Qu’est-ce que l’enfer? (Épisode 215)

C'est une question délicate, mais qu'il faut aborder car il s'agit d'une réalité, pas d'un simple concept. Florent Varak nous présente l'enseignement biblique sur l'enfer, ainsi que le seul secours face au jugement qui attend tous les hommes.

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« Cette transcription vous est proposée par les bénévoles de Toutpoursagloire.com. Nous cherchons à garder le style oral des épisodes pour ne pas déformer les propos des intervenants. De même, nous rappelons que ces transcriptions sont mises à disposition mais que les paroles de l’auteur (podcast et vidéo) restent la référence. N’hésitez cependant pas à nous signaler toutes erreurs ou incohérences dans cette transcription. Merci d’avance. »

La question est posée: « Bonjour, je voudrais poser une question à Florent Varak, que j’écoute régulièrement sur YouTube: l’enfer est-il vraiment éternel? Merci beaucoup d’avance! Soyez bénis pour toutes ces vidéos édifiantes. »

Ecoute, je ne connais pas de question plus solennelle, plus bouleversante que celle-ci, surtout dans ce temps où nous passons, en tant que planète et humanité, par tant de souffrances et de deuils. Très franchement, j’aimerais éviter d’aborder la question. Sur les quelques 70 heures de podcasts (plus de 215 maintenant) que j’ai enregistrés, j’ai souvent mentionné la notion qu’à la mort, il y a avait une sorte de bifurcation, c’était avec Dieu ou sans Dieu; mais j’ai rarement pris le temps -d’abord parce que je trouvais le sujet vraiment difficile- d’aborder de façon complète et directe la question de l’enfer. J’ai souvent évoqué cette notion mais je ne l’ai pas développée.

Alors j’aimerais l’aborder frontalement, et je voudrais vraiment être fidèle à ce que l’Ecriture dit, parce que Jésus a plus abordé l’enfer qu’il n’a abordé l’amour de Dieu, comme pour nous faire prendre conscience que c’est une réalité, que la séparation d’avec Dieu que nous connaissons aujourd’hui dans notre état naturel, si nous mourons dans cet état, cette séparation se prolonge éternellement -c’est ça l’enfer-, et que c’est pas à prendre à la légère. On va tous mourir! Regarder les choses en face, au regard de ce que la Bible peut être utile, pour apporter une pierre de réflexion sur l’ensemble des options qui sont là.

Je suis conscient que vis-à-vis de la mort, beaucoup ont confiance dans les expériences de mort imminente pour croire que tout va bien après; j’ai un article sur le site de ToutPourSaGloire.com qui réfute la fiabilité des expériences de mort imminente.

D’autres, et c’était mon cas avant de découvrir l’Evangile, pensent à la réincarnation -là encore il y aura quelques podcasts sur ces questions. Non, la réincarnation ne fait pas partie des options, ni au regard de la Bible, ni au regard des expériences qui soi-disant le prouvent; en tout cas, j’en suis absolument convaincu.

Les théologies ou les manières de voir des religions monothéistes envisagent l’enfer et le paradis comme un mérite, c’est-à-dire si vous faites le mal vous allez en enfer, si vous faites le bien vous allez au paradis; la Bible n’en parle absolument pas en ces termes, ça c’est une carotte absolument insoutenable et terrible; la Bible en parle de façon que je vais évoquer dans ce podcast.

Et puis enfin certains imaginent qu’il y a un purgatoire, je vais également l’aborder ici dans ce podcast. Ce n’est pas le cas, il n’y a pas de seconde chance. Hb 9.27 nous dit « Il est donné à l’homme de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. » Donc c’est vraiment important de réfléchir à cette question de notre éternité.

Bien des podcasts proposés sont des podcasts qui ouvrent sur l’espérance chrétienne, mais dans celui-ci je voudrais vraiment évoquer cette réalité. Merci d’écouter cela, après vous en ferez ce que vous voudrez…

  • Je me souviens d’une conférence que j’ai donnée sur la réincarnation, et un homme est venu me voir en disant: « je fais le pari de l’enfer. » Ça m’a bouleversé. Ce sont des notions que l’on a un peu évacué de nos pensées, et pourtant elles sont utiles.
  • Je me souviens du témoignage de Peter Hitchens. Peter Hitchens est un journaliste britannique qui est le frère du célèbre athée Christopher Hitchens -un athée très virulent qui s’est beaucoup moqué des chrétiens et des croyants. Et un jour il s’est arrêté aux hospices de Beaune. Il y a une fresque, une série de tableaux absolument magnifiques, que j’ai envie de voir maintenant que j’ai appris cette histoire, qui s’intitule « le jugement dernier ». Et pour lui ça a été un choc; c’était un homme qui était un libertin, et devant cette fresque il s’est dit: ‘waouh, c’est ma vie, ça! Et qu’est-ce qui se passe à ma mort?’ Et ça a été un des maillons de sa réflexion et de sa prise de conscience.
  • Je ne sais pas si tu vois derrière moi -si tu me regardes sur Youtube; si tu m’entends, évidemment tu ne peux pas le voir- il y a une petite réplique que m’a offerte ma fille sur Le Penseur de Rodin. Le Penseur de Rodin, c’est une petite partie d’une grande sculpture; je me suis souvent demandé à quoi il pensait, ce penseur-là, qui est tout nu, il a oublié de s’habiller avant de sortir… Mais en fait il est au-dessus d’une grande sculpture qui s’intitule « la porte du séjour des morts », et à sa droite et à sa gauche il y a une description à la fois de l’enfer et du paradis, et il s’interroge: je vais où?

Evidemment -où est-ce qu’on va après la mort?-, c’est une question qui est tellement fondamentale, et donc je voudrais vraiment souligner la solennité de cette question.

Alors au sujet des termes, le mot « enfer » n’apparaît pas dans la Bible; celui qui est fréquent c’est celui de « géhenne », qui correspond à un lieu où des personnes et des rois d’Israël immolaient leurs fils ou leurs filles au dieu Moloch, une pratique absolument abominable. On a découvert que les populations qui étaient autour d’Israël et qui ont influencé ces rois-là -parfois pour obtenir plus de pluie, pour des rites absolument grotesques et horribles-, offraient jusqu’à des enfants de 3 à 5 ans, au feu, ils les faisaient rôtir devant la statue de Moloch. Et ces lieux (géhenne) sont devenus, un peu, dans la pensée populaire, ce lieu sordide et horrible. Jésus utilise ce terme pour parler de l’enfer.

Alors avec solennité, et en fait avec tristesse, je voudrais évoquer l’enfer en 9 points.

1. L’enfer n’est pas un lieu où les démons torturent leurs victimes. Ca c’est une image qui nous vient du Moyen-Âge, en partie de la « Divine Comédie », ce poème de Dante qui date du 14e siècle. Ce poème décrit le paradis, l’enfer et le purgatoire. Mais déjà, il n’y a pas de purgatoire. Et dans l’enfer, il n’y a pas d’êtres sordides qui torturent quiconque. L’enfer est un jugement, c’est un jugement terrible, mais où l’être humain est seul dans sa solitude et ce jugement. L’enfer a été créé pour le diable et pour ses anges. C’est ce que nous dit Mt 25.41, c’est Jésus qui parle: « Retirez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel préparé pour le diable et pour ses anges. »

La Bible présente l’humanité créée à l’image de Dieu et séduite par un ange, qui s’appelle le diable. Et cet ange-là, quand le temps sera venu, sera plongé au plus profond du lac de feu. Et donc il est, lui, l’hôte principal de cet enfer; il n’est pas le bourreau de cet enfer.

2. L’enfer n’est pas précédé par le purgatoire.

On entend parfois dans les cercles catholiques qu’il existerait un lieu où une deuxième chance serait accordée, ou du moins où ceux qui n’auraient pas atteint la perfection de la foi requise, seraient plongés dans une souffrance temporaire pour payer leurs fautes.

Alors j’ai traité la question du purgatoire dans l’épisode 154, « Le purgatoire est-il possible? » Et vraiment il faut que ce soit clair, que c’est une invention théologique tardive, qui n’a rien à voir avec les données bibliques. D’abord, elle va à l’encontre de l’idée que le salut est un cadeau que Dieu donne; ce n’est pas un mérite que l’on acquiert par des bonnes œuvres et encore moins par la souffrance. La souffrance n’est pas méritoire. C’est une vision absolument tragique des choses qui conduisait, paraît-il, certains médecins à ne pas prescrire… par exemple lorsqu’une femme accouchait, on ne lui donnait pas de péridurale parce qu’il fallait qu’elle souffre pour mériter son salut. C’est absolument odieux comme perspective, à la fois vis-à-vis de notre vie terrestre, mais également vis-à-vis de la vie future. La justice que Dieu nous offre n’est jamais quelque chose que l’on achète, c’est quelque chose que l’on donne. C’est pendant notre vie terrestre que nous nous positionnons vis-à-vis de Christ et de l’éternité, il ne faudrait pas faire comme les gens du temps de la Réforme, ils essayaient de calculer combien d’années ils allaient vivre au purgatoire s’ils se permettaient d’enfreindre telle ou telle loi, ça génère une sorte d’anxiété permanente, et une sorte de calcul permanent: ‘Est-ce que je suis allé dans un péché mortel?’ Non, on est tous pécheurs, on est tous condamnés loin de Dieu; il y a une mort qui nous sépare à jamais de Dieu, ou une vie qui nous permet de vivre avec Dieu, parce que Dieu nous la donne et qu’on la saisit par la foi. Il n’y a pas après la mort de lieu temporaire où l’on puisse payer quoi que ce soit. Hb 3.13 nous dit: « Exhortez-vous chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire ‘aujourd’hui’, afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. » Aujourd’hui c’est l’occasion d’être lié à Dieu, ce n’est pas après la mort dans un hypothétique purgatoire.

3. L’enfer est une peine consciente et éternelle que Dieu inflige.

C’est la définition du théologien Wayne Grudem dans son ouvrage de théologie systématique, un gros pavé que je recommande à ceux qui veulent avoir une version assez complète de la théologie biblique, mais elle reprend ici 2 axes sur lesquels je reviendrais, la notion de conscience et d’éternité.

La conscience, c’est-à-dire la pleine mesure de la justice de Dieu et de qui l’on est. Dans la parabole du jeune homme riche et de Lazare, que l’on trouve en Luc 16, on a une illustration de la condition future des morts. Et nous lisons ceci: « Le pauvre mourut et fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche aussi mourut et fut enseveli. Dans le séjour des morts, il leva les yeux, et, en proie aux tourments, il vit de loin Abraham et Lazare dans son sein. Il s’écria: Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau, et me rafraîchisse la langue, car je souffre dans cette flamme. » Les personnages fictifs ne disent pas que les riches sont perdus et les pauvres sont sauvés, hein… Le contexte antérieur montre que les religieux qui aimaient l’argent se moquaient de Jésus, alors Jésus raconte une histoire. Et dans son histoire, c’est un riche qui va en enfer -ça n’est pas encore l’enfer, c’est une parabole, c’est une illustration-, et un pauvre, qui lui était en bas de l’échelle sociale mais avait foi en Christ, foi dans la grâce de Dieu, et qui se trouve dans le paradis. Ce que je veux juste observer, c’est que les gens sont conscients, et ils ne se plaignent pas du sort qui leur est donné, dans le sens de ‘c’est pas juste’; mais ils sont conscients d’être pécheurs, d’être éloignés de Dieu, d’avoir rejeté Dieu, et leur supplique, dans l’histoire qui nous est donnée, c’est: « il faut que quelqu’un aille voir ceux qui sont encore vivants pour les prévenir. » Et dans l’histoire, Jésus dit « Ils ont la Bible pour ça, même si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts, ils ne le croiraient pas », ce qui est tellement ironique parce que Jésus est ressuscité d’entre les morts, et il y a peu de gens qui écoutent ce qu’il dit de la vie et de la mort.

Dernière remarque à ce sujet, pour ne pas imaginer que la pauvreté engendre le salut, c’est que Jésus parle de se repentir, comme solution d’éviter l’enfer. Donc il y a une véritable conscience.

4. L’enfer est la conséquence des péchés des humains.

Voilà comment le jugement qui conduit à l’enfer est évoqué: en Ap 20.11-15, « Puis je vis un grand trône blanc, et celui qui y était assis. Devant sa face s’enfuirent la terre et le ciel, et il ne fut plus trouvé de place pour eux. Et je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône. Des livres furent ouverts, et un autre livre fut ouvert, qui est le livre de vie. Les morts furent jugés d’après ce qui était écrit dans les livres, selon leurs œuvres. La mer donna les morts qui s’y trouvaient, la mort et le séjour des morts donnèrent les morts qui s’y trouvaient, et ils furent jugés chacun selon ses œuvres. La mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu. C’est la seconde mort, l’étang de feu. Quiconque ne fut pas trouvé inscrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu. »

Je ne sais pas si tu as remarqué, mais les morts furent jugés d’après ce qui était écrit dans les livres, selon leurs œuvres. Et le problème c’est que nos œuvres révèlent notre péché et notre égoïsme. Les gens disent souvent: ‘c’est sadique l’enfer’ mais moi je dirais l’inverse, ça serait sadique de prendre quelqu’un qui n’aime pas Jésus, qui est pécheur, qui le rejette, et de le forcer à être au paradis. Parce que ce serait totalement contre sa nature, contre ses désirs actuels, donc contre ses désirs futurs. Non seulement ça, mais il râlerait tellement qu’il rendrait le paradis infernal… en disant: ‘mais pourquoi on m’oblige à aimer Jésus, pourquoi on m’oblige à vivre selon l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté? Moi j’ai vécu indépendamment tout au long de ma vie, et je veux maintenant être…’ c’est ça l’enfer, c’est continuer dans cette indépendance, la Bible nous dit que nos œuvres nous condamnent.

Je sais pas si tu as eu l’occasion de -et félicitations de m’avoir écouté jusqu’ici, je réalise que c’est pas de bonnes nouvelles que j’évoque ici…- mais je ne sais pas si tu te souviens des 10 commandements… Quand je les ai relus récemment, j’ai réalisé que j’ai violé les 10 commandements, sinon en actes, au moins en pensées, parfois en paroles; je suis loin, dans mes œuvres, de la loi de Dieu. Et ça m’a fait penser, avec la situation que nous rencontrons, avec les édits du Président Emmanuel Macron et de son premier ministre Edouard Philippe, moi je trouvais que les lois qu’ils ont proposées sont des bonnes lois, des lois utiles pour la société. Le confinement, même s’il n’est pas agréable, il est utile pour éviter qu’une maladie se propage, ça permet de faire du bien à ceux qui nous entourent, quelque part, même si c’est terrible dans les conséquences que ça va amener sur l’économie et sur le monde à venir. Bref! C’est autre chose. C’est une bonne série de lois, et c’est marrant de voir à quel point les gens ont envie d’aller contre la loi; ça c’est la nature humaine, nous sommes pécheurs, et ce péché fait que l’on va à l’encontre des lois de Dieu. La Bible dit « Il n’y a pas de distinction: tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » (Rm 3.23) Ça, ça va être une phrase importante, elle se continue avec une merveilleuse nouvelle: « et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce. » On y reviendra.

Pas de distinction, « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu », le fait que nous ne voyons pas Dieu maintenant, et le fait qu’il y a un enfer, c’est parce que nous avons péché et que nous sommes privés de la présence de Dieu; et quelque part, heureusement, parce que sa présence lumineuse nous brûlerait, tellement nous sommes indignes, c’est un peu comme l’ombre qui s’écarte face à la lumière.

5. L’enfer ne connaît pas de fin.

Et là, ça va à l’encontre de la position que l’on appelle l’annihilationnisme, et qui a séduit un certain nombre de personnes, et même des théologiens de renom, comme John Stott, qui ont pensé que la seconde mort allait détruire la vie, pleinement, de ceux qui seraient plongés en enfer. En d’autres termes, les hommes n’ayant pas été couverts par le sacrifice de Christ pour leurs péchés, qui vont en enfer, eh bien seraient détruits et perdraient toute conscience. C’est également la position des Témoins de Jéhovah; malheureusement, c’est une position qui est difficile à soutenir, Jésus parle en ces termes du jugement dernier: « et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle. » La symétrique qualitative d’une vie et d’un châtiment, tous 2 qualifiés d’éternels, rend cette hypothèse en fait peu crédible. Il y aurait beaucoup d’arguments à considérer, mais… il est question de la fumée du tourment qui monte aux siècles des siècles. « Ils n’ont ni repos ni jour ni nuit, ceux qui se sont prosternés devant la Bête et devant son image, quiconque reçoit la marque de son nom. » Je ne veux pas aller dans le détail de ces considérations, mais ceux et celles qui sont marqués quelque part par le système du monde, et rejetant le système de Christ, sont dans ce tourment éternel.

Si tu veux en savoir plus, avec une défense beaucoup plus complète, je t’encourage à lire l’article écrit par le théologien Henri Blocher, que tu trouveras sur la Revue réformée, qui s’intitule « Les peines éternelles ». Tu tapes « Henri Blocher, les peines éternelles », tu tomberas dessus -c’est une réflexion assez touchante et brillante sur la question.

6. La douleur externe reflète sûrement la solitude, l’absence et le regret.

Le Nouveau dictionnaire biblique d’Emmaüs cite 28 expressions trouvées dans la Bible qui décrivent l’enfer ou l’expérience de l’enfer: « L’opprobre, la honte éternelle, le feu de la géhenne, le feu qui ne s’éteint pas, la fournaise ardente, le lieu des pleurs et des grincements de dents, les ténèbres du dehors, la peine d’un feu éternel, l’étang ardent de feu et de soufre, etc. » C’est juste insoutenable, mais ce que je veux remarquer ici, c’est pas quelque chose probablement d’extérieur qui vient faire du mal, une sorte de torture; je crois que les grincements de dents, la flamme, c’est celle du regret. Un regret profond de réaliser qu’on s’est donné tous les raisonnements qu’on pouvait pour ignorer Dieu, pour ignorer sa main tendue, pour se moquer de Christ, pour se moquer de sa venue, et de l’espérance messianique qu’il proposait.

Un jour, notre famille devait participer à une fête aux Etats-Unis, une fête de famille, et on est tous partis à l’aéroport, et moi je suis resté à l’aéroport, parce que le gouvernement français venait de donner des passeports; il y a eu 6 mois où les passeports fabriqués en France ne permettaient pas de voyager aux Etats-Unis, je l’ignorais, et je me suis retrouvé cloué au sol. Alors c’était un sentiment très triste, de voir sa famille partir -on avait pris des vacances pour ça, c’était de l’argent aussi, et se retrouver dans l’incapacité de décoller, et de participer à cette fête… Il y avait un sentiment d’exclusion qui est vraiment douloureux, et là je vous dis, louper une fête c’est rien, mais c’est une émotion qui m’a donné le sens de l’exclusion, c’est super douloureux, et de réaliser la grandeur de l’amour de Christ, de réaliser qu’on s’en est fichu, et que soudainement… on regrette profondément. Waoh…

7. Le paradis serait un enfer pour ceux qui n’aiment pas Jésus aujourd’hui.

Je l’ai souligné tout à l’heure. Je veux vraiment accentuer cette idée. Aujourd’hui les hommes sont vraiment heureux d’ignorer Christ. Et quand je parle de cette réalité: « Je ne veux pas de Christ. Je ne veux pas d’un sauveur. Je ne veux pas changer ma manière de vivre. Je veux que ma vie actuelle continue éternellement, avec ses mensonges, avec sa violence, avec son immoralité, mais je ne veux pas qu’on touche à ma vie. » On transpose ça sur l’éternité; le paradis ce serait exactement l’inverse. Ce serait au contraire vivre pleinement selon Dieu, ce que je trouve moi extraordinaire, parce que je n’ai jamais vu Dieu nous contraindre à des choses qui étaient mauvaises. Il me contraint plutôt contre mes choses mauvaises. Il me contraint pour me conduire à plus d’amour et plus de joie et plus de paix. Je veux plus de lui. C’est pourquoi le paradis est pour moi une extraordinaire rencontre avec Christ et une vie, et je comprends que ce serait une torture pour ceux qui aujourd’hui ne veulent pas de cela.

8. L’enfer est évitable par la foi et la repentance en Jésus-Christ.

Dieu propose d’arracher notre âme à nous-mêmes, d’arracher notre âme à l’enfer, par le pardon de nos péchés. C’est ça l’Evangile! Vous vous souvenez du verset que j’ai lu, Rm 3.23: « Il n’y a pas de distinction: tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ». Le verset 24 ajoute: « et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ-Jésus. » Gratuitement justifiés, c’est-à-dire gratuitement couverts de nos péchés, par sa grâce, par le moyen de la rédemption, qui est dans le Christ Jésus. Christ meurt à la croix pour nous pardonner, il nous donne gratuitement, par la foi, et comment ça s’inscrit dans nos vies? Actes 2, écrit par Luc, nous dit, à la fin d’un discours que l’apôtre Pierre prononce: « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. » Un peu plus loin dans le livre des Actes, l’apôtre Pierre s’exprime: « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur. »

Voilà, si vous écoutez ce podcast, je n’ai rien à vendre, je ne souhaite pas que vous rejoignez notre église, je vous dis juste ce que la Bible dit, et c’est une invitation solennelle à vous repentir de vos péchés, prendre une autre trajectoire, en réalisant que Christ est mort pour nous.

9. L’enfer sera considéré comme juste parce que nous verrons comme Dieu voit.

Je crois que l’enfer sera un choc -pour tous, même pour les sauvés, même pour les anges- et c’est pas surprenant que la première chose que Dieu fasse à l’entrée de ce paradis éternel, c’est d’essuyer les larmes de ses enfants. Mais la douleur initiale ne sera absolument pas continue, parce que nous verrons l’horreur des cœurs tels que Dieu les voit, ce que je suis incapable de voir. Mon cœur saigne quand je vois ceux que j’aime rejeter l’Evangile, et je peux pas imaginer cette réalité. Mais ce jour-là, mon regard sera comme le regard de Christ, je verrai différemment. Et on verra combien c’est une nécessité.

Alors la comparaison vaut ce qu’elle vaut, mais imaginez que vous vous réveillez dans un camping aux côtés d’Hitler, et vous vous dites: « zut, ça va pas être des vacances cool! »

On verra la réalité des cœurs. On verra à quel point on a besoin de cette grâce qui est en Jésus.

Allez, je termine avec ce que Jésus dit en Jean 5: c’est Jésus qui parle et qui dit « De plus le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient -et c’est maintenant- où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. »

J’espère que vous entendez sa voix -pas la mienne-, celle de la Parole de Dieu, celle de l’Évangile, qui tend une main: « Celui qui écoute ma parole et qui croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle, et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. »

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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