Comment faire face à l’anxiété? (Épisode 212)

Face à la crise à laquelle nous faisons face, comment ne pas s'inquiéter, ressentir de l'angoisse et de l'anxiété? On peut trouver à gauche et à droite des petits pansements pour trouver la paix, mais ici Florent Varak nous conduit vers la seule et unique solution durable et ultime: Jésus Christ.

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Transcription :

« Cette transcription vous est proposée par les bénévoles de Toutpoursagloire.com. Nous cherchons à garder le style oral des épisodes pour ne pas déformer les propos des intervenants. De même, nous rappelons que ces transcriptions sont mises à disposition mais que les paroles de l’auteur (podcast et vidéo) restent la référence. N’hésitez cependant pas à nous signaler toutes erreurs ou incohérences dans cette transcription. Merci d’avance. »

Bonjour à tous!

Nous sommes le troisième jour après cette déferlante qui balaye la France et qui oblige beaucoup d’entre nous, peut-être tout le monde ici, à être dans une situation de confinement. Et j’imagine que ça suscite un peu d’anxiété donc je voulais parler de l’anxiété. C’est parfois des questions que l’on a, qui reviennent sur le site de ToutPourSaGloire.com. Comment faire face à l’anxiété ?

Un sondage que j’ai consulté sur Statista révèle que, au 15 mars (donc il n’y a pas si longtemps que ça), 74% des Français étaient plutôt inquiets, voire tout à fait inquiets. Je comprends, je peux m’identifier bien sûr à cette nouvelle réalité et tous les sentiments que cela génère.

  • Inquiétude parce que c’est nouveau pour notre génération. Il faut bien réaliser, par contre, que les générations précédentes ont été confrontées très souvent à des situations de pandémies, différentes, bien sûr, mais que ça a été une situation assez fréquente de l’histoire du monde.
  • Parfois, c’était d’autres événements qui suscitaient l’anxiété: ça pouvait être la venue d’une armée, ça pouvait être les bruits de guerre qui se rapprochaient… Tant de situations suscitent la crainte évidemment ou révèlent que nous ne contrôlons pas les choses de notre vie et de notre monde.
  • Parfois, l’angoisse peut être aussi suscitée par le fait que c’est un virus nouveau dont on ne connaît pas encore tous les paramètres: s’il sera saisonnier, s’il sera traitable, s’il sera facilement gérable par un vaccin.
  • Angoisse il y a aussi parce que c’est une épidémie qui est mondiale. Avec l’information en temps réel, nous savons que cette réalité touche tous les pays, les uns après les autres, et ça crée une sorte de chambre d’écho qui amplifie la perspective, perspective que nous ressentons évidemment alors que nous entendons toutes ces choses.
  • Parce que aussi la propagation est très rapide: le virus touchera vraisemblablement la moitié de la population. Même si vraiment on peut être reconnaissants car pour la plupart des malades, ce ne sera pas vraiment un problème. Mais pour une petite partie de la population (1, 2, 3%, les chiffres diffèrent d’un site à l’autre), ça pourra être tragique et donc forcément, ça suscite l’inquiétude pour nous-mêmes ou pour nos proches. Je dirais plutôt surtout pour nos proches.
  • Et puis, enfin, il y a angoisse parce que certains d’entre nous avons un tempérament anxieux. C’est pas tout à fait mon cas mais je peux m’identifier. Il y a autour de moi des gens qui le sont et je sais combien c’est difficile de faire face à cette angoisse déjà existentielle préexistante, à laquelle s’ajoute cette réalité d’une situation qui peut devenir tragique assez rapidement.

Avec tout ce que je viens de dire, bien sûr, et tout ce que l’actualité nous rapporte, cela nourrit cette anxiété. Et cette anxiété, il faut bien le reconnaître, peut asphyxier bien plus sérieusement que le virus. Comment calmer cette angoisse? Comment apaiser des pensées en boucle que l’on n’arrête pas de ressasser, et qui peuvent être aggravées par le confinement, notamment si vous êtes seul? C’est pas évident.

Je viens d’avoir une vidéoconférence avec 4 des leaders de notre mission. Le directeur de notre mission disait: « Whaou, ça fait tellement de jours que je suis concentré sur ce sujet, j’ai besoin de faire autre chose! » Et il essayait justement de sortir un peu de cette boucle. Il a le privilège de pouvoir le faire parce qu’on n’est pas tous dans des professions médicales où aujourd’hui, bien sûr, nos amis sont au feu et aux fourneaux. C’est vraiment l’occasion pour nous de prier pour le personnel médical sollicité, qui prend parfois des risques pour le bien-être des autres. Chapeau bas pour tous ceux qui mènent ce combat de là où ils sont. Je veux vraiment prier qu’ils soient renouvelés, fortifiés, qu’ils puissent (pour ceux qui sont chrétiens) garder leur regard sur Christ, puis accomplir leur travail comme un acte d’adoration dans le sens où ils exercent de la part de Dieu ce qui a été l’une des activités les plus chères à Jésus-Christ, celle de guérir, celle de soigner. C’est donc quelque chose de remarquable!

Je suis conscient qu’en 15-20 minutes maximum de podcast, je peux pas gérer la question de l’anxiété. Tu penses bien que ça fait l’objet parfois de thérapies très longues pour ceux et celles qui en sont les victimes. Mais je voudrais proposer quelques remarques. Certaines seront de bon sens et d’autres seront peut-être plus nouvelles, mais elles permettront de faire face à cette anxiété. J’espère en tout cas avec une diminution de l’intensité que tu peux ressentir, que vous pouvez ressentir là où vous écoutez ce podcast.

La première chose c’est que je crois que c’est utile de connaître les faits. La peur augmente avec l’ignorance, et dans l’ignorance, des informations erronées deviennent principales, et des informations utiles pour contrer la peur, sont ignorées.

J’ai lu le discours qu’a donné le Général Patton (je lisais sa biographie) avant une bataille majeure. Il s’adressait à l’ensemble de ses soldats. Ce n’était pas un homme qui était très tendre, il n’avait pas vraiment de compassion particulière. C’était réellement un guerrier. Je n’ai rien à dire à ce sujet mais ce qui m’intéresse, c’est la manière dont il parlait à ses soldats. Je ne peux pas m’imaginer ce que doit être le sentiment que l’on éprouve lorsque l’on n’est pas un soldat professionnel, mais probablement même lorsqu’on est un soldat professionnel, à la veille d’une bataille majeure. J’imagine l’anxiété, l’angoisse et la perspective qui s’annoncent. Patton disait dans le style très direct qu’on lui reconnaît: « Sachez que seulement 10% d’entre vous mourront au combat.” Ce chiffre m’a surpris. Je ne l’ai pas vérifié, je ne sais pas si c’est une réalité statistique sur l’ensemble des batailles et des combats de la deuxième guerre mondiale, si c’était spécifique au type de bataille qu’il menait en ce moment-là. Je ne me souviens plus trop du contexte de cette citation. Je ne suis pas sûr que ce soit très encourageant, mais quand même! Ça donnait un peu de perspective par rapport à ce que peut être une bataille qui forcément sera sanglante. Le fait de le savoir peut aussi donner un petit peu de recul par rapport à une perspective que l’on veut ou que l’on pense peut-être totalement obscure.

Donc connaître les faits, ça aide aussi un petit peu à relativiser les choses. Un peu. Ce n’est pas l’essentiel de ce que je vais aborder. Par rapport à ce virus, il semble que 40 à 60% de la population sera affectée et que pour 80% de ces personnes, ce sera totalement bénin. C’est pas rien! Alors bien sûr, c’est tragique parce que, pour un certain nombre de malades, l’issue pourra être fatale. Je suis conscient d’être maintenant une personne à risque puisque j’ai de l’asthme depuis cinq mois et ça change aussi la donne. Mais en même temps, il faut regarder les choses avec une information qui permet de dire: « Voilà, on n’est pas dans une plaie de proportions bibliques (dans le sens qui emporte 10, 20, 30, 40, 50% de la population). On est sur des situations qu’il nous faut regarder avec une certaine retenue.”

Je voudrais aussi remarquer que les médecins ont identifié des gestes simples qui permettent de se protéger. Les gestes simples, ils ont été évoqués tellement souvent que je ne veux pas vous faire l’affront de l’évoquer à nouveau. Mais ça veut dire que j’ai aussi une responsabilité: une responsabilité aimante vis-à-vis de moi-même, vis-à-vis des autres et que je peux la mettre en pratique pour éviter que le pire ne se produise. Je crois que c’est important non seulement aussi pour éviter la surcharge terrible des personnels de santé, de pouvoir entendre les instructions du gouvernement, de pouvoir entendre les instructions et les recommandations des médecins pour les vivre.

J’ai été absolument désolé d’apprendre que, dans certaines banlieues, des jeunes insouciants disaient « Hof! »… enfin, ils prenaient les choses à la légère. Probablement qu’eux-mêmes ne seront pas affectés mais ce qu’ils vont faire, c’est qu’ils vont transmettre la maladie à d’autres qui vont se retrouver, évidemment, en situation de grande souffrance. Certains de leurs proches partiront et d’autres, qui ont vécu dans des conditions un peu plus respectueuses du cadre imposé par les autorités sanitaires, seront empêchés de bénéficier de soins. Donc cette attitude est un peu irresponsable. Avoir les bonnes informations permet de développer des bons comportements et permet aussi de pouvoir relativiser et apaiser les choses.

Deuxième remarque: aimer, c’est aussi un des moyens d’oublier un petit peu sa peur et de s’oublier soi-même. Je vais lire le texte rédigé par l’apôtre Jean qui nous dit la chose suivante: « Voici comment l’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement: tel il est lui, tels nous sommes aussi dans ce monde. Il n’y a pas de crainte dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n’est point parfait dans l’amour. Pour nous, nous aimons, parce que lui nous a aimés le premier. »

Tout au long de cette lettre, l’apôtre Jean souligne les marqueurs d’un chrétien authentique. Le marqueur par excellence, c’est l’amour. C’est-à-dire qu’une personne qui a donné sa vie à Jésus-Christ ou plutôt une personne qui a été envahie par la vie de Jésus-Christ, à un moment donné dans sa vie, ça se voit entre autres et notamment par l’amour qu’elle manifeste: l’amour pour Dieu, l’amour pour son prochain, le souci de l’autre. On ne peut pas être chrétien et devenir un homme méchant, c’est un non sens! On ne peut pas être chrétien, disciple de Christ et devenir quelqu’un qui déteste facilement ou qui maintient de l’amertume à l’égard d’un autre, ce n’est pas possible! Et ce que j’observe ici c’est que, aimer, ça chasse la crainte. Alors bien sûr, il y a ici la notion de crainte du jugement. Il faut bien réaliser que nous sommes tous mortels et que nous sommes toujours en situation de séparation d’avec Dieu, donc il y a vraiment quelque part matière à avoir une anxiété plus profonde que celle suscitée par ce simple virus. Mais l’amour chasse la crainte! Je veux croire que c’est aussi un principe parce que la crainte c’est une forme de protection de soi, c’est une forme aussi d’un centrage sur soi. L’amour, c’est une façon de sortir de sa préoccupation centrée sur soi-même pour pouvoir regarder au-delà et regarder aux autres. Et ça, soudainement, ça nous décentre de nous-mêmes et donc, c’est quelque chose qui peut nous aider.

Premièrement, avoir les bonnes informations et deuxièmement, chercher à aimer pour s’oublier un peu.

Comment aimer? C’est prendre des nouvelles des autres, c’est chercher à encourager les autres, c’est chercher à rendre service quand c’est possible. C’est aussi contacter les personnes isolées autour de toi qui ont besoin d’aide et peut-être que tu peux t’appliquer à prier pour elles ou être en connexion avec elles. C’est peut-être faire des courses pour les personnes âgées, faire des courses pour ces personnes qui sont malades tout en maintenant les distances de sécurité, ça fait partie des choses qui sont possibles. Ou bien ajouter à tes propres courses, les courses de ceux et celles qui en auraient besoin. Bref, l’amour chasse la crainte.

Troisième remarque: avoir Dieu pour refuge. La forme la plus puissante pour vaincre la peur, je trouve, c’est d’avoir Dieu pour refuge. Alors attention, avoir Dieu pour refuge, ce n’est pas avoir Dieu pour talisman! Il n’y a absolument aucun verset dans l’Écriture stipulant que si Dieu est dans notre vie alors il va nous préserver des problèmes, des malheurs, des maladies… Ça, c’est du roman, c’est de l’idéologie! Ça ne veut pas du tout dire ça, avoir Dieu pour refuge! Je vais expliquer ce que cela veut dire. Mais ce n’est pas un talisman! Cela signifie que Dieu va actualiser nos vies de telle sorte que quelles que soient les difficultés que nous traversions,, il va se trouver suffisant pour nous les faire traverser.

C’est le connaître déjà, parce que ça achève notre humanité, ça complète notre humanité. Nous sommes un peu comme un jouet, inerte, quand nous naissons à l’existence, et lorsque Dieu rentre dans nos vies, c’est un peu comme si des piles étaient mises et donnaient vie à cette matière un peu inerte que peut être un jouet sans pile. Je pense à ce que Augustin disait, c’est un sage des temps passés, dans le contexte de l’Église catholique, il s’est exclamé: « Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. » Il y a quelque chose de l’ordre de l’anxiété générale, normale, absolument normale. On vit, on meurt, notre vie est courte, elle est souvent parsemée de souffrance. Nous voyons des gens partir et « Tu nous as fait pour toi, Seigneur », le fait de rechercher, le fait de le trouver ou d’être trouvé par lui, fait que soudainement, l’existence a beaucoup plus de sens dès qu’il y a un repos.

Alors comment ça se passe? La Bible en parle de différentes manières, elle utilise différentes métaphores et elle y associe un certain nombre de promesses. Et je voudrais les parcourir avec toi parce que trouver en Dieu un refuge, je trouve que c’est vraiment l’élément central pour faire face à une situation comme celle-ci qui est tragique mais qui met en lumière nos faiblesses. Nous pensions, nous en Occident, que nous étions au contrôle de tout, alors que dans d’autres pays, on est vraiment beaucoup plus humbles et beaucoup plus réalistes sur la fragilité de la vie. Voilà que cette pandémie vient balayer nos assurances, nos fortunes, nos assises… et c’est l’occasion de réfléchir au sens de la vie.

Un jour, Jésus dit à Nicodème, un religieux engagé dans la politique de son état, et je cite: « En vérité je te le dis, si un homme ne naît de nouveau il ne peut voir le royaume de Dieu. » Et un petit peu plus loin dans le texte: « Vraiment, je te l’assure, reprit Jésus, à moins de naître d’eau, c’est-à-dire d’Esprit, personne ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui naît d’une naissance naturelle, c’est la vie humaine naturelle. Ce qui naît de l’Esprit est animé par l’Esprit. » (Jn 3.6)

Qu’est-ce que Jésus veut dire ici? Il dit qu’on a besoin d’une nouvelle naissance, de passer à un niveau supérieur de vie. Par nos parents, nous naissons à l’existence, une existence matérielle, une existence formidable. Je ne veux vraiment pas la minimiser, elle est magnifique avec toutes les opportunités qu’elle nous donne: l’opportunité d’aimer, de profiter de la vie… Et en même temps, cette vie est marquée par la mort et par la faiblesse, la dégénérescence de nos cellules qui commence très tôt. Jésus nous dit: « Mais tu sais, même si on peut avoir réussi dans la vie (et c’est certainement le cas de cet homme Nicodème), même si on peut être un grand religieux, un homme d’État, il faut quand même renaître, naître d’en haut, naître de nouveau. »

Une nouvelle naissance, ça évoque vraiment un changement radical d’identité parce que, on réalise avec l’expérience… enfin, je ne sais pas quel est ton âge si tu m’écoutes, mais j’ai bientôt 54 ans. Je réalise que c’est super difficile de changer. On peut changer l’extérieur, on peut changer un peu de son comportement, on peut changer certaines habitudes, on peut aussi changer ses fréquentations… On peut changer un certain nombre de choses extérieures à nous-mêmes presque. Mais il est impossible de se changer soi-même, de se changer au plus profond de notre être, de se changer dans notre identité! Et l’Évangile, c’est Dieu qui propose d’envahir nos cœurs pour nous faire rentrer dans une autre dimension. C’est tellement apaisant que l’apôtre Paul en parle en 2 Co 5.17, comme le fait de « devenir une nouvelle créature »!

Trouver en Dieu un refuge, c’est vraiment se laisser transformer de l’intérieur parce que Dieu vient remettre de l’ordre là où il y a du désordre. Le mécanisme de cette transformation réside dans le fait que Dieu a regardé notre misère et qu’il est venu en Christ pour nous réconcilier avec lui. J’utilise le terme réconciliation, c’est un autre grand thème. Celui de la nouvelle naissance, la régénération, est l’un des thèmes, l’une des métaphores de cette rencontre avec Dieu, le fait de trouver en lui un refuge. Un autre thème, c’est la notion de réconciliation. Ce langage de réconciliation suppose que nous sommes en conflit avec Dieu. Nous sommes en conflit parce que nous avons choisi notre indépendance. Dieu nous a donné des lois qu’on ignore pleinement et j’ai trouvé assez ironique et remarquable d’illustrations ce qui s’est passé récemment.

Quelle que soit la considération politique, si tu connais les écrits que j’ai rédigés notamment L’Evangile et le citoyen, je ne milite absolument pas pour la défense d’une perspective politique. Je crois que l’Église a un autre langage que le langage politique. Je dois dire que j’ai apprécié la manière dont notre président, le Président Macron, a pris la parole pour pouvoir donner quelques directives. Ce qui était incroyable, c’est qu’il a donné des directives utiles, bonnes, qui permettent le salut du plus grand nombre, et qu’elles ont été totalement ignorées. Alors, le gouvernement semble avoir envoyé Édouard Philippe, et cette fois-ci, c’était pas sous l’angle du président bienveillant qui conseille mais sous l’angle du ministre qui exige, pour un peu secouer les gens qui ne prenaient pas conscience du danger.

Deuxième intervention, deuxième intervention inutile. Il n’y avait aucune réponse obéissante, en quelque sorte, à ces instructions. Et finalement, c’est un peu comme ça la loi de Dieu. La loi de Dieu, elle est bonne, elle nous demande d’aimer Dieu de tout notre cœur, d’aimer notre prochain comme nous-même. Elle nous demande un certain nombre de choses morales que tu peux rencontrer dans les 10 commandements: avoir un seul Dieu devant sa face, ne pas adorer des idoles, des images, respecter ses parents, ne pas commettre d’adultère, ne pas tuer, etc. 10 commandements! Ils sont bons pour nous, ils sont bons pour la société, ils sont bons pour la vie et on est incapable de les vivre. Et même souvent on en arrive à les rejeter et à vivre de façon indépendante.

C’est pour ça que Dieu vient nous réconcilier parce que, franchement, à ses yeux, nous sommes ennemis, nous sommes ennemis de Dieu. C’est Christ qui nous tend la main et Jn 5.24-25 nous dit ceci: « Oui, vraiment, je vous l’assure (c’est Jésus qui parle): celui qui écoute ce que je dis et qui place sa confiance dans le Père qui m’a envoyé, possède, dès à présent, la vie éternelle et il ne sera pas condamné; il est déjà passé de la mort à la vie. Oui, vraiment, je vous l’assure: l’heure vient, et elle est déjà là, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et tous ceux qui l’auront entendue vivront. »

Tu réalises à quel point c’est apaisant? C’est apaisant parce que nous passons de la mort à la vie. Mieux, nous avons plein de promesses associées à cette rédemption. J’aimerais que l’on voit quelles sont les conséquences de cette intervention: trouver en Dieu son refuge, c’est trouver en Dieu son refuge dans toutes les circonstances de la vie y compris celles qui sont les plus dévastatrices, qui sont les circonstances de la mort! Parce que, au-delà de la mort, il y a Christ qui nous prépare une place et Christ qui a inauguré le chemin en sa mort et sa résurrection et il y a un vrai repos à considérer qu’il est notre refuge.

Alors ce sera la troisième parade contre l’angoisse: méditer sur Christ et sa rédemption. Peut-être que tu as déjà compris les deux précédents, peut-être que tu as déjà une relation avec Dieu, peut-être que tu as déjà fait la part des choses entre l’information et l’intox que l’on peut entendre ici et là. Et en même temps, maintenant, c’est vraiment le moment de méditer sur la richesse de la rédemption qui est associée à notre vie avec Christ.

Je suis confiné, je dois pas mal bosser en ce moment. On a des équipes partout dans le monde et il y a des situations qui sont à gérer, des encouragements ou des orientations que l’on essaie de donner… Je suis donc bien occupé comme toi probablement derrière l’ordinateur. Mais c’est bon le matin, comme ça, de pouvoir réfléchir au salut, à ses applications et de noter ses réflexions pour qu’elles puissent susciter une autre manière de penser que celle que l’anxiété veut mettre en nous. Je vais lire sans trop commenter (bon, je suis un peu bavard donc, je donnerai quelques commentaires ici et là) certaines choses que Jésus dit, l’apôtre Paul dit, l’apôtre Jean dit, et puis j’espère que tout cela sera pour toi source d’encouragement pour faire face à l’anxiété.

Voilà ce que Jésus dit, par exemple, en Jn 10.28-29 (paraphrase): « À ceux et celles qui se sont laissé réconcilier avec Dieu, qui ont réalisé que Christ était leur réparateur, leur pardonneur, leur libérateur, leur sauveteur. À ceux qui ont réalisé qu’il était l’envoyé du Père promis dès les temps anciens. » Dans l’Ancien Testament, il y a plus de 300 allusions aux prophéties annonçant le Messie: il est le Messie annoncé! Certains disent: « Mais il ne peut pas être le Messie annoncé parce qu’il n’y a pas la paix sur terre”. Pour avoir la paix sur terre, il ne faut pas simplement enlever les armées et imposer un gouvernement, il faut changer les cœurs! La première partie de cette paix messianique vient dans le changement des cœurs avec une nouvelle alliance promise en Jérémie 31, stipulant que ce Messie prendrait nos péchés en Ésaïe 53, et qu’il viendrait mourir à notre place, comme le dit aussi Za 12.10 et également le Psaume 22.

Et à toutes les personnes qui l’ont reconnu, voilà ce que Jésus dit: “Je leur donne la vie éternelle: jamais elles ne périront,personne ne pourra les arracher de ma main. Mon Père qui me les a données est plus grand que tous,et personne ne peut arracher qui que ce soit de la main de mon Père. » Jn 10.28-29.

Extraordinaire texte qui nous rappelle à quel point, quand Jésus vient nous réconcilier avec lui, c’est définitif! Il nous tient dans sa main, personne ne pourra nous arracher de sa main. Aucun virus ne pourra nous arracher de sa main, aucune expérience humaine, aucune violence, situation hors de son contrôle… ne pourra nous arracher de sa main! Voilà ce que l’apôtre Paul dit dans un texte qui est d’une richesse qui mériterait que l’on passe des heures ensemble. Nous n’avons pas des heures, je te rassure, mais je vais le lire. Je vais essayer de le lire lentement, et j’espère que tu peux t’en imprégner pour contrer cette anxiété qui, peut-être, est née en toi.

C’est Rm 8.28: « Nous savons en outre que Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment, de ceux qui ont été appelés conformément au plan divin. En effet, ceux que Dieu a connus d’avance, il les a aussi destinés d’avance à devenir conformes à l’image de son Fils, afin que celui-ci soit l’aîné de nombreux frères. Ceux qu’il a ainsi destinés, il les a aussi appelés à lui; ceux qu’il a ainsi appelés, il les a aussi déclarés justes, et ceux qu’il a déclarés justes, il les a aussi conduits à la gloire. Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous? Lui qui n’a même pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait-il pas aussi tout avec lui? Qui accusera encore les élus de Dieu? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera? Le Christ est mort, bien plus: il est ressuscité! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous. Qu’est-ce qui pourra nous arracher à l’amour du Christ? La détresse ou l’angoisse, la persécution, la faim, la misère, le danger ou l’épée? Car il nous arrive ce que dit l’Écriture: À cause de toi, Seigneur, nous sommes exposés à la mort à longueur de jour. On nous considère comme des moutons destinés à l’abattoir. Mais dans tout cela nous sommes bien plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’absolue certitude: ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni ce qui est en haut ni ce qui est en bas, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous arracher à l’amour que Dieu nous a témoigné en Jésus-Christ notre Seigneur. » Rm 8.28-39.

Des paroles comme ça sont à lire et relire et à réaliser à quel point Dieu s’est impliqué pour nous sauver, nous arracher de la mort à la vie. L’apôtre Jean dit: « Et qu’affirme ce témoignage? Il dit que Dieu nous a donné la vie éternelle et que cette vie est en son Fils. Celui qui a le Fils a la vie. Celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Je vous ai écrit cela, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au Fils de Dieu. » 1 Jn 5.11-13.

On voit que cette vie éternelle est associée non pas à une doctrine, elle est associée à une personne: « Celui qui a le Fils de Dieu, il a la vie. » Ce n’est pas associée à une église, qu’elle soit catholique, protestante, c’est associé à une personne, Jésus-Christ. Lui, il est mort pour nos péchés, pour nous libérer de nous-mêmes et pour nous offrir un plein pardon.

Voilà ce l’apôtre Pierre dit: « Loué soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Dans son grand amour, il nous a fait naître à une vie nouvelle, grâce à la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour nous donner une espérance vivante. Car il a préparé pour nous un héritage qui ne peut ni se détruire, ni se corrompre, ni perdre sa beauté. Il le tient en réserve pour vous dans les cieux, vous qu’il garde, par sa puissance, au moyen de la foi, en vue du salut qui est prêt à être révélé au moment de la fin. Voilà ce qui fait votre joie, même si, actuellement, il faut que vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves: celles-ci servent à éprouver la valeur de votre foi. Le feu du creuset n’éprouve-t-il pas l’or qui pourtant disparaîtra un jour? Mais beaucoup plus précieuse que l’or périssable est la foi qui a résisté à l’épreuve. Elle vous vaudra louange, gloire et honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra. Jésus, vous ne l’avez pas vu, et pourtant vous l’aimez; mais en plaçant votre confiance en lui sans le voir encore, vous êtes remplis d’une joie glorieuse qu’aucune parole ne saurait exprimer, car vous obtenez votre salut qui est le but de votre foi. »

Je pourrais multiplier les exemples et chacun de ces passages pourrait être lu, relu, médité. Si tu souffres d’angoisse et d’anxiété et que tu es un disciple de Jésus-Christ, je t’encourage à les recopier, peut-être à les mémoriser ou, en tout cas, à les avoir prêts comme des appuis, comme des refuges.

Je termine avec quelques remarques. Je prie que ce soit pertinent. J’espère que tu as été réconcilié avec Dieu et que ça fait partie de ton expérience, c’est vraiment le plus important! Après, le reste, notre passage sur terre est très bref mais la vie que Christ propose est évidemment une vie qui est éternelle et donc, il faut vraiment réfléchir à ses applications. Prends le temps de lire un évangile, de le découvrir. Commence par l’évangile de Jean, par exemple, en te posant les questions: « Qui est Jésus? Qu’est-ce qu’il demande de moi? » Ce serait une très bonne première lecture et une première introduction à cela.

Alors voici quelques outils:

  • Je te conseille, bien sûr, de lire les articles qui sont proposés sur Toutpoursagloire.com ou bien Evangile21. Ce sont d’excellents articles ! Je viens de lire un article de Mike Evans: « Les 10 commandements concernant le coronavirus ». C’est un article remarquable, simple et concis!
  • LeBonCombat.fr, un excellent site de mon ami Guillaume Bourin avec son collègue Pascal Denault. C’est remarquable ce qui est proposé, il y a vraiment des ressources utiles.
  • Reveniralevangile.com, CreusonsLaBible.fr sont 2 autres sites que je connais moins mais qui ont d’excellentes ressources.

Parmi les livres que tu pourrais trouver:

  • Édouard Welsh, Quand je suis dans la crainte, publié chez Impact, ebook que tu peux obtenir directement.
  • Timothy Keller, Les idoles du cœur, tu peux le commander aux Éditions Clé. Ça montre quels sont les leviers de l’anxiété quand parfois on n’a pas nos yeux fixés sur Christ.
  • Puis si tu veux fonder et méditer sur la rédemption qui t’est proposée, toute la section sur le salut dans le livre d’Alain Nisus, Pour une foi réfléchie (alors attention, c’est un petit peu plus costaud), également en ebook publié à la Maison de la Bible. Il est aussi remarquable. Ça pourra vraiment nourrir le contenu de l’espérance qui est associée à la vie chrétienne et te donner des pistes doctrinales pour faire face aux assauts de la crainte et de l’anxiété.
  • Et enfin, je te propose d’écouter les groupes de musique suivants qui ont d’excellentes louanges: que ce soit Héritage, Impact, Antydot… vraiment de très bons groupes! Je ne dis pas qu’il n’y a que ces groupes-là, il y en a d’autres mais que je ne connais pas forcément et puis, la musique, ça touche aussi des goûts très différents. Il y a d’excellentes choses qui sont produites. Méfie-toi simplement, assure-toi que ce soit juste doctrinalement parce que, parfois, c’est un petit peu « olé olé » la louange contemporaine! Evangile 21 a proposé des choses super solides doctrinalement, que tu trouveras sur le site de Évangile 21 avec Hymnes 21.

Je te souhaite plein de courage pour la vague qui va passer et dont on va se relever. Il y en a eu plein dans le passé, il y en aura encore et puis un jour, bien sûr, le Seigneur reviendra établir son règne, on ne sait pas quand. Ça peut être demain, ça peut être dans 100 ans… ce n’est pas ça notre préoccupation! Notre préoccupation c’est de vivre avec Jésus aujourd’hui et de porter le témoignage de cette vie qu’il nous donne dans les circonstances qu’il permet que nous ayons.

Bon courage!

NB: Toutes les références bibliques citées proviennent de la version Semeur.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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