Dieu est-il coupable de génocide? (Episode 110)

Dans l'épisode 110, Florent Varak répond à une question concernant le génocide de Canaan. Y a-t-il un Dieu différent entre l'Ancien et le Nouveau Testament? C'est une question délicate, Florent apporte 9 pistes de réponses pour cette objection.

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La question qui est posée aujourd’hui est la suivante : « Je suis chrétien depuis bientôt 3 ans, je remercie encore Dieu pour son œuvre dans ma vie et de toujours être là, même quand il m’arrive de ne pas être au rendez-vous. J’aime beaucoup la Parole et l’étudie quand j’en ai l’occasion. Voilà, j’ai deux questions assez délicates. La première c’est celle-ci : doit-on nécessairement croire que Jésus est Dieu pour obtenir le salut ? Ma deuxième question c’est : comment expliquer à l’heure d’aujourd’hui l’élimination voulue par Dieu des peuples de Canaan lors de sa conquête ? Même si cela était nécessaire, peut-on dire que ce fut une forme de génocide divin ? Merci pour votre attention, et que Dieu vous bénisse ».

Alors je me réjouis de ton amour de la Parole, de ta conversion et de ton désir de mieux comprendre l’écriture. Les deux questions que tu poses sont très légitimes. La première de tes questions, je l’ai abordée ; je crois que c’était le podcast 107, en tout cas tu peux t’y référer pour avoir la réponse.

Pour ce qui est de la seconde, la question est très pertinente, elle fait l’objet de débats et puis aussi d’accusations. C’est un thème qui est repris par les philosophes athées et notamment Dawkins, qui dans le livre « The God delusion » (je crois qu’en français le titre c’est « Pour en finir avec Dieu »), Dawkins définit ainsi le Dieu de l’Ancien Testament, je cite :

« un des plus déplaisants personnages de toute la littérature de fiction. Jaloux et fier de l’être, c’est une brute misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocidaire, nuisible, mégalomaniaque, sadomasochiste, capricieuse et malveillante »

Fin de la citation. Est-ce le cas ?

C’est intéressant de voir qu’aujourd’hui, les hommes viennent à Dieu en pensant être les juges de Dieu. C.S. Lewis observait ce changement en notant que dans les siècles précédents, les gens venaient à Dieu en réalisant qu’Il était lui le juge. Et donc il y a vraiment un changement de paradigme sur la notion de qui doit être le juge de qui. Et c’est d’autant plus surprenant que le siècle passé ne s’est pas manifesté comme le siècle le plus paisible. Pourtant, ce sont des idéologies athées qui ont marqué les guerres les plus terribles du siècle précédent, avec des centaines de millions de morts. Et donc c’est quelque chose qui est à considérer quand on veut savoir qui doit juger qui.

En tout cas, les textes sont effectivement très surprenants, par rapport à certaines mentalités actuelles. Donc je vais lire trois textes qui vont dans le sens que tu évoques ; qui te surprennent, qui te choquent.

  • Deutéronome 7 nous dit : « Lorsque l’Eternel, ton Dieu, t’aura fait entrer dans le pays où tu te rends pour que tu en prennes possession et qu’Il aura chassé devant toi de nombreuses nations : les Hittites, les Guirgasiens, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébousiens, ces sept nations plus nombreuses et plus puissantes que toi ; lorsqu’Il te les aura livrés et que tu les auras vaincues, tu les extermineras totalement pour les vouer à l’Eternel. Tu ne concluras pas d’alliance avec elles et tu n’auras pour elles aucune pitié».
  • Deutéronome 20.16-17 : « Quant aux villes de ces peuples, que l’Eternel votre Dieu vous donne en possession, vous n’y laisserez pas subsister âme qui vive. Vous exterminerez totalement, pour les vouer à l’Eternel, les Hittites, les Amorééens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébousiens, comme l’Eternel votre Dieu vous l’a ordonné. »
  • En parlant de l’une de ces villes ; la ville de Jéricho, Josué 6 nous dit au verset 21 : « Ils exterminèrent par l’épée, pour les vouer à l’Eternel, hommes et femmes, enfants et vieillards, taureaux, moutons et ânes, tout ce qui vivait dans la ville ».

Alors, c’est très choquant pour notre société, et c’est choquant à bien des titres. Parce que d’abord on rejette la notion d’un Dieu qui viendrait juger, et qui viendrait juger de façon si globale. On est par ailleurs outrés que le jugement passe par l’action militaire de son peuple. Ça ressemble un peu, quand même, il faut le dire, à l’Etat Islamique, à première vue.

En même temps, c’est très sélectif, notre gêne avec cette question. Par exemple, on est choqués et on a raison de l’être, avec le massacre des Arméniens. Pourquoi est-ce que ces gens ont été tués ? Pour le simple fait qu’ils étaient Arméniens. C’est profondément choquant. Par contre, on n’est absolument pas choqués par le massacre des nazis par les armées alliés, qui ont gagné la deuxième guerre mondiale. Ces massacres étaient nécessaires pour gagner la guerre ; renverser une injustice colossale.

Avant de donner quelques pistes de réflexion biblique qui me semblent nécessaires pour comprendre cette question, j’aimerais noter qu’il y a des mauvaises pistes pour répondre à ces questions.

  • Un théologien libéral, Peter Hans, considérait que les Israélites avaient imaginé à tort que Dieu le leur demandait. Alors bien sûr, avec un tel propos, on s’écarte de toute notion d’inspiration et d’inhérence de l’Ecriture. Un autre auteur suggère que c’était une hyperbole mais qu’il ne fallait pas l’interpréter ainsi. C’est vraiment difficile de le comprendre de cette manière, et c’est vraiment difficile de faire caler avec l’action des Israélites.
  • Une autre piste erronée tente de distinguer le Dieu de l’Ancien Testament du Dieu du Nouveau Testament. On aurait un Dieu plus colérique dans l’Ancien testament, plus centré sur la justice et dans le Nouveau Testament, un Dieu plus orienté sur l’amour, la grâce. S’il y a, c’est vrai, une révélation progressive qui va dans le sens de la grâce, il ne faut absolument par le distinguer. C’est le même Dieu, avec les mêmes attributs, qui ordonne les commandements à la fois dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Donc c’est vraiment une mauvaise piste que de l’imaginer ainsi. D’ailleurs la théophanie qui précède la conquête de Canaan, en Josué, me semble présenter Christ sous l’angle du capitaine qui va mener cette action sur les peuples cananéens.
  • Enfin, et c’est une autre forme de libéralisme, d’autres réduisent le texte biblique à une simple pensée humaine et vont jusqu’à rejeter l’inspiration et l’autorité des textes, à cause de ces commandements éthiques qu’ils estiment problématiques.

Alors c’est une gageure de répondre à cette question si majeure et aussi importante en quelques minutes. Je ferai pratiquement une dizaine de remarques ; je crois que j’en ai 9 en tout.

Premièrement, Dieu est juge et a le droit de juger. Il l’est parce qu’Il est notre Créateur, parce qu’Il est notre Législateur, c’est Lui qui donne les lois morales et c’est Lui qui donne les conséquences de violer cette loi morale. Et donc Dieu a le droit de juger. On peut ne pas apprécier sa manière de juger, mais Il a le droit fondamental de juger. Il est celui qui est au-dessus de nous et qui attend de nous un certain comportement.

Deuxièmement, Dieu juge selon un ensemble de qualités qui ne sont jamais contradictoires. Dieu est à jamais uni dans l’expression de ses attributs et Il n’y a aucune de ses actions et de ses sanctions qui viole les autres attributs qui reflètent plutôt son amour. Il n’y a pas un manque d’amour dans son jugement, et il n’y a pas non plus de manque de jugement dans son amour. Et les choses se réconcilient bien sûr à la croix de Christ, où la question du mal trouve une réponse complète, et je reviendrai là-dessus ; c’est sur cette notion que je terminerai. Toujours est-il que toutes ses actions sont compatibles avec les éléments de son caractère et de sa personne. Et donc il faut vraiment réaliser qu’on ne peut pas faire le procès de Dieu sur cette action là sans faire aussi le procès de Dieu sur l’ensemble de sa personne. Or, le caractère de Dieu est impeccable, c’est-à-dire qu’il n’est pas marqué par le péché. D’ailleurs pour sauver cette humanité, Il viendra jusqu’à souffrir en personne ; on ne peut pas faire le procès de sa personne.

Troisième remarque : Dieu poursuit un objectif global, qui va au-delà d’un jugement temporaire. C’est-à-dire que, même si on peut être triste de voir un tel jugement, on peut imaginer à l’image d’un joueur d’échecs, qui voit que certaines choses doivent avoir lieu pour réaliser un sauvetage encore plus grand et encore plus global. Et Dieu, dans son omniscience, dans sa sagesse et dans sa pertinence quant à son action savait ce qui était nécessaire pour faire accomplir, pour faire réaliser ce qui était du salut de l’humanité, ou en tout cas de ceux qui se confieraient en lui. Il y a une vidéo qui a fait la une il y a quelques années. C’est une vidéo qui n’a pas été sanctionnée par Mercedes mais tu sais que de plus en plus, les voitures, maintenant, ont un système de contrôle actif et passif. Et voilà que dans un village, une voiture passe, un enfant traverse, la voiture reconnaît que c’est le jeune Hitler (enfin, c’est sous-entendu dans la vidéo) et Mercedes, (La voiture) se met à démarrer pour écraser l’enfant. Alors c’est une vidéo horrible, terrible parce que la mort d’un enfant n’est jamais plaisante. Mais si on sait que cet enfant devient le Hitler qui est à l’origine de la mort de dizaines de millions d’individus ; soudainement on se dit : la mort d’un enfant / la mort de millions d’individus … Peut-être certaines choses sont justifiées. Et Dieu connaît les conséquences à long terme et toutes les options de l’Histoire, en sorte que son jugement temporaire peut s’expliquer par rapport à son jugement à un moment donné.

Quatrième remarque : Dieu juge et heureusement ! C’est marrant comme on est vraiment dans une société où on a le sentiment qu’il ne faut pas que Dieu juge. Et pourtant, le grand objectif de Dieu, c’est la destruction du mal et donc des méchants, et son jugement fera partie de son action. Melvin Tinker vient se sortir un livre qui s’intitule Mass destruction : is God Guilty of Genocide (destruction de masse : est-ce que Dieu est coupable de génocide). C’est publié à l’Evangelical Press. Et il cite l’expérience d’un homme qui a vu la fureur de la violence des hommes dans les Balkans. Et je cite :

« la nécessité de la colère comme une expression de la bonté et de l’amour de Dieu a clairement été mise en avant par le théologien croate Miraslav Volf. Ses réflexions proviennent de ses observations d’un véritable génocide que lui et de nombreuses autres personnes ont connu en Yougoslavie : « Je pensais que la colère était indigne de Dieu. Dieu n’était-il pas amour ? L’amour divin de Dieu ne devrait-il pas dépasser la colère ? Dieu est amour et Dieu aime toute personne et toute créature : c’est exactement pour cela que Dieu manifeste sa colère à l’encontre de certains d’entre eux. Ma dernière résistance à l’idée d’un Dieu de colère a été le fruit de la guerre dans l’ancienne Yougoslavie ; la région d’où je viens. Selon les estimations, 200 000 personnes ont été tuées et plus de 3 millions ont été déplacées. Des villages et des villes ont été détruits. Mon peuple bombardé de jour comme de nuit. Certaines personnes ont été brutalisées au-delà de toute imagination. Et je ne pouvais m’imaginer un Dieu sans colère ? Ou pensez au Rwanda, de la dernière décennie du dernier siècle où 800 000 personnes ont été coupées en morceaux en 100 jours. Est-ce que Dieu a réagi à ce carnage ? En refusant de condamner les bains de sang, mais en affirmant la bonté inhérente de ces gens, Dieu n’était-il pas profondément en colère contre eux ? Alors que je me plaignais de l’indécence de l’idée de la colère de Dieu, j’en suis venu à conclure que j’aurais à me rebeller contre un Dieu qui n’était pas rempli de colère à l’encontre du mal dans le monde. Dieu n’est pas en colère malgré le fait qu’il soit amour ; il est en colère parce qu’il est un Dieu d’amour».

Le jugement est une nécessité pour la violence du monde, et heureusement qu’il y a un jugement, et parfois ce jugement, comme tous les jugements, est terrible.

Cinquième remarque : Dieu fait grâce dans chacun de ses jugements. Peut-être tu te souviendras de la situation de Jéricho : Dieu a sauvé Rahab ainsi que toute sa famille parce qu’elle avait confiance dans ce Dieu qui conduisait Israël. Et dans tous les grands jugements que nous avons ; que ce soit le jugement du déluge, que ce soit le jugement de Sodome et Gomorrhe, que ce soit le jugement qui vient devant nous : Dieu exerce sa miséricorde, sa patience et sa grâce lorsque nous venons à Lui. Et donc son jugement n’est jamais indépendant d’une main tendue pour ceux et celles qui se repentent et qui font confiance à Dieu. Je pense à Jérémie 18. 7 à 10 qui dit : « Une fois je décrète de déraciner une nation, un royaume, de le renverser et d’amener sa ruine. Mais si cette nation que j’ai menacée cesse de mal agir, je renoncerais à lui envoyer le malheur que j’avais projeté contre elle. Et si par contre je parle de construire et de planter telle nation ou tel royaume, mais que cette nation fait ce que je considère comme mal et ne m’écoute pas, je renoncerais au bien que j’avais prévu de faire. » Tu vois, Dieu fait grâce dans chacun de ses jugements et ses jugements sont toujours associés d’une main tendue pour sauver.

Sixième remarque : Dieu a attendu plus de 400 ans pour donner la terre aux descendants d’Abraham. Pourquoi ? Parce que Genèse 16 nous dit : « A la quatrième génération, ils reviendront ici, car c’est alors seulement que la déchéance morale des Amoréens aura atteint son comble ». C’est intéressant parce que Dieu dit : « voilà, je vais te donner une terre, il y aura un massacre de ces peuples, mais tu ne peux pas faire ce massacre maintenant parce que ce sont des gens bien. Mais à la quatrième génération, quand il y aura la prise de cette terre, ces peuples seront tellement mauvais, tellement corrompus, tellement violents, tellement terribles, que ce sera l’occasion pour moi à la fois de vous donner ces territoires et à la fois d’exercer mon jugement à leur encontre ».

Et ça me conduit à ma septième remarque : le jugement des Cananéens était absolument justifiable. Les déviances sexuelles étaient tout ce que tu peux trouver maintenant mais en plus avec la légitimation du viol de garçons, des relations sexuelles avec des animaux, on parle également de milliers d’enfants sacrifiés au feu. Et je cite Tinker qui dit :

« Moloch était la divinité cananéenne du monde des abîmes. Elle était représentée debout avec une idole à la tête de bœuf et un corps humain dont le ventre contenait un feu et dont les bras s’avançaient pour recevoir un enfant qui allait être brûlé à mort. Ce n’était pas que des nourrissons, des enfants jusqu’à l’âge de 4 ans étaient sacrifiés ».

Ce peuple barbare, violent, exerçait une pression terrible sur ses propres habitants et Dieu a décidé de les juger.

Huitième remarque : Dieu connaît les leçons dont on a besoin. Le Nouveau Testament ; Jésus dans les Evangiles, Paul en 1 Corinthiens 10, nous rappellent que les grands jugements du passé sont un avertissement pour un jugement assez terrible qui vient. Je dois te rappeler que nous sommes aujourd’hui situés entre un déluge d’eau et un déluge de feu, et que même si l’action, cette notion est très déplaisante, Dieu a jugé et Il jugera encore. Le fait de regarder les yeux ouverts ces grands jugements terribles doit nous mener à une vie qui est marquée par une vie de crainte de Dieu, de réalisation que ce que nous vivons a des conséquences pour notre éternité.

Enfin et c’est ma dernière remarque, la neuvième : ces jugements spécifiques sont révolus. Israël avait un mandat particulier qui s’est accompli et ce mandat notamment, mettait en jeu la naissance d’un Messie qui est devenu après le Sauveur de tous les hommes, de tous les criminels, que ce soient les victimes de génocide ou que ce soient ceux qui accomplissent des génocides. Dieu offre un salut maintenant en Jésus-Christ. Il n’y a plus personne qui pourrait se revendiquer du bras de Dieu pour accomplir un jugement terrestre. Si ce n’est que Dieu utilise les Etats, croyants ou non croyants, pour accomplir sa justice, c’est ce que Romains chapitre 13 nous rappelle ; Dieu conduit l’histoire selon un schéma que l’on ne comprend pas nécessairement parfaitement. Mais nous, en tant que disciples de Jésus, disciples de Dieu maintenant, notre rôle n’est pas de faire du mal. Notre rôle est, à titre de notre appartenance à Christ, de proclamer l’Evangile, de proclamer la grâce et de faire en sorte que le plus grand nombre d’individus puisse entendre parler de la grâce qui est en Jésus.

Alors moi je termine ce podcast avec deux ultimes remarques sur cette question solennelle. La surprise pour moi, ce n’est pas que Dieu ait jugé, la surprise pour moi, c’est qu’Il fasse grâce. Quand je vois ce qui est dans mon cœur, quand je vois ce qui est dans l’actualité ; je me dis : c’est quand même extraordinaire la patience de Dieu. Et ça, ça doit aussi nous surprendre et ça doit nourrir notre adoration de Dieu. Dieu fait grâce, Dieu est patient, Dieu tend la main, et Dieu attend que les uns et les autres, nous puissions la saisir parce que nos vies ne sont pas aux normes que Dieu attend. Nous devons aimer notre prochain comme nous-mêmes mais nous en sommes tellement incapables. Et c’est pour cela que Dieu vient en Jésus-Christ pour réconcilier les hommes égoïstes et violents et pour leur permettre, par la présence du Saint Esprit en eux, de développer un fruit différent de leur nature humaine naturelle. Le fruit de l’Esprit étant l’amour, la joie, la paix, la patience, etc. Tu pourras en lire la liste en Galates 5.22.

Et puis deuxième remarque : Dieu a répondu au problème du mal en envoyant Jésus-Christ, n’est-ce pas ? Et là, il y a une notion que le jugement, il est déjà tombé sur lui-même. Dieu est venu régler la dette des hommes violents en permettant que son propre Fils reçoive de plein fouet la colère de Dieu que méritent nos actes. Dieu le Père a condamné Dieu le Fils. Le Fils de l’Homme sur la croix a porté nos péchés pour que tous les hommes qui aient conscience de la sainteté de Dieu et du jugement à venir, puissent avoir accès au plein pardon de Dieu. Et finalement tous les hommes n’ont que deux solutions : soit ils réalisent qu’ils sont condamnés et ils font confiance à celui qui a été condamné à leur place pour recevoir de sa part un pardon complet, soit ils rejettent ce pardon qui est proposé et ils reçoivent ou recevront en eux-mêmes le jugement terrible qui est illustré par le jugement des Cananéens et qui est le jugement d’une séparation éternelle, ce qui est l’Enfer. Donc voilà, ce sont deux choses qui sont à considérer.

Alors Apocalypse 22 nous dit « Oui, dit Jésus, je viens bientôt, j’apporte avec moi mes récompenses pour rendre à chacun selon ce qu’il aura fait. Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements. Ils auront le droit de manger du fruit de l’arbre de vie et de franchir les portes de la ville. Mais dehors les hommes ignobles, ceux qui pratiquent la magie, les débauchés, les meurtriers, ceux qui adorent les idoles et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge ». Verset 17 : « L’Esprit et l’Epouse disent : Viens. Que celui qui entend ces paroles dise : Viens. Que celui qui a soif vienne, que celui qui veut de l’eau de la vie, la reçoive gratuitement ».

Voilà la main tendue ; un jugement vient, mais la main de grâce est tendue par Dieu. J’espère que chacun de ceux qui m’écoutent l’a saisie personnellement, en sorte que leur foi dans ce que Christ a fait les détourne d’eux-mêmes pour vivre une vie qui correspond à ce que Dieu attend.

Alors si tu veux aller plus loin, je te propose deux références. Yannick Imbert a écrit un petit article : « Dieu, tueur en récit ?», c’est sur Visiomundus.fr, tu pourras le retrouver, excellent article assez court. Et puis le livre que j’ai cité, si tu lis l’anglais, Melvin Tinker qui vient de sortir : « Mass destruction : is God Guilty of Genocide ? »

Voilà, j’espère avoir répondu à ta question et que cette thématique ne t’empêche pas d’adorer un Dieu qui a tout fait pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de jugement sur toi ni sur quiconque, mais qui invite quiconque, vraiment, à se tourner vers Lui et à placer sa confiance en Lui et en Lui seulement

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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4 thoughts on “Dieu est-il coupable de génocide? (Episode 110)

  1. ii dit :

    Du coup, la conclusion c’est :

    Oui, Dieu a commis un génocide.

    La question de sa culpabilité est beaucoup plus difficile à donner puisque qui sommes nous pour juger Dieu ?

    Petit retour sur les remarques :

    2e remarque. Il n’y a pas de manque d’amour dans son jugement ? Pour faire tuer les enfants ? Vraiment ?

    La 3e remarque est très intéressante.

    La 4e remarque mérite d’être plus développée car je n’ai pas bien compris le lien entre la colère et l’amour. Le lien est fait comme s’il était inéluctable. Or, la principale critique vient du fait que l’être humain estime qu’il ne l’est pas.

    La 6e remarque est très intéressante.

    1. Florent Varak dit :

      Bonjour « ii ». J’ai dû mal m’exprimer. Non, Dieu n’a pas commis un génocide (l’annihilation d’un peuple en vertu de son appartenance raciale) mais le jugement d’un peuple dont la violence et la méchanceté requéraient son intervention. Pour les remarques: le meurtre d’un enfant (ou d’un adulte) est absolument inacceptable pour vous et pour moi. Mais vous n’êtes pas Dieu. Son regard sur la situation, pour des raisons qui lui sont propres, peut absolument exiger cet acte. J’avais pensé que l’illustration sur Hitler était plus évident à saisir. Cordialement.

      1. ii dit :

        Bonjour,
        Merci pour votre réponse.
        Mais l’extermination d’un peuple étant considéré comme un génocide :
        Génocide : Subst masculin Destruction d’un peuple, d’une population entière.

        Du coup, Dieu a jugé un peuple violent et méchant par un génocide. 🙂

  2. bibletude .org dit :

    Paul dit dans le NT que ces choses (AT) ont été écrites pour notre instruction, et que c’est spirituellement qu’on les comprend.

    La Bible parle essentiellement de notre monde intérieur, et les peuples massacrés sont les choses mauvaises en nous que nous devons faire mourir.

    Toute la Bible devient instantanément plus claire quand on l’interprète spirituellement.

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