Est-ce qu’un enfant de Dieu est reconnaissable à sa richesse? (Épisode 89)

Dans l'épisode 89, Florent Varak explique deux choses sur le rapport entre le chrétien et l'argent: le premier porte sur le "mérite" à être riche quand nous sommes enfant du Dieu de toute richesse, et la deuxième sur le lien entre manque d'argent et le mal.

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La question est posée : “ L’enfant d’un président de la république est reconnaissable alors que celui de Dieu ne l’est pas. L’enfant de Dieu est-il fait pour la poussière ? Alors que son Père qui est aux cieux a tout, même l’or et l’argent. N’est-ce pas que c’est le manque d’argent qui est la racine de tous les maux ? Comment le terrorisme recrute-t-il dans des milieux favorisés ? “

Merci beaucoup pour cette question, elle est très importante, parce qu’elle touche ce qu’on appelle la théologie de la prospérité, et c’est vraiment important de bien comprendre cette question et ses implications. Et dans ce que tu évoques, tu poses en fait deux questions autour de ce concept de l’évangile de prospérité.

La première chose, c’est que tu te demandes : est-ce qu’un enfant de Dieu est reconnaissable à sa richesse ? Et puis deuxièmement, tu dis : est-ce que le manque d’argent est la racine de tous les maux ?

Je vais commencer par ta 1ère question, et je voudrais vraiment regarder déjà à l’exemple de Jésus. Jésus, dans Esaïe 53, nous dit qu’Il s’est élevé comme un rejeton, comme une racine qui sort d’une terre assoiffée, qui n’avait ni apparence, ni éclat pour que nous le regardions et son aspect n’avait rien pour nous attirer. Donc le Fils de Dieu, même dans sa naissance, dans un milieu très humble, ce n’était pas bling-bling, ce n’était pas flash son arrivée. On ne le regardait pas comme étant celui qui était le plus beau, le plus grand, le plus glorieux. En fait, il était un enfant plutôt banal dans son apparence et certainement, il n’est pas né dans les palais de Jérusalem, il est né à Bethléem.

Ensuite, il a grandi à Nazareth, c’était une bourgade éloignée où il n’y avait pas grand-chose qui se passait à l’époque. Matthieu 8.20 nous dit : « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. » Alors je remarque que le Fils de l’homme n’avait pas de château, il n’avait pas de lieu d’habitation resplendissant et il allait ici et là, se reposait parfois où il pouvait, il était accueilli parfois chez les habitants, parfois il revenait dans son quartier général qui se situait dans la maison de Pierre. D’ailleurs les fouilles qui ont été réalisées, ont permis d’identifier la maison de Pierre, et c’était une petite maison, il n’y avait rien dans un petit village, ça n’avait rien de très spectaculaire. Donc, lui qui est le Fils de Dieu, ou Dieu le Fils, il a vécu avec simplicité, sans richesse.

En fait, matériellement, Jésus et ses disciples dépendaient de quelques femmes qui les accompagnaient, les assistaient de leurs biens, c’est ce que nous dit Luc chapitre 8 verset 3. Et le ministère de Jésus devait se préoccuper notamment des pauvres, selon la prophétie reprise en Luc 4.18, une prophétie de l’Ancien Testament et en sorte qu’on n’est pas devant le Fils de Dieu qui, effectivement possède l’or et l’argent, mais qui réclamerait de l’obtenir, ou voudrait en avoir beaucoup, ou aurait vécu sur cette terre en portant des bagues et des colliers de plusieurs kilos. On n’est pas dans cette logique quand on voit la personne de Christ.

Regardes également l’exemple de l’apôtre Paul, parfois il a dû travailler de ses propres mains, parce que c’était un bon exemple pour l’église dans laquelle il servait ; c’est ce que l’on voit avec 1 Corinthiens 9.6 et 2 Thessaloniciens 3.8. Soit parce que c’était nécessaire, il n’avait pas de quoi vivre autrement. En Actes 18.5, on voit qu’il travaillait de ses propres mains jusqu’à ce que d’autres puissent venir le libérer de cette tâche pour qu’il consacre tout son temps à la prédication.

Regarde également l’église de Corinthe qui n’avait pas beaucoup de riches ou de nobles en son sein. Si tu lis les deux premiers chapitres de Corinthiens, tu réalises que ce n’était pas nécessairement des personnes qui étaient très riches dans le monde. Il y en avait quelques-unes, apparemment il y avait le trésorier de la ville de Corinthe, et  probablement que c’était un homme qui avait des richesses, mais ce n’était pas marqué, ce n’était pas caractéristique des chrétiens de l’église de Corinthe.

Si tu lis également les églises, la description des églises que tu trouves en Apocalypse chapitre 2 et 3, tu remarques que l’église que Jésus complimente le plus, c ’est une église très pauvre, alors que l’église que Jésus reprend le plus et le plus fermement, c’est une église qui est très riche.

Donc, ne crois surtout pas que Dieu doit à ses enfants la prospérité matérielle. Ce n’est pas du tout l’intention de Dieu que nous soyons riches, tous sur cette terre. Ça peut être l’intention de Dieu pour certaines personnes, qui doivent alors avoir la responsabilité de bien utiliser de telles ressources. Mais ce n’est pas associé à l’évangile que si l’on est un enfant de Dieu, on est riche. J’espère que tu vois à quel point nous marchons à la suite d’un sauveur crucifié et non un sauveur qui a fui en BMW parce qu’il le vaut bien.

Ce n’est pas ça l’idée que l’on a dans l’écriture. Ca ne veut pas dire que Dieu nous veut pauvres. Il y a dans la Nouveau Testament, comme je le soulignais, des riches qui sont bénis, et les richesses peuvent être en bénédiction pour ces personnes comme pour leurs familles, comme pour leurs églises, comme pour la mission. Mais la richesse n’est pas un indice de spiritualité, ni de l’approbation de Dieu. Est-ce que l’évangile conduit toujours à la richesse ?

Et bien, pas directement, mais d’une certaine manière, on peut dire oui. Par exemple, tu prends une famille où le père est alcoolique et soudainement , et c’est une situation que je connais, qui est très concrète, et il se converti, il abandonne son alcoolisme; ça peut être compliqué parfois de gérer une telle addiction.

Mais voilà, il arrive petit à petit à vraiment prendre des racines avec un style de vie qui soit plus à la gloire de Dieu. Et bien, tout l’argent qu’il dépensait à acheter de l’alcool, est un argent qui est disponible pour sa famille. Soudainement, il est moins colérique avec ses enfants. Ses enfants deviennent plus calmes et sereins, font de bonnes études. Lui-même, il arrive au travail à l’heure, il travaille mieux, ses patrons l’apprécient, il est promu, et puis sa femme est tellement heureuse de retrouver un homme, alors qu’avant, c’était quelqu’un qui était vraiment abattu par l’alcool. Et donc soudainement, cet homme devient plus riche matériellement, ce n’est pas une grande richesse forcément, mais il a un meilleur salaire, il a un plus respect des gens autour de lui, ses enfants ont une meilleure réussite sociale. Et ça c’est un fruit de l’évangile, mais ce n’est pas un fruit de la manière dont tu en parles, celle que Dieu serait obligé de donner de la richesse à ceux qui deviennent ses enfants. Ou bien, que Dieu devrait payer un retour d’investissement à ceux qui donneraient à l’église comme c’est parfois évoqué.

La 2ème question ou la 2ème partie de ta question c’est : « Est-ce que le manque d’argent est la racine de tous les maux ? ». Alors c’est vraiment faux, c’est intéressant que tu cites entre guillemets « cette racine de tous les maux », parce que dans la Bible, c’est précisément l’inverse qui est dit et je te propose de lire 1 Timothée chapitre 6 versets 4 à 11. Dans ce passage, Paul parle des faux leaders dans l’église et il fustige, je cite : « les contestations interminables d’hommes à l’esprit corrompu, privés de la vérité, qui considèrent la piété comme source de gains. Certes, c’est une grande source de gains que la piété, si on se contente de ce que l’on a, car nous n’avons rien apporté dans le monde comme aussi nous ne pouvons rien emporter. Si donc nous avons la nourriture et le vêtement cela nous suffira. Mais, ceux qui veulent s’enrichir, tombent dans la tentation, dans le piège et dans une  foule de désirs insensés, pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est la racine de tous les maux et quelques-uns pour s’y être adonné, se sont égarés loin de la foi, et se sont infligés à eux-mêmes bien des tourments. Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses, et recherche la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur. » (fin de citation).

Tu vois, on retrouve le verset que tu cites, mais on le retrouve dans son intégralité, et c’est l’amour de l’argent qui est la racine de tous les maux. Ce n’est pas le manque d’argent qui est la racine de tous les maux. D’ailleurs, Ephésiens 5.5 nous dit et nous met en garde : « Sachez le bien, aucun débauché, impur ou cupide c’est-à-dire idolâtre, n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu. » Un cupide, c’est quelqu’un qui recherche de l’argent constamment, qui est insatiable vis-à-vis de l’argent et qui le garde, car toutes les ressources que Dieu lui donne pour lui-même, et la Bible qualifie cela d’idolâtrie, et une telle personne révèle en cela qu’elle n’est pas croyante, qu’elle n’est pas attachée à la personne de Christ, n’a aucune générosité et son idole c’est l’argent. Hébreux 13.5 nous dit : «  que votre conduite ne soit pas inspirée par l’amour de l’argent. Contentez-vous de vos biens actuels, car Dieu lui-même a dit : je ne te laisserai pas, je ne t’abandonnerai pas ». Donc, on est vraiment dans l’idée plutôt de la providence de Dieu; certaines personnes vont avoir plus que d’autres, et ce n’est pas nécessairement une indication de manque bénédiction ou de plus grandes bénédictions pour l’un ou pour l’autre. Mais simplement, Dieu nous demande d’être fidèles et généreux avec ce qu’Il nous confie. Luc chapitre 12 verset 15 nous dit : « Gardez-vous attentivement de toute cupidité. » C’est Jésus qui parle. « car même dans l’abondance, la vie d’un homme ne dépend pas de ce qu’il possède. » Donc, gardez-vous attentivement de toute cupidité.

C’est vraiment important de réaliser à quel point nous ne sommes pas dans une logique que l’argent soit un témoin de la bénédiction de Dieu. En fait, ce serait presque l’inverse, parce que l’argent peut témoigner d’un cœur qui est sec et centré sur soi. Et méfies toi des pasteurs qui exploitent la crédulité des gens et qui exigent qu’on leur donne la dîme ou la double dîme, sous prétexte que si l’on fait cela, Dieu va les bénir et leur rendre au centuple, c’est simplement de la manipulation, c’est entièrement faux au niveau biblique. Il n’y a aucune manière de penser qui se justifie dans l’écriture qui pourrait prendre cette formule.

Tu cites les terroristes qui sont forcés au terrorisme à cause de la pauvreté. Désolé, mais ce n’est pas la perspective biblique. Matthieu chapitre 15, nous dit que c’est du cœur que viennent les meurtres, c’est du cœur que viennent toutes les exactions que nous voyons. Ça ne vient pas d’un contexte social. Oussama Ben Laden était l’un des hommes les plus riches de son temps, il est devenu terroriste parce que son cœur violent l’y a conduit, non parce qu’il manquait d’argent. En fait, il avait tout l’argent qu’il voulait et une carrière tout à fait possible, une carrière à succès.

Jésus précise qu’on ne peut servir 2 maîtres, Dieu et l’argent ; Matthieu 6.24. Il faut donc choisir. En choisissant Dieu, tu lui laisses le règne de tes circonstances, en focalisant ton attention sur le fait de vivre selon sa justice, et vivre correctement dans l’ambition de bien travailler, de respecter ton patron, ou bien de monter ton entreprise sur des bases saines, c’est-à-dire sans voler ceux qui t’entourent, sans voler les employés que tu vas embaucher en étant juste dans ta manière de gérer.

Ça c’est ce que Dieu attend, et je crois qu’une personne qui fonctionne de cette manière, peut s’attendre à voir le fruit de son travail, le fruit matériel de son travail, en cela la justice de Dieu se manifeste dans les conséquences d’un travail qui est correct, qui est bien fait et qui est respectueux des autres.

En même temps, il est vrai, 1 des psaumes et je ne me souviens plus lequel, je crois que c’est le psaume 73, mais je cite de mémoire, l’un des psaumes, l’auteur se plaint de ce que les injustes prospèrent, ils sont gras jusque dans leurs cous, enfin c’est magnifique comme description, alors que les justes parfois n’ont pas cette même prospérité.

Donc il arrive que des gens, enfin c’est même très fréquent dans ce monde, prospèrent pour pleins de raisons et parfois, on peut être pris par la jalousie, on peut être pris par des sentiments qui sont étrangers à la pensée de Dieu. Le jour vient, n’est-ce pas, où Jésus dit dans les béatitudes : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ». Donc, ceux qui réalisent qu’ils ont fait faillite spirituellement, qu’ils n’ont rien à apporter à Dieu, mais qui placent leur confiance entièrement en Jésus, et en ce qu’Il est et qui placent en Lui une confiance en sorte qu’ils voient en lui celui qui rassasie et qui satisfait bien, le royaume des cieux est à eux.

Le temps vient où tous les enfants de Dieu seront révélés, avec toute la richesse de l’héritage que Christ leur a acquis, puisque nous sommes cohéritiers avec Christ. Cette nouvelle terre que nous attendons, et bien, elle sera notre possession à nous tous qui avons aimé Jésus, avec toute la richesse que cela implique, et on est donc dans ce temps d’attentes, et ce temps de services, et ce temps de ministères, en attendant que nous soyons en la présence du créateur et dans une abondance que l’on peut qualifier de « paradisiaque » et qui correspond au 3ème paradis, n’est-ce pas, que Dieu décrit dans l’écriture : le 1er étant en Genèse 1 et 2 , le 2nd étant celui qui est dématérialisé quelque part dans la présence de Dieu, et qu’occupent ceux qui sont sauvés et qui sont morts.

Je termine en te proposant un lien que je mettrai sur le site, mais si tu fais une recherche Google, « 5 erreurs doctrinales de l’évangile de la prospérité », tu tomberas sur un excellent article qui est posté sur le site de Evangile21, je t’encourage à le lire ou j’encourage tous ceux qui écoutent à le lire, parce qu’il donne un cadre, une réflexion, une réponse à cette doctrine qui est franchement une hérésie et qui fait beaucoup, beaucoup de dommages, parce qu’elle détourne l’attention de la personne de Christ, pour les orienter sur des prospérités temporelles qui aveuglent et qui nous éloignent vraiment de toute la satisfaction que Christ veut nous donner en sa personne.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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