Comment comprendre les 3 jours et 3 nuits? (Épisode 159)

On peut compter les 3 jours entre la mort et la résurrection de Jésus, du vendredi au dimanche, mais qu'en est-il des trois nuits? La où certains dénoncerait l'infaillibilité de la Bible, Florent apporte une explication sensée sans remettre en cause l'inerrance du texte biblique.

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Episode 159 : Comment comprendre les 3 jours et les 3 nuits ?

La question est posée : ‘Dans Matthieu 12. 40, Jésus dit "Car de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’Homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre" (fin de citation). Pas de problème pour les trois jours si chaque jour commencé est compté, mais je ne peux pas retrouver les trois nuits si Jésus a été mis au tombeau le vendredi, veille du sabbat. Et si je compte les ténèbres qui ont couvert la terre de midi à trois heures comme une nuit, cela ne colle pas trop non plus, car Jésus n’était pas dans le sein de la terre à ce moment là. Alors ça ne remet pas en cause ma certitude de l’inerrance de l’Ecriture, mais cela me plairait d’avoir une explication, en attendant le fin mot de l’histoire par Jésus lui-même. ’ (fin de la question)

Alors elle est excellente ta question ; effectivement elle a suscité des interrogations, les gens ont utilisé ce verset et cette perspective pour contester l’inerrance de l’Ecriture ; et je te rejoins, ce n’est pas forcément le cas, on n’a pas besoin de contester l’inerrance pour trouver une réponse appropriée à cette question. Et puis d’autre part, tu as raison de noter que le fin mot de l’histoire viendra avec les temps de la connaissance, quand le parfait viendra, lorsque Jésus reviendra, toutes les lumières nous seront données, qui nous permettront de lever les ambiguïtés qui sont présentes parfois dans certains textes de l’Ecriture. On n’est pas sûr de bien comprendre, parce que nous sommes à des milliers d’années du temps de rédaction, parce qu’il nous manque des données, ou parce que simplement les coutumes sont tellement éloignées des nôtres que nous ne savons pas comment appréhender ou aborder la question, et c’est vrai que l’inerrance qui fait partie à la fois d’un article de foi, et puis d’un article de foi bien probable, puisque dans les Ecritures-même, on a pas mal d’assurance à ce sujet, et de correspondances de la fiabilité de la véracité de l’Ecriture avec des facteurs externes, mais néanmoins la totalité de cette assurance sera scellée lorsque Christ lui-même reviendra : il nous montrera combien la Bible est effectivement son oeuvre pleine et entière, inspirée de l’Esprit mot pour mot pour notre édification.

Alors pour commencer la réflexion sur ce thème que tu a soulevé, je me dis que la réponse devait être tellement évidente pour les auteurs des évangiles, qu’ils n’ont même pas pris le temps de clarifier ; ça veut dire que pour eux déjà, et pour les premiers lecteurs, et pour les premiers siècles de l’église, il y avait forcément cette contradiction évidente, donc s’ils ne l’ont pas levée, c’est que c’était d’une telle évidence que tout le monde comprenait de la bonne manière ce qu’ils voulaient dire, s’ils n’ont pas été choqués c’est qu’il y a une explication simple, une explication totalement rationnelle, et que nous avons perdue, et qu’on essaie de retrouver maintenant. Alors tout d’abord, quelles sont les données qui nous permettent de nous faire une idée, une opinion de la question ?

Marc 15. 42 nous parle du jour de la mort du Seigneur en ces termes "le soir était déjà là, et comme c’était la préparation, c’est à dire la veille du sabbat", donc on sait que Jésus a été crucifié la veille du sabbat.

Quel sabbat ? Si c’est le sabbat hebdomadaire, c’est le samedi, et ainsi la crucifixion a lieu le vendredi. Et c’est la plupart des commentateurs qui ont cette interprétation : une crucifixion le vendredi, et c’est également ce qui a été retenu par les premiers pères de l’église : une crucifixion ce jour-là. Et puis on aurait une résurrection le dimanche, et cela fait en termes de jours comptabilisés, vendredi fin d’après-midi à dimanche très tôt, eh bien ça fait un jour et demi, et une nuit et demi ou éventuellement deux nuits, si on compte la nuit de samedi comme une nuit complète. Alors comme tu le remarques, ‘Matthieu 12. 40 : Jésus annonce qu’il resterait trois jours et trois nuits dans le sein de la terre’, comment expliquer cette différence ? Quand on regarde avec les autres évangiles, qu’est ce que l’on découvre ? Jean 13 nous parle du repas que les apôtres prirent avec Jésus avant la Pâque, et avant les événements de la crucifixion. Luc 22. 1 parle de la fête des pains sans levain appelée la Pâque qui approchait, et donc sept jours dédiés à la fête des pains sans levain. "Le jour des pains sans levain où l’on devait immoler la Pâque arriva", donc on est dans cette fête également de Pâque. Matthieu 26. 17 "Le premier jour des pains sans levain, les disciples vinrent à Jésus pour lui demander donc : ‘ Où veux tu que nous te préparions le repas de la Pâque’ ?"

Enfin dix passages du Nouveau Testament nous informent que la résurrection a lieu le troisième jour, cela semble être la donnée principale en fait, la donnée qu’il faut retenir ; on trouve cette information en Matthieu, en Luc, en Actes et 1 Corinthiens. Notons par ailleurs que Luc 24 nous dit que les disciples sur la route d’Emmaüs ont discuté avec Jésus en disant "cela fait trois jours que ces choses se sont passées", et l’Evangile de Marc évoque les choses avec une toute petite différence : Marc 8. 31, 9. 31 et 10. 34, il est question d’une résurrection après trois jours, ou trois jours plus tard.

Bon ! Avec ces données que tu as retenu j’espère, je suis allé un peu vite hein bien sûr, peut-être que tu as regardé ça avec un petit calepin si vraiment les infos de ce genre t’intéressent, mais en tout cas quelles sont les manières de regarder la chose ?

Alors pour les solutions possibles, certains ont fait varier le jour de la crucifixion. Il y a eu plusieurs essais par exemple pour imaginer une crucifixion le vendredi…, le mercredi pardon, et non le vendredi ; la raison possible de ce calendrier nous vient de Lévitique 23. 5-7 où nous lisons que "le premier mois, le 14 du mois, entre les deux soirs, ce sera la Pâque pour l’Eternel, et le 15e jour de ce mois, ce sera la fête des pains sans levain pour l’Eternel. Vous mangerez pendant sept jours des pains sans levain. Le premier jour, vous aurez une sainte convocation, vous ne ferez aucun ouvrage servile". Bon, puisque le jour de Pâque intervient le 14 du mois de Nissan, cette festivité peut tomber sur n’importe quel jour de la semaine. On peut donc imaginer une Pâque – et donc un sabbat – le jeudi, et donc le dernier repas le mardi soir, et la crucifixion le mercredi. Le mercredi soir il est mis au tombeau, il reste jeudi, vendredi, et samedi dans la tombe, ça marche donc pour les trois jours.

Alors ça c’est la thèse récente… la thèse, elle date déjà de pas mal de temps, certains ont joué avec ses jours, mais récemment, Gérard Dugelet a eu la gentillesse de m’envoyer son livre qui s’intitule "Jonas et la Pâque juive du 14 15 Nissan 3790", là il utilise le calendrier hébraïque pour poser la date ; tu le trouveras en vente dans les librairies chrétiennes, et il défend vigoureusement une crucifixion le mercredi 5 avril de l’an 30 après Jésus-Christ. Il s’appuie sur les calendriers antiques, il a fait un gros travail de recherche de coordination entre les différents calendriers, pour identifier tous les 14 du mois de Nissan entre 29 à… je ne sais plus, 34, 35 après Jésus-Christ, et voir les dates qui pouvaient coller et qui pouvaient correspondre aux autres événements qui sont… qui permettent de dater la vie et la mort de Jésus-Christ.

Alors, il en arrive à une conclusion très très ferme, c’est le mercredi 5 avril de l’an 30, et ce livre passe en revue bien des données. C’est un peu technique parfois à lire, et puis c’est écrit avec la passion de quelqu’un qui veut le démontrer, et c’est intéressant si le sujet des calendriers, de ce genre de rapports et de proximité aussi avec les traditions juives t’intéresse. En tout cas ça marche pour les jours, parce que effectivement, il reste dans la tombe jeudi, vendredi, samedi, trois jours ; mais c’est un petit peu problématique pour les nuits, parce que l’on a mercredi soir, jeudi soir, vendredi soir, et la résurrection le dimanche matin : c’est un peu un petit peu juste, alors lui il envisage une résurrection le samedi soir, et puis une résurrection qui n’est découverte que le dimanche matin, alors que les femmes se rendent au tombeau, mais alors si c’est le cas c’est problématique de parler de la résurrection le troisième jour, puisque là le jour commence le soir, donc le samedi soir, c’est déjà le quatrième jour. En tout cas l’accent me semble porter dans le Nouveau Testament sur la résurrection le troisième jour plutôt que sur le jour précis où a lieu sa mort.

D’autres ont essayé, c’est un deuxième essai… de rendre cohérentes les données bibliques, d’imaginer une crucifixion le jeudi un peu sur les mêmes principes ; maintenant là, on n’a plus de problème à trouver des dates exactes, avec un sabbat de Pâque le vendredi, cela donne bien trois nuits, mais cela ne donne pas trois jours, sauf si on comptabilise le jeudi de la crucifixion comme un jour complet, ce qui est assez compatible avec la coutume d’inclure toute journée commencée comme une journée achevée, donc ce serait possible mais là encore, ça ne colle pas avec l’ensemble des données.

L’autre possibilité, c’est la troisième… c’est ajouter une dimension symbolique aux ténèbres – tu l’as évoquée dans ta question- qui sont tombées au moment de sa crucifixion ; vous savez que Jésus a été crucifié de 9 heures du matin jusqu’à 15h de l’après midi, et à partir de midi et pendant trois heures la terre s’est revêtue de ténèbres. Je terminerai là-dessus ce podcast, dans le sens que peut revêtir cette ténèbre qui s’approche…. et ce serait un peu un tour de passe-passe assez élégant, mais un petit peu trop allégorique d’imaginer que nous avons là une troisième nuit, et qui permet de rendre compte de trois jours et trois nuits ; c’est élégant, intelligent, mais quand même un petit peu tiré par les cheveux, et comme tu le dis ça ne prend… ça n’évoque pas vraiment la possibilité de la considérer comme un temps où il était enseveli dans le sein de la terre.

Alors la quatrième perspective qui est un peu la mienne, et celle de pas mal de commentateurs, mais elle n’est pas finalement opposable forcément à celle du mercredi, mais ce qui me semble l’explication la plus courante, c’est de considérer que nous sommes devant une expression courante et proverbiale un peu comme quand on dit "je te retrouve donc dans quinze jours" en fait on ne veut pas dire quinze jours, on veut dire 14 jours si on doit être précis, mais l’expression coutumière et de dire ‘quinze jours’. MacArthur par exemple dans son commentaire, dit la chose suivante : la question des trois jours et des trois nuits est souvent employée pour prouver, soit que Jésus s’est trompé par rapport au temps qu’il passerait en réalité dans le tombeau, soit qu’il ne sera pas crucifié le vendredi après-midi et ressuscité tôt le dimanche, premier jour de la semaine. Cependant selon l’usage moderne, l’expression "jour et nuit" peut désigner non seulement une journée entière de 24 heures, mais aussi une partie représentative d’une journée. Passer une journée, ou une journée et une nuit en visite dans une ville avoisinante, n’exige pas que l’on y passe 24 heures… On pourrait arriver vers la fin de la matinée, repartir quelques heures après la tombée de la nuit. De même il n’est pas nécessaire après d’interpréter l’emploi par Jésus de l’expression "trois jours et trois nuits", comme signifiant 72 heures, à savoir trois journées entières de 24 heures chacune. Selon le Talmud, toute partie d’une journée équivaut à son tout.

Ici Jésus ne fait donc qu’utiliser une généralité bien comprise et courante. un autre commentateur, Lenski, réformé luthérien cite le récit apocryphe de Tobie qui utilise une expression similaire, qui révèle les coutumes de l’époque, et il dit (je cite) "ne mange pas et ne bois pas pendant trois jours et trois nuits" et le verset suivant explicite davantage ce qui est voulu, ce qui est signifié, puis le troisième jour (et tu trouveras ça au chapitre 3 verset 12 à 13)* et finalement on est dans un cas de figure similaire : 3 jours 3 nuits, troisième jour, on est un peu dans cette contradiction apparente en tout cas et devant cette expression proverbiale. Lenski d’ailleurs relève des expressions similaires en Esther 4. 16 et 5. 1 je te lis les deux versets "va rassembler tous les juifs qui se trouvent à Suse, jeûnez à mon intention sans manger ni boire pendant trois jours 24 heures sur 24, moi aussi je jeûnerai de même avec mes jeunes servantes. Dans ces conditions j’irai chez le roi malgré la loi, et si c’est pour ma perte, je périrai !". Le chapitre 5 verset 1 se fait l’écho de sa démarche "quand le troisième jour fut arrivé Esther, revêtue des insignes de la royauté, se présenta, etc."

D’accord ? Donc on a bien trois jours trois nuits, et enfin le troisième jour ; donc tu vois c’est une manière de parler qui était assez connue. Leon Morris qui signe un autre commentaire écrit : "… les juifs ne comptabilisaient pas comme nous, ils décomptaient une période en incluant le début, le jour du début et le jour de la fin de cette période, ainsi nous avons vendredi, samedi, dimanche : trois jours, peu importe que les jours ne soient pas complets…" et je cite un dernier commentaire, celui de Carson sur Matthieu qui écrit : "Jonas a passé trois jours et trois nuits" dans le poisson, mais si la séquence normale de la semaine sainte est correcte, dont il perçoit (et je fais une parenthèse dans cette citation) il perçoit/ démontre que la crucifixion a lieu à ses yeux le vendredi, il dit : "Jésus était dans le tombeau seulement 36 heures approximativement, puisque cela incluait des éléments de trois jours selon la manière de compter juive, Jésus a été enterré trois jours, ou pour le dire d’une autre manière, il est ressuscité le troisième jour- chapitre 16 verset 21- mais cela ne couvre pas trois nuits**".

Certains défendent une crucifixion le mercredi, mais si cela permet trois jours et trois nuits, cela se heurte à une difficulté de considérer la résurrection le troisième jour, selon la pensée rabbinique une journée et une nuit font un "‘onah", et une partie d’un ‘onah est comme l’ensemble… et il fait référence dans son commentaire (j’ouvre une autre parenthèse à 1 Samuel 30. 12-13, 2 Chroniques 10. 5 et 12, Esther 4. 16 et 5. 1 que nous avons déjà vus). Je reprends la citation "ainsi selon la tradition judaïque, trois jours et trois nuits n’a pas besoin de plus que trois jours, ou de la combinaison de tout, ou partie de trois jours séparés." Donc c’est un peu ma conviction, même si je suis ouvert à la possibilité du mercredi, finalement c’est pas fondamental, puisque la réalité de notre foi se porte sur la réalité historique, physique, matérielle de la résurrection de Christ. Peut-être que le meilleur résumé de la compréhension que j’en ai en tout cas, de ce petit mystère de Matthieu, je l’ai trouvé sur le site de "Juifs pour Jésus". Rich Robinson conclut son analyse en disant : "Ainsi pourquoi est-ce que Matthieu cite Jonas, et pourquoi Jonas dit ‘3 jours et 3 nuits’ ? A la lumière de la discussion qui précède, je dirais que ‘trois jours et trois nuits’ c’est une variation stylistique de ‘trois jours’, peut-être formulée ainsi pour accentuer cette réalité de trois jours" (fin de citation)

Alors tu vois, voilà, Jésus est mort, il est ressuscité le troisième jour, il restera quelques mystères à percer que le Seigneur voudra bien nous éclairer, nous révéler quand nous serons en sa présence. Bien sûr s’il meurt et s’il ressuscite, c’est pour nous, et ça c’est le message central que nous laisse l’Evangile. Jésus lorsqu’il vient sur la croix, il est Dieu le Fils incarné, il est Dieu devenu un homme, et lorsqu’il vient mourir sur la croix, 2 Corinthiens 5. 21 nous dit que quelque chose de terrible a lieu : il devient péché pour nous, à la croix il prend sur lui l’ensemble de nos fautes, Galates 3. 13-15 nous dit qu’il a été maudit, nous qui aurions dû être maudits ; plutôt que ce soit nous qui soyons maudits, c’est lui qui est maudit, il est maudit à notre place. Il y a une substitution extraordinaire, et au moment où il est sur la croix, dans la deuxième partie de sa crucifixion, de midi à 15h, des ténèbres recouvrent l’ensemble de la terre.

Qu’est ce que cela signifie ? Eh bien on retrouve ces ténèbres à deux moments significatifs de l’histoire d’Israël. Nous trouvons ces ténèbres en Genèse chapitre 15, lorsque Dieu fait alliance et signe son alliance avec Abraham, les ténèbres sont le symbole de la présence du Père qui signe son alliance. On les retrouve ailleurs au moment où Dieu conduit le peuple d’Israël hors d’Egypte, il est question d’une colonne de feu et d’une colonne de ténèbres. C’est comme si Dieu manifestait sa présence de cette manière, et nous avons au moment de ces trois dernières heures sur la croix, le Père en personne qui se déplace et il vient pour regarder son Fils dans les yeux, et pour la première fois de toute l’éternité, le regard joyeux aimant uni du Père du Fils et du Saint-Esprit se tord, et pour la première fois et pendant trois heures, Dieu le Père va regarder son Fils avec toute la juste colère que méritent nos propres fautes, toutes les hontes que nous avons suscitées à notre Créateur par notre comportement égoïste, violent, méchant, et j’en passe, et j’en passe… et pour la première fois de toute l’éternité, Dieu manifeste sa colère à l’égard de son Fils, pour que nous ne soyons jamais assujettis à la colère de Dieu, nous qui avons placé notre confiance en Jésus-Christ pour notre salut, et nous avons là l’essence de l’évangile : Jésus est notre substitut, il devient l’homme maudit, il devient l’homme maudit que nous aurions dû être, il devient l’homme péché que nous sommes, il prend notre place et il absorbe la colère divine, il absorbe et il meurt, mais bien sûr trois jours plus tard, il ressuscite, montrant que son sacrifice a été accepté, il est exalté, reprend sa place glorieuse qu’il a laissée en s’incarnant, et maintenant il tend la main à tous ceux et toutes celles qui sont conscients de leur honte, qui sont conscients de leurs fautes, et qui n’attendent qu’une chose : de recevoir la plénitude de l’amour de l’honneur du pardon que Dieu offre en Jésus en de façon très libre, par une conviction de péché, par une foi qui fait que l’on saisit la main que Christ nous a tendu par sa mort et son sacrifice….

En tout cas j’espère avoir répondu à ta question.

* une lectrice attentive a remarqué que la citation de Lenski mentionnée ici était erronée.

** Florent fait une erreur de chiffre, à l’oral.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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