Comment comprendre et sortir de l’addiction à la pornographie? (Épisode 206)

L'addiction à la pronographie est tristement très répandue, et il est si difficile de s'en libérer. Voilà une ressource qui se veut utile et encourageante, que cette addiction vous concerne vous, ou votre entourage.

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Transcription :

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Transcription 1PVR n°206 : Comment comprendre et sortir de l’addiction à la pornographie ?

Florent Varak : Le podcast que nous enregistrons va parler de l’addiction à la pornographie. Il fait suite à deux podcasts que nous avons réalisés, Daniel et moi, sur ces questions d’addiction. Daniel, je te laisse te présenter une troisième fois.

Daniel Brobeck : Oui, alors je m’appelle Daniel, je suis médecin. Je m’occupe de problèmes d’addictions. Je travaille dans une clinique qui accueille des gens dépendants à des produits, aussi à des comportements, et qui souvent on les garde pour 3 mois.

Florent Varak : Si tu tombes sur ce podcast parce que le titre t’intéresse ou le sujet intéresse, on t’encourage vivement à écouter les 2 précédents avant d’arriver sur ce podcast. On n’a rien prévu mais en discutant ensemble, on s’est dit qu’il faut absolument qu’on aborde la question de la pornographie. Les chiffres sont importants, je sais pas si tu les as en tête.

Daniel Brobeck : Alors, c’est difficile parce que tu vois, les gens qui sont addicts à la pornographie, ils ne cochent pas des cases facilement. Ils n’ont pas très envie que ça se sache. Ce qu’on peut dire c’est que, dans le milieu chrétien, par exemple, on se rend compte que beaucoup, beaucoup de jeunes ont touché à ces problèmes-là. On a même des statistiques tristes au niveau des pasteurs qui ont répondu dans une enquête secrète (enfin une enquête anonyme).

Florent Varak : En France ?

Daniel Brobeck : Aux États-Unis, et qui montrait que 80% des pasteurs ont eu un contact avec de la pornographie, la cyberpornographie, au moins 1 fois dans les 12 derniers mois. C’est effarant, c’est effarant ! Quand on sait la saleté du péché sexuel et l’impact qu’il a sur notre vie. D’ailleurs, il est dit que le péché sexuel est le seul péché qui est fait à l’intérieur de notre corps. Donc c’est quelque chose de grave, parce qu’il va avoir une répercussion tout à fait particulière, on aura peut-être l’occasion d’en parler.

Florent Varak : Très bien ! C’est une réalité qui touche un peu notre environnement. Ça devient de plus en plus, même minimisé, c’est quelque chose d’assez normal. Quels sont les éléments déclencheurs qui fait que quelqu’un va aller dans la pornographie ?

Et puis, bien sûr ça n’a pas toujours les conséquences… Je me souviens avoir lu le témoignage de Ted Bundy. Ted Bundy, peut-être, tu as entendu parler de son nom. Mais c’est un criminel qui a été l’un des pires agresseurs sexuels des États-Unis et qui dit, juste avant d’avoir été exécuté, à Dobson (Dr James Dobson), qui dit voilà : "Ce chemin de violence a commencé avec la pornographie ‘soft’ ; puis cette pornographie ’soft’ était insuffisante donc il est allé à la pornographie ’hard’ ; puis ensuite c’était du voyeurisme etc. Ça a monté jusqu’à des mises en scène absolument macabres qui l’emportaient de plus en plus loin, y compris dans les meurtres qu’il a réalisés. Il a été attrapé et condamné à mort." Alors, évidemment, fort heureusement, c’est pas parce qu’on commence ce chemin qu’on termine de cette manière. Mais c’est juste pour illustrer que ça peut aller loin, que c’est quelque chose qui est dominant.

Comment on commence, et qu’est-ce qui se passe dans le cerveau de quelqu’un qui commence ce processus d’addiction à la pornographie ?

Daniel Brobeck : C’est comme dans tous les péchés, il y a la phase d’accrochage. Donc l’accrochage, aujourd’hui, il faut bien le reconnaître, nous sommes dans un monde en particulier virtuel, où c’est très facile l’accrochage. Il y a 100 ans, c’était beaucoup plus compliqué. Il fallait aller dans un lieu spécifique etc. Aujourd’hui, tu prends n’importe quel téléphone portable, tu fais trois clics sur Google et tu peux tomber sur des choses vraiment, vraiment… du très lourd et du très moche !

Florent Varak : Je vais juste faire une petite parenthèse. Tu parlais d’il y a 100 ans, mais les fouilles de Pompéi ont montré qu’il y avait des fresques pornographiques sous forme de mosaïque, dans certaines maisons et aussi sur certaines rues. Chez les Thessaloniciens, on a trouvé une fresque de ce genre-là. C’est juste pour dire que cette fascination de la représentation de la sexualité, et de ce que ça peut évoquer de fantasmes et autres, n’est pas nouvelle, ni de 100 ans, ni de 50 ans. Simplement, les moyens techniques actuels permettent de les rendre très très vifs dans notre expérience.

Daniel Brobeck : Absolument, c’est pas un péché nouveau.

Florent Varak : C’est ça !

Daniel Brobeck : Il est très vieux puisque l’ennemi l’avait conçu depuis le départ en essayant de pervertir la sexualité bonne que le Seigneur nous avait donné.

Florent Varak : Parce qu’on est bien d’accord que la sexualité, c’est quelque chose de bon.

Daniel Brobeck : C’est génial.

Florent Varak : On est d’accord donc, on parle pas ici d’une sexualité… enfin, que ce serait intrinsèquement négatif et qu’on mettrait en avant une sorte de pureté un peu à la Platon, en quelque sorte. Les Grecs avaient cette dualité de tout ce qui était corporel et tout ce qui était spirituel, c’est pas notre propos.

Daniel Brobeck : Non, Dieu nous a donné la sexualité pour nous en réjouir mais dans un cadre. C’est quelque chose de tellement fort, la sexualité, que Dieu a donné un cadre, en fait une espèce de mode d’emploi. Le problème c’est que, comme beaucoup d’hommes et de femmes sur terre, on lit pas le mode d’emploi, et qu’est-ce qu’on fait ? On casse la machine et ensuite on arrive chez le constructeur et on dit : "Je comprends pas ! Je comprends pas ! Le truc que tu m’avais donné, normalement ça devrait être bon et finalement c’est extrêmement mauvais, ça marche pas du tout comme prévu !"

Florent Varak : Justement, dis-nous qu’est-ce qui se passe lorsqu’il y a cet accrochage, et puis qu’est-ce que ça entraîne, même physiologiquement puisque c’est un peu ta spécialité.

Daniel Brobeck : Disons simplement les choses, c’est que, lors de la vision en particulier chez l’homme… (parce que chez les femmes, c’est un petit peu différent. Elles sont pas accrochées par les mêmes choses forcément). Chez l’homme, en particulier la vision du corps de la femme, et de voir la représentation des organes génitaux chez la femme, crée en fait un shoot d’une hormone qui précède la récompense de la dopamine dans le cerveau et cette hormone, c’est la prolactine, qui est d’ailleurs elle-même impliquée dans le processus d’allaitement chez la femme. C’est une hormone normale qui a un vrai rôle dans notre corps.

En fait, qu’est-ce qui va se passer ? Souvent, c’est le jeune homme de 12, 13, 14 ans, parce que c’est à cet âge-là que ça commence, et qui va être devant une vidéo, devant des images, et il va découvrir que ces images ne sont pas neutres pour lui, mais qu’elles vont lui proposer quelque chose, une certaine récompense. Il va se dire : "Mais c’est bien ça, je veux encore ça !" Donc, il va être accroché par ça. En fait, il sait au fond de lui-même déjà, que c’est pas ça, c’est pas ça que Dieu veut pour lui, et en même temps, il sait qu’il y a une récompense, c’est toujours pareil. "J’ai une récompense mais en même temps c’est pas ça que je devrais faire ! Mais je vais le faire quand même et je vais continuer à faire, je vais le faire d’une façon cachée." Qu’est-ce qui va se passer ? Les gens vont rentrer dans cette production de gestes et de reproductions de comportements, comme dans une autre dépendance avec un phénomène de tolérance, c’est-à-dire que, il leur en faudra de plus en plus pour avoir de moins en moins d’effets, d’accord ? Et un phénomène de sevrage, c’est-à-dire que quand tu leur interdiras de faire, ils seront très mal. Ils vont se dire : "Mais ça me manque, ça me manque, j’ai envie d’en acheter !" Si tu leur enlèves leur téléphone portable, parfois ça arrive, ou quand ils détruisent leur ordinateur (j’en ai !) et qu’est-ce qu’ils font ? Ils filent au premier débit de tabac, ils achètent des revues pornographiques, parce qu’ils essaient de remplir désespérément leurs réservoirs avec ce qu’ils étaient habitués à faire. Ce qu’on peut dire dans la dépendance à la pornographie, c’est que ça a des répercussions, comme toutes les dépendances.

Florent Varak : Alors, quelles sont les listes un peu des répercussions que tu peux voir ?

Daniel Brobeck : La première répercussion c’est que, ça a une espèce de "recroquevillement" sur soi-même. Puisque finalement, on fait un espèce de "sexe virtuel" avec des images. Finalement, on devient accro, on devient dépendant, on est en train d’adorer l’image du corps de l’autre. Vous savez, on a un Dieu qui est violemment jaloux, il n’aime pas ça ! Cherchez pas la bénédiction si vous faites ça ! Si vous êtes amoureux de l’image de l’autre (ou de la vôtre d’ailleurs, ce qui arrive aussi dans une certaine forme déviée avec des miroirs etc, on va pas rentrer dans ces détails), on peut devenir amoureux et on fait une idole du corps de l’autre. On essaie de se remplir de cette image du corps de l’autre et on veut le shoot, n’est-ce pas, de prolactine et ensuite, de dopamine.

Ensuite, comme on est tolérant, c’est-à-dire qu’il nous en faut toujours plus pour avoir moins de plaisir. On passe parfois, des gens qui vous racontent 4h, 5h parfois 6h par jour. Ensuite ils s’abonnent avec de l’argent, parfois c’est des jeunes, alors ils empruntent la carte bancaire du père et puis ça pose des tas de problèmes… Et puis, ils rentrent dans des sites où on leur propose des trucs, du contenu encore plus hard, encore plus glauque, avec des violences, avec des choses bizarroïdes… On va pas en parler sur ce podcast mais c’est des choses…franchement… Vous savez, quand on voit ces vidéos, quand on écoute ce qu’ils vous racontent, vous vous dites : "C’est l’ennemi qui a fabriqué ça, c’est pas possible !"

Florent Varak : Donc, on a parlé du "plus en plus", d’être obnubilé par ça. On a parlé aussi des dépenses financières que ça peut entraîner. Quelles sont les autres conséquences des addictions à la pornographie ?

Daniel Brobeck : Finalement aussi, ce qui se passe, c’est qu’on finit par croire à des mensonges. Première chose qui se passe et qu’on entend assez souvent, c’est que… (c’est souvent des garçons, il y a quand même quelques filles, mais je dirais 9 % d’hommes.) Quand on discute avec eux, ils vous disent : "J’suis convaincu que tout le monde le fait, sauf que les autres, ils se sont pas fait prendre".

Florent Varak : Il y a une banalisation qui s’amplifie de cette manière.

Daniel Brobeck : Oui, une banalisation "Tout le monde le fait." Et puis, j’en ai même d’autres qui vous disent : "Finalement, je suis convaincu que toutes les femmes font des photos pornographiques sauf que j’suis pas tombé sur ces photos là encore." Donc, ils finissent par avoir un mensonge, et ils voient toutes les autres femmes comme des potentielles partenaires de cette relation fictive puisque potentiellement, ils pourraient trouver leur image un jour sur un site.

Florent Varak : D’accord. Donc finalement, ça va orienter leurs recherches relationnelles, leur développement relationnel avec d’autres femmes.

Daniel Brobeck : Et ça les oriente mal, parce que finalement, au lieu de construire quelque chose un jour avec une vraie femme selon le plan de Dieu, avec la femme qui ne sera pas parfaite. Parce que l’autre mécanisme profond du système, c’est qu’elle nous propose des images de femmes parfaites. Là, l’ennemi, il aime ça ! Parce que, qu’est-ce qu’il nous envoie ? Il nous envoie des images de femmes parfaites (qui sont ailleurs retouchées artificiellement, n’est-ce pas) et finalement alors, le jour où tu rencontres ta femme, tu te dis : "Mais la mienne, elle est pas comme ça." Et qu’est-ce qu’il aime par dessus tout l’ennemi ? C’est la frustration. Il vient nous frustrer.

Florent Varak : Donc il y a une déception ensuite.

Daniel Brobeck : Une déception : "Ma femme n’est pas comme ça, ma femme ne fait pas ça…"

Florent Varak : Voilà une des autres conséquences.

Daniel Brobeck : L’autre facteur aussi qui arrive dans les couples, c’est des hommes qui disent : "Je veux reproduire avec ma femme, des choses que j’ai vu dans le film."

Florent Varak : D’ailleurs, le pasteur de notre église nous disait que, sur une émission, il parlait de 20% de femmes qui commencent… notamment de la tranche des 15-25 ans qui, lors de rapports sexuels se font frapper parce que, justement, elles ont eu ce type d’expérience au moins… donc 20% d’entre elles…

Daniel Brobeck : C’est terrifiant…

Florent Varak : Parce que les hommes l’ont vu comme étant un acte sexuel normal au sein de la pornographie. Tu le confirmes un peu ? C’est un peu comme une forme de publicité finalement.

Daniel Brobeck : Tout à fait… C’est pas normal du tout.

Florent Varak : Bien sûr.

Daniel Brobeck : L’amour tel que le Seigneur nous l’a donné, c’est 2 êtres qui cherchent le bonheur de l’autre et pas le sien. Alors que dans la pornographie, c’est des gens qui cherchent leur bonheur à eux, avant tout.

Florent Varak : Justement, est-ce que ça a aussi des conséquences sur la sexualité du couple, la pornographie ?

Daniel Brobeck : Dans un premier temps, la personne qui est addict à la pornographie, il aura déjà, souvent, des gros problèmes à trouver un vrai partenaire. Comme il a l’habitude de vivre à l’intérieur de lui-même etc. Donc souvent il y a des gens qui se recroquevillent sur eux-mêmes, ça c’est très vrai, et donc problématique pour rencontrer l’autre. Puis alors quand il le rencontre, souvent il le garde pas parce que l’autre, la dame, va se rendre compte qu’il y a un comportement bizarre. Souvent ils me disent : "Oh, j’ai encore pris un râteau !" Parce que ça se passe pas bien pour eux. Quand ils se marient et quand ils essaient de construire quelque chose, eh bien la pornographie s’invite à l’intérieur. Vous savez, le péché c’est comme une espèce de cancer, vous voyez. C’est un truc qui pourrit lentement au départ, et puis à un moment donné ça explose, et souvent quand on arrive trop tard, eh bien on n’arrive plus à faire de la chirurgie, ça va être très compliqué. Moi je vois des couples qui s’effondrent à cause de la pornographie qui a été tolérée à l’intérieur.

Florent Varak : Ça c’est le tableau un peu noir que tu dresses, réaliste. C’est ton métier aussi. Maintenant ce que j’aimerais que l’on voit ensemble, c’est : tu conseillerais quoi à un jeune qui a perdu espoir, parce que j’en ai rencontré un peu qui se sentent totalement dépassés par ces pulsions qui les obsèdent, et ils n’arrivent pas à sortir de ce cycle un peu destructeur. Toi tu dirais, il faut faire quoi pour sortir de ça ?

Daniel Brobeck : Je leur donnerais 3 conseils.

Florent Varak : Ok.

Daniel Brobeck : Premier conseil : c’est ce qu’on l’a déjà dit dans l’autre vidéo, confession. C’est-à-dire que, il va falloir qu’il trouve une ou plusieurs personnes, 2-3 hommes avec lesquels il peut être vrai et à qui il va pouvoir dire : "Oui, moi j’ai un problème d’addiction à la pornographie sur internet ou d’autres formes." C’est pas simple de trouver quelqu’un à qui tu peux dire la vraie vérité sur toi, quelqu’un devant lequel tu vas pouvoir être nu… nu dans le sens figuré du terme. Dire la vérité sur toi ! Parce que c’est très facile de te cacher derrière une jolie cravate, un métier, des compétences, des réussites scolaires… surtout dans le domaine de la pornographie qui est tellement caché sur ce que tu fais un ordinateur, tu vois. Première chose : il faut absolument que tu trouves un endroit sécure où tu puisses parler avec des frères qui vont pouvoir t’entendre.

Puis la deuxième chose : il va falloir réfléchir très clairement à des mécanismes de contrôle. Qu’est-ce que tu dois faire dans ta vie pour que, pendant un temps donné (c’est le sevrage), est-ce que je dois renoncer à mon ordinateur ? Ne le jette pas la rivière tout de suite, il y en a aussi qui savent que ça marche pas forcément bien, puisqu’on en rachète un autre, tu vois ? Non mais, est-ce qu’il va falloir que j’accepte que quelqu’un mette un contrôle parental sur mon ordinateur ? Est-ce que je vais accepter qu’un frère de l’Église ait un compte rendu de tous les sites que je visite et que, toutes les semaines, on se téléphone et on se parle, et on réfléchisse ensemble sur ce qui s’est passé, si j’ai replongé etc.

Et la troisième chose, c’est d’être dans l’attente de la guérison de Dieu par rapport à une nouvelle vie sans ce comportement. En cherchant à dire : "Seigneur, voilà, je te dis la vérité, j’ai été là dedans, je te l’ai confessé. Maintenant enlève ces idées." Parce que, en fait, ce qui va se passer : il faut que Dieu lave ton cerveau de toutes ces centaines d’images, de vidéos. Tu sais, quelque part, ça reste dans ta mémoire d’une façon durable. Il va falloir absolument rentrer dans une phase de nettoyage, j’allais dire… Les écuries d’Augias, tu sais, c’est une histoire très ancienne. C’était énorme ! Il faut que tu imagines qu’il y a des personnes qui ont regardé des centaines d’heures de vidéos et d’images. Donc il faut que ça, ça soit nettoyé. Et là, il va falloir vraiment demander au Seigneur de dire : "Libère-moi de ces choses pour que ces images ne reviennent plus derrière moi, ne m’assaillent pas"

Florent Varak : Et je pense qu’il y a aussi une démarche active dans cela parce que on peut s’attendre, effectivement, à ce que le Seigneur nous lave. Il y a aussi une démarche d’apprendre à remplacer des pensées, des pulsions, des désirs, régulièrement. La mort à soi-même n’est jamais très agréable, mais c’est aussi une mort à soi-même pour une vie différente. Il y a aussi du plaisir à vivre dans cette liberté dont l’Évangile parle.

Daniel Brobeck : On est d’accord que, chaque fois qu’il s’agit de reconquérir une liberté, il y aura de la souffrance.

Florent Varak : Oui, c’est ça ! D’ailleurs Pierre le dit : "Faites tous vos efforts pour ajouter à votre foi la vertu." Le mot "effort" fait partie du processus mais en même temps, l’Évangile, la religion chrétienne, la foi chrétienne, n’est pas une vie d’efforts seulement, parce que, avant d’avoir dit "Faites tous vos efforts", l’apôtre Pierre dit : "Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété." Donc Christ est de notre côté, il nous a donné en Christ et en l’Évangile, à la fois une acceptation complète de sa personne mais aussi la présence de son Esprit, et donc la capacité de regarder la vie différemment. C’est 3 conseils qui sont vraiment précieux que tu nous donnes ici !

Daniel Brobeck : Absolument.

Florent Varak : Tu aurais des livres ou des conseils pour développer le sujet ?

Daniel Brobeck : J’ai pas de livres… Il y a des livres américains que j’ai lu, qui m’ont pas vraiment, qui m’ont pas vraiment…

Florent Varak : Pas fait tilt.

Daniel Brobeck : Oui, pas fait tilt. Peut-être qu’on en fera un autre, un autre podcast où je te donnerai une suite de livres etc. Je dirais que pour moi, l’élément central, c’est d’arriver à être, comme on l’a dit, à être prêt à dire : "Oui je veux être libre ! Et en même temps, Seigneur, montre-moi ce que je vais devoir vivre, souffrir peut-être, pour arriver à cette liberté." Je suis appelé à être libre. Si tu es pas libre, c’est pas normal ! Donc demande au Seigneur de te montrer, de te montrer quelles sont les bonnes choses qu’il a en réserve pour toi par rapport à cette liberté.

Florent Varak : Alors, écoute, merci beaucoup Daniel ! On veut vraiment rappeler combien l’Évangile est une offre. C’est une donation que Dieu fait, c’est pas quelque chose qu’il vend. C’est une donation que l’on peut recevoir par la foi, par la repentance, et qui fait qu’un homme pécheur qui vient les mains vides en disant : "Voilà, mes mains sont sales, elles ont péché. Mon cœur est sale, j’ai péché, je suis éloigné de toi. Mais je peux être accueilli, je crois en Jésus-Christ que je peux être accueilli et pardonné et revêtu d’une dignité nouvelle, adopté par un Dieu qui est bienveillant." Dieu envoie son Esprit Saint et nous permet un renouveau. Ceci dit, ce renouveau, parfois, est en conflit avec des habitudes de vie, parfois avec notre volonté d’indépendance parce que nous restons, parfois, rebelles, c’est l’essence de la rébellion : je veux choisir pour moi-même ce qui est bien, ce qui est faux. Ça, c’est le problème que tous les hommes et toutes les femmes ont, quelle que soit la situation.

Je termine avec un petit témoignage… alors c’est très spontané, je n’aurai pas toutes les grandes lignes. Mais j’ai lu le témoignage de ce pasteur et il y avait toute une vidéo qui a été donné sur Gospel Coalition, la coalition sur l’Évangile. Il parlait de ce pasteur qui a fait une descente absolument infernale de la pornographie vers le voyeurisme, vers la prostitution et qui, bien sûr, a dû arrêter sa profession. Et puis qui a été entièrement détruit par ça, son couple a failli exploser jusqu’au jour où ils prennent le courage de voir quelqu’un et de dire "Je suis addict" et d’être accompagné. Tu as parlé de coach, c’est vraiment essentiel ! Le pire qui puisse arriver, dans une situation comme ça, c’est de rester seul. J’espère que dans ton Église, il y a des gens à qui tu peux dire, sans avoir crainte d’être balancé en dehors de l’Église, tu peux dire : "J’ai un problème. Voilà ce problème. Aidez-moi, accompagnez-moi." Et normalement dans une Église, on doit porter les fardeaux les uns des autres, on doit se regarder les uns les autres avec bienveillance. On est tous pécheurs, on a tous pu commettre des choses de différentes natures. Voilà l’encouragement, c’est de pouvoir trouver un frère ou deux, une sœur ou deux, avec qui évoquer les choses les plus intimes, peut-être les plus désagréables. mais les placer sous le regard de la grâce, sous le regard de la croix qui nous permet un vrai renouveau.

Merci beaucoup Daniel, on va terminer… Tu as un dernier mot que tu voulais dire ?

Daniel Brobeck : Non, c’était avec plaisir !

Florent Varak : On va terminer avec un dernier podcast, le podcast suivant, et cette fois-ci, de façon peut-être positive : pourquoi est-ce que Dieu a mis dans notre cerveau un circuit de plaisir ?

Merci beaucoup pour ton attention.

Daniel Brobeck : Au revoir.


Pour aller plus loin:

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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