Dieu a-t-il décrété ou permis la chute? (Episode 108)

Dans l'épisode 108, Florent Varak répond à une question suite au podcast sur "Soli Deo Gloria", où il utilisait le terme "décrété la chute". Florent défend le fait que Dieu a décrété la chute, et donne ses raisons Bible en main. Il ne s'accomplit pas simplement ce que Dieu a vu d'avance, mais sa volonté.

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« Je reçois cette question : dans le podcast sur Soli Deo gloria, tu indiques plusieurs fois que Dieu a décrété la chute, qu’entends-tu par décréter ? Cela me surprend dans le sens où pour moi, décréter a une signification de souveraineté, de volonté, de but, et je ne comprends pas que Dieu a voulu la chute pour révéler Sa Gloire.

Je comprends plutôt que la chute vient de la désobéissance de l’homme, qui a fait usage de la liberté offerte par Dieu et que ce n’était pas sa volonté que l’homme désobéisse. Toutefois, dans sa toute connaissance dès avant la fondation du monde, Il a pré-connu cette désobéissance future de l’homme, et lui a établi de toute éternité, le plan du salut en Jésus pour amener l’homme à manifester la gloire de sa grâce. Ce qu’Il a décrété pour moi, c’est le glorieux plan de changer le mal en bien, et la désobéissance de la chute en éclatant le salut. Ce n’est pas la chute qu’Il a décrété ? Merci d’avance pour ton éclaircissement ».

Merci pour la question. Ca me rappelle un moment mémorable, quand je traduisais pour John Piper, peut-être si tu l’as entendu, tu sais combien c’est un orateur qui est vif et qui a plein de verve, et il parlait longuement sur la souveraineté de Dieu, Dieu a décrété ceci, Dieu a décrété cela, Il a décrété la création, Il a décrété le nombre des saluts, le nombre des sauvés, le nom des sauvés… donc je traduisais aussi vite que je pouvais et lorsqu’il est arrivé à Dieu a décrété la chute, instinctivement, et c’est vrai que sans réflexion, j’ai voulu varier un peu le style ou en tout cas j’ai utilisé le mot « permettre », il m’a arrêté en pleine traduction, et s’est retourné vers moi en disant :« ne change pas ma théologie ». C’était un moment embarrassant. Et en même temps, il avait raison : le traducteur n’est là que pour être le porte-parole et c’est devenu un peu mémorable, en tout cas pour moi, et bon nombre de mes amis qui étaient présents me le rappellent assez régulièrement pour mon humilité !

Reprenons la question. Décréter a une signification de souveraineté, de volonté, de but et c’est exactement ce que je crois, effectivement. C’est-à-dire que Dieu a décrété, et il faut comprendre ce que veut dire “par décret” on va y revenir.

Mais Dieu a décrété l’ensemble des évènements qui ont lieu. En fait, les théologiens parlent du décret de Dieu au singulier, tel que ça peut l’être reflété par Ephésiens chapitre 1 verset 9 à 10, où Dieu accomplit tout selon Un dessein et Une volonté qu’il a lui-même.

Avant que le monde existe, en amont de l’espace et du temps, Dieu a déterminé par avance l’ensemble des situations qui auraient lieu. Ce n’est pas qu’Il les ai vues et qu’Il a dit « bon ben je vivrai avec », qu’Il en a pris note, ce n’est pas non plus une simple connaissance future des faits. Dieu ne regarde pas les événements presque dépassé par le choix des hommes, non. Avant que tout existe, il y avait un plan, un projet, qu’Il a décrété et dont il a autorisé l’ensemble des éléments. Alors, qu’est ce que ça veut dire ?

Je voudrais citer ici Pascal Denault qui précise cinq points essentiels à la nature du décret de Dieu, c’est un article que tu trouveras sur « leboncombat.fr », et premièrement, il souligne le décret divin universel, il ne laisse rien au hasard, mais s’étend sur absolument tout ce qui existe.

Deuxièmement, le décret divin est efficace, il ne rend pas simplement possible la volonté de Dieu, mais détermine certainement tout ce qui arrive.

Troisièmement, le décret divin est compatible avec la liberté, il n’annule, ni ne viole la liberté, mais il établit la responsabilité et la contingence des causes secondes, on va y revenir. Quatrièmement, le décret divin est incompréhensible, la raison humaine ne peut s’élever au dessus de Dieu, le juger, ni le comprendre pleinement, mais elle doit se soumettre entièrement et humblement.

Cinquièmement, le décret divin est absolument bon. L’homme pécheur peut voir de mauvais œil que Dieu est bon, mais sa bonté et la perfection de Son décret n’en demeurent pas moins bonnes et parfaites. Alors, ça suscite j’imagine pas mal de questions.

Dieu règne sur le mal donc sur la chute. Ça te choque ? Mais c’est déjà le cas avec Joseph, Genèse chapitre 45 nous dit que, Joseph qui a été maltraité par ses frères leur dit « ne vous infligez pas de m’avoir vendu, pour être conduit ici, car c’est pour vous garder en vie que Dieu m’a envoyé devant vous. Dieu m’a envoyé devant vous pour vous assurer un reste dans le pays et vous permettre de survivre par une grande délivrance ».

Le mal terrible dont a été victime Joseph, était voulu par Dieu pour un bien ultime. Je veux croire que tout ce que Dieu ordonne, décrète, permet, ( on reviendra aussi sur cette distinction éventuelle), tout cela, Il le fait pour des raisons qui lui sont propres, même si nous ne le comprenons pas et qui sont compatibles avec sa nature.

Regardez le cas de Pharaon. Qui endurcit le cœur de Pharaon ? C’est Dieu qui endurcit le cœur de Pharaon, ah oui mais, le pharaon a endurcit son propre cœur aussi. Je pense qu’il y a un jeu qui correspond aux volontés des deux qui sont mentionnés dans ce texte, mais tu pourras lire y compris Exode 14.4. Dieu dit « j’endurcirai le cœur du pharaon ».

Ésaïe n’a aucune crainte de souligner « Je forme la lumière, Je crée les ténèbres, Je réalise la paix, Je crée le malheur, Moi l’Eternel, Je fais toutes ces choses ». Nous avons donc un Dieu qui est pleinement souverain, y compris sur le mal et qui le décrète, dans le sens où tout ce qui a lieu fait parti de son décret, il n’y a rien qui ait lieu qui ne soit pas passé ce décret là.

Alors ça nous choque, parce que immédiatement, nous pensons que l’homme n’est qu’une poupée manipulée ou que le monde est fataliste, ou que Dieu serait même moralement responsable du mal. Dieu serait la cause première de Néron, d’Hitler et des pitbulls (bon j’en veux pas aux pitbulls mais voilà. Mauvaise illustration, bref). C’est là où l’écriture met un frein à cette idée. Jacques 1.13 nous dit « que personne lorsqu’il est tenté ne dise :  c’est Dieu qui me tente, car Dieu ne peut être tenté par le mal et ne tente personne ». 1 Jean 1.5 nous dit « voici le message que nous avons entendu de Lui et que nous vous annonçons, Dieu est lumière, il n’y a pas en lui de ténèbres, ni ténèbres ni péché, ni fautes dans la personne de Dieu ». Alors comment allier ces notions ?

Je lis ici un paragraphe de Wayne Grudem, un théologien, dans son gros livre de théologie systématique : « mais nous devons garder à l’esprit que dans tous ces passages, il est clair que l’écriture ne présente jamais Dieu comme faisant directement quelque chose de mauvais, mais plutôt comme provoquant de mauvaises actions par l’intermédiaire de créatures morales agissants librement. De plus, l’écriture ne le tient jamais pour responsable du mal, ni ne le décrit comme prenant plaisir au mal, et elle n’excuse jamais les êtres humains pour le mal qu’ils commettent. Nous ne devons jamais pousser le raisonnement jusqu’à penser que nous ne sommes pas responsables du mal que nous faisons, ou que Dieu prend plaisir au mal ou doit en être tenu pour responsable. Une telle conclusion est clairement contraire à l’écriture ». Fin de citation.

En fait, le plus simple, et je suis conscient qu’il n’y a rien de simple dans cette question, mais le plus simple c’est de penser à cela : Dieu exerce sa souveraineté selon sa nature propre, et sa nature propre c’est quoi ? ce sont les attributs de sa personne :  Dieu est juste, Dieu est bon, Dieu est saint, Dieu est parfait, Dieu est amour, etc, etc, et je pourrais multiplier.

Toutes les décisions qu’Il prend, jamais ne violent les qualités de Sa nature propre. Il agit en fonction de ses qualités regardant bien au-delà, bien sûr de l’évènement en lui-même, sur un plan qui nous dépasse, et c’est pourquoi l’apôtre Paul nous exhorte à considérer cela comme un grand mystère, et c’est probablement la grande leçon du livre de Job. Nous ne pouvons pas comprendre les méandres de la manière dont Dieu gère le mal, gère ce monde, il nous faut Lui faire confiance, qu’Il agit selon ses qualités pour un objectif qui parfois nous échappe.

Tu parlais de liberté dans ta question, que les hommes avaient une certaine liberté, c’est intéressant. Je crois effectivement qu’ils avaient une vraie liberté dans le jardin d’Eden. Cette liberté, ils l’ont exercé pour le bien, je ne sais pas combien de temps, mais chaque fois qu’ils ont rejeté le commandement de ne pas prendre de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, chaque fois qu’ils ont profité du commandement de jouir de tous les arbres, de tous les fruits de la création, ils ont manifesté une liberté dépendante de la Personne de Dieu.

Cependant, avec Genèse chapitre 3, nous apprenons que l’homme a choisi le bien et le mal pour lui-même, et qu’il en a été affecté dans sa nature propre, et on trouve le même phénomène qui se produit que j’ai évoqué avec Dieu. Si Dieu prend des décisions selon sa nature propre, l’homme prend des décisions aussi selon sa nature propre. Cependant, ce ne sont plus des décisions qui sont prises à partir d’une page blanche comme ça a pu être le cas en Genèse chapitres 1 et 2, mais c’est à partir d’une nature qui est corrompue.

C’est pourquoi, Calvin remarque,- je ne sais pas si on peut vraiment parler de liberté-, nous avons la liberté de pécher, en fait, pourquoi ? Parce que notre nature est portée vers l’égoïsme, vers l’égocentrisme, vers le mal, et cette nature corrompue nous donne une série d’actions qui reflète notre nature. Et Dieu dans sa souveraineté, conduit ce qui est vraiment interne aux hommes, leur mal, leur égoïsme, leur violence, conduit cela pour un objectif salutaire, un objectif parfait qui Le glorifie, dont on ne comprends pas toujours les contours, mais qui sera révélé. On a cette intersection un peu des deux, je l’ai probablement déjà évoqué dans un podcast précédent, mais je trouve que cette intersection entre la souveraineté de Dieu et la liberté des hommes, est admirable dans ce qui s’est passé pour Jésus-Christ.

Actes chapitre 4.27-28 nous dit « Car en vérité, contre ton saint serviteur Jésus à qui tu as donné l’onction, Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette ville, avec les nations et avec le peuple d’Israël, pour faire tout ce que Ta main et Ton conseil avaient déterminés d’avance ».

Il y a là deux notions qui nous semblent en opposition, n’est ce pas ? D’un côté, les hommes se sont liés à cause de leur méchanceté, de leur jalousie, de leur haine de Jésus pour crucifier cet homme, Jésus, mais ils ne réalisaient pas qu’ils accomplissaient un plan qui était établi, nous dit le texte, d’avance, « tout ce que ta main et ton conseil avait déterminé d’avance ».

Et là, on voit parfaitement que ce sont bien les hommes méchants qui ont condamnés à mort Jésus. Ils sont responsables parce qu’ils ont agi selon leur propre nature, mais c’est bien le Seigneur de l’univers qui a conduit ces évènements. Et il l’a fait pourquoi ? pour accomplir Sa justice propre à sa nature, son amour propre à sa nature. Donc l’homme et Dieu agissent selon sa nature propre, chacun dans son registre, sauf que le registre des hommes est un registre pollué par le péché.

Revenons à ta question de départ : est ce qu’il est juste de dire que Dieu a décrété la chute ou devrions-nous dire qu’il l’a permise, selon l’erreur même que j’ai faite en traduisant Pipper ? Moi personnellement, en regardant un peu les verbes, je ne suis pas du tout gêné par l’utilisation du verbe permettre.

Le mot décréter implique qu’il y a un sujet, un agent en charge de l’autorité, il décide ou ordonne quelque chose par décret. C’est effectivement ce qui se passe avant que le monde existe. Le décret de Dieu était en place, Dieu a créé le monde sachant tous les évènements et toutes les contingences liées à ces évènements.

Quand on regarde le verbe permettre, il est question d’accepter que quelque chose se passe, donner son accord ou son consentement, donner à quelqu’un l’autorisation, la liberté  de faire quelque chose. Il faut bien comprendre, dans notre situation, celle qui nous préoccupe, les deux verbes impliquent une autorité supérieure, capable d’ordonner un évènement ou d’empêcher un évènement. En ce sens là, correctement compris, il me semble possible de tenir ces deux verbes dans ce contexte sous forme d’équivalence, parce que les deux reconnaissent que Dieu exerce un choix, souverain, qu’Il a la liberté de prendre. Personnellement, j’aime beaucoup utiliser les deux verbes, selon mon auditoire ou c’est en fonction de l’auditoire, ou de la compréhension que j’essaie de faire émerger.

En sachant que le verbe permettre souligne parfois que Dieu permet certaines choses qui sont contraires à sa vérité révélée, que ça peut être, par exemple le meurtre, ou d’autres péchés, Dieu ne le souhaite pas, mais le permet. Ca permet de donner une petite distance mentale dans le fait que ça ne correspond pas pleinement au plan de Dieu, au plan révélé de Dieu, mais ça correspond au décret de Dieu, parce que si ça a lieu, c’est que ça a été décrété ainsi. Et je sais que ça tourne ensuite dans notre tête, quand on les maintient en tension, mais je crois que ça permet de donner un peu une idée. Que Dieu autorise certaines choses, même si cela ne correspond pas à son plan, et de souligner ainsi qu’il ne peut pas en être tenu pour moralement responsable. Dieu n’est pas responsable de l’horreur des humains, même si mystérieusement, Il conduit le cours des évènements pour accomplir son objectif.

Et son décret s’articule autour de quoi ? Il y a plusieurs pistes qui sont proposées par les théologiens, mais je dirais pour ce podcast en tout cas, c’est de répandre l’Evangile à toutes les nations et donc curieusement, mystérieusement, les évènements qui ont lieu, y compris les guerres et les tragédies les plus terribles, contribuent à un salut qui va bien plus loin que les simples, ou extraordinairement douloureuses situations dans lesquelles les uns et les autres peuvent se trouver. Répandre l’évangile à toutes les nations et le salut éternel.

Et deuxièmement, assujettir toutes choses à la souveraineté de Christ, parce que c’est ce que la Bible nous dit, c’est qu’un jour apparaîtra le monde tel qu’il doit être assujetti à la seigneurie de Christ, le second Adam, qui a récupéré et qui a vaincu les dommages causés, ou qui a renversé les dommages causés par le premier Adam. En sorte que nous pourrons célébrer la gloire de sa grâce et que nous comprendrons, même si nous n’aurons peut être pas, pendant l’éternité, non plus tous les détails, les contours de la motivation qui a conduit Dieu à certains choix, je pense que nous verrons plus clairement que ces choix étaient bons, et qu’ils étaient compatibles à sa nature et que nous pourrons nous incliner avec bonheur devant la bienveillance que Dieu a manifesté à notre égard.

Donc oui, je crois que l’on peut dire que Dieu a décrété la chute parce qu’elle a eu lieu, et que ça fait partie de son décret, et je crois que nous pouvons dire que Dieu a permis la chute parce que oui, ce n’était pas son intention morale, qu’Il aurait pu l’empêcher; Il ne l’a pas fait, Il ne l’a pas fait sciemment parce que son décret orientait la situation ainsi, et qu’il y avait derrière cet évènement toute une série d’événements autres, à la gloire de son nom, qui permettraient à un grand nombre de découvrir des facettes jusque là inconnues de la personne de Dieu, et qui permettraient aussi à tout un drame et toute une aventure humaine et spirituelle d’avoir lieu, et qui nous invitent, y compris toi qui nous écoutes, peut-être extérieur à la foi chrétienne, à réfléchir à cette main tendue que Dieu lance au travers de l’évangile pour être réconcilié avec Lui.

Ca fait partie de Sa volonté révélée que tous les hommes puissent parvenir à la connaissance du salut, et que chacun doit se positionner et même s’il est responsable de son choix, il entre par là-même, dans une souveraineté qui le dépasse. Je suis conscient, ce ne sont pas des questions faciles, ce ne sont pas des questions qui en quelques minutes peuvent trouver des réponses claires et absolues, mais en tout les cas, voici quelques pistes.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire. Florent est aussi conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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