Comment comprendre « si vous vous mettez en colère, ne péchez pas »? (Épisode 195)

La colère est un sujet qui nous concerne tous, de manière plus ou moins flagrante. La colère n'est pas une émotion anodine, et il est essentiel de la gérer d'une manière juste, car elle peut avoir des conséquences désastreuses. Ici Florent nous présente une perspective biblique sur la colère et nous donne des pistes afin d'appliquer l'enseignement biblique à nos vies.

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Épisode 195 : Comment comprendre "Si vous vous mettez en colère, ne péchez pas" ?

La question qui nous préoccupe pour ce podcast est la suivante :

"Comment comprendre les versets de Éphésiens 4. 26-27" Si vous vous mettez en colère, ne péchez point ; que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne donnez pas accès au diable ". Comment comprendre la colère dans ce passage ? Est-ce qu’un chrétien peut/doit se mettre en colère ? Est-ce qu’une colère se doit d’être limitée dans le temps ? Merci de votre éclaircissement."

Alors écoute, merci pour ta question, c’est une très bonne question, comme toutes celles qui arrivent sur le site de TPSG, d’ailleurs toute l’équipe, on est reconnaissant pour votre participation et votre lectorat assidu de l’ensemble du site.

Je vais tenter de répondre à ta question, mais je te recommande de creuser avec un livre qui est vraiment excellent qui est sorti l’année dernière je crois, de David Powlison, et qui s’intitule "Chrétien en colère, ce que Dieu veut faire de votre colère, irritation et l’amertume", publié chez BLF.

Alors je répondrai sur le texte d’abord, et puis ensuite je ferai quelques remarques sur les émotions dans la Bible et sur la colère en particulier.

Comme d’habitude sur les textes qui sont liés à un verset, c’est important de regarder le contexte. J’espère que si tu es familier des podcasts, tu entends souvent qu’il faut regarder le contexte, parce que c’est vraiment une règle d’interprétation fondamentale.

Quand on regarde le contexte plus large de l’épître aux Éphésiens, qu’est ce qu’on découvre ? Et bien, elle suit une structure assez fréquente chez l’apôtre Paul qui consiste à poser un fondement doctrinal au début, c’est ce que l’on retrouve du chapitre 1 au chapitre 3, et puis ensuite à développer des aspects éthiques liés au fondement doctrinal. A partir du chapitre 4, il est question de toutes les implications éthiques de la doctrine qu’il a évoquée auparavant, et c’est la seconde partie de la lettre. La section qui nous préoccupe commence avec le verset 17 et court jusqu’à 4. 32. Et ça commence avec cette idée : "vous ne devez plus marcher comme les païens". Quand Dieu rentre dans une ville, il la change, ou alors il est pas rentré, ça c’est une évidence que nous montre le Nouveau Testament. Alors les degrés de changements sont divers, les rapidités de changements sont divers, ça dépend de pleins de facteurs, mais quelque part, notre marche doit être modifiée, parce que Christ est entré en nous.

Et puis on arrive aux versets 20 à 24 qui nous disent : "Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris (à connaître) le Christ, si du moins vous avez entendu parler de lui, et si vous avez été instruits en lui, conformément à la vérité qui est en Jésus : c’est-à-dire vous dépouiller, à cause de votre conduite passée, de la vieille nature qui se corrompt par les convoitises trompeuses, être renouvelés par l’Esprit dans votre intelligence, et revêtir la nature nouvelle, créée selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité".

Je sais pas si tu as suivi, c’est un texte un peu compliqué, c’est une longue phrase dans l’Ecriture, mais ce que l’apôtre Paul nous dit, c’est la chose suivante : maintenant que nous sommes en Christ, il faut qu’on apprenne à se dévêtir, littéralement c’est ça, se dépouiller, c’est se dévêtir des habitudes passées.

Parce que quand on arrive à Christ, on arrive avec plein d’habitudes et pas toujours bonnes, alors il faut les enlever, il faut que le Saint-Esprit renouvelle notre intelligence, il faut que la Parole de Dieu fasse son œuvre en nous, et puis il faut qu’on se revête d’habitudes nouvelles. Donc, il y a un jeu de remplacement qui a lieu, qui consiste à remplacer les mauvaises habitudes par les bonnes, c’est pas un jeu qui est facile, et l’apôtre Paul donne un certain nombre d’exemples, dans lequel on va trouver la colère.

Mais au verset 25 il est question de remplacer le mensonge par le fait de dire la vérité à son prochain, parce que nous sommes membres les uns des autres, et puis nous avons ce verset de la colère, elle ne doit pas durer, il va falloir l’amener au Seigneur, et ne pas donner au diable un accès, et le voleur doit cesser de voler, mais plutôt apprendre à être généreux, travailler de ses propres mains et être généreux, puisque finalement le voleur a la paresse comme motivation, et ça se termine avec les versets 31 et 32 et où ça donne, je dirais, un aboutissement au verset que l’on considère : "Que toute amertume, animosité, colère, clameur, calomnie, ainsi que toute méchanceté soient ôtées du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, faites-vous grâce réciproquement, comme Dieu vous a fait grâce en Christ."

Donc à la fin de ce processus, du remplacement de toutes ces habitudes qui nous entraînent parfois vers le bas, il est encore question de la colère, et de la remplacer par de la bonté, de la bienveillance, celle que Christ voudrait que nous manifestions les uns envers les autres.

Le verbe est conjugué à l’impératif, donc certaines traductions disent "mettez-vous en colère, mais ne pêchez pas". Alors, c’est possible et un peu problématique, parce que le verbe est un passif, il faudrait dire "laissez-vous mettre en colère", ce qui n’a pas vraiment de sens, donc ça a donné l’idée d’une notion conditionnelle, "si vous vous mettez en colère, ne péchez pas" donc le verset oriente plutôt sur l’idée qu’un jour ou l’autre, la moutarde nous montera au nez ! Un jour ou l’autre, il faudra être un peu "patient du nez", pour reprendre le mot qui, en hébreu, est très évocateur de la colère.

Cette idée, c’est que on va marcher dans la vie, et il va y avoir des choses qui vont nous irriter, et il faut faire très attention, parce que l’émotion de la colère peut être une très mauvaise conseillère. On peut dire des choses extrêmement destructrices, à un enfant, à un conjoint, à un voisin, à un collègue, sous l’effet de la colère, et quelque temps plus tard, on regrette, mais malheureusement, l’oiseau est sorti de la cage, et maintenant c’est très difficile, c’est pas possible de revenir en arrière. La colère risque de déshumaniser les gens qui nous entourent, et pour Christ c’est important, ainsi, si quelqu’un traite son prochain de "racca" c’est à dire, d’homme de rien, de néant, il est digne de l’enfer. Donc c’est pas rien la colère, même si c’est très répandu au point que la Bible qualifie les êtres humains sans Christ, ou les êtres humains tout court comme des enfants de colère. Soit parce qu’ils sont destinés à la colère, soit parce qu’ils sont caractérisés et c’est plutôt comme ça que je prends ce verset, ils sont caractérisés par la colère et voilà le problème : la Bible dit que :

"La colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu". Très souvent on pense que par notre colère on fait bouger les choses, et en fait, faut faire très attention parce que c’est l’inverse.

Paul cite le Psaumes 4 pour appuyer son raisonnement. Le Psaumes 4 qui évoque ce psaume de David : "Quand je crie, réponds-moi, Dieu de ma justice ! Dans la détresse, tu me mets à l’aise. Fais-moi grâce, écoute ma prière ! Fils des hommes, jusques à quand ma gloire sera-t-elle changée en confusion ? (Jusques à quand) aimerez-vous la vanité, Chercherez-vous le mensonge ?" David semble faire état de gens qui l’agressent, il y a un temps de pause, et verset 4 nous dit : "Reconnaissez que l’Éternel s’est choisi un homme fidèle ; L’Éternel entend, quand je crie à lui. Agitez-vous, mais ne péchez pas ; Parlez en votre cœur Sur votre couche, puis taisez-vous. Pause. Offrez des sacrifices de justice Et confiez-vous en l’Éternel", etc. Et en fait, en citant ce psaume, Paul nous montre une chose, c’est que parfois, on va être agité, parfois on va passer une mauvaise journée au boulot, ou on reçoit des mots qui sont durs de la part de personnes qui nous entourent, il y a des situations qui nous accablent, ça va nous agiter ! Ben, parle-toi déjà quand tu te couches. Et surtout, parles-en à Dieu, dépose à ses pieds ces fardeaux et cette colère, plutôt que de laisser la colère t’envahir et te contrôler.

On a cette même dynamique en 1 Timothée 2 où il est demandé aux hommes, et cette fois-ci aux hommes masculins, les mâles dans cette section de 1 Timothée 2, de remplacer la colère par la prière. Parce que tu vois la colère, elle est stérile ou en tout cas, elle engendre des dégâts, alors que la prière, elle te permet de demander à Dieu d’intervenir et de confier, la puissance de Dieu va se manifester selon sa justice, et selon sa sagesse.

Alors maintenant, venons en à cette partie bizarre, si jamais on ne le fait pas, le diable entre dans les relations humaines.

Qu’est ce que ça veut dire ? Je pense, que déjà, il y a un vrai risque personnel. Il y a dans la colère, une forme, alors il y a de l’adrénaline, donc il peut y avoir, ça peut stimuler les cycles de récompenses dans l’être humain, il y a des choses… certaines personnes savourent la colère, ça les anime et plus on laisse aller la colère, plus elle va devenir grandissante.

Et moi, j’ai vu des gens qui étaient moyennement colériques quand ils étaient jeunes, ils sont devenus terriblement colériques dans leur âge adulte, et c’est pas beau à voir, c’est assez effrayant, c’est déplaisant ça les contrôle. Ça les contrôle eux-mêmes, et ça contrôle aussi les gens qui sont autours d’eux, je crois que le diable est vraiment au milieu de ces relations. Et c’est ce que l’apôtre a en tête quand dans une église, imagine une assemblée générale, imagine un culte où les gens se mettent en colère les uns contre les autres, c’est le diable, c’est pas le Saint-Esprit, le Saint-Esprit, il crée un fruit d’amour, de joie, de patience, de bonté, etc, ça c’est le fruit de l’esprit, le fruit du diable, c’est la haine, la colère, le meurtre.

Alors écoute, c’est super sérieux en fait ! Je voudrais vraiment souligner, on a raison de nous indigner des péchés de tout ordre dans l’église, mais c’est rare quand on s’indigne des péchés de ce style, parce que on se dit, "oh c’est un coup de colère", et en fait c’est super grave, ça détruit le Corps de Christ. C’est super sérieux.

Donc l’apôtre Paul nous dit : écoute, quand tu te mets en colère, ça arrive, c’est normal, c’est une émotion humaine. Prends le temps, si tu peux prendre le temps de te calmer, d’en faire un sujet de prière, de ne pas permettre que le soleil se couche sur ta colère, et de manière à ce que tu remettes les compteurs à zéro, assez rapidement,

Ca me permet maintenant de réfléchir à la notion de colère et la notion des émotions dans l’Ecriture. Ce sont des remarques assez générales que je vais faire, et ensuite je vais cibler vis-à-vis de ce qui nous préoccupe.

Nos émotions sont moralement neutres. C’est la première remarque que je ferai. Elles ne sont ni péchés, ni vertus en elles-mêmes. C’est leur cause ou leur résultat qui les qualifient en vertu ou en péché. La joie, par exemple, n’est pas forcément une vertu. La Bible nous dit que "si tu te réjouis de la chute de ton ennemi", c’est dans Proverbes, tu commets un péché. Donc si tu es joyeux pour de mauvaises raisons, c’est pas une bonne chose.

La colère n’est pas forcément un péché – Jésus s’est mis en colère, quand la gloire de Dieu était en question et il n’a jamais péché, donc le fait de se mettre en colère peut être totalement légitime.

Deuxième remarque, nos émotions ont été modifiées par la chute de l’homme, ou atteintes par la chute de l’homme. Elles ne sont plus fiables pour indiquer le bien et de mal. Elles reflètent souvent une préoccupation et une protection égocentrée et égocentrique.

Et c’est là où on voit le contraste avec la colère de Jésus qui voulait défendre la gloire de Dieu, alors que nos colères à nous, sont plutôt centrées sur nous mêmes et sur la protection de notre honneur ou de nos possessions etc…

Troisièmement, Dieu ne nous demande pas de modifier nos émotions. Elles existent sans qu’il y ait toujours des raisons précises. Peut être qu’un coup de blues à un moment, te parvient et tu sais pas pourquoi, et la Bible ne nous demande pas de l’expliquer ou de le comprendre, ni de les modifier. Elle nous demande de réfléchir à l’origine et de réfléchir aux conséquences que cela peut avoir.

Je me souviens, il y a pas très longtemps, quelqu’un m’a reproché quelque chose. Ma première réaction charnelle a été l’irritation. J’ai pas voulu répondre, j’ai voulu prendre ce verset à la lettre. Et il me dit, je vais gérer ça avant de me coucher ce soir et seul devant Dieu et j’ai réfléchi : en fait, c’est très bien, j’ai besoin d’être corrigé, j’ai besoin d’entendre des choses qui vont me faire grandir. Et l’examen de mon cœur m’a montré qu’il y avait dans ma réaction de l’orgueil. Voilà ça veut pas dire que l’ensemble des choses qui m’étaient reprochées étaient vraies, mais c’est que ma réaction venait de l’orgueil et j’avais besoin d’abord de traiter cet orgueil avant de pouvoir parler de cette situation. Tu sais qu’on enlève d’abord la poutre qu’il y a dans notre œil avant de regarder à la paille qui est dans l’oeil de nos prochains.

Autre remarque, Dieu nous rend responsable de notre comportement (pensées, paroles et actes) quelles que soient les émotions qui nous animent. Bien que nous ne pouvons pas justifier du meurtre de quelqu’un en disant "oh excusez-moi j’étais en colère", non, non, tu es responsable de tes actes, quelques soient les émotions qui t’animent.

Et parfois la colère peut être une très bonne motivation. Je me souviens d’une situation qui a touché l’une de nos filles. Et j’en parle parce qu’elles en parlent publiquement, sinon je n’en parlerais pas, mais quand elles étaient adolescents, l’une d’entre elle remontait du village, et puis un garçon, ado, que je connaissais, qui a trouvé intelligent de la flasher, c’est-à-dire de lui montrer les parties intimes qu’elle n’avait pas envie de voir, et c’est une intrusion qui est inacceptable dans la vie de quiconque.

Et donc elle est arrivée à la maison, et il se trouve que ce jour-là, j’étais à la maison, ce qui était plutôt rare, je passais mes journées de travail au bureau, mais il se trouve que j’étais là ; lorsque je suis rentré, et quand j’ai appris ça, y a un flot de colère, enfin, toucher à des enfants pour moi, c’est vraiment très difficile. A ce moment-là, on habitait dans une maison qui était sur la colline, je suis descendu en première pour qu’il puisse m’entendre venir de loin, je voulais que la peur commence à avoir son effet sur lui, je me suis arrêté devant lui au frein à main, alors qu’il était en train de se vanter devant ses copains de ce qui c’était passé, et puis je l’ai pris par, je me suis précipité sur lui, enfin, précipité, non pas pour le faire tomber, mais pour l’éloigner de ses copains, je l’ai collé contre un mur paisiblement, sans violence, mais enfin, de façon décisive, et je lui ai dit : "écoute, si tu veux apprendre comment on traite une femme, viens prendre un chocolat chaud, un café, une bière, ce que tu veux, viens, moi je vais t’expliquer comment on traite une femme. Mais si jamais, il y a quoique ce soit comme ça qui a lieu vis-à-vis d’un de nos enfants, je sais pas ce que je te ferai !" Alors en réalité, je sais pas ce que je lui aurais fait, parce que en tant que pasteur, bon je dois en référer à la loi, mais je voulais lui montrer qu’il ait une sainte crainte vis-à-vis de ce genre de comportement. Mais je voulais aussi lui laisser une porte de sortie pour qu’il découvre la grâce.

Pourquoi je cite cet exemple ? C’est peut-être pas tout à fait approprié, mais c’est le fait que la colère peut être utile, mais qu’elle nous oriente, il faut vraiment s’assurer que la colère nous oriente dans la bonne direction.

J’espère que dans ce cas-là, j’ai été juste à la fois pour protéger ma fille, d’ailleurs au départ, elle était très embarrassée que j’aie fait ça, puis avec le temps, elle a réalisé qu’elle pouvait, elle était reconnaissante qu’elle pouvait compter sur un père qui la protégeait. Donc messieurs qui êtes papa, voilà, il faut aussi que l’on donne ce sentiment à nos enfants, que leur situation nous est proche.

Mais bref, la colère nous oriente, et bien sûr elle aurait pu m’orienter vers des actes qui auraient été répréhensibles, des actes de violence ou des actes de vengeance personnelle. Ce qui ne doit pas être le cas, je le crois, nous sommes dans un état de droit où il faut que ce soit ceux qui sont mandatés pour cela qui s’en chargent. Mais dans ce cas-là, qui est plus une mini, mini situation et qui pouvait servir de situation pédagogique, cette colère m’a orienté sur des comportements. J’espère qu’ils étaient justifiés, peut-être vous aurez un avis différent, peut-être tu auras un avis différent, je suis prêt à l’entendre.

Et enfin, nous devons décider de nous comporter selon la Parole de Dieu, c’est-à-dire selon la volonté du Père, même quand nos émotions nous disent l’inverse. Et ça, c’est la partie la plus difficile bien sûr vis-à-vis de la gestion des émotions.

Par exemple, dans le jardin de Gethsémané, Jésus était confronté à des émotions d’angoisse extrême qui lui on fait prier "Seigneur, s’il était possible, éloigne de moi cette coupe", cette coupe qui représentait la colère du Père qu’il allait absorber, et je terminerai sur ceci dans un instant. Mais il ajoute, "pas ma volonté mais la tienne".

Et donc il faut réaliser que parfois, nos émotions nous orientent dans des travers, alors quelles qu’elles soient comme émotions, dans des comportements erronés, et il faut avoir la discipline, le courage de crier à Dieu, de dire "Seigneur, ces émotions m’orientent là, et moi je veux faire ta volonté". pas toujours évident.

En tout cas, et pour terminer sur la colère et revoir comment Jésus peut répondre à cela, moi j’ai remarqué que la colère tue plus de familles et de relations familiales et tue plus de personnes que toute autre émotion. Parfois tué littéralement, je suis effrayé du nombre de femmes qui meurent chaque année dans des mains de ceux qui les entourent. Mais parfois, on peut tuer par la colère l’imagination, la joie d’un enfant de façon durable, créant une insécurité, ou un sentiment d’injustice ou une amertume très profonde. Mais moi ça me désole, parce que la colère qui s’impose envers les petits et qui devient ensuite quelque chose de très structurant, enfin déstructurant pour un enfant, peut avoir des conséquences absolument terribles.

Alors voilà, si tu luttes avec la colère, réfléchis aux raisons… réfléchis aux exemples que tu as vu… parle à ceux qui t’entourent… demande pardon à tes enfants… au moins qu’ils sachent que voilà, sois franc avec tes luttes, en disant : c’est quelque chose sur laquelle je peine, je prie que tu sois patient avec moi, que tu pries pour moi, déjà le fait l’admettre, c’est un formidable début de guérison, et puis pourquoi pas suivre un frère, une soeur en relation d’aide, enfin demander à un frère ou une soeur qualifiés en relation d’aide de pouvoir te faire passer par des caps de transformation et de modification.

En tout cas, quelques versets pour bien caler notre compréhension sur la colère.

Proverbes 14. 29 nous dit "Celui qui est lent à la colère a une grande intelligence, Mais celui qui est prompt à s’emporter proclame sa stupidité". Proverbes 15. 1 "Une réponse douce calme la fureur, Mais une parole blessante excite la colère".

Proverbes 15. 18 "Un homme furieux excite des querelles, Mais celui qui est lent à la colère apaise les disputes".

Proverbes 16. 32 "Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu’un héros, Et celui qui se domine (vaut mieux) que celui qui prend une ville".

Moi j’aime beaucoup ces versets, ça peut être des versets à recopier, que tu peux mettre sur ton réfrigérateur ou sur le miroir quand tu te brosses les dents le soir ou je sais pas, pour pouvoir les revoir pour essayer de nourrir ta pensée sur quelques conseils sur la colère.

Il est dit que, Jean Calvin, à la fin de sa vie a regretté qu’il n’ait jamais pu maîtriser pleinement sa colère. Voilà, c’est quand même un homme de Dieu et il disait que Dieu l’avait humilié parce qu’il n’avait pas pu gérer cet aspect de sa vie aussi bien qu’il l’aurait souhaité.

Cette colère bien sûr qui est en nous, elle est aussi en la personne de Dieu. Dieu est en colère contre notre péché, Dieu est en colère contre nos colères qui sont injustes, Dieu est en colère contre notre manque d’amour, Dieu est en colère dans notre manque de maîtrise de soi, Dieu est en colère de ce que nous ayons laissé parfois le diable dans nos relations plutôt que de laisser le Saint-Esprit animer nos relations.

Alors, j’ai une bonne nouvelle, c’est que cette colère qui viendra un jour se manifester dans le jugement de Dieu, cette colère elle est tombée sur Jésus-Christ. Et ça permet à tous ceux et toutes celles qui se confient en Jésus d’être protégés de cette colère, parce que lui, a absorbé la colère qui nous était destinée, lui a apaisé Dieu par son sacrifice sur la croix. En sorte que je peux venir à lui, brisé que je suis par mon péché, et par la foi, déposer à ses pieds, mes propres fautes, mes propres péchés, et recevoir de lui le pardon et la force de vivre une vie différente.

Voilà, j’espère avoir répondu à ta question et puis que Dieu fasse de nous des enfants de paix.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire. Florent est aussi conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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