Comment vivre en disciple sans Église locale? (Épisode 141)

La question est posée dans un contexte où nous n'avons pas le choix, soit nous sommes dans un désert d'Église, ou sans Église avec une doctrine de qualité dans les environs. Quelles peuvent être les autres solutions?

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Comment vivre en disciple sans Église locale ? Épisode 141

La question qui nous préoccupe, c’est : « comment vivre en disciple sans église ? »

Je voudrais juste préciser que la question n’est pas « sans église parce qu’on n’a pas envie d’y aller », mais voilà comment cette question s’articule.

Comment vivre sa vie de disciple sans avoir la possibilité de s’intégrer dans une église locale ? Je pense notamment à ceux qui sont isolés géographiquement, qui vivent la persécution, ou qui sont entourés d’églises qui ne dispensent pas un enseignement biblique.

Ça me touche beaucoup, parce que je viens de vivre un moment de culte exceptionnel ce matin. On a eu une semaine assez compliquée au niveau du travail avec beaucoup de réunions, beaucoup de temps passé dans plein de choses qui avaient attrait à l’organisation, et ce n’est pas toujours mon point fort, bref beaucoup de travail.

Je suis revenu ce matin avec le désir (ce matin, donc on est dimanche alors que j’enregistre ce podcast) avec le désir d’être renouvelé dans ma communion avec Dieu, dans mon temps de louange. L’équipe de louange était juste remarquable, était ni trop présente et excessive, c’était paisible, ça mettait Christ en avant, ça mettait les qualités de Dieu et de son salut, de la communauté aussi en avant, et on s’entendait chanter les uns les autres. Et puis la prédication était vivante, le pasteur était connecté avec son auditoire, il était fidèle au texte, vraiment c’était un moment je me suis dit « waouh ». Mais en fait je te dis ça, et je te fais jalouser évidemment si tu n’es pas dans cette configuration.

Précisons bien les choses. On parle ici d’une situation qui est forcée. On ne parle pas ici de quelqu’un qui dirait : « moi je n’ai pas envie d’aller à l’église parce que j’aime pas le style de louange qu’il y a dans l’église qui n’est pas très loin, ou parce que je n’aime pas la personnalité du pasteur, ou parce que quelqu’un m’a blessé dans cette église, et donc je n’y remettrai jamais les pieds. » On ne parle pas ici de ce genre de choix que l’on rencontre parfois et qui nous empêchent finalement de profiter de ce que le Saint-Esprit veut nous communiquer, parce que Dieu a lui même instauré l’église comme moyen d’édification, comme moyen de croissance pour que l’on ressemble à Jésus-Christ.

Alors effectivement, quand il y a une situation de persécution, d’isolement, qu’il n’y a pas une église digne de ce nom, qu’est-ce qu’on peut faire ? Il faut réaliser, c’est vrai, combien l’église est une merveille spirituelle et que c’est pour ça que si tu poses la question sur les privés, et c’est douloureux, et je veux le dire pour ceux qui parfois sont un peu blasés, et c’est vrai qu’on n’a pas conscience du privilège que nous avons dans notre environnement français de pouvoir participer au culte librement, de pouvoir bénéficier aussi d’éléments de vie communautaire plutôt agréables, avec de la musique, avec des gens qui sont plutôt bien formés pour la prédication. Dans beaucoup de pays, ce n’est pas le cas et c’est parfois un petit peu pesant. Alors quand je parle de l’église, je parle ici de communauté des rachetés, des gens que Dieu a sauvés et qu’il a établi pour refléter, pour être son corps, donc le corps du Christ, quelque part le représentant de la personne même du Christ. Et c’est un joyaux théologique, l’église. J’aimerais que tu le réalises quand tu vas à l’église si tu peux y aller, je répondrai bien sûr à la question un petit peu plus tard dans ce podcast, mais j’aimerai que tu réalises à quel point c’est un miracle l’église, et c’est un miracle qui est digne d’être célébré, non pas pour la gloire de l’église elle-même, mais pour la gloire de Jésus-Christ qui l’a créée : c’est lui qui fonde l’église.

Il y a des gens qui sont très différents et qui sont unis maintenant autour de ce Dieu Sauveur, qui célèbrent la puissance de Dieu qui les a sauvés, qui célèbrent la puissance de Dieu qui a restauré leur vie, qui célèbrent la puissance de Dieu qui a uni des gens différents. J’ai donné plein de hugs à des gens qui étaient de, …, y’en a qui venaient du Rwanda, y’en a qui venaient du Cameroun, y’en a qui venaient de Lyon (pas très original d’ailleurs), y’en a qui venaient de Paris (ça c’est un peu plus original), y’en a qui venaient du Sud de la France et qui avaient un accent à couper au couteau. Bref, on était tous là, et il y avait quelque chose d’unique et d’exceptionnel : toutes ces cultures rassemblées en un seul corps.

La Bible dit que nous avons été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps (1 Corinthiens 12.13) donc il y a vraiment quelque chose de miraculeux d’être tous ensemble, d’expérimenter la puissance de Dieu qui édifie par la proclamation de l’évangile, par les louanges que nous entendons monter de la bouche des frères et des soeurs et cette puissance de Dieu qui fait grandir, accroître son peuple, en nombre mais aussi en qualité.

Mais c’est vrai que parfois c’est impossible et c’est super douloureux. Et donc, pour ceux qui en sont privés, il faut vraiment que ceux qui n’en sont pas privés réalisent la douleur des frères et soeurs qui ne peuvent pas vivre ça. J’ai reçu un mail d’un des membres de ma famille qui est missionnaire dans un pays dont je dois taire le nom, mais qui me disait que plusieurs de ses collaborateurs et le pasteur de la communauté avec lequel il travaillait a été emprisonné et personne n’a de ses nouvelles depuis maintenant 3 semaines. Il vit probablement isolé dans un environnement plutôt douloureux. Que faire ? Si nous avons, en occident, plutôt tendance à mépriser l’église, il y a des tas de pays où les gens crient le désir de rejoindre un communauté vivante.

Parfois, il y a des raisons comme l’isolement, la vieillesse, la maladie ou le fait de vivre dans ces régions reculées. Il y a des régions de France où c’est quasiment impossible de se rendre à l’église sans faire 1h de route. C’est quand même surprenant, en tout cas pour nous, moi je suis dans une région un peu plus urbaine où il y a plus de possibilités.

L’isolement. Parfois la persécution : je me souviens d’une jeune femme qui venait d’un pays de domination musulmane et la loi était islamique, et elle s’est mise à pleurer dès qu’on a chanté le premier chant et ça m’a un peu surpris, puisque parfois on chante mal, mais quand même à ce point c’était un petit peu surprenant. Je me suis approché d’elle et je lui ai demandé comment elle allait, puis elle m’a dit que c’était tellement beau de chanter à tue-tête parce que dans son pays, ils chantaient en chuchotant les cantiques spirituels. Et ça m’a tellement touché de voir cette jeune femme avec tant de joie à pouvoir chanter Dieu, alors qu’elle ne pouvait pas le faire de façon très libre, et c’est plutôt par petits groupes, en chuchotant, qu’ils pouvaient célébrer la grâce de Dieu.

Et puis il y a effectivement des églises qui n’en sont pas. Il y a des églises où Christ a enlevé le chandelier, pour reprendre l’image qui nous est laissée dans l’Apocalypse, parce que justement elle a laissé proliférer des faux docteurs, de gens qui enseignent n’importe quoi, elle a laissé proliférer l’immoralité sans intervenir pour essayer de mettre un cadre, ou bien elle a laissé un pasteur dictateur, ça arrive aussi, un nicolaïte en quelque sorte, c’est probablement ce genre de comportements que Jésus reproche à ce groupe, que Jésus dénonce en Ap. 2 et 3.

Alors si tu es dans cette situation d’isolement, je souffre pour toi.

Par contraste avec ce que je vis, ça me blesse de savoir qu’il y a des frères et soeurs qui sont dans cette situation. D’ailleurs je vous encourage tous à vous abonner à « Portes Ouvertes » pour pouvoir bénéficier des nouvelles de l’église persécutée, pour pouvoir aussi les soutenir financièrement, pour pouvoir faire partie de ce corps qui souffre et faire en sorte qu’ils se sentent justement moins seuls, parfois par des courriers, en tout cas par nos prières et certainement par nos dons.

Bref que faire ?

Premièrement la chose qu’il faut réaliser, c’est que tu n’es pas seul. Jérémie, le prophète était lui, le seul prophète face à des centaines de faux prophètes.

Une situation intéressante d’ailleurs. Lui, il était le seul à dire que Nébuchadnetsar allait venir remporter la victoire contre Jérusalem, et les faux prophètes par centaines rassuraient le peuple en disant « mais non ce n’est pas vrai. » Il était le seul. Voilà : c’était déjà le cas dans l’Ancien Testament.

Paul se lamente à un moment donné que « tous m’ont abandonnés » et dois-je mentionner encore Jésus qui a été abandonné par les siens, et qui dans ces moments ultimes de souffrance, était vraiment seul ; alors qu’il va boire à la coupe de la colère de Dieu, il va expérimenter une solitude que personne sur terre ni vivra jamais et n’a jamais vécu.

Lorsque le Père, pendant les 3 dernières heures du supplice de son fils, se détourne de Lui dans le sens où son regard d’amour devient regard de colère, et le Fils de Dieu devient l’agneau de Dieu qui porte les péchés du monde, il y a cette rupture d’une communion intense qui est prophétisée par le psaume 22 qui commence par « mon Dieu mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonné ? » et qui se termine par un chant de victoire absolument glorieux. Donc la première remarque, je pense que c’est important parce qu’on se sent seul quand on se sent seul, c’est de dire objectivement : tu n’es pas seul. Des grands hommes de Dieu ont connu cela et notre Sauveur au moment de son plus grand besoin de compagnonnage a aussi été seul, et il peut comprendre pleinement ce que tu peux vivre, et je crois que ça c’est déjà quelque chose de rassurant.

Deuxième remarque, tu formes avec Dieu une communauté.

La Bible dit que nous avons tout pleinement en Jésus-Christ. Et c’est quoi ce tout ?

Nous sommes dans le véritable, nous sommes dans sa communion et nous sommes intégrés dans la joie d’un Dieu trinitaire. Il faut bien réaliser que de toute éternité, Dieu a expérimenté l’amour de la communauté, en sa personne : Père, Fils et Saint-Esprit s’aiment, expriment et vivent de l’amour et de la joie. La Bible dit que Dieu est bienheureux, de toute éternité Dieu est heureux, il est heureux en lui-même et il est heureux de façon communautaire.

Et qu’est-ce qui se passe lorsque toi tu réalises que Jésus est mort pour tes péchés, que Jésus a pris tes peurs, que Jésus a pris ta honte et qu’il t’intègre dans son héritage ?

Que tu deviens, parce que tu as admis ta faillite, en reprenant le langage des béatitudes « heureux les pauvres en esprit car le royaume des cieux est à eux », que tu deviens cohéritier de Christ, c’est Colossiens qui nous le dit, que tu deviens héritier de la terre entière en quelque sorte, tu es intégré dans la personne même de Dieu. Comment ça ? Tu es en Christ, et en Christ tu bénéficies de tout le salut que Dieu nous a donné, et en Christ tu bénéficies de la communion à la personne de Dieu.

Le Saint-Esprit vient en toi, tu es baptisé de l’Esprit Saint, nous dit 1 Corinthiens 12.13, le Saint-Esprit t’habite, tu es scellé du Saint-Esprit, tu appartiens à Dieu, tu connais le Père. Tu connais le Père et parce que tu connais le Père et parce que le Saint-Esprit vit en toi, et parce que Jésus est mort pour toi, tu es déjà dans une communauté avec Dieu, et donc tu peux célébrer de façon communautaire, tout seul avec Dieu, les richesses du salut de Dieu.

Troisième remarque : tu te nourris avec la Bible, et d’ailleurs dans des pays où c’est compliqué comme c’est le cas dans beaucoup de pays musulmans, mais pas que, les pays aussi communistes ont des persécutions assez terribles à l’encontre des chrétiens, les églises sont fermées, les pasteurs sont emprisonnés, il y a des menaces permanentes qui font que c’est compliqué à vivre. Qu’est ce que l’on fait ?

Et bien, on se nourrit de la Bible notamment en mémorisant, si c’est possible, de longues sections de l’Ecriture, parce que c’est ça qui va te nourrir le jour où peut-être tu seras séparé de tout objet et même de toute Bible. Moi je viens de terminer de mémoriser 1 Jean 5. Je fais partie, je vais prêcher au concours biblique qui va rassembler des groupes de jeunes qui mémorisent comme ça 4 ou 5 chapitre de la Bible : chaque groupe de jeunes mémorise et puis il y a un concours. Bref, toujours est-il que ça m’était difficile de pouvoir encourager de genre de mémorisation si moi-même je ne m’y pliais pas, et j’ai mémorisé 1 Jean 5, et je vais essayer de continuer avec d’autres chapitres. Je trouve que c’est tellement riche, et le matin j’essaye de me le rappeler, et le soir j’essaye de me le rappeler pour me le garder devant. Et ce que je remarque, c’est que ça nourrit.

D’ailleurs j’ai, dans le podcaster d’aujourd’hui et celui de la semaine dernière, j’ai évoqué quelques versets qui me sont revenus comme ça assez spontanément. Donc se nourrir de la Bible, c’est lire la Bible, mais pas simplement la lire pour que ça remplisse la tête, mais que quand tu vois une promesse, tu la saisis par la foi : « Seigneur tu dis que tu seras avec moi tous les jours jusqu’à la fin du monde » : je te remercie, je m’appuie sur cette promesse, tu es avec moi, je suis peut-être seul, mais toi avec moi ça va, et ça c’est vraiment chouette. Mais ça peut être d’autres promesses : « je vous écris ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. » : Waouw ! Dieu m’a donné la vie éternelle, je te remercie, parce que même si on me prend ma vie, je suis avec toi, on peut juste prendre mon corps, pour un temps, parce que j’attends la résurrection. Il y a de fortes promesses donc quand tu lis, tu lis en sorte que tu saisisses les promesses ; quand tu vois des exhortations tu regardes dans ton coeur est-ce que tu as besoin de te repentir ? Parfois tu dois reconnaître : « Seigneur je reconnais que dans mon coeur c’est l’inverse de ce que je dis, donc je te demande pardon, je le reconnais, je m’approprie ton pardon et je veux marcher maintenant différemment, sois mon soutien. »

Tu peux découvrir simplement des choses qui vont t’informer « En Christ Dieu m’a élu avant la fondation du monde pour que je sois saint et sans défaut devant lui, dans son amour il m’a prédestiné, etc » tu saisis des informations qui vont nourrir ta louange. Voilà tu lis la Bible pour que ça devienne le fondement, la base de ta relation à Dieu. Je prêchais dans une église il y a quelque temps, une personne est venue me voir en me parlant qu’elle voulait vraiment que Dieu lui parle et je lui dis : « mais tu lis la Bible ? » C’était une jeune convertie, alors elle était pas trop sûre comment il fallait le faire. Je dis : « prends un livre de la Bible lis-le 4, 5 fois, lis Philippiens 3, 4 fois, lis Colossiens 3, 4 fois, lis Ephésiens 2, 3 fois, lis Matthieu 1 fois ou bien 2, 3 fois. » Ca fait beaucoup pour une semaine, mais abreuve-toi de l’écriture, Dieu va te parler parce qu’il va façonner ta manière de voir à son image, il va nourrir ta vie de prière. Et la Bible nous dit que la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu.

Nourris-toi de l’écriture, c’est essentiel, d’ailleurs dans un pays persécuté, ou un pays qui n’est pas persécuté. On a vraiment besoin de cela. D’ailleurs dans un pays pas persécuté du tout, c’était aux EU, j’avais un ami, il recopiait un verset, parce qu’il avait mauvaise mémoire, m’a-t-il dit, il recopiait un verset de Romains, c’était un travailleur dans… tu sais, ces éléments qui refroidissent les maisons, bon bref, tu vois ce que je veux dire, climatiseurs, donc c’était un ouvrier climatiseur. Il mettait un verset sur le pare-brise, comme il habitait dans un coin où il avait beaucoup de déplacements avec beaucoup d’embouteillages. Toute la journée il regardait ce verset, et comme ça il a mémorisé tout Romains, je veux dire chapeau bas ! Tout Romains, un verset à la fois, c’était marrant. Bref tu te nourris en lisant la Bible et si tu peux la mémoriser, ce sera une base vraiment solide que personne ne pourra t’arracher, notamment si les temps devenaient durs.

Et puis je voudrais aussi, te dire que adorer ce n’est pas chanter des louanges en église, ça c’est louer Dieu en église. Adorer, ça veut dire se prosterner, ça veut dire suivre et obéir à Christ. Tu sais quoi ? Même si tu es seul, lundi matin quand tu vas au travail et que tu es honnête devant Dieu dans ton travail, que tu aimes ton prochain, que tu cherches à refléter Christ, tu adores Christ, tu adores Dieu et ton adoration et ton culte est largement supérieure à toutes les louanges qui sont parfois dites un peu rapidement dans les églises gavées de chants et de prédications et tout ça. S’encourager que ta vie elle compte, elle a de la valeur aux yeux de celui qui te regarde et qui considère que ta vie est une adoration, pas simplement ta louange publique, ta vie est une adoration et elle peut être belle. Lorsque tu exprimes individuellement tes prières, lorsque tu exprimes individuellement ton refus de marcher selon le monde, ta mort à toi-même pour le péché qui te sollicite comme il me sollicite parfois, tu adores Dieu et Dieu se plait à voir cela dans ta vie. Il se plait à te voir et t’entendre confesser tes fautes, à te voir et t’entendre te relever de tes péchés, à te voir et t’entendre le supplier pour qu’il t’accorde son aide, parce qu’il le fera. C’est l’une des promesses, n’est-ce pas, du notre Père : « ne nous soumet pas à la tentation mais délivre nous du mal. »

Bref, je suis parti sur une autre tangente ici, mais ce que je veux dire, c’est que adorer Dieu est possible de façon seul parce que l’adoration, ce n’est pas les chants, l’adoration c’est se prosterner c’est-à-dire reconnaitre la royauté de Dieu. Donner de l‘argent parfois à ceux qui sont dans le besoin, c’est donner de l’argent aux besoins missionnaires, et bien sûr si tu es dans ce genre de pays là, c’est compliqué. Ce que je veux souligner, c’est que toutes ces activités de la vie chrétienne peuvent se faire quand on est seul. Et puis, louer Dieu cette fois-ci, ça peut se faire aussi seul. Moi quand le stress du boulot devient trop intense, lorsque j’ai de gros engagements qui me font un peu peur, et c’est assez souvent, parce que je me sens souvent débordé et incapable de répondre à des demandes qu’on m’adresse pour faire tel enseignement, je me sens vraiment petit, bref, je prends une demi-journée avec le Seigneur, je vais marcher dans les bois, je loue Dieu, je prends quelques psaumes ou je prends une épître ou simplement un chapitre, je vais le lire et le relire, m’en imprégner, faire un aller-retour de ce que je lis avec Dieu, je vais demander qu’il éveille ma conscience, mon coeur, mes pensées, je vais le remercier, le louer et j’ai parlé de la nature parce que ça m’enrichit quand je me balade dans cet environnement et ça nourrit mon repos et ma paix intérieure.

Je connais des gens qui s’enrichissent différemment, y’en a qui vont faire du sport, qui vont faire des activités aussi. Il faut que tu comprennes comment Dieu t’a câblé dans ta tête, il y a certaines personnes qui sont vraiment dans une sorte de communion lorsqu’ils cuisinent parce que c’est quelque chose où ils expriment toute la créativité que Dieu a mis dans leur coeur. Je sais que ça fait bizarre d’en parler comme de la louange, mais c’est plutôt l’expression de notre reconnaissance à Dieu où on intègre Dieu dans les choses pour lesquelles nous avons été câblé. Et Dieu prend plaisir à ça, Dieu prend plaisir aux éléments qu’il nous donne de vivre.

Et puis enfin dernière remarque sur ce que tu peux faire, c’est bénéficier de ce qu’ internet te propose. Il y a des enseignements que tu peux retrouver qui sont de qualité. Méfie-toi aussi parce qu’il a sur le net beaucoup de faux enseignants, des gens qui se prétendent apôtres, prophètes, des gens qui parlent de miracles à tue-tête et on se dit « waouh ce sont des grands hommes » Mais regarde s’ils sont fidèles à l’écriture, Dieu verra leur coeur, ça on verra plus tard. Mais regarde si ce qu’ils disent ce n’est pas simplement un verset 10 000 fois répété, mais s’ils enseignent l’écriture de façon continue, respectant le contexte, sans revenir constamment sur les mêmes choses de manière à ce que tu puisses découvrir l’enseignement de l’ ensemble de la Bible. On est dans une ère formidable pour cela, tu as accès à plein de ressources, de gens qui sont dignes d’être écoutés, même si la seule personne qui est vraiment digne d’être écoutée c’est Jésus-Christ, et que tu as sa pensée dans l’Ecriture, tu peux te nourrir de façon, si tu es en sécurité de le faire ainsi, en écoutant des prédications d’hommes de Dieu qui sont vraiment fidèles à l’écriture et qui te permettront de grandir dans ta compréhension de Dieu. Il existe, et notamment sur le site de « toutpoursagloire.com », quelques cours aussi qui sont proposés, qui pourront t’aider à accroître ta connaissance et ta compréhension des choses de Dieu.

En tout cas, je veux souligner, ce sera le dernier point de mon propos, je veux souligner quelque chose. Lorsque Etienne est lapidé suite à sa prédication très vive qu’il apporte à son peuple pour les amener à la repentance et à la confiance à Jésus-Christ, lorsqu’il est lapidé, nous voyons Jésus debout, enfin nous voyons : il voit, et la Bible nous le rapporte, Jésus debout. Il n’est pas assis pour recevoir son serviteur, il est debout. Quel honneur que Christ se lève alors que nous venons de cette terre-là vers lui. Et je crois qu’il le fait, par rapport à Etienne, parce que justement Etienne est de ceux qui ont porté le témoignage de Jésus-Christ jusque face à la persécution. Ils ont répondu avec amour, avec sérénité à ce que les gens faisaient autour d’eux. Ils n’ont pas parlé de violence, d’ailleurs Etienne prie pour le pardon de ceux qui lui ont fait mal. Et moi je voudrais juste relever que si toi tu souffres pour Christ, et c’est le thème de 1 Pierre, et c’est le thème de Jacques 1 et c’est le thème de plein de textes de l’écriture, si tu souffres pour Christ, Christ ne l’ignore pas et ne l’ignorera pas non plus lorsque tu le rejoindras. Je prie que tu sois persévérant, que tu demeures attaché à lui jusqu’au bout du chemin et lorsque tu le trouveras dans sa gloire il soit debout pour t’accueillir, comme nous pouvons être certain qu’il accueillera ceux et celles qui se sont confiés en lui parce qu’il a pardonné l’ensemble de leurs fautes par son sacrifice à la croix. Bon courage.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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