples réincarnations, et donc il n’y a pas non plus à craindre en mangeant d’un animal de faire du mal à une vie équivalente à l’être humain.

Je note d’ailleurs que dans certains de ces pays c’est assez tragique, il y a des hommes et des femmes qui meurent de faim, alors qu’ils sont entourés de plein d’animaux dont ils pourraient profiter, mais ils refusent de tuer les rats qui mangent des cultures céréalières entraînant des famines qui sont terribles. Donc c’est parfois très grave, très lourd de conséquences d’avoir cette conviction, même si c’est probablement pas le cas dans notre pays pour ceux qui souhaitent le faire.

D’ailleurs, certaines fois des gens adoptent des régimes pour des raisons strictement alimentaires, de gêne alimentaire, qu’ils estiment préférable. Voilà pour des raisons personnelles qui ne sont pas liées à ce type de spiritualité. Donc voilà un peu le tableau qui émerge de 1 Timothée 4.

Je voudrais relever un deuxième point, puisque la question c’est comment lui parler, c’est que l’objectif n’est pas de changer de régime encore une fois, sauf pour des raisons médicales, si notamment les enfants sont en danger à cause de ce type de régime, mais l’objectif n’est jamais de changer de régime parce que ce n’est pas un régime alimentaire qui nous approcherait de Dieu ou qui nous éloignera de Dieu. 1 Corinthiens 8.8 nous dit « Ce n’est pas un aliment qui nous rapprochera de Dieu: si nous n’en mangeons pas, nous n’avons rien de moins; si nous en mangeons, nous n’avons rien de plus. ».

C’est donc très important de réaliser que l’objectif de la conversation ce n’est pas que ton fils change de régime, parce que même si il changeait de régime et adoptait le tiens, il ne serait pas plus proche du Seigneur, il ne serait pas plus dans une relation satisfaisante avec Jésus-Christ et surtout dans une relation salvatrice avec Jésus-Christ.

Donc c’est mon troisième point, l’objectif c’est de connaître Jésus et de suivre l’Évangile. Le problème c’est qu’en focalisant son attention sur un régime alimentaire, vous risquez de perdre cette relation qui est probablement déjà fragilisée par vos différences de perspective. Et la question devient donc : comment gagner son enfant adulte ou avec des convictions alimentaires très fortes, même avec des convictions qui sont liés au yoga qui seraient très fortes. Paul nous dit en 1 corinthiens chapitre 9 que nous devons tout faire pour essayer de ressembler à ceux que nous voulons atteindre avec la grâce de Jésus Christ.

C’est-à-dire que : on doit devenir juifs avec les juifs, païen avec les païens, péché excepté bien sûr, mais qu’on doit vraiment tenter de ressembler en tous points à ceux que nous aimons et que nous voulons toucher avec l’Évangile. Et donc l’encouragement que je te laisse ce serait de tout faire pour pouvoir le rejoindre dans ses préoccupations, de tout faire culturellement, de tout faire dans ses goûts pour qu’il voit qu’il y a de l’amour et du respect pour sa perspective, qui n’est certainement pas la tienne, mais qui ne « mange pas de pain » si je voulais utiliser cette expression

Quatrième remarque, parler de Jésus ne peut avoir lieu que quand on a montré l’amour de Jésus, et notamment dans les familles où tout a déjà été dit. J’imagine que vous avez eu de multiples fois des conversations autour de l’Évangile, autour de la personne de Jésus-Christ et si tout était dit, je ne sais pas ce qui pourrait être dit de plus si ce n’est d’aimer.

D’aimer et de trouver les moments, et d’attendre et de prier pour des moments où la personne sera confronté à l’échec de sa spiritualité alternative. Je me souviens d’amis qui avaient commencé la méditation transcendantale (c’est une autre pratique, une autre dimension) et vraiment c’était très apaisant. C’est très apaisant, ils en étaient heureux et ils en parlaient avec beaucoup de ferveur, c’était un bienfait pour la vie. Le problème c’est qu’au début c’était 20 minutes par jour, et que ça leur donnait vraiment un boost pour leur existence, et puis ensuite c’était une heure par jour, et ils se rendaient compte qu’ils étaient dans un schéma qui prenait leur vie, leur cœur, leur âme et que c’était pas aussi libérateur qu’ils ne l’anticipaient, et qu’ils l’imaginaient au début de la pratique.

Je crois que c’est ça qu’il faut attendre, c’est qu’à un moment donné, ça va montrer les limites de ce qu’il cherche, et c‘est là où peut-être la réflexion, la discussion sur Jésus-Christ va être la plus appropriée. Mais en attendant cela, il faut faciliter l’expression de l’amour, parce que finalement c’est toujours ça.

Le chrétien devrait se distinguer par cette attention de l’autre, et moi je pense que le mieux ce serait que tu accueilles ton fils avec le même régime quand il vient chez toi. Même si tu n’es pas d’accord parce que c’est secondaire. C’est secondaire, le même régime, essayer d’aller le plus loin possible pour lui plaire et pour lui montrer que tu n’es absolument pas contre lui et contre sa perspective, parce que tu es pour Jésus Christ qu’il ne connaît pas encore, et que ça c’est tellement, tellement plus fort qu’un régime alimentaire. Et c’est tellement, tellement plus satisfaisant qu’un régime alimentaire.

Il faudrait que tu puisses lui montrer que tu n’es pas dépendant d’un régime alimentaire pour ta propre satisfaction, parce que nous avons tout pleinement Jésus-Christ nous dit Colossiens.

Donc, c’est au travers de cette relation avec Christ qu’on a tout ce qu’il faut, et que le régime alimentaire n’est vraiment pas un problème, ce n’est pas un enjeu, dans un sens ou dans l’autre, prendre quelque chose et ne pas prendre quelque chose. Et à un moment donné, tu pourras peut-être placer que Jésus est vraiment le pain de vie, la vie qui rassasie. Il n’est pas un régime alimentaire, il est l’aliment par excellence qui donne le goût, la saveur à la vie et ça sera probablement un meilleur gain que d’essayer d’argumenter sur les bienfaits de tel ou tel régime.

Il faudra probablement t’armer de beaucoup de patience et de temps, de prier énormément pour que le Seigneur se révèle un jour à sa conscience et à son cœur, et qu’il réalise à quel point il y a une satisfaction profonde dans cette relation à Jésus-Christ. Tu as posé dans ta question la question du yoga. Ça mérite une réponse indépendante et ce sera pour un autre podcast. En tout cas, j’espère que ça a répondu à ton attente, et je me joins à la prière pour que ça puisse avoir un impact dans la vie de votre famille.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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