C’est quoi le combat spirituel? (épisode 21)

L'épisode 21 continue sur le thème de l'épisode 20 avec la question: "C'est quoi le combat spirituel?" Nous savons que Satan et ses démons existent et sont actifs. Mais quel est notre rôle dans la bataille contre le diable? Bible en main, Florent Varak va expliquer ce que Dieu nous enseigne sur la stratégie de Satan et la nature de la lutte spirituelle du chrétien. Il conclut avec une tactique chrétienne qui est rarement abordée dans les livres sur le combat spirituel. Florent Varak conseille vivement le livre d'Alain Nisus qui vient de sortir: Mais délivre-nous du mal: traité de démonologie biblique (Maison de la Bible, 2016)

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La question est posée : A quoi ressemble la lutte spirituelle ?

En fait c’est moi qui pose cette question suite au podcast précédent où il était demandé « est-ce qu’un chrétien peut être possédé ? » Alors ma réponse en un mot c’était non, un chrétien ne peut pas être démonisé, du moins pas dans les proportions de ce que peut connaître un non-chrétien, puisque associé à l’Evangile, il y a véritablement une victoire, à la fois contre les démons et à la fois une transformation de notre situation qui nous permet de développer notre propre victoire face aux forces spirituelles démoniaques. Dans cette perspective que je voulais aborder, à quoi peut ressembler la lutte spirituelle ?

Je t’encourage à te procurer le livre « théologie », alors c’est pas un livre nécessairement, très facile à lire toujours, mais je le trouve remarquable, il aborde pleins de questions liées à cette thématique des démons. Un livre d’Alain Nisus qui s’intitule, « mais délivre nous du mal », traité de démonologie biblique, publié à la maison de la Bible, il y a juste quelques semaines, vraiment un ouvrage à avoir si ces questions te troublent ou t’intéresse.

Alors je ferai quelques remarques sur ce que peut être la lutte spirituelle. Il est évident qu’on peut écrire des livres entiers sur la question et ne pas avoir épuisé le sujet, donc ça sera des remarques assez légères.

Première chose, il faut connaître la stratégie du diable. Voici ce que Jésus dit : « Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne s’est pas tenu dans la vérité, parce que la vérité n’est pas en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, ses paroles viennent de lui-même car il est menteur et le père du mensonge ». C’est dans Jean 8.44 que nous trouvons ces propos dans la bouche de Jésus et qui nous montre que le diable est à la fois meurtrier et menteur.

Meurtrier : donc tout ce qui relève de la colère, de la haine, de la violence, du jugement, tout ce qui est lié à l’accusation, à la calomnie, à la division, est vraiment ce que Satan veut réaliser au milieu des hommes.

Menteur : qu’il y ait une fausse théologie, une fausse compréhension du salut, du péché, des conséquences du péché, de notre espérance, de ce qu’est la bienveillance de Dieu à notre égard, fait partie de ses stratégies.

Donc connaître par opposition, l’amour du Christ, la vérité du Christ, la vérité de sa Parole est quelque chose qui nous permet déjà d’anticiper que la lutte spirituelle va être liée sur ces deux aspects : d’un côté la violence, le rejet, le jugement de l’autre, d’un autre côté, le mensonge, la calomnie, tout ce qui est faux. Et que pour contrer, il va falloir développer l’amour et la vérité.

Un aspect similaire sur la stratégie du diable nous est donnée en 1 Timothée 3, où il est dit qu’un ancien ne peut pas être un jeune converti afin qu’il ne tombe pas dans les pièges du diable, et il est question d’orgueil, où vraisemblablement l’orgueil tient un lieu essentiel dans la lutte spirituelle. L’orgueil et donc l’humilité, la volonté de savoir quelle est sa place, de réaliser que l’on est que des pécheurs graciés, de réaliser tout ce que l’on a est un cadeau du Seigneur et certainement pas un mérite personnel. Et que tous nos services et nos dons spirituels sont une grâce et absolument pas quelque chose que l’on a acquis à la force de son poignet, enfin… L’orgueil est probablement une porte d’entrée majeure dans ce qui est de la vie du chrétien.

Premièrement connaître la stratégie du diable pour pouvoir s’y opposer. Deuxièmement, connaître l’Écriture. Tu as probablement lu en Matthieu 4 combien le Seigneur lui-même, Jésus-Christ, alors que le Saint-Esprit le conduit pour être éprouvé dans le désert… (Ce qui est intéressant, puisque ça montre que nos tentations et nos épreuves sont à la fois l’occasion pour nous de manifester notre attachement à Dieu, et à la fois une tentation que le diable est devant nous pour nous faire chuter… Les deux événements ayant deux ambitions et deux objectifs, les deux mêmes événements… le même événement ayant deux objectifs).

Bref, Jésus est tenté dans le désert et chaque fois que le diable tente Christ, à trois reprises, Jésus répond avec la Bible et je voudrais ajouter, la Bible correctement interprétée.

Donc le diable est menteur et va utiliser même parfois l’Écriture pour nous faire croire le mensonge, parce que ça sera dit en dehors de son contexte, ce sont de fausses promesses qu’il nous fera miroiter ou bien des affirmations erronées, mais même en dehors de ça, le diable va essayer de mentir et il nous faut connaître l’Écriture, il nous faut nous battre avec l’Écriture pour faire face aux mensonges du malin.

Donc à quoi ressemble la lutte spirituelle ?

Je dois connaître la stratégie du diable, je dois connaître l’Écriture pour contrer ces mensonges, je dois également connaître le salut de façon personnelle, il est question en Éphésiens 6 du casque du salut. C’est l’image du soldat romain que Paul utilise, c’est une métaphore pour dire : voilà en tant que soldat spirituel, il nous faut mettre un certain nombre, revêtir un certain nombre d’armes, toutes spirituelles bien sûres, le casque du salut. Avoir cette connaissance personnelle que l’on est sauvé et de savoir pourquoi, parce que notre confiance est en Jésus-Christ, il a porté notre péché à la croix, et de pouvoir opposer cette vérité face au mensonge du diable qui nous dit « t’es nul, t’es incapable, t’es pas sauvé, t’es pas chrétien, regarde ta vie, c’est pas suffisant, etc, etc… » et je crois qu’il faut connaître, s’approprier et défendre par la foi, la confiance, ce salut qui nous est donné. Si c’est vraiment notre expérience d’avoir réalisé nos fautes et de réaliser que Christ est notre substitut, que Christ avait vécu à notre place la mort qu’on aurait du connaître et la résurrection que nous connaîtrons pour nous entraîner un jour à sa suite. Il est mort pour nos péchés pour que nous soyons à jamais libre du péché.

Quatrièmement, il s’agit de se repentir de ses confiances erronées et de ses péchés qui nous ont lié au malin d’une manière ou d’une autre.

C’est intéressant qu’en Actes 19 après plusieurs mois d’enseignements de l’Evangile, les chrétiens ont compris qu’ils faisaient fausse route dans la pratique de la magie qu’ils avaient suivi. Finalement ils décident de tout brûler. Ce n’est pas que les amulettes ou les formules magiques qu’ils possédaient étaient contaminées, c’était pas une superstition supplémentaire, il ne s’agissait pas de brûler les objets parce qu’ils leurs feraient du mal, mais parce qu’il fallait qu’ils démontrent très nettement, très clairement, à leur propre conscience autant dans le monde spirituel, par un acte décisif de détachement, qu’ils avaient confiance maintenant non pas dans les amulettes et les différentes superstitions ou propos d’astrologie ou je ne sais quoi, malédictions ou bénédictions de l’un ou de l’autre, mais en Christ seul.

D’ailleurs la ville d’Éphèse, est une ville probablement la plus occulte de tous le Nouveau Testament et c’est intéressant de voir comment l’apôtre Paul parle de la lutte spirituelle parce que c’était vraiment leur situation. Situation d’occultisme majeure ! Même les auteurs séculiers quand on les consulte sur la description qu’ils font de la ville d’Éphèse, mêmes les auteurs séculiers disent que certains lieux étaient connus comme étant des repaires de démons ou d’esprits impurs, d’esprits mauvais, les gens avaient peur, ils vivaient dans une culture centrée sur la peur et sur la superstition. Et donc, on peut imaginer que les chrétiens étaient en plein dans un combat spirituel, il n’est donc pas étonnant que l’apôtre Paul quand il écrit sa lettre aux Éphésiens aborde à la fois les privilèges du chrétien en des termes de puissance et d’autorité avec Éphésiens chapitres 1 et 2 en terme de délivrance, de positionnement, Christ au dessus des lieux célestes. Il y a vraiment une démarche de foi à avoir dans ce que Christ a fait pour nous. Mais également c’est là où nous avons le chapitre le plus long sur la guerre spirituelle, Éphésiens 6 et je remarque que toutes les armes sont des armes défensives, tu pourras lire la liste, Éphésiens 6 à partir du verset 11 ou 12, toutes les armes sont défensives à l’exception de la Parole de Dieu qui est la seule réplique que l’on peut donner, offensive face aux mensonges du diable.

Donc il faut vraiment voir qu’on n’est pas dans une guerre où on va partir, où on va essayer de chasser des démons, c’est pas le propos de Paul, c’est de rester fort quand on a lutté longtemps, et de ne pas tomber et de se prémunir d’attaques par l’Ecriture, par la foi, par la prière. Ce sont des éléments qui nous sont mis en avant et on ne laisse pas d’espace par l’injustice au diable dans nos vies.

D’ailleurs, quelques années plus tard l’apôtre Paul va laisser à Éphèse son jeune collaborateur Timothée ; Timothée pour simplifier était en quelque sorte le pasteur de l’église d’Ephèse et écoute bien ce qu’il dit parce que c’est très important sur la notion de combat spirituel :

« Or il ne faut pas que le serviteur du Seigneur ait des querelles. Il doit au contraire être affable envers tous, avoir le don d’enseigner et de supporter ; il doit redresser avec douceur les contradicteurs, dans l’espoir que Dieu leur donnera la repentance » – et il y a trois conséquences à cette repentance, la dernière d’entre elles au verset 26 « pour se dégager des pièges du diable qui les a capturés, afin de les soumettre à sa volonté ». (2 Timothée 2.24-26). Je ne sais pas si tu as écouté le nombre d’intervenants que l’on a mais on a ici d’un côté le serviteur du Seigneur, de l’autre côté, quelqu’un qui est un contradicteur, de l’autre côté on a Dieu, de l’autre côté on a le diable.

Quand on a quelqu’un qui est capturé, soumis à la volonté du diable, qu’est ce qu’il faut qu’il fasse ? Il faut qu’il se repente ! Le serviteur de Dieu doit donner des paroles douces, claires, fermes, qui permettent à l’individu de comprendre son chemin, de se repentir et la Bible nous dit « il se dégagera des pièges du diable qui les a capturés pour les soumettre à sa volonté ».

Donc la lutte spirituelle c’est une démarche et je crois dans un sens, une démarche assez constante de la vie chrétienne. Et qui nous rappelle ce que Jacques 4.7 nous dit : « Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous. » J’ai besoin de reconnaître mes péchés, j’ai besoin de reconnaître devant Dieu mes fautes, j’ai besoin d’y renoncer, j’ai besoin de progresser, de cheminer, et j’ai besoin de le vivre de façon régulière. De manière à ne pas laisser au diable l’avantage sur ma vie. Parfois il peut être utile de prendre un frère, une sœur, pour pouvoir évoquer un peu une lutte personnelle et cheminer quand ça devient quelque chose de plus prenant dans une vie.

On vit sous le règne de la grâce et du combat et ce combat n’est pas une sorte de combat avec des choses un peu bizarres où il faut chasser des démons, mais un combat de repentance, qui doit être régulier.

Alors, c’est intéressant quand on parle de repentance, c’est pas simplement le fait de dire « ok, Seigneur je te demande pardon pour… » Et puis les « pour » ça peut être l’astrologie, la magie, la superstition, ça peut être des moralités, ça peut être un certain nombre d’autres choses. Et il y a aussi d’autres choses, l’orgueil, des relations de jugement, des relations de jalousie et qui sont des éléments qui peuvent vraiment ouvrir au diable une porte d’entrée. Et le fait de se repentir c’est de détourner la confiance qu’on avait dans quelque chose d’erroné pour exprimer notre confiance en Christ seul, voilà.

Et alors dans cette perspective, je voudrais ajouter une petite remarque, ça serait un cinquième point : avoir une vue juste des objets de son passé. On entend dans certains milieux et j’ai pu parfois même le penser, de manière un peu trop simpliste, il faut brûler les objets qui nous ont attaché au monde occulte, et c’est effectivement ce que l’on voit en Actes 19, mais faut le faire pour de bonnes raisons. Par exemple Jérémie 10.5 nous dit : « Ces dieux-là (les faux dieux) sont semblables à des épouvantails dans un champ de concombres : ils ne savent parler, il faut qu’on les transporte car ils ne marchent pas. Ne les craignez donc pas : ils ne font pas de mal ; et ils ne peuvent pas non plus faire du bien. » D’accord ? Aucun objet ne peut te faire du bien ou ne peut te faire du mal, même le couteau du sacrifice vaudou n’est pas contaminé en tant que tel, par contre le diable peut prétendre et te faire peur avec, mais faut lui opposer cette confiance simple que tout appartient à Dieu, que Jérémie 10.5, aucun objet ne peut nous faire de mal et donc on peut dire au Seigneur qu’on croit en sa victoire, en son autorité, en son pouvoir et pas dans ce qui peut nous être, nous faire peur dans un objet. Je crois qu’il est parfois utile de les brûler mais c’est plus par notre conscience personnelle, notre faiblesse personnelle ou peut être pour éviter une influence sur des tiers qu’il nous faut le faire. Et psychologiquement c’est utile, spirituellement c’est utile, c’est un moyen d’affirmer notre réorientation sur Christ.

Moi je me souviens bien, c’était amusant, quand je me suis converti, j’ai brûlé tous mes livres d’ésotérisme, quelques années plus tard, j’ai eu besoin de racheter les mêmes livres parce qu’on m’a demandé d’écrire un livre sur la réincarnation et donc ben voilà il a fallu que je les rachète, que je les relise et cette fois ci, de toute liberté parce que j’étais totalement libre de cet ésotérisme et de ces mensonges sur la vie, sur l’après vie etc.. ils sont encore dans ma bibliothèque et ils ne me font absolument pas peur, il n’y a aucune crainte à avoir d’un objet en tant que tel. C’est la même chose avec les maisons qu’on dit hantées. On peut confronter cette impression avec la confiance que l’on déclare à Dieu en disant : « Seigneur, tu dis que le monde entier t’appartient, nous te confions donc cette maison pour qu’elle soit un lieu de paix, un lieu où ton autorité ne souffre aucune contestation. » Démarche de foi.

Et puis sixièmement, il faut apprendre à se battre, Jacques 4.7 et Éphésiens 6 nous montrent qu’il faut se soumettre à Dieu donc le combat spirituel est essentiellement un combat moral, et il nous faut réaliser les contours et puis en réaliser la part quotidienne. On n’est jamais à l’abri d’un combat, la Bible nous dit que le diable est un lion rugissant qui cherche qui il dévorera. Alors dans le contexte c’était la persécution, donc les chrétiens étaient pris par la peur, la peur d’être arrêté, d’être persécuté. Le verset 8 que je viens de lire continue avec le verset 9 où il est question de ne pas avoir peur en sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères de par le monde.

Le diable rugit, le diable fait peur, le diable essaie de prendre ta vie par le péché et la part qui est nôtre c’est de nous protéger, de résister parfois, de confesser nos fautes, régulièrement d’ailleurs de le faire et de rechercher la communion avec le Seigneur qui est notre plus grande protection.

Alors je termine avec un septième point, par rapport à la lutte spirituelle, un septième point qui n’est jamais abordé dans les livres qui parlent du combat spirituel et je le regrette parce que finalement on a une vision assez individualisée du combat spirituel. C’est moi qui lutte et c’est moi qui doit porter ce combat. Alors bien sûr c’est une réalité, nous sommes tous dans une vie personnellement attachée à Christ, c’est soi-même sur lequel nous avons le contrôle, jamais sur les autres. Mais je voudrais faire cette remarque que la métaphore que l’apôtre Paul utilise pour décrire le combat spirituel avec l’image du soldat en Éphésiens 6, nous montre qu’il y a un endroit qui n’est pas protégé, je sais pas si tu as jamais réfléchi à ça, mais il y a un endroit qui n’est pas protégé, c’est le dos. Alors c’est une métaphore, il ne faut pas aller trop loin dans les applications, les réflexions que l’on peut avoir. Le dos, parce que normalement c’était les collègues qui protégeaient, c’était les autres soldats qui protégeaient le dos. Les armées romains étaient connues pour être invincibles, enfin elles ne l’étaient pas vraiment, mais elles avançaient constamment pour faire face à l’adversaire et quand ils étaient en formation très serrée, eh bien l’ennemi avait moins de prise sur eux, et ils pouvaient avancer avec plus de sûreté.

Ce qui invite à cette remarque que nous avons un part à jouer dans la protection que nous offrons à nos frères et sœurs. Et je trouve cela à plusieurs reprises dans l’Écriture.

Tu vois par exemple Ephésiens 4.26–27 nous dit : « Si vous vous mettez en colère, ne péchez pas ; que le soleil ne se couche pas sur votre irritation ; ne donnez pas accès au diable ». C’est intéressant comme verset ! Est ce que c’est que on donne accès au diable dans sa propre vie si on est une personne colérique ? Ou est ce que c’est que l’on donne accès au diable dans nos relations si on est une personne colérique ? Je ne sais pas comment trancher cette problématique, peut être que c’est un petit peu des deux, mais cela me montre une chose : c’est que je dois veiller à entretenir des relations où la colère ne domine pas. Donc un père de famille qui est colérique, qui irrite ses enfants constamment, si je prends appui sur Ephésiens 4.26-27, il invite le diable au milieu de sa famille, c’est effrayant quand même ! Y a quelque chose qui est lié à la colère qui doit être perçu comme une occasion de chute pour les personnes qui en sont les victimes. Je dois me repentir de mes colères parce qu’elles sont l’occasion pour d’autres d’être en communion peut être avec le diable qui va attiser mon ressenti, ma réponse peut être un peu débordante ou la réponse des autres. Et donc j’ai une part dans la lutte spirituelle de mes frères et de mes sœurs. Confessons notre colère ou nos colères parce qu’ elles sont le moyen parfois pour l’adversaire de rentrer au milieu de relations et de détruire ces relations.

Autre remarque, lorsque l’on est engagé collectivement dans des pratiques idolâtres ou occultes, j’encourage une certaine communion avec des démons. L’apôtre Paul va très loin en 1 Corinthiens 10.19–21, il dit : « Que dis-je donc ? Que la viande sacrifiée aux idoles est quelque chose ? Ou qu’une idole est quelque chose ? (Nullement). Mais ce qu’on sacrifie, on le sacrifie à des démons et non à Dieu ; or je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur et la coupe des démons ; vous ne pouvez avoir part à la table du Seigneur et à la table des démons ». C’est extrêmement fort, n’est ce pas ? Donc lorsque l’on « frelate » (fricote) avec des pratiques occultes, avec des pratiques idolâtres, qu’on le fait en plus de façon collective, presque en prenant un groupe de l’église pour le faire macérer dans ce genre de pratiques ou de perspectives, on induit une sorte de communion avec le monde démoniaque et c’est tragique.

Lorsque l’on maintient un esprit amer, 2 Corinthiens 2.11, un esprit amer qui fait que on va pas pardonner à un frère ou à une soeur, on va pas pardonner à un conjoint, on va pas pardonner à un enfant ou un parent, eh bien on est vraiment dans une situation où Satan peut prendre l’avantage sur nous. 2 Corinthiens 2.10 nous dit : « Or, à qui vous pardonnez, je pardonne aussi ; et pour ma part, ce que j’ai pardonné – si j’ai pardonné quelque chose – c’est à cause de vous en présence de Christ, afin de ne pas laisser à Satan l’avantage sur nous, car nous n’ignorons pas ses desseins. » Voyez-vous, un esprit amer dans des relations humaines, des relations fraternelles, va donner à Satan l’avantage, va créer des murs entre nous et va faire en sorte que des frères et soeurs vont être profondément affligés par cela et le diable sera au milieu de ces relations.

Donc en parlant de lutte spirituelle, il est vraiment important de réaliser que j’ai une part à jouer pour la protection de des frères et soeurs, c’est pas simplement la protection de ma personne en vivant à la lumière de Christ, c’est aussi la protection de mes frères et soeurs.

Et je termine avec un passage qui est un peu délicat parce qu’il touche au domaine de l’intime, mais 1 Corinthiens 7.1–16 nous dit la chose suivant : « à cause des occasions d’inconduite, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari. Que le mari rende à sa femme ce qu’il lui doit, et de même la femme à son mari. La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari ; et, pareillement, le mari n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme. Ne vous privez pas l’un de l’autre, si ce n’est momentanément d’un commun accord, afin d’avoir du temps pour la prière ; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence. »

Alors c’est pas le sujet de développer une perspective sur la sexualité dans la Bible mais je remarque que dans un couple le Seigneur établit que les besoins sexuels du couple doivent être gérés par le conjoint, c’est à dire qu’il doit y avoir suffisamment d’abnégation des deux côtés à la fois pour ne pas imposer trop, et à la fois pour ne pas se priver trop. Et donc c’est toujours, la démarche spirituelle c’est toujours de dire, je vais faire en sorte que l’autre ne soit pas dans une situation de tentation. Je vais faire en sorte d’aimer et de donner pour que Satan ne vienne pas au milieu du lit et de tenter par une incontinence qui serait forcée et qui est dommageable et dangereuse pour la pureté du couple.

Et donc la lutte spirituelle c’est aussi cet aspect là de pouvoir être pour son conjoint ce qui lui permet de vivre sans être préoccupé à l’excès par une lutte qui est pas toujours évidente qui est celle de la sexualité.

Donc voilà la conclusion de ce que peut être la lutte spirituelle telle que je la comprends dans l’Écriture et puis à la semaine prochaine !

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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