Comment annoncer clairement l’Évangile sans offenser? (Épisode 125)

Dans l'épisode 125, Florent répond à une question sur le témoignage. Comment ne pas paraître hautain en disant que la Bible est la vérité? Comment parler de l'Évangile sans offenser les personnes? Florent va commencer par souligner les textes qui nous préviennent que l'annonce de l'Évangile produira toujours des réactions. Puis il nous donnera plusieurs technique pour améliorer notre témoignage.

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La question qui nous préoccupe pour ce podcast est la suivante : « Merci pour le travail que vous faites et les podcasts. J’aurais une question à vous poser, j’espère qu’elle sera formulée clairement : comment annoncer clairement et gentiment le message de l’Evangile sans le tronquer ou chercher à l’altérer ? Je fréquente plusieurs amis et connaissances et j’ai déjà pu choquer certaines personnes en affirmant le salut en Jésus seul, la vérité totale de la Bible… De quelle manière pourrais-je mettre de l’eau dans mon vin sans pour autant ne pas nier mes affirmations qui sont vraies ? Autre question dans la même lignée : comment rester empathique à l’écoute des autres, en sachant que nous disposons de la vérité totale à travers la Parole de Dieu ? Comment annoncer la Parole de manière bonne et fructueuse pour nos interlocuteurs sans paraître comme hautains vis-à-vis d’eux ? »

Merci beaucoup, c’est une super question, je m’identifie pleinement à ta problématique. Ce n’est pas vraiment facile de se positionner, à la fois avec cette urgence que revêt l’Evangile pour nous, parce que c’est une question de vie ou de mort. Selon notre compréhension, on va tous mourir, et Dieu nous offre un salut en Christ qui est complet, qui est parfait, qui est suffisant pour réduire toute peur, pour donner sens à la vie. Et voilà que lorsqu’on en parle, on est souvent, pas toujours, mais parfois pris pour des illuminés ou pour des gens un petit peu intolérants. Ce qui n’a rien à voir d’ailleurs, avec l’intolérance, avoir des convictions, mais ça c’est une autre thématique.Alors je vais répondre en quelques phrases, et puis ensuite essayer de développer. Je suis conscient que ce ne sera pas une réponse qui fera un peu tout le tour de la question.

-En 1 Corinthiens chapitre 9, nous voyons l’apôtre Paul qui nous dit que « Il s’est fait tout à tous pour en sauver le plus grand nombre». Donc il y a un premier principe qui consiste au fait de s’identifier aux gens que nous voulons atteindre. Ça c’est pour le côté soft. On n’ a aucune raison de paraître, de s’imposer ou de véhiculer quelque chose d’exigeant. Nous devons ressembler, le plus possible, à ceux et celles auprès de qui nous portons un témoignage. Donc il y a un côté empathique, il y a un côté d’identification à l’individu, il y a un côté de limiter toutes les barrières secondaires qui pourraient nous séparer des gens à qui on parle de l’Evangile.

-Deuxième remarque : 1 Corinthiens 1.18 nous dit que « la prédication de la mort du Christ sur une croix est une folie aux yeux de ceux qui se perdent ». Donc il ne faut pas s’imaginer que le message de la croix passera de partout. Et puis ce serait de la manipulation en fait. On ne peut pas séduire les gens vers l’Evangile. On doit les aimer, on doit minimiser les barrières qui nous séparent d’eux, et nous devons introduire le message de la croix, qui demeurera toujours un scandale et une source d’opposition et de gêne. Donc toute proclamation authentique de l’Evangile va naviguer entre ces deux tensions. La tension d’un côté qui consiste à s’identifier aux gens et à les aimer ; à faire en sorte qu’il n’y ait pas de barrière inutile, et puis d’un autre côté cette tension qui fait que l’Evangile va être incisif, va percer les cœurs et que ce serait une odeur de mort pour certaines personnes et une odeur de vie pour d’autres personnes.

Moi ce que j’ai remarqué au fil du temps, mais c’est vrai que je ne suis pas non plus l’évangéliste “le plus pur”, on va dire. J’aime beaucoup discuter de ma foi avec ceux et celles qui ne croient pas, et en même temps, je n’ai pas cette audace qui caractérise souvent les évangélistes qui mènent la discussion jusqu’à la conversion. Néanmoins ce que j’ai remarqué, c’est que c’était très pertinent, surtout de nos jours, de discuter avec les gens en leur posant des questions, de challenger les personnes face à leurs présuppositions. Et que c’était vraiment une très belle technique pour pouvoir faire réfléchir l’individu sur ce qu’il croyait, lui révéler ses incohérences et puis à ce moment-là, lui apporter les éléments constructifs et descriptifs de l’Evangile, en sachant que c’est le Saint Esprit qui pouvait le convaincre, de toute façon, de l’authenticité et de la véracité. Donc tu dois t’identifier aux gens, tu dois réaliser que l’Evangile va créer de toute façon des barrières et puis tu dois aussi (tu peux en tout cas), poser des questions pour faire cheminer l’individu plutôt que d’être déclaratif.

Et je ne déclare jamais que j’ai la vérité puisque la vérité elle est en une personne ; elle est en Jésus-Christ, et j’en suis juste un de ses témoins, un de ses messagers. Donc ce n’est pas nous qui portons la vérité, c’est Jésus Christ qui l’incarne et nous sommes juste porteurs de cette vérité, mais que nous filtrons par nos propres imperfections. Et donc ce que nous disons, ce que nous vivons est loin d’être parfait.

Ce qui me rassure, c’est qu’il n’y a pas dans la bouche de Jésus, une seule et même approche : Par exemple, Jésus est très, très doux lorsqu’il approche la femme samaritaine. On ne voit pas ici l’idée de massacrer ses convictions ou de l’humilier ou de l’écraser de culpabilité ; il est extrêmement doux. Il pose d’ailleurs des questions, il utilise cette approche « soft » en quelque sorte, pour faire cheminer l’individu et prendre conscience de ses manques et de son besoin de grâce et de pardon.

Par contre, Jésus est extrêmement dur avec ceux qui sont des religieux et qui masquent en quelque sorte la lumière de la Bible par leur hypocrisie religieuse. Donc on voit à quel point son approche (celle de Jésus) variait en fonction des situations qu’il pouvait rencontrer, des individus qu’il pouvait avoir.

Alors, j’ai reçu d’Avi Snyder, qui est un missionnaire avec « Juifs pour Jésus » (une mission à laquelle je participe de temps à autre) et Avi envoie un petit mot qui est une sorte de boîte à outils pour les campagnes d’évangélisation qu’il mène ; qui sont souvent des campagnes d’évangélisation assez musclées, qui suscitent un peu la confrontation. Et voilà ce que je te cite, je ne cite pas l’intégralité du document mais il note plusieurs choses vis-à-vis de l’évangélisation que tu trouveras utiles, et qui doivent un peu tempérer cette idée que que tout va être calme quand on proclame l’Evangile.

Il remarque premièrement que l’Evangile suscite la confrontation. Et il cite Esaïe 8. 14 et 15, Galates 5 et 11 et bien entendu l’Evangile confronte notre péché et à ce titre personne n’aime qu’on mette le doigt dessus.

Deuxièmement l’Evangile s’oppose à un monde de non croyants ; Psaume chapitre 2 étant emblématique de cela. Le monde n’est pas dans un état de réception qui dit « oh, enseigne moi l’Evangile, j’en ai besoin ». Donc forcément il y a une opposition qui a lieu avec la proclamation de l’Evangile.

Troisièmement, l’Evangile polarise et divise. Jésus le dit en Matthieu chapitre 10.34, c’est encore le cas en 2 Cor chapitre 2.14-16. Lorsque l’Evangile est proclamé correctement, il y a des gens pour, il y a des gens contre : ça polarise.

Et nous marchons – c’est une autre remarque – sur les sentiers de Jésus : Jean chapitre 15.18-27, Luc chapitre 10.16. Nous ne pouvons pas avoir un ministère qui serait différent de celui du Fils de Dieu incarné. Et lui-même, qui est arrivé avec tout l’amour, toute la tendresse, toute la droiture, a été rejeté violemment. Dans certains pays du monde, le fait de porter le nom de Christ entraîne la persécution. Et marcher à sa suite, c’est forcément entrer dans une confrontation, qu’a connue Jésus et que parfois nous pouvons connaître.

Autre remarque : nous sommes différents par l’Evangile que nous portons : Jean 15 v 19, et puis tout le thème de la manière de vivre différente qui nous est donnée en Philémon et d’autres passages de l’écriture, ou en Philippiens chapitre 1.29. Les gens imaginent que si nous sommes gentils, les gens vont nous apprécier. Non, les gens trouveront peut-être que nous sommes gentils, mais ça ne va pas forcément les faire réfléchir sur les motivations qui nous animent, et pour les conduire à aimer Jésus.

Et enfin, dernière remarque qu’Avi Snyder fait, c’est que notre influence est une menace pour le monde. C’est une menace pour le monde parce que le monde aime sa manière de voir, sa propre culture, ses propres valeurs, et nous venons ici déranger ces valeurs du monde. Donc une proclamation de l’Evangile aura cet élément-là de sel où ça ne va pas passer. Et si ça passe constamment auprès des non croyants, il faut peut-être se poser la question : est-ce que vraiment nous prêchons l’Evangile ? ou est-ce que c’est qu’on a enrobé, en quelque sorte, son message pour que la pilule passe mais en fait personne ne veut de cette pilule?

Alors, ceci dit, ça ne veut pas dire qu’il faille être constamment agressif. D’ailleurs il n’y a pas d’agressivité dans les propos de Jésus ; il y a une vérité, une confrontation sur le terrain des idées et des manières de vivre, mais pas dans l’agression. A l’exception faite du moment où ça le concernait personnellement, puisqu’il s’agissait de la gloire de Dieu qui était violée dans le temple, et dont il était un peu lui-même l’élément. Il est lui-même le temple de Dieu et voilà qu’on y faisait un commerce un peu innommable à l’intérieur de ce temple, et là il a pris les devants pour manifester une sainte colère, ce qui est rarement de notre capacité. C’est-à-dire que nos capacités sont rarement saintes, et elles sont rarement liées à défendre la sainteté de Dieu.

En même temps, on peut rapporter l’Evangile en remarquant que les appels bibliques et les motivations que l’on trouve dans le Nouveau Testament sont variées. Et là je fais un résumé de ce que j’ai trouvé dans le livre de Keller : Une église centrée sur l’Evangile. Excellent ouvrage, publié chez Excelsis, un petit peu adapté à la sauce française. Mais Keller résume ici ce que note un théologien américain mais francophile, Carson, où il note qu’il y a plusieurs motivations différentes, plusieurs appels différents à venir à la foi, et qu’on a le droit d’utiliser différentes manières pour prêcher l’Evangile.

Par exemple, et je résume ce qui nous est donné (si jamais tu as le livre Une église centrée sur l’Evangile, c’est page 167 à 169) : les auditeurs sont parfois amenés à venir à Dieu sur la base de la peur du jugement et de la mort. Et effectivement, face à la mort, face à cette réalité dont certains sont particulièrement remplis d’anxiété, enfin au sujet duquel certaines personnes sont remplies d’anxiété ; Christ vient nous délivrer et de la mort et Il vient nous offrir une espérance extraordinaire. Donc si quelqu’un est dans cette dimension, il faut lui montrer des textes comme Jean chapitre 11, où Jésus dit « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi vivra quand bien même il serait mort ».

Deuxièmement, les auditeurs sont parfois appelés à venir à Dieu par désir d’être libérés du poids de la culpabilité et de la honte. Certaines personnes sont tellement, tellement écrasées par leur passé, qu’elles cherchent une libération ; et quel bonheur de pouvoir parler de la grâce de Christ, qui pardonne pleinement et qui donne un nouveau commencement (2 Corinthiens 5.17), par le biais de cette réconciliation qui nous vient en Jésus.

Troisième motivation : les auditeurs sont parfois appelés à venir à Dieu par attrait pour la vérité. Je me souviens d’un frère qui disait : « j’ai examiné les propos de l’Evangile et je les ai trouvés vrais ». Et je trouvais que c’était une très belle approche de la question. C’est manifestement quelqu’un qui était plus intellectuel et qui réfléchissait en ces termes et qui a trouvé dans l’Ecriture, dans les Evangiles, une vérité suffisante pour qu’il y réponde par la foi.

Quatrièmement, les auditeurs sont parfois appelés à venir à Dieu pour trouver en lui la satisfaction de leurs désirs existentiels. N’est-ce pas le livre de l’Ecclésiaste qui montre à quel point aucun désir existentiel ne trouve satisfaction sur cette terre, et puis il pointe à la fin de ce livre vers quelque chose de transcendant et qui est révélé un petit peu plus tard avec bien sûr le reste de la révélation biblique.

Les auditeurs sont parfois appelés à venir à Dieu pour trouver en lui la solution à un problème. Je me souviens d’une jeune femme qui était vraiment attristée par une relation conflictuelle au sein de sa famille. Et c’est en réalisant par le biais d’une tierce personne que l’Evangile parlait de réconciliation et de pardon les uns avec les autres parce que l’on recevait de Dieu un pardon supérieur, qu’elle a pu réaliser qu’il y avait dans l’Evangile une réponse à son problème vraiment fort de vie.

Enfin, sixièmement, les auditeurs sont parfois appelés à venir à Dieu parce qu’ils désirent être aimés. Et l’adoption fait partie de ces motivations extraordinaires que l’on trouve dans la Bible. Le Dieu grand et puissant, majestueux et glorieux, nous aime au point de nous adopter et de faire de nous des cohéritiers de Christ et il nous prépare une place dans sa maison en portant son nom. C’est un privilège qui est immense, et pour ceux qui sont notamment avec peut-être un passé un petit peu lourd de rejet, quel bonheur de savoir qu’il y a un accueil complet et extraordinaire en la personne de Christ.

Alors, pour terminer, je voudrais juste te donner quelques remarques que j’ai trouvées utiles dans mon travail d’évangéliste. Encore une fois, je ne suis pas un pur évangéliste, mais ici et là, c’est l’un des ministères, des services, des engagements que je trouve les plus formidables, les plus nobles. Ce que j’essaie de faire, c’est de renvoyer systématiquement l’individu aux paroles de la Bible elle-même, plutôt qu’à mon propre raisonnement, mon propre propos.

Alors si j’ai juste une minute, je vais peut-être lire Jean 3.16, évidemment tout le monde le connaît. Mais je le décortiques avec lui en lui faisant prendre conscience de ce que ça dit. Par exemple, ayant cité ou peut-être ayant montré dans le texte biblique ce qu’il en était, je vais lui poser la question : « Dieu a tant aimé le monde : c’est qui le monde ? » Et puis je le laisse réfléchir jusqu’à ce qu’il parvienne – et c’est un effort souvent même – qu’il parvienne à dire, « Dieu a tant aimé le monde, ben le monde c’est les êtres humains ». Alors je lui dis « ok, ben tu vois il t’a tant aimé ». Donc on peut lire « car Dieu a tant aimé Henri, Marie » etc. J’utiliserai son prénom pour qu’il réalise et s’identifie à ce texte. « Il a donné son Fils unique : c’est qui son Fils unique ? Et puis qu’est-ce que ça veut dire ? ». Eventuellement, je le fais parler sur ce texte. Voilà si j’ai juste une ou deux minutes, je vais rester sur un texte simple.

Si j’ai un peu plus de temps, par exemple un quart d’heure ou 20 minutes, je vais rester sur Jean 3, les versets 1 à 8. Et je vais montrer comment un homme religieux, exceptionnel, un homme droit a besoin de naître d’en haut, de naître spirituellement pour pouvoir bénéficier de l’entrée dans le royaume de Dieu. Et je vais le faire parler sur ce texte et je vais lui montrer que voilà, l’offre de l’Evangile n’est pas une série de règles ou de religions mais c’est une naissance interne, un renouveau du cœur, qui est donné.

Ou bien si j’ai un tout petit peu plus de temps, je vais passer par Ephésiens chapitre 2.1 à 10 ; un texte extraordinaire, très complet, où à partir du verset 1 jusqu’au verset 3, on voit la description de l’être humain. Je vais lui demander d’évoquer comment l’être humain est décrit, et s’il est d’accord avec cette description, peut-être il ne sera pas d’accord, mais ça va je lui demande juste de comprendre, pas nécessairement d’adhérer. Et puis après je lui montrerai à partir du verset 4 et jusqu’au verset 7, qu’est-ce qui a motivé Dieu, et on voit que c’est son grand amour, sa miséricorde exceptionnelle qui a motivé Dieu. Donc je vais utiliser ce texte pour montrer combien Dieu, malgré la crasse de l’être humain, Dieu est vraiment désireux d’offrir une grâce extraordinaire et une vie nouvelle. Et puis à partir du verset 8 jusqu’au verset 9, je vais lui montrer que le moyen du salut, c’est la grâce qui nous est donnée par la foi. Vraiment c’est un cadeau que Dieu nous fait ; le salut. Donc je vais le faire réfléchir sur ce que ça veut dire qu’un cadeau, sur ce que c’est que la grâce, ce que c’est la foi. Puis je vais lui montrer les vraies conséquences d’une personne qui croit. C’est-à-dire que ce n’est pas seulement quelqu’un qui croit dans sa tête mais ça va se manifester par des œuvres qui reflètent Dieu tel qu’Il est ; des œuvres bonnes, une manière de vivre transformée.

Et tu vois, ce qui est formidable, c’est que si tu fais réfléchir l’individu sur les textes bibliques, il va se positionner par rapport aux textes bibliques, pas par rapport à toi. Et comme ça, il se positionne directement par rapport à la Bible : est-ce qu’il croit ou est-ce qu’il rejette la Bible, est-ce qu’il accepte Christ ou rejette Christ ; et ça c’est son choix, sa prérogative.

Et ça te détache du devoir un peu de tout démontrer (ce qui est impossible) mais plutôt de simplement conduire l’individu ; essayer de répondre à ses questions, de lui dire : « Écoute, regarde d’abord ce qu’il en est dans la Bible pour que tu comprennes ce qu’il en est ». Parce qu’il y a souvent de très mauvaises compréhensions sur ce qu’est le message de l’Evangile.

Et puis après ça ne dépend plus de toi (sa réponse). Mais j’ai trouvé qu’aborder ces thématiques par le biais de questions, questions existentielles, sur son histoire de vie, si ça marche pour lui, s’il a trouvé un sens à la vie, s’il n’a pas peur de la mort, s’il trouve que les gens sont bons ou plutôt mauvais et comment expliquer ça. Et puis s’il est prêt à écouter, en quelques minutes, une petite présentation de ce qu’est le centre, le cœur du message de la Bible pour lui. Et là d’ouvrir directement les pages de l’Ecriture, et de laisser ces pages parler à son cœur. La foi vient de ce que l’on entend, et ce que l’on entend vient de la Parole du Christ ; c’est ce que nous dit l’Ecriture, j’en suis convaincu, c’est par elle que nous pouvons percevoir qui est Dieu. Si tu as plus de temps, tu trouveras sur le site de l’église où j’ai été pasteur pendant pas mal d’années, epevc.org, un document qui permet une présentation de l’Evangile en 6 ou 12 rencontres. C’est un peu le fil conducteur de l’Ecriture et ça c’est pour ceux qui sont très motivés et qui veulent vraiment soit simplement comprendre ce qu’est le centre de la Bible, soit qui veulent avoir une vue globale pour pouvoir se faire une opinion de ce qu’est l’Evangile. Voilà, j’espère avoir répondu à ta question, et je te souhaite bon courage dans ton témoignage.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire. Florent est aussi conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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