Le canon du nouveau testament est-il fiable? (Episode 65)

Cette semaine Florent Varak nous parle de la fiabilité du Nouveau Testament. Pour cela, il répondra à 3 questions : "Pourquoi le canon du Nouveau Testament ?", "Comment s'est-il constitué ?" et "Est-ce que des livres ont été retranchés ?".

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La question est posée : Le canon biblique est-il fiable ? Peut-on être sûr qu’aucun livre biblique n’a été rajouté ou au contraire qu’il n’en manque aucun ? Merci d’avance.

Alors le terme canon vient d’un mot grec qui signifie « règle » et dans le contexte de la Bible il vient à désigner l’ensemble des livres considérés comme divinement inspirés, dignes de figurer dans la Bible. On va concentrer notre attention dans les Ecritures du Nouveau Testament et si les questions sur l’Ancien Testament t’intéressent, je pourrais les aborder plus tard.

Quand on parle du canon du Nouveau Testament, on parle des 27 livres qui constituent le Nouveau Testament donc la deuxième partie de la Bible. Comme tu le sais il y a :

  • 4 Evangiles : Matthieu, Marc, Luc et Jean
  • 1 livre sur le début de l’Eglise : Actes
  • 13 lettres de Paul
  • 1 lettre d’auteur inconnu : l’Epitre aux Hébreux
  • 2 lettres des demi-frères de Jésus : Jacques et Jude
  • 2 lettres de Pierre
  • 3 lettres de Jean
  • Et puis l’Apocalypse de l’Apôtre Jean

Alors, j’ai dit que le terme canon signifie « règle » et cela convient parfaitement, car ces livres-là sont la mesure du christianisme, la règle du christianisme. C’est par ces livres que l’on mesure tout ce qui est réellement chrétien et que l’on peut éliminer tout ce qui ne l’est pas. C’est le référentiel absolu, incontournable. C’est Le livre des chrétiens.

Je vais répondre à trois questions sous-jacentes à celles que tu poses :

  • Pourquoi le canon ?
  • Qui a décidé de la constitution du canon ?
  • Est-ce que rien ne manque ou a été retranché ?

Alors pourquoi le canon ? Et bien deux raisons l’imposaient. D’abord connaître et transmettre ce qui était vrai, juste, authentique et puis rejeter, ou permettre de rejeter ce qui était folklorique ou erroné. Il faut te représenter un peu la situation du Nouveau Testament : Jésus naît dans un petit village, il a exercé un ministère dans un petit pays pour une petite population. Il n’y avait vraiment rien de très glorieux à ce moment-là de l’histoire d’Israël. Et dans l’histoire mondiale c’était très humble comme début. Il a nommé, formé douze hommes pour attester de sa vie et de son œuvre, ce sont les Apôtres. On sait que l’un d’entre eux, Juda, l’a trahi et il a accompli ainsi le plan éternel de Dieu. Jésus l’a remplacé avec celui auprès de qui il s’est révélé, l’Apôtre Paul, à mon sens le douzième Apôtre, puisque c’est quand-même une prérogative de Christ que de nommer les Apôtres. Ce sont ces hommes qui ont parlé de Jésus parce qu’ils l’avaient vu, parce qu’ils ont cheminé avec lui y compris l’Apôtre Paul qui fait l’objet d’une révélation toute particulière, miraculeuse : il nous est dit dans 2 Corinthiens qu’il est monté au ciel, qu’il a entendu des choses qu’il ne peut même pas évoquer et qu’il a vu le Christ ressuscité non seulement à sa conversion mais, semble-t-il, au moment d’une sorte de formation accélérée lors de son voyage exceptionnel dans le ciel, dans le paradis.

Ces Apôtres ont formé des gens, fondés des églises et ces églises avaient besoin de savoir plus précisément ce qu’il en était de la vie, de l’enseignement, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ et qui d’autre que des témoins oculaires étaient mieux placés pour en parler ? Donc tout à fait naturellement, les églises fondées par les Apôtres ont reçu et accepté assez facilement les écrits des Apôtres. Ils étaient eux-mêmes les témoins oculaires, ils ont entendu Jésus, ils ont parlé de Lui. En plus, et c’est l’une des garanties que nous avons que ce qu’ils nous ont laissé est fiable, Jésus leur a dit en Jean chapitre 14.26 « Mais le Consolateur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, c’est lui qui vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit. »

Donc il y a une promesse particulière en Jean chapitre 14.26 : les Apôtres se souviendront de ce qu’ils auront entendu et pourront le retranscrire en sorte que quand nous lisons ce qu’ils ont écrit, nous soyons assurés que cela est fiable. Donc les églises l’ont reconnu assez spontanément. C’est en quelque sorte la logique immédiate, historique de la réception des écrits des Apôtres.

Je suis conscient que je ne réponds pas encore à tous les aspects de la question. Mais le problème c’est que très vite, et même déjà du temps du Nouveau Testament (nous le voyons dans les mises en garde que nous trouvons en Jude ou bien en 1 Jean ou bien 2 et 3 Jean ou encore dans 2 Pierre) il y a des profiteurs itinérants qui ont flairé la bonne affaire. C’est assez tragique mais c’est universel, et c’est encore le cas aujourd’hui. Le religieux est toujours un bon moyen d’exploiter les gens crédules, donc là je ne parle pas des gens qui ont la foi en Jésus-Christ, mais des gens crédules et faibles. Et donc ces faux prophètes, ces faux enseignants se sont mis à voyager en enseignant des doctrines erronées et il fallait répondre à ces erreurs et c’est ainsi que très vite il y avait un besoin de savoir « Mais qu’est-ce qui est juste et qu’est-ce qui n’est pas juste ? ». Alors je t’ai dit que les Apôtres faisaient l’objet de la confiance un peu plus spontanée, naturelle des églises parce que la Bible dit aussi de leurs écrits qu’ils étaient inspirés. Tous les écrits ne le sont pas, mais certains de leurs écrits étaient inspirés.

C’est-à-dire que Dieu a supervisé la rédaction de ce qu’ils ont écrit de sorte que chaque mot de l’original correspondent exactement à ce que Dieu voulait dire. Ce processus d’inspiration garantit que ce qui a été couché par écrit sur les manuscrits originaux, sont exactement ce que Dieu voulait que nous connaissions. Ce processus est aussi évoqué dans plusieurs passages de l’Ecriture. On en a déjà évoqué lors des podcasts, mais en voici deux qui sont les principaux :

  • 2 Timothée 3.16 : « Tout Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, »
  • 2 Pierre 1.20-21 « 20 Avant tout, sachez qu’aucune prophétie de l’Ecriture ne peut être l’objet d’interprétation particulière, 21 car ce n’est nullement par une volonté humaine qu’une prophétie a jamais été présentée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu »

Paul considérait même que ce que Luc a écrit faisait déjà partie de l’Ecriture. Il en parle ainsi en 1 Timothée 5.18.

Donc nous croyons que Dieu a inspiré en partie les écrits de certaines personnes. Tu as remarqué que j’ai souligné « certains de leurs écrits ». Pourquoi je dis ça ? Nous savons que l’Apôtre Paul a rédigé des lettres qui ne sont pas dans le canon. Par exemple, il a écrit à Laodicée une lettre que nous n’avons pas. Colossien chapitre 4 verset 16 nous informe de cette lettre qui est perdue. Certains ont conjecturés que c’est la lettre aux Ephésiens qui était une sorte de lettre circulaire qui devait circuler en Asie mineur et au-delà, c’est possible mais une autre manière de le comprendre, et c’est à mon avis plus probable, c’est qu’il y avait bien une lettre que Paul a écrit à Laodicée, mais qui s’est perdue parce que Dieu n’a pas jugé bon que l’Eglise la retienne comme étant inspirée. L’Apôtre Paul a aussi écrit une lettre aux Corinthiens que nous n’avons plus (1 Corinthiens 5.9) pourquoi ? Parce que Dieu ne l’a pas inspirée et le processus général de sélection de ces écrits a fait en sorte que certains écrits soient trouvés dans ce qu’on appelle le canon et que certains autres ne se soient pas retrouvés dans le canon. Ce qui invite à une deuxième question : qui a décidé de ce canon ?

Quand on regarde l’histoire de l’Eglise, personne n’a vraiment décidé de ce qui faisait partie du canon, c’est-à-dire qu’il y avait un consensus assez naturel qui est allé crescendo au fil des années et qui nous montre que les Ecrits ont été spontanément acceptés par l’ensemble, ou presque, des églises. Je vais donner quelques précisions parce que tous les écrits n’ont pas été acceptés aussi facilement. Déjà tous les Ecrits qui étaient directement associés aux Apôtres ne posaient pas de problèmes. Mais il y avait quelques discussions, quelques incertitudes. Et ce qu’il faut remarquer c’est que les incertitudes des églises sont allées croissantes alors qu’on s’éloignait du 1er siècle. Sylvain Romerowski dans le livre qu’il a rédigé : Qui a décidé du canon du Nouveau Testament ?  (livre que je te recommande vivement de lire, un peu complexe parfois, il est très précis, détaillé mais il répondra beaucoup plus en détails à cette question) note ceci : « Les écrits discutés sont au nombre de sept : Hébreux, Jacques, 2 Pierre, 2-3 Jean, Jude et Apocalypse. On a des échos de doutes exprimés et de débats les concernant qu’à partir de la fin du 2ème siècle.

Jusqu’au milieu du 2ème siècle, on trouve des références et des allusions à ces écrits et leur autorité n’est pas mise en doute là où ils sont connus ». Je rejoins cette pensée, et ce qui lui fait dire cela c’est que les Apôtres eux-mêmes avaient attesté dès le début l’autorité des Ecrits dont ils avaient connaissance, mais qu’avec le temps ceux qui étaient plus distants soit géographiquement, soit de connaissance des Apôtres, ont été plus enclins à avoir des doutes ou des réflexions sur tel ou tel livre.

Par exemple Hébreux, on ne sait pas qui l’a écrit mais les noms qu’il mentionne, les situations, les théologies qu’il évoque pourraient vraiment le rapprocher de l’Apôtre Paul donc on pense à un collaborateur de l’Apôtre Paul. Mais la question, évidemment, ne se pose plus si l’un des Apôtres a dit, authentifié du temps de sa parution, de sa diffusion que c’était un livre qui était acceptable.

Donc pour résumer, les Apôtres ont été à la source de la plupart des écrits du canon. Les églises ont spontanément et naturellement acceptés ces écrits. A priori, il n’y a eu aucun doute sur l’ensemble des écrits du Nouveau Testament avant la fin du 2ème siècle où là, certains ont commencé à réviser, à réfléchir si l’on peut vraiment accepter telle lettre parce que ce n’est pas un Apôtre qui l’a écrit ou parce que ce n’est pas quelqu’un qui l’a écrit en association avec un Apôtre. Marc, par exemple n’était pas un Apôtre, mais on sait qu’il était le secrétaire de l’Apôtre Pierre, donc il y a une connexion assez proche. Luc n’était pas un Apôtre, mais il était un collaborateur de l’Apôtre Paul donc il y a eu une association suffisante pour garantir un processus qui soit validé par les Apôtres.

Plusieurs facteurs ont forcé la réflexion des églises sur une liste officielle. Romerowski ne le voit pas comme des facteurs influents, mais peut-être que dans la réalité de la vie des églises,  il fallait bien réfléchir davantage à cette liste. Et la première liste que l’on connaît de l’histoire de l’Eglise est en fait la liste d’un hérétique, Marcion. Il rejetait le Dieu de l’Ancien Testament qu’il considérait comme trop matériel. Il était en cela influencé par les philosophies grecques qui considéraient comme très mauvais tout ce qui étaient du corps, de la matérialité.

Il coupe donc une partie de Luc pour ne reprendre que les passages qui l’intéresse. Il ne garde que dix des lettres de Paul et il efface tout le reste. Il a créé son petit monde, sa propre religion. Et effectivement, cette attaque frontale des Ecrits du Nouveau Testament a suscité une réaction des églises qui devaient se positionner : quels écrits sont légitimes et quels écrits ne sont pas légitimes ? Et puis d’autres parts, il y a des auteurs postérieurs aux Apôtres qui ont commencé à écrire des lettres très intéressantes. Par exemple, Clément qui était évêque à Rome écrit deux lettres aux Corinthiens et ces lettres sont solides, d’ailleurs elles sont pétries de références au Nouveau Testament. Ce qui est assez intéressant parce qu’on voit bien qu’il nomme de l’Ecriture un certain nombre de choses qui font parties du Nouveau Testament.

Mais certaines églises se sont dit : mais pourquoi ne pas inclure les lettres de Clément ? Même chose pour d’autres écrits comme la lettre de Barnabas qu’aujourd’hui on classe parmi ce qu’on appelle les écrits des pères de l’Eglise. Ces écrits intéressants ont forcé la réflexion de qu’est-ce qu’on inclut ou qu’on n’inclut pas ?

Mais qui a décidé de cette inclusion ? Premièrement les Apôtres, probablement, ont décidé très naturellement de dire : ça c’est bon, parce que nous pouvons attester la véracité de ce qui est écrit, ou bien avoir spirituellement une compréhension que c’est bien ce que Dieu voulait que l’Eglise ait. Ce qui est vraiment intéressant, et qui est de mon sens miraculeux.

Je suis pasteur depuis plus de vingt ans et je sais que l’entente des églises entres-elles est un miracle. C’est très rare, les églises sont plutôt à se diviser, à se regarder avec prudence et parfois pour de bonnes raisons, mais pas toujours pour de bonnes raisons, et donc quand plusieurs églises s’entendent sur quelque chose, c’est un miracle. Quand toutes les églises s’entendent sur quelque chose, c’est un plus grand miracle.

C’est un peu la thèse de Noël Pérès qui est professeur à la faculté de théologie protestante de Paris, à l’école des langues et des civilisations de l’Orient ancien, spécialiste de la littérature apocryphe. La littérature apocryphe est la littérature qui se prétendait chrétienne mais qui n’a pas été accepté dans le canon et je vais y revenir dans un instant. Quant Noël Pérès parle du processus qui a conduit à la sélection des livres officiels du christianisme il dit : « Si à la fin du premier siècle, Clément, romain, le plus ancien écrivain chrétien, hors des auteurs du Nouveau Testament, n’appellent “graphé” écriture, que des textes édités du christianisme, un peu moins d’un siècle plus tard, on voit Irénée de Lyon donné ce nom aux 4 évangiles qui deviendront canonique ainsi qu’à d’autres écrits apostoliques ou réputés tels. Ce n’est en effet que peu à peu et sans hésitation que se constitue la collection singulière de ces 27 livres qui forment le Nouveau Testament. L’acceptation, par les églises chrétiennes, de cette collection comme normes de leur foi ne résulte pas d’une décision conciliaire ni magistérielle. L’élaboration du consensus reste mystérieuse, le croyant y reconnaît l’action du Saint-Esprit. »

De sa perspective, que je ne partage pas nécessairement, un fait est certain c’est qu’à un moment, toutes les églises étaient d’accord pour dire que ces écrits-là font partie du Nouveau Testament, et que ces autres écrits ne font pas partie du Nouveau Testament. Je crois que c’est un acte de la providence de Dieu qui montre qu’il a voulu préserver par ce consensus un certain nombre de livres pour les inclure dans ce que nous appelons le Nouveau Testament.

Troisième question : Est-ce que rien ne manque ? Est-ce que rien n’a été retranché ? Je crois que nous avons exactement les écrits que Dieu voulait que nous ayons. D’ailleurs la Bible comporte des indices que ce qui est inspiré et suffisant. J’ai cité 2 Timothée 3.16, et le verset 17 nous dit « afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne. » « Toute œuvre bonne », il y a une notion de quelque chose de complet qui nous qualifie à tout ce qui est nécessaire pour vivre la vie chrétienne.

L’Apocalypse qui se présente comme le livre de la fin, le livre de la clôture qui se termine avec deux chapitres qui parle du paradis futur et qui fait écho aux deux premiers chapitres de la Bible qui parle du premier paradis et qui fait écho, d’inclusion du drame entre ces quatre chapitres. Ce livre en tant que chapeau de la Révélation, contient des mises en garde de ne rien rejeter, de ne rien ajouter et ne rien retrancher. Certes, cela s’applique aux paroles de ce livre de l’Apocalypse mais c’est ce livre qui est le livre chapeau de l’ensemble de l’Ecriture. Rien retrancher, rien ajouter nous donne un peu l’idée qu’il n’y aura plus de révélation et ce qui nous est donné est vraiment ce qui était nécessaire de garder.

Alors tu te souviendras peut-être du Da Vinci Code, cela a fait fureur il y a quelques années. C’est un roman puis un film qui affirme que Constantin aurait imposé en 325 après Jésus-Christ une liste arbitraire de quatre évangiles et qu’il aurait supprimé 76 autres évangiles en circulation. C’est faux sur bien des points et si tu veux en savoir plus, tu peux te procurer le livre que j’ai écrit qui s’intitule : Le mariage de Jésus qui est édité par les éditions clés, et qui aborde ces questions. C’est un livre pour ceux qui sont en dehors de la foi chrétienne et qui ont été un peu captivés par ces données du Da Vinci code.

C’est absolument faux de dire qu’il y avait 76 évangiles et que la plupart ont été évincés, et qu’un choix arbitraire de 4 aurait été fait. En fait, nous disposons d’une douzaine d’écrits qui se présentent comme des évangiles presque dignes de ce nom, et encore. Et une douzaine d’autres qui sont cités mais que l’on n’a pas, donc on ne connaît pas leur contenu. Et quand on regarde ces douzaines d’écrits, d’évangiles supplémentaires on peut les classer en trois groupes :

  • Ceux qui ressemblent aux nôtres mais qui n’apprennent pas grand chose d’autre;
  • Ceux qui ajoutent aux nôtres des informations absentes, on les appelle les Complémentaires
  • Et puis ceux qui sont gnostiques, c’est-à-dire qu’ils enseignent une nouvelle religion.

Le gnosticisme est une spiritualité totalement différente du christianisme et a été une menace pendant longtemps sur le christianisme. Il n’a rien à voir avec le christianisme biblique.

Pourquoi est-ce qu’ils n’ont pas été retenus ? Est-ce qu’il n’y a pas eu une magouille ? Est-ce qu’effectivement il n’y pas eu, des siècles plus tard, une volonté de suppression ? Absolument pas ! La preuve c’est qu’on les connaît et qu’on peut les lire. Mais d’autre part, ils ont été rejetés parce qu’ils n’avaient pas été rédigés par les Apôtres même si parfois ils prennent le nom d’Apôtre, ce sont des pseudépigraphes. Ils n’ont pas été écrits par des gens témoins des événements.

Deuxièmement leur âge. La plupart ont été écrits au 4ème siècle après Jésus-Christ, donc c’est tellement loin de la situation originelle que cela n’a pas de sens de les considérer avec sérieux.

Troisièmement leurs dramatisations qui relèvent vraiment de la fiction. D’ailleurs quand un policier, un enquêteur s’intéresse à la manière dont sont formulés les preuves et les événements, on relève la simplicité des arguments des quatre Evangiles. Les propos sont tenus avec beaucoup de sobriété, or ces douzaines d’évangiles n’ont pas cette sobriété. Par exemple on a quelqu’un qui vient vérifier la virginité de Marie. C’est des choses qui sont d’une telle dramatisation qu’on flaire que c’est le drame, le roman, mais que ça n’a rien à voir avec les affirmations assez lapidaires sur des choses un peu bizarre qu’on ne peut pas nécessairement comprendre et qu’on ne comprendra pas d’un point de vue rationnel, scientifique.

Et enfin leurs doctrines sont souvent d’inspiration gnostique avec une haine du monde matériel, une élévation très grecque de la super spiritualité qui n’est pas biblique. En ce sens-là, ils n’ont pas été reconnus, mais on les a et d’ailleurs si tu as mis une crèche chez toi avec le bœuf et l’âne et tout ça, ce sont des informations qui nous viennent des apocryphes et non pas des livres canoniques du Nouveau Testament. On les connait mais simplement ils sont folkloriques, ils nous renseignent un peu sur les croyances d’une certaine époque, d’un certains groupe, mais ils ont été à juste titre éloignés. Ils n’ont jamais été considérés comme faisant partie des écrits normatifs, et donc il n’y a aucune anguille sous roche.

Les églises ont assez spontanément et ensemble reçu des livres en cela, je crois, alors c’est un article de foi bien sûr, ils étaient conduits par l’Esprit, et ce sont les églises ensemble qui ont considéré comme normatif ce qui forme les écrit du Nouveau Testament.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire. Florent est aussi conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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