Les chrétiens africains doivent-ils changer de nom et de tradition? (Épisode 203)

Dans ce podcast, Florent Varak traite d'abord de façon plus générale la question du rapport chrétien à la culture avant d'attaquer le coeur de la question. Des réflexions utiles pour tout chrétien cherchant à vivre dans sa culture sans compromettre sa foi.

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PVR 203 : les chrétiens africains doivent-ils changer de nom et de tradition ?

La question qui nous préoccupe pour ce podcast est la suivante : Bonjour Pasteur Florent Varak. Je suis une jeune Gabonaise de bientôt 34 ans, je suis chrétienne, née de nouveau, et au fil de ma marche chrétienne, je me suis rendue compte dans ma société gabonaise combien beaucoup de chrétiens renoncent à donner à leurs enfants des prénoms autochtones, qui ont un sens dans nos langues maternelles (dialecte ethnique), pour des prénoms des acteurs de la Bible comme Jean, Marie etc, afin de couper tout lien avec nos cultures qui ont un côté ésotérique.
Ainsi, certains chrétiens nés de nouveau prennent un autre prénom qui leur aurait été révélé par l’Esprit-Saint, comme Simon qui devient Pierre.
La Parole de Dieu déclare dans Luc 2 : 41-42 "Les parents de Jésus allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de Pâque. Lorsqu’il fut âgé de 12 ans, ils y montèrent, selon la coutume de la fête." Le Seigneur n’est donc pas contre la culture.
Ma question est donc la suivante : Puisque Le Seigneur Jésus nous a rachetés par l’oeuvre de la croix, les Africains sont-ils encore obligés de gommer une partie de leur identité pour appartenir à la nouvelle Alliance en Jésus-Christ ?
Le nom d’une personne est son identité, et en Afrique par ton nom et ton prénom, on peut savoir qui tu es et d’ou tu viens. J’ai toujours pensé et je le pense encore, que le Seigneur m’a envoyée dans ce pays (Gabon) avec cette culture pour impacter par ce que je suis, par son Esprit Saint, en son nom et pour sa gloire.
J’aspire à être maman, et j’aimerais bien que mes enfants portent des prénoms gabonais qui sont quasiment en voie d’extinction, comme Yessey qui veut dire réconciliation dans mon ethnie, Téké ou Dia qui signifient amour.

Je vous remercie pour cette opportunité de connaissance, et que le Seigneur vous bénisse davantage dans le nom de Jésus-Christ, pour votre chaîne YouTube et vos enseignements qui m’édifient énormément. Bonne journée à vous, et tous mes voeux de bonheur pour la nouvelle année 2020.

Voilà. Ecoute, je te remercie beaucoup pour ta question, je te remercie pour tes vœux, je te remercie aussi parce que c’est touchant ce que tu me rapportes, et en fait je suis très heureux d’aborder la question de culture, c’est quelque chose qui est important, et que effectivement pour laquelle il y a parfois des incompréhensions.

Alors je voudrais juste évacuer une petite remarque que tu fais dans ton texte, c’est pas le centre de ce que je voudrais dire, mais lorsque Jésus va à la fête avec ses parents, tu en conclus que bon, il suivait la tradition, donc nous, nous pouvons aussi respecter la tradition ; mais je dirais qu’il y a quelque chose de très particulier. Jésus est juif, ses parents sont juifs, il vit dans un état juif, et la loi de Moïse leur commande la pratique de certaines fêtes ; donc on n’est pas tout à fait dans la même situation… Faut juste être prudent, on pourrait éventuellement remarquer que Jésus monte à la fête de la Dédicace, la fête de Hanoukka, parce que ce n’est pas une fête biblique ; donc on voit ici qu’il n’est pas contre la participation – ou à une certaine dimension de la culture, mais le texte de Luc que tu cites ne serait probablement pas adapté.

Pour ce podcast on va regarder ce qu’est une culture, on va regarder deuxièmement comment la Bible aborde la culture (coutumes, traditions, rapport avec la Bible) et puis on va réfléchir à cela par rapport à la question que tu poses, aux implications de ce que nous découvrons par rapport à ta question.

Alors qu’est ce qu’une culture ? Une culture, c’est un peu une paire de lunettes colorées, d’accord ? Si nous mettons des lunettes rouges nous verrons le monde en (très bien !) en rouge ! Si tu mets une paire de lunettes bleues, on voit le monde en bleu ; et une culture c’est ça, c’est qu’on a tous une paire de lunettes colorées, et ensemble on voit le monde de la même manière. C’est pour ça que les Africains rigolent de la manière dont les Blancs vivent en Occident, et les Occidentaux parfois rigolent, et ça devrait être respectueux, parce que c’est juste une manière de voir la vie qui est colorée par tout un tas de facteurs.

Alors le rapport de Willowbank qui est un rapport du comité de Lausanne a montré que la culture est composée de 5 éléments principaux :

• Il y a d’un côté des croyances (sur Dieu, sur la conception du monde, sur la religion) ;

• Il y a des valeurs (ce qui est vrai, ce qui est beau, ce qui est bon, ce qui est normatif) ;

• Il y a des coutumes (le comportement, la communication, l’habillement, le travail, les loisirs, le commerce) ;

• Il y a des institutions (la famille, le gouvernement, la justice, les temples, les écoles, les hôpitaux, les usines, les magasins, les syndicats, les clubs, tout ça ce sont des institutions) ;

•Il y a des artefacts, des expressions (la technique ou bien les arts).

Et donc ce sont des éléments que l’on retrouve et qui se différencient d’une culture à l’autre, et la culture vraiment touche tous les domaines de la vie :

  1.  le fonctionnement de la famille
  2.  le fonctionnement d’une ville ou d’un village (en France tu as une église catholique au centre de chaque village, et en France tu as une bureaucratie écrasante ! C’est la culture française… Tu as des gens qui râlent constamment ! C’est la culture française… C’est le comportement global commun, caricatural bien sûr, de la plupart des Français) et puis donc ça touche la famille, le fonctionnement d’une ville…
  3.  le comportement individuel
  4.  le rapport à l’argent
  5.  le rapport au temps
  6.  la conscience
  7.  la mode
  8.  etc !

Une culture peut caractériser des groupes très différents, ça peut caractériser un pays entier, je viens de le faire en parlant de la France ; ça peut caractériser une tribu, une ville, un village et une ethnie, donc tout ça c’est… Faut bien voir que ça peut avoir des zooms différents.

Alors ce que l’on a de la peine à comprendre, c’est que tout le monde a une culture : les Blancs ont une culture, les Noirs ont une culture, mais quand je dis comme ça c’est tellement réducteur… Il faudrait encore parler de la culture des Blancs en Allemagne, la culture des Blancs en France, la culture des… Et puis ensuite, il y a des mélanges aujourd’hui de nations, des ethnies, très fort, qui fait que ces cultures se modifient, qu’elles empruntent les unes aux autres ; et pareil : on ne peut pas parler de culture africaine, il y aurait beaucoup de sous cultures africaines ; mais ce que je voudrais dire, c’est que ça donne un socle commun, et c’est utile. Une culture c’est un cadeau de Dieu, qui permet de ne pas réinventer la roue à chaque situation… On voit la vie de la même manière, et donc on peut se comporter de façon globalement homogène dans une culture, c’est très reposant, et ça permet qu’on se sente compris, et que l’on sache quoi faire dans ces situations.

Regardons maintenant ce que la Bible dit de la culture, et je remarque que les éléments de Willowbank que j’ai cités étaient déjà présents dans la création, le premier paradis de Dieu.

• Il y avait des croyances : Dieu était créateur, législateur et bon.

• Il y avait des valeurs : ce que Dieu dit est vrai.

• Il y avait des coutumes : jardinage, homme et femme nus, qui devaient assujettir la terre et multiplier.

• Il y avait des institutions : il fallait quitter son père et sa mère pour le mariage.

• Il y avait des artefacts ou expressions d’artefacts : assujettir la terre implique la naissance de techniques, etc.

Donc on voit vraiment que le premier monde avait sa culture, ce qui est extraordinaire c’est qu’en lisant Apocalypse 21 et 22 nous voyons qu’il y aura des cultures dans l’état éternel, sur la nouvelle terre, dans le nouvel univers. Il y a :

• des croyances : Dieu créateur, mais aussi Sauveur, Seigneur, Consolateur, Rédempteur, il essuiera nos larmes. Dès le début de cet événement il y a :

• des valeurs : Dieu a guéri les nations, il y a la gestion de la nouvelle terre, il y a des gestes que l’on fera chaque mois, donc il y a :

• des coutumes, des fêtes mensuelles pour la guérison des nations, non pas pour les guérir, probablement pour célébrer la guérison que Dieu nous a donnée ; il y a des activités à la gloire de Dieu puisqu’on apportera, les rois de la terre apporteront dans la nouvelle Jérusalem la gloire qu’ils auront manufacturée ; je sais pas comment ça va se passer, et puis il y aura :

• des institutions il ya la nouvelle Jérusalem, etc, un trône…

Et puis il y aura probablement :

• des artefacts ou des expressions de cela (musique, théâtre, littérature, technique, sport, je sais pas)

On verra ça de toute façon, puisque Jésus sera avec nous, ce sera juste génial ! Entre ces deux cultures, la première et la dernière, nos cultures à nous, actuelles, sont imparfaites ; toutes les cultures humaines – blanches, noires, etc, sont marquées par le péché ; aucune n’est pleinement bonne, ni pleinement mauvaise d’ailleurs. Hannes Wiher qui est un professeur de missiologie, un ami, un frère que je respecte énormément, vraiment une sommité sur la missiologie, écrit "la culture est une création et un don de Dieu, mais pervertie par le péché comme l’homme qu’Il a créé" alors :

•Dieu veut que l’Evangile touche nos cultures.

•Dieu veut être l’exemple, en sa trinité, d’une unité et d’une diversité culturelle.

•Dieu veut que certains aspects de nos cultures soient parfois encouragés dans ce qu’ils reflètent la grâce commune de Dieu, et qu’ils soient parfois découragés parce qu’ils reflètent le fruit de la chute.

Sur bien des sujets, les cultures sont moralement neutres, elles orientent les individus de manière différente, et c’est ni bien ni mal, c’est juste différent. Si tu t’intéresses à la culture, je te recommande l’excellent livre de Erin Meyer. Elle a écrit un livre qui s’intitule La carte des différences culturelles : 8 clés pour travailler à l’international (Diateino, 2016). Ce n’est pas écrit de façon chrétienne, je ne sais pas si cette femme est une chrétienne, mais c’est une coach d’entreprise, de multinationale, qui met au travail des gens de cultures différentes, c’est remarquable. Elle détaille les 8 marqueurs de comportement qui illustrent une manière différente de voir le travail :

1) Communication

2) Evaluation

3) Persuasion

4) Conduite

5) Décision

6) Confiance

7) Désaccord

8) Emploi du temps

Bref, juste pour souligner, il n’y a ni bien ni mal dans la culture, forcément, c’est juste une manière de voir la vie et les valeurs de la vie, manière de voir commune.

Quand je suis en Afrique et que mes frères me disent "Sois prêt à 7h du matin, on vient te prendre" – je ne m’attends pas à ce que je sois parti à 7h01- c’est pas… C’est juste, c’est pas comme ça que le temps est mesuré, ça va ; et j’admire les cultures africaines qui met l’humain au centre, avant la aussi productivité, avant le calendrier, et qui reconnaissent que l’homme peut être assujetti à plein de forces qui font que son emploi du temps va changer.

Par contre, ceci dit, certains aspects culturels sont absolument contre l’Evangile, et il faut alors s’opposer à la culture :

• Mettre un peu de riz par terre, ou devant un hôtel, avant de le manger, soi-disant pour les ancêtres, notamment les cultures asiatiques : ce n’est pas acceptable pour un chrétien, parce que cela s’oppose au fait que Dieu est notre seul protecteur, et que les morts (y compris nos ancêtres) sont incapables de venir nous secourir, nous faire du bien ou nous faire du mal, c’est une croyance erronée, désastreuse, dangereuse même pour la vie chrétienne, dangereuse aussi pour le fonctionnement d’une société. Ces aspects culturels doivent être contrés.

• La culture européenne qui veut qu’on vive ensemble avant le mariage, ne correspond pas non plus au cadre éthique du Nouveau Testament qui veut qu’on s’engage dans une alliance avant d’unir les corps.

Voilà, chaque culture a ses forces et ses faiblesses, alors ça c’est pour des éléments assez clairs que je viens de citer. Il ya parfois au sein des cultures des éléments un petit peu plus complexes à comprendre, à définir.

• Prenons l’exemple du tam-tam : le tam-tam africain est utilisé (je pense que je le dis surtout pour les orateurs -pour les auditeurs, pardon, qui sont en Europe) mais les tam-tams africains sont utilisés en association avec des cérémonies d’initiations et de traditions qui mettent en jeu souvent la manifestation d’esprits qui sont pas très chouettes, et beaucoup de chrétiens ou de gens devenus chrétiens, par rejet de cette –de ce que toi tu as appelé dans ta question de l’ésotérisme, par rejet de cela, ont rejeté le tam-tam.

Ont-ils raison de le faire ? Absolument !

Pourquoi ? Parce que si c’est une occasion de chute pour eux et pour ceux qui les entourent, il faut rejeter ce qui est une occasion de chute. C’est exactement cela que Paul dit en 1 Corinthiens 8.10 et Romains 14 ; ça ne veut pas dire que les tam-tams sont en eux-mêmes démoniaques, mais ça veut dire que dans le coeur des gens, c’est associé aux pratiques démoniaques. Le tam-tam, c’est un tam-tam. Souvent la deuxième génération de chrétiens trouve géniaux les tam-tams, et veut les faire venir dans l’église, parce que c’est un très bel instrument qui est fruit de la culture africaine, et c’est une belle chose.

Je prends l’exemple – un autre exemple : si tu joues au billard en Indonésie, tu es le pire des pécheurs ! C’est même inconcevable qu’un chrétien joue au billard, parce que dans ce pays c’est associé à la mafia, et les maisons closes, et donc c’est inconcevable de jouer à ce jeu ; pourtant c’est pas le billard qui est contaminé, c’est juste la conception qui est associée -conception culturelle, voilà.

Donc dans la culture, la culture est un cadeau de Dieu qui doit être honorée le plus possible, quand elle ne s’oppose pas à la Parole de Dieu. Elle doit être honorée, à condition qu’elle ne donne pas un jugement sur ceux qui ont une autre culture. On peut apprendre les uns des autres et réaliser que certaines cultures, certains aspects de la culture, plombent la vie. Je pense à des aspects qui- comme l’aspect des dots en Afrique, qui vraiment plombent de la vie des couples, des jeunes couples- et qui parfois créent de l’immoralité ; il va falloir réfléchir à ça pour que ce soit juste, et que ce soit pas simplement une manière d’exploiter sa fille.

Une autre question…

Bref maintenant abordons – maintenant qu’on a fait ce long détour, un peu sur ce que c’est la culture – abordons ta question spécifique… Je remarque c’est la prérogative de l’être humain que de nommer ; quand Dieu crée l’homme à son image, il le place dans un jardin et lui dit de nommer les animaux, et c’est pas rien de nommer les animaux, c’est une expression très forte de connaissance et d’orientation, d’agencement de la vie.

Tout au long de l’Ancien Testament c’est aussi le privilège des parents de nommer leurs enfants, parfois en leur donnant un sens : Isaac (il rit) en lien avec le bonheur de Sarah d’enfanter son enfant dans un âge avancé. Parfois Dieu intervient pour exiger un nom, c’est le cas de Zacharie à qui l’ange demande que son fils se nomme Jean ; mais c’est rare, et moi je suis très très gêné lorsque quelqu’un se dit que le Saint-Esprit lui a dit d’avoir un nouveau nom. Il est vrai – et je terminerai là-dessus – que dans l’avenir éternel, Dieu nous donnera un nom nouveau, mais c’est lui qui va me le donner, et je ne crois pas qu’il nous l’ait donné aujourd’hui ; et je suis très très en souci de ceux qui pensent que le Saint-Esprit leur parle, parce que souvent ces mêmes personnes n’écoutent pas ce que le Saint-Esprit a déjà dit dans l’Ecriture, et c’est là que toute la plénitude, la force, la puissance, la sagesse de l’Ecriture, du Saint-Esprit se révèlent…

Alors faut-il donner des noms bibliques à nos enfants ?

Rien, absolument rien dans la Bible ne nous demande cela. Peter Williams qui est un pasteur théologien, exégète remarquable d’Angleterre, dans un livre sur la fiabilité des évangiles qui va bientôt sortir aux éditions Clé, a fait une analyse statistique des prénoms du Nouveau Testament, il démontre que les prénoms d’alors (comme ceux d’aujourd’hui) suivent des modes, une génération plus tard on ne trouve plus les mêmes prénoms, utilisés du temps du Nouveau Testament. Et donc on voit les noms, ben ils ont parfois des modes ; et voilà…

Nommer un enfant c’est important, c’est dire quelque chose sur lui qu’il entendra longtemps, moi je crois qu’il faut surtout penser à cela, et est-ce que le nom fera l’objet de moqueries ? Est-ce que c’est un nom qui est plaisant pour la culture, pour les parents, et pour le futur de cet enfant ?

Dans ce contexte, il faudrait évidemment éviter de donner des prénoms méchants ou des prénoms moqueurs ou des prénoms qui seraient humiliants ou hérétiques. Là ça deviendrait un problème, il faudrait s’opposer à cela. En tout cas les noms que tu évoques, Téké et autres, sont des prénoms magnifiques, et c’est vrai que je trouve que c’est beau de pouvoir maintenir les prénoms d’une culture.

Lorsque nous avons nommé nos enfants, puisque ma femme est américaine, nos enfants ont les deux nationalités, et donc on voulait des prénoms qui marchent dans les deux cultures ; et donc je trouve que c’est… Bon c’était notre choix, on aurait pu faire mieux, mais moi je trouve magnifiques les prénoms que vous donnez en Afrique à vos enfants, et il n’y a rien qui, sauf s’ils vont à l’encontre de la morale, ou de l’éthique, ou de la théologie biblique, il n’y a rien qui devrait vous empêcher d’être fiers de ces prénoms qui sont quelque part les expressions de la grâce commune de Dieu, de la bienveillance de Dieu, de la beauté de Dieu qui se manifestent dans les cultures.

Allez, je termine avec cette notion trouvée en Apocalypse 2.17 qui dit ceci "Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux églises. Au vainqueur (c’est-à-dire au chrétien qui démontre au long de sa vie qu’il est vraiment un chrétien, qui persévère jusqu’à la fin), je donnerai de la manne cachée et un caillou -pardon… au vainqueur je donnerai de la manne cachée, et un caillou blanc, sur ce caillou est écrit un nom nouveau que personne ne connaît, sinon celui qui le reçoit".

Dans les temps de la fin, Dieu nous donnera un nouveau nom, probablement un nom qui reflétera les qualités de nos vies, de nos chemins – en tout cas un nom très intime. Je me mets à imaginer que peut-être les millions/milliards d’individus sauvés porteront chacun des noms différents des autres, je sais pas, je sais pas ce que ça voudra dire, est-ce qu’on va aussi avoir le prénom de notre… ou le nom de notre vie terrestre, accompagné de ce nom particulier que Dieu nous donne, nous accordera, mais c’est là que je voudrais terminer.

Ce qui est important, c’est que ton identité soit fondée, ni sur une culture quelque part, ni sur un prénom, même s’il était semble-t-il défavorable, mais qu’il soit fondé sur la nouvelle naissance que Dieu nous donne. il s’agit surtout d’être un enfant de Dieu, d’être surtout reconnu par Dieu comme l’un des siens… Et ça c’est essentiel, et l’invitation que je te lance, que je lance à tous les auditeurs, c’est bien sûr de réfléchir à cette notion de nouvelle naissance, de cette notion d’adoption, d’être intégré dans la famille de Dieu ; nous sommes intégrés dans la famille de Dieu par la foi en Jésus-Christ. Dieu a vu notre humanité brisée, notre culture brisée par le péché, et il a envoyé Jésus son fils qui est devenu homme, il a absorbé – intégré en quelque sorte – notre culture, et lorsqu’il meurt à la croix, il meurt pour nos péchés. Il est capable de nous délivrer de ce péché, de cette identité, et il nous accorde une nouvelle identité. Nous sommes adoptés et nous devenons cohéritiers de Jésus, c’est pas moi qui le dis, c’est Colossiens : cohéritiers de Jésus, cela signifie que nous recevons l’héritage de la nouvelle terre, nous recevons l’héritage de sa justice à lui, nous sommes déclarés justes – unis à lui – et dans cette nouvelle identité issue de l’adoption, nous avons un nouveau nom, et ça c’est probablement la plus belle des nouvelles que nous puissions avoir, et dont nous puissions profiter.

J’espère que cela t’a éclairé, et en tout cas laisse-moi te dire que je suis très fier de compter parmi mes proches amis des Africains. Je respecte énormément leur marche avec Dieu, leurs coutumes, leur culture, je trouve qu’ils ont des choses à m’apprendre, moi qui suis marqué aussi par les péchés de ma culture très égocentrée, très individualiste, et je trouve absolument remarquable ce que Dieu fait au travers des cultures, et que Dieu enrichisse les cultures de la connaissance de Jésus-Christ et permette à ces cultures de s’exprimer de façon…à la gloire de Dieu !

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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