Faut-il briser les liens d’hérédité? (Épisode 191)

Dans quelle mesure bénéficions-nous ou payons-nous le prix du comportement et des actes de nos parents, de nos ancêtres ? Y a-t-il un lien entre nos souffrances et un péché commis par nos ancêtres ? Florent Varak nous répond, Bible en main.

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Faut-il briser les liens d’hérédité ? (Épisode 191)

La question est posée pour ce podcast :

"Je connais pas mal de chrétiens qui croient et pratiquent la doctrine des liens d’hérédité ou ancestraux ou générationnels. Pour eux, un chrétien pourrait subir aujourd’hui une malédiction ancestrale due au(x) péché(s) d’un ancêtre plus ou moins proche. Ce péché peut être l’occultisme, un avortement (ou une tentative d’avortement), la prostitution, une malédiction prononcée, etc. Cette malédiction pourrait même s’appliquer à un chrétien et pourrait se manifester de différentes manières : addiction, maux physiques récurrents (comme une migraine), lutte avec certains péchés, possession démoniaque… Il serait alors nécessaire de briser ces liens d’hérédités par l’autorité du nom de Jésus pour que la victime en soit libérée. Les défenseurs et les pratiquants de cette doctrine se basent sur des passages comme Exode 20 : 5-6 pour avancer leurs arguments, mais leur argumentation repose principalement sur des expériences. Des personnalités comme Rémy Bayle ou Thierry Kopp (https : //www. signes-miracles.com/shop/fr/delivrance/155-les-liens-ancestraux-mp3. html) confessent cette doctrine. Qu’en penser ?"

Et notre internaute nous donne un certains nombres de liens pour pouvoir écouter certaines des prédications ou des enseignements sur la question.

Rémy Bayle :

https : //actualitechretienne. wordpress.com/2013/06/04/remy-bayle-les-liens-ancestraux-une-realite-biblique/

https : //www. youtube.com/watch ?v=t_DFJGRbo0Y

Thierry Kopp :

https : //www. signes-miracles.com/shop/fr/delivrance/155-les-liens-ancestraux-mp3. html

Alors écoute, merci pour ta question ! Elle a été en partie abordé par un PVR, donc un pasteur vous répond numéro 55, mais je vais reprendre les données qui étaient présentes dans ce podcast, mais aussi je vais les étayer un petit peu.

J’aurais souhaité pouvoir reprendre ou répondre directement aux propos qui étaient tenus dans les podcasts que tu as toi-même, ou des messages que tu as référencés mais malheureusement, il n’y avait pas grand-chose vraiment de construit dans les propos qui ont été tenus et effectivement, ce sont essentiellement des expériences : telle personne a lutté avec tel péché ou telle maladie, ou telle problème constamment, et puis voilà qu’après avoir confessé les péchés de ses ancêtres, la personne a été libérée, ou après avoir passé par une délivrance suscitée, réalisée par un tiers, voilà que la personne était libre.

Alors, d’abord regardons l’appui biblique principal puisque ça nous vient des dix commandements, donc c’est important de regarder les textes. Et effectivement, je vais lire en Exode chapitre 20, mais on trouve ce passage repris en Deutéronome au chapitre 5 et voilà ce que cela nous dit : "Tu ne te prosterneras pas devant [les idoles], et tu ne leur rendras pas de culte ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis la faute des pères sur les fils jusqu’à la troisième et à la quatrième (génération) de ceux qui me haïssent, et qui use de bienveillance jusqu’à mille (générations) envers ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements". fin de citation.

Imagine ? Je pense à mes enfants, mes petits enfants… Mille générations, ça me plairait bien ! Et c’est vrai que ce serait extraordinaire que Dieu agisse comme ça. Mille générations dans la Bible, une génération c’est entre 20 et 40 ans suivant comment on les calcule. Ça fait longtemps, longtemps et ça fait une population majeure, massive, de gens bénis ! Wouaw ! Quarante mille ans ? Vraiment ? Dieu va bénir une lignée complète si moi je persévère ? C’est quoi l’idée que l’on a dans ce texte ?

Alors, quelques réponses. Je crois qu’il faut comprendre correctement ces textes. La loi met en avant la responsabilité d’aimer Dieu et c’est pas simplement une question de péché, c’est de haïr Dieu, le contraste est quand même majeur ! C’est pas le père qui lutte avec un péché, et soudainement il craque ou, je sais pas quoi. C’est quelqu’un qui commet une apostasie dans le contexte d’Israël, c’est à dire il se met à haïr le Dieu qui est le Dieu de sa terre et de son peuple. Et il va à l’encontre même de Dieu, Dieu dit, je vais te punir jusqu’à 3 ou 4 générations, ça veut dire quoi ? Par contre, celui qui’ m’aime, qui garde mes commandements, je vais bénir jusqu’à 1000 générations.

Alors quand tu as un texte de lois, c’est important de voir comment il s’applique ensuite, on va regarder également son contenu, mais on va regarder aussi ensuite comment il s’applique dans la suite de l’écriture.

En fait, Ézéchiel interdit, donc là on parle quelques siècles plus tard, il interdit ce fatalisme irresponsable qui consiste à dire, voilà : cette personne elle est pécheresse parce qu’il y a des péchés chez les ancêtres. Ou alors elle vit des malheurs parce que ses ancêtres ont péché.

Et il faut vraiment lire tout le chapitre 18 dans son intégralité pour voir à quel point Dieu va à l’encontre de cette idée. Je vais t’en lire quelques extraits, mais déjà ça offre un correctif sur la mauvaise manière d’employer ce commandement.

"Qu’avez-vous à dire ce proverbe sur la terre d’Israël : Les pères mangent des raisins verts, et les dents des enfants sont agacées ? Je suis vivant ! – oracle du Seigneur, l’Éternel –, vous n’aurez plus lieu de dire ce proverbe en Israël. Voici : toutes les âmes sont à moi ; l’âme du fils comme l’âme du père, l’une et l’autre sont à moi ; l’âme qui pèche est celle qui mourra. […] L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. Un fils ne supportera pas le poids de la faute de son père, et un père ne supportera pas le poids de la faute de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui." On peut pas être plus clair, n’est ce pas ? Versets 30 et 32 : "C’est pourquoi je vous jugerai chacun selon ses voies […] Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, – oracle du Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc et vivez". Donc, il semble qu’on ait une contradiction assez formelle.

Donc comment réaliser un peu tout cela ? Déjà, il faut savoir que nous avons Amazia qui s’inspire de cette loi en Deutéronome 24. 16 pour interdire que l’on punisse justement les fils pour la faute des pères.

Alors, revenons maintenant aux dix commandements, comment comprendre cette contradiction que Dieu vient punir sur 3 ou 4 générations et qui vient bénir sur 1000 générations. Déjà il faut noter, le contraste est entre mille générations de bénédictions face à trois ou quatre générations de malédictions. Donc, on a vraiment le sentiment que Dieu cherche à encourager un attachement à sa personne, plutôt qu’à condamner assez rapidement comme ça des gens qui auraient un comportement déplacé.

Deuxièmement, il faut voir que dans une certaine réalité, nous sommes enchaînés en Adam, et en tous les ancêtres qui nous séparent de lui. C’est à dire que nous avons vraiment péché en Adam, nous étions en Adam quand Adam a péché, nous avons nous-mêmes péché en Adam. C’est un peu la chaîne que rapporte Romains chapitre 5 verset 12 jusqu’au verset 14, en sorte qu’il y a effectivement, réellement une corruption, je ne sais pas s’il faut l’appeler une corruption génétique, une corruption spirituelle. A mon sens nous sommes profondément liés, y compris dans notre âme et dans notre esprit à nos ancêtres. Et donc, c’est vrai qu’il y a une chaîne, il faut bien comprendre qui est une chaîne qui fait de nous des êtres pécheurs par nature, pas simplement pécheurs par choix, mais notre nature elle-même est corrompue et nous sépare de Dieu.

Troisièmement, il faut vraiment comprendre la puissance de l’exemple.

Et je crois l’une des clés qui nous permet de comprendre le texte des dix commandements.

Qu’est ce que ça veut dire 3 ou 4 générations par rapport à 1000 générations ? Ben, un père alcoolique ou une mère alcoolique, elle va avoir une influence absolument terrible sur cette personne, sur trois ou quatre générations, parce que ces trois ou quatre générations qui vont être les témoins et qui vont porter le prix du comportement d’une telle personne. Généralement dans un foyer ou il y a de l’alcoolisme, il y a de la violence, il y a une démotivation à pouvoir fonctionner correctement dans la société.

Non seulement il y a de la violence, mais il y a une incapacité à payer les factures donc généralement il y a pas facilité de donner une éducation aux enfants. Donc il y a une sorte de cercle vicieux absolument terrible qui commence avec un père ou une mère alcoolique.

Ce n’est pas un fatalisme parce que les gens peuvent s’en sortir, je connais des gens autour de moi, des exemples absolument magnifiques de gens qui sont sortis de ce milieu, de ces milieux de façon brillante, souvent grâce à l’évangile mais pas que, et donc c’est pas un fatalisme, mais c’est une réalité, il va y avoir des conséquences sur ceux qui observent de tels comportements.

D’ailleurs c’est pas bête quand on prépare au mariage, de réfléchir un peu à ce qu’on appelle un arbre généalogique, quelles étaient les émotions, les comportements, les vérités, les proverbes ou les non-dits qui existaient chez les grands-parents, chez les parents de chaque couple, parce que l’on a tendance soit à imiter ce que l’on a reçu, ou bien à s’opposer, à faire l’inverse de ce que l’on a reçu, chaque personne étant différente, ce sont là, ici, des caricatures, mais ça permet parfois de réaliser que effectivement, il y a bien une influence et une incidence qui va de génération en génération, mais ça ne veut pas dire que c’est une sorte de malédiction qui passe qui entraînerait un certain fatalisme.

Et ça m’entraînerait à ma quatrième remarque, comprendre la responsabilité personnelle.

C’est assez fascinant que lorsque l’on regarde en Actes chapitre 5 le comportement coupable d’Ananias et Saphira, donc Ananias et Saphira ont donné leur argent à l’église en disant : voilà tout l’argent que nous avons que nous donnons à l’église, mais en fait, ils en avaient pris une partie. Ils avaient le droit de le faire, ils avaient le droit de ne rien donner, ils avaient le droit de tout donner, c’était leur choix, de leur donner la moitié, mais c’est le mensonge qui est là. Ce qui est intéressant c’est quand l’apôtre Pierre les reprend, il dit : "comment Satan a-t-il rempli vos cœurs au point de mentir au St Esprit." je veux dire quoi par là ? Ce que l’on voit, c’est que même si Satan, influence vers le péché un certain nombre d’individus, nous sommes nous responsables de la manière dont nous gérons ces influences, en sorte qu’il n’y a pas de déresponsabilisation ; malheureusement, je pourrais presque dire, ben voilà mes parents ils étaient comme ça, donc moi je suis comme ça, pas ce genre de déresponsabilisation. Il y a certainement beaucoup de compassion à avoir, certainement il y a des difficultés à faire face à un certain nombre d’héritage, je vais y venir dans un instant, mais nous sommes responsables de nos comportements, nous sommes responsables de la manière dont nous vivons dans les circonstances que Dieu permet, mais c’est aussi source d’extraordinaire espérance. Pourquoi ? Parce que ça veut dire que je ne suis pas victime, je suis responsable, alors quand je pêche, j’ai besoin de la grâce de Dieu. Je peux aussi apprendre à dépasser certaines faiblesses de mon caractère, de ma personnalité, de mon éducation, de mon arrière-plan, de mes habitudes,… y a une grâce ! Il y a une possibilité, avec la responsabilité, vient l’espoir ! Parce que si je suis victime de ce que mes parents ont fait, il n’y a aucun espoir.

Alors, à ceci je vais ajouter un autre aspect, c’est comprendre la souveraineté de Dieu. Et c’est un peu lié à ce que je viens de dire dans ce qui précède. C’est que Dieu est responsable, surtout sur nous qui sommes ses enfants, de gérer notre environnement. Romains 8. 28 dit que "toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu". ça veut pas dire que toutes choses vont bien se passer pour ceux qui aiment Dieu, mais Dieu va faire concourir ces toutes choses, pour que nous ressemblions à Jésus-Christ. Parfois ça fait mal, ces toutes choses, parfois même quelque part les luttes que nous avons à cause de l’exemple de nos parents, à cause de nos propres habitudes, c’est parfois douloureux et difficile de les déraciner, mais c’est une manière par laquelle Dieu nous apprend aussi à régner avec lui et à compter sur lui.

Et j’aimerais que tu remarques qui est la source dans ce commandement. Dieu dit pas "si vous péchez, le diable va vous maudire, va vous faire du mal pendant trois ou quatre générations", il dit, "c’est moi qui vais m’en occuper". Donc moi je suis assez gêné quand on parle de gens qui veulent couper les liens, parce que je me dis si Dieu a envie de juger, de me juger, de juger ma famille, mais qui suis-je pour m’opposer à cela ? Je vais plutôt supplier Dieu pour sa grâce et me confier en lui, lui confié ma famille à la grâce de Dieu.

Et bien sûr parce qu’il y a une solidarité avec mes ancêtres, comme Daniel priait pour sa nation et lui-même, et comme je suis effectivement un pécheur dès le ventre de ma mère comme le dit David dans le Psaume de repentance qu’il a écrit, Psaume 51, Psaume 32.

Oui, je peux reconnaître un certain nombre d’influences, mais en même temps, c’est Dieu qui bénit, c’est Dieu qui maudit. Le diable n’est qu’un instrument de ce que Dieu permet ou ne permet pas de faire. Moi j’ai pas à m’occuper du diable, j’ai à m’occuper de Dieu. Dieu s’occupe du diable à mon égard. Ce que je dois faire, c’est que je dois soumettre ma vie à Dieu et lui résister, c’est ce que Jacques chapitre 1 verset 19 nous dit, euh Jacques chapitre 4 verset 7 pardon ! Verset 19 c’est que les démons croient en Dieu et ils tremblent. Mais mon rôle, c’est de me soumettre à Dieu et de résister activement à toutes les tentations morales qui viennent de mon côté pour essayer de les déstabiliser. Je dois me soumettre à Dieu et j’ai cette assurance que quand je fais ça, et que je résiste, lui va partir. Et si Dieu choisi de me maudire, qu’il me maudisse, je peux rien faire contre sa malédiction. Je peux juste supplier sa grâce ! Et on voit des exemples comme cela dans l’Ancien Testament.

Donc ce qu’on voit, c’est qu’il faut bien comprendre la souveraineté de Dieu dans cette histoire. Nous sommes dépendants d’un Dieu qui gère nos circonstances, parfois elles nous semblent pesantes, difficiles, et on doit compter sur lui pour que, puisque ça fait partie du bien que Dieu veut réaliser en nous, Dieu va nous donner la force, il va épurer, éprouver et valider notre marche, notre vie avec lui comme l’entend.

Et ça, c’est de comprendre le rôle des jugements de Dieu c’est aussi un sixième point que je veux noter. C’est que, quand Dieu veut juger par contre, c’est qu’il associe souvent son jugement de grâce.

Tu te souviens du déluge ? Un des plus grand jugement de l’ancien testament, et bien, Dieu sauve Noé et sa famille.

Tu te souviens de la ville de Jéricho ? Dieu sauve Rahab et sa famille.

Tu te souviens du jugement de Sodome et Gomorrhe ? Dieu sauve Lot et sa famille.

Il y a quelque chose de touchant et qui préfigure la grâce, c’est que quand Dieu juge, et y compris dans les malédictions qu’Il peut éventuellement prononcer sur telle ou telle famille ou autre, il y a aussi et toujours une main de grâce tendue envers celui ou celle qui lui fait confiance.

Parce que nous sommes tous des condamnés à mort. La Bible dit que nous sommes tous dans le péché, on est tous séparé de Dieu, mais Dieu a tendu la main en Jésus-Christ, et il nous permet de venir à lui et d’obtenir grâce sur grâce. La transformation aussi qui nous vient de la présence du St-Esprit en nous. En sorte que, même si Dieu voulait vouer toute ma famille à la malédiction, celui ou celle dans ma famille qui fait confiance au Christ, échappera à cette malédiction. Parce que c’est précisément l’intention de Dieu de sauver de la destruction, par la grâce qui est manifestée en Jésus-Christ. Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais il nous a destiné au salut. Et donc, il n’y a jamais de crainte que Dieu veuille vouer toute une branche d’une famille, il pourrait avoir le droit de le faire, il pourrait désirer de le faire, mais il n’y a aucune crainte pour celui ou celle qui aime Jésus qu’ il ne puisse pas bénéficier de la grâce de Dieu. On voit dans tous les jugements antérieurs, les grands jugements qui sont un peu comme des modèles de jugement de Dieu, que chaque fois la grâce est associée pour permettre à celui ou celle qui lui fait confiance de venir à lui.

Ceci dit, il faut comprendre l’influence familiale, c’est le septième point que je veux souligner et les mensonges du diable.

Il est vrai que j’apprends de mes parents une vaine manière de vivre. C’est pas moi qui le dis, c’est l’apôtre Pierre qui le souligne. Et si j’apprends de mes parents une vaine manière de vivre, il est important que j’ai les yeux ouverts sur les propres influences qui m’ont sculptées, y compris celles de mes ancêtres. Et oui, je peux par solidarité confesser leur péché, mais c’est pas pour que eux soient pardonnés, ou que moi je sois plus pardonné ; confesser dans le sens de reconnaître : Seigneur je suis vraiment le fils de mon père, et de mon grand père, il y a ces faiblesses qui étaient en eux et que je connais et que je vois en moi, pardonne, pardonne-moi, on fait partie de ces êtres humains qui sont voués aux péchés dès la conception, mais aussi que tu as voulu sauver par Jésus Christ, et il se réjouit de cela.

Il faut comprendre les influences qui nous ont formaté, par l’exemple, par les dits et les non-dits, par les choses que l’on a pu entendre, qui nous ont forgé, formaté, ça c’est totalement légitime, et parfois, une bonne relation d’aide permet de comprendre et de déplacer.

Mais le diable parfois va plus loin. La Bible le présente comme un menteur et un tueur. Et comme il est menteur et tueur, il va chercher à nous faire croire des choses qui vont nous décourager. Combien de fois nous entendons la petite voix qui nous dit : t’es nul, Dieu te pardonnera pas, c’est trop tard, ou tu n’as pas vraiment une foi authentique, etc, etc… Il est menteur le diable. Et il nous faut nous opposer à ces mensonges. Ou bien des mensonges qui par rapport à la question que tu poses, pourraient dire : ta famille est pourrie, tu te relèveras jamais, tu n’as pas, Dieu te déteste, ou je ne sais pas quoi, ou Dieu va maudire l’ensemble de tes enfants, ils vont pas vivre, bref, tu peux multiplier les exemples négatifs, je pense qu’on a un peu tous d’une manière ou d’une autre, entendu ces voix un peu accusatrices, surtout si on est sensible à cause de la présence du St-Esprit à la réalité du péché en nous et le découragement peut venir.

Il faut je crois opposer clairement les vérités de l’évangile. Les vérités de l’évangile disent "Christ nous a délivré du Royaume des ténèbres et il nous a transporté dans le royaume de son fils bien aimé en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés" (Colossiens 1. 12-14).

Et Dieu nous demande de rendre grâce avec joie au Père qui nous a délivrés, donc il y a une notion que je vais, -c’est ça le combat spirituel en fait-, que je vais opposer au mensonge qui cherche à me détruire, les vérités de la Bible qui cherchent à m’édifier.

Colossiens 2. 15 nous dit que, il a… ah, j’ai plus en tête maintenant ce verset qui nous dit qu’il a effacé l’acte rédigé contre nous, et dont les dispositions nous étaient contraires, il l’a supprimé en le clouant à la croix. Nos péchés ont été pardonnés une fois pour toutes. Donc nous n’avons pas à craindre le jugement de Dieu, si nous nous sommes confiés en Dieu puisque le jugement de Dieu est tombé, le jugement de Dieu est tombé sur Christ, à notre place. Et donc il nous faut opposer parfois,, et c’est ça la véritable guerre spirituelle aux mensonges du diable, les vérités de l’écriture et grandir dans ces vérités et apprendre à cheminer avec Dieu avec la force que Dieu nous donne.

Alors écoute, je conclus, donc ça peut être bon de confesser la vérité de cette victoire de Christ sur le diable, cette victoire de Christ sur nous-mêmes, de ce pardon de Christ qui nous touche et de confesser que nous ne croyons pas qu’une famille, que notre famille soit vouée au mal.

Moi, quand mes petits-enfants sont nés, la première chose que j’ai voulu faire, c’est de prier que Dieu fasse grâce à cet enfant, et qu’il n’impute pas les injustices de sa famille, mais qu’au contraire, il soit libres. C’est une prière de confiance en Dieu qui veut bénir ceux et celles qui se confient en Lui.

Alors, quelques conseils pour terminer.

Écoute, ouvre les yeux sur ton influence. Les influences qui t’ont marqué : les tabous, les non-dits, les émotions, les slogans familiaux, les types de relations qui ont pu construire ou détruire ton coeur et ton chemin.

Deuxièmement, reconnais ta solidarité ! Depuis Adam ! Et par identification, pas forcément par responsabilité. Je réalise, je suis français, je suis râleur. C’est malheureusement la qualité que l’on reconnaît aux français partout dans le monde, je dois reconnaître qu’il y a quelque chose qui est en moi qui est de cette nature et qui correspond à mes contemporains, et quand je prie pour la France, "Seigneur, pardonne-nous, pardonne ce peuple de râleur, je confesse notre mécontentement de ta providence, notre ignorance de ta bienveillance, la richesse qui est nôtre, de gouvernement relativement stable, d’une police, d’une justice relativement juste, pardonne Seigneur notre…". Ça veut pas dire qu’on va confesser la faute des autres, on reconnaît qu’on fait parti d’une génération et d’une population qui a des, qui a un certain prototype de comportement, une groupalité en quelque sorte, et qui peut être bon reconnaître parce que ça nous a influencé.

Et puis troisièmement, confie à la grâce de Dieu ton conjoint, tes enfants, pour que la puissance de l’Évangile leur accorde de reconnaître leur propre péché, et qu’ils cherchent à demeurer, à cheminer avec Lui.

Je pense que c’est vraiment la meilleure des choses, très certainement le diable peut vouloir nous enfermer dans des mensonges du style, tout ce qui se passe c’est à cause de… c’est à cause de… à cause…

Écoute, Christ a pris notre souffrance à la croix, Christ a pris notre péché, nous pouvons nous confier en Lui, nous pouvons confier toute notre famille, à la grâce de Dieu pour que son oeuvre se fasse beaucoup plus puissante qu’on puisse imaginer ou rêver, parce que Jésus est très puissant, bien plus puissant que toutes les principautés et tous les pouvoirs.

Je te rappelle que Dieu a le désir de bénir jusqu’à mille générations. Mais que c’est vrai si nous rognons Dieu, c’est pas si nous pêchons, si nous avons des imperfections, si nous rognons Dieu, ça va avoir des conséquences sur trois, quatre générations, c’est majeur comme étape.

J’espère que ça te donne le courage, le désir de vivre une vie honorable, pas simplement pour toi et ton salut, mais pour l’influence que ça a sur tes enfants, sur tes petits-enfants, ne néglige pas que tu transmets par ta persévérance et ton amour de Christ un héritage, même s’il est imparfait, et je t’encourage et j’espère que tu vas demeurer dans cette disposition de coeur et d’esprit.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire. Florent est aussi conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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