Comment honorer ses parents quand ils abusent de leur autorité ou quand on est adulte?

L’épisode 27 revient sur la question d’honorer ses parents (cf. épisode 6 pour une autre question sur le sujet). Un internaute demande: Faut-il toujours honorer ses parents? Y a-t-il des situations où il faut désobéir? Quand on devient adulte, comment vivre la soumission à nos parents? Une excellente question à laquelle le pasteur Florent Varak propose 8 éléments bibliques de réponse.

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Transcription :

« Cette transcription vous est proposée par les bénévoles de Toutpoursagloire.com. Nous cherchons à garder le style oral des épisodes pour ne pas déformer les propos des intervenants. De même, nous rappelons que ces transcriptions sont une aide mais que les paroles de l’auteur (podcast et vidéo) restent la référence. Cependant, n’hésitez pas à nous signaler toutes erreurs ou incohérences dans cette transcription. Vous pouvez aussi en savoir plus ici pour rejoindre notre équipe de transcripteurs. Merci d’avance. »

La question est posée : la soumission aux parents comprend l’obéissance ? Sur tous les points, même en cas de dépassement de leurs autorités ? Quand on devient adulte, comment comprendre la soumission aux parents ?Comme d’habitude, c’est une excellente question, je suis reconnaissant pour tout ce qui nous parvient sur le site de Toutpoursagloire.

La question est liée à l’un des dix commandements que nous allons explorer maintenant, et j’espère qu’en ayant fait un peu le tour de ce que cela signifie pour nous, j’aurai pu répondre aux questions de cette personne qui nous envoie son souci, ou son interrogation sur les relations qui nous unissent à nos parents.

Voilà le cinquième des dix commandements, je vais le prendre en Deutéronome 5.16. Nous lisons : « Honore ton père et ta mère comme l’Eternel ton Dieu te l’a commandé, afin que tes jours se prolongent et que tu sois heureux sur la terre que l’Eternel ton Dieu te donne ». Je ferai huit remarques sur ce commandement et ce que cela implique pour nous, et puis je terminerai avec un petit mot de témoignage.

La première remarque, c’est que c’est un commandement charnière. Tu sais peut-être que les dix commandements, c’est un ensemble de deux tables de la loi. La première des tables est une série de prescriptions qui régulent notre relation à Dieu, et la deuxième table est une série de prescriptions qui régulent notre relation aux humains. Donc, première partie, notre relation verticale, deuxième partie notre relation horizontale.

Le cinquième de ces commandements, celui que je viens de lire, est en aval de la première table, en amont de la seconde, il est précisément entre les deux et il forme vraiment une passerelle et un fondement, je crois, entre ces deux relations. Notre rapport à Dieu et notre rapport aux autres se fondent ou s’articulent sur cette première relation qu’un enfant noue avec ses parents, et je pense que c’est très très important. D’ailleurs, on voit le lien qui unit la relation à Dieu, et le fait d’honorer ses parents, en Lévitique 19 par exemple où, au verset 2 nous lisons : « Vous serez saints car je suis saint, moi, l’Eternel votre Dieu. Chacun de vous respectera sa mère et son père et observera mes sabbats. Je suis l’Eternel votre Dieu. Vous ne vous tournerez pas vers les idoles et vous ne ferez pas des dieux de métal. »

Il y a comme un lien, en quelque sorte, entre ce rapport aux parents et ce rapport à Dieu, et puis c’est évident qu’on apprend beaucoup des relations humaines dans la manière dont on observe nos parents se comporter, dans la manière dont nous interagissons avec eux et donc, cette relation aux parents est vraiment fondationnelle des autres relations humaines que nous allons développer. D’ailleurs, c’est comme ça que l’apôtre Paul en parle lorsqu’il cite ce commandement en Ephésiens chapitre 6, on reviendra dessus, mais il le décrit comme le premier des commandements. Alors, ce n’est pas le premier des commandements, mais c’est le premier des commandements qui nous unit aux êtres humains et c’est le premier des commandements associés à une promesse, ce qui fait que c’est vraiment un comportement charnière qu’il convient de bien aborder dans sa vie, de bien comprendre, de bien réfléchir.

Deuxième remarque : honorer ses parents, c’est une attitude que l’on choisit d’avoir à leur égard. Le mot hébreu traduit par « honorer » exprime une notion de poids. Il invite à considérer ses parents comme, en quelque sorte, valant leur pesant d’or, les estimer dignes d’amour, de respect, d’affection, d’estime, de soin. C’est un peu à l’image d’un général, alourdi de la gloire de ses médailles, je ne sais pas si tu es sensible à cette image ou pas, mais manifestement, ses médailles témoignent de courage, de détermination, d’engagement, de risques pris et de succès militaires et ceux qui l’admirent, admirent un homme qui a cette aura de réussite dans ce monde là.

Eh bien, il en va de même de notre regard sur nos parents, on doit les considérer comme ayant du poids, ils ont des médailles. Honorer, c’est donc une attitude, et tu sais que l’attitude est en quelque sorte l’activateur du type de relations que nous avons avec les autres. Sans une bonne attitude, il n’y a aucune bonne relation. Donc, la première chose qu’il faut remarquer c’est qu’honorer ses parents c’est vraiment avoir une attitude intérieure que l’on choisit à leur égard. L’attitude c’est ce qui détermine tout le reste.

D’ailleurs c’est amusant, si tu prends un voyage organisé, je ne sais pas si tu as eu l’occasion de participer à ce genre d’événement, mais chacun va vivre le même événement, le même parcours, les mêmes privilèges, les mêmes situations, mais tu vas toujours avoir un groupe parmi eux qui va trouver ça nul, et un autre groupe qui va trouver ça génial.

Donc, la même expérience va être vécue différemment et souvent, c’est une question d’attitude préalable. Ton chemin avec tes parents il se fonde, il va réussir, ou ne pas réussir en fonction de l’attitude que tu vas avoir. Il n’y a pas que ça comme facteurs, d’autres sont aussi en jeu, mais ton attitude va être la clef. Et en cela, je dois souligner que, si c’est un commandement, alors la manière dont on  vit ce commandement, c’est par un choix de la volonté.

Il y a beaucoup de commandements qui sont difficiles à vivre dans l’Ecriture et qui vont à l’encontre de nos sentiments, de nos émotions, de nos sensations, de nos perceptions. Et on ne nous demande pas de ressentir la joie de l’obéissance. La joie de l’obéissance est souvent un fruit du choix d’obéir, et est un choix qui parfois peut être coûteux. Et donc, tu choisis d’obéir, d’honorer tes parents, et je vais y venir dans un instant sur ce que cela veut dire concrètement. Mais c’est un choix de la volonté. Un adolescent peut avoir des sentiments très passionnés à l’encontre de ses parents ou des sentiments d’insolence ou des désirs d’insolence, peut-être est-il motivé par son environnement, peut-être est-il motivé par ses propres colères intérieures mais il doit faire ce choix d’une attitude qui honore ses parents.

Troisième remarque : c’est une obéissance quand on est un enfant. Honorer, ça veut dire obéir quand on est un enfant. Et d’ailleurs c’est ainsi que l’apôtre Paul reprend ce commandement en Ephésiens 6 : »Enfants, obéissez à vos parents selon le Seigneur car cela est juste. Honore ton père et ta mère, c’est le premier commandement accompagné d’une promesse afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre ». Et c’est sûr, les parents ont leur rôle et je reviendrai la-dessus avec le verset 4 « Pères n’irritez pas vos enfants », mais si tu es enfant, c’est à dire du temps de l’enfance jusqu’au temps de l’indépendance du jeune adulte, tu as un devoir d’obéissance. C’est très difficile l’obéissance, parce qu’on est des gens fondamentalement indépendants, rebelles. On n’aime pas les cadres la plupart du temps. Mais on apprend la sagesse par l’obéissance.

Je ne peux pas présupposer que j’ai toutes les cartes en main pour prendre les bonnes décisions dans la vie. Et je dois apprendre de mes parents et je dois donc leur faire confiance : ils voient les choses un peu mieux que moi, ils ont plus d’expérience que moi. Obéir également parce que Dieu règne par les autorités qu’il a mises en place, et il se trouve que la première autorité qu’il met en place c’est l’autorité d’un parent. D’ailleurs, je remarque que ceux qui ont un bon rapport parental ont un bon rapport avec l’autorité et la responsabilité en général, parce que c’est réglé, c’est sain dans leur manière de vivre.

Troisièmement, parce que quand on est enfant, on ne sait pas toujours ce qui est bien et ce qui est mal, il faut souvent l’expérience de la vie pour dire  “quand je prends ce chemin là, ça mène à la ruine.” C’est l’expérience de l’adulte qui permet de le conclure, et donc ça permet cet apprentissage et c’est important.

Alors, petit mot qui est lié à la question posée : l’obéissance ne va jamais à l’encontre d’une loi morale, éthique de Dieu. Actes 5.29 est très clair à ce sujet : »Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » Si tes parents te demandent de faire des choses illégales, des choses qui vont à l’encontre de ta conscience, des choses qui vont à l’encontre de la morale biblique, il faut évidemment t’y opposer. Un père qui dirait « vas tuer ta soeur » enfin c’est l’exemple le plus stupide qui puisse me venir, j’imagine que ça ne se produit pas, ou alors tellement exceptionnellement qu’on ne devrait pas vraiment en parler, mais tu comprends ce que je veux dire, c’est à dire qu’un parent qui te conduit, qui te demande de faire des choses qui vont à l’encontre de la pensée de Dieu, tu dois désobéir et être prêt à en payer les conséquences.

Quatrième remarque : c’est une manière d’écouter et de parler quand on devient adulte. Il n’y a plus d’obéissance associée à ce commandement quand on devient adulte. L’attitude va demeurer, et j’espère que cette attitude que tu choisis d’avoir va devenir une pratique qui va devenir une qualité, une vertu et lorsque tu grandiras, finalement tu vas avoir du bonheur à consulter tes parents, réfléchir avec tes parents, passer du temps avec tes parents, les honorer dans la manière dont tu leur parles et dont tu parles d’eux.

Proverbe 1.8 nous dit : « Ecoute, mon fils, l’instruction de ton père et ne rejette pas l’enseignement de ta mère. » Prov 6. 20 : « Mon fils, garde le commandement de ton père, ne rejette pas l’enseignement de ta mère. » Et ce qui est intéressant, c’est que toutes les thématiques que nous trouvons dans le livre des proverbes sont des thématiques d’adulte : la gestion d’argent , les fréquentations, le travail, la tentation sexuelle ne sont pas vraiment des thèmes de pré- adolescent ou d’enfant, ce sont des thèmes qui concernent un adulte et on se rend compte que, même si un adulte ne doit pas obéir à ses parents, un adulte doit respecter, honorer, écouter, parler avec ses parents d’adulte à adulte, et prendre en compte les notions qu’il peut donner.

Et donc, je veux vraiment souligner cet aspect, et un cinquième aspect qui est à voir, c’est ajuster à la maturité des jeunes. Je prolonge en cela ce que je viens de souligner : l’obéissance cesse avec le passage à la vie indépendante, on le voit de façon très très claire avec le mariage où il est dit « l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme et ils deviendront une seule chair » et je dois souligner qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’un homme ou une femme mariée qui est sous une coupole, une emprise émotionnelle, directive, de ses parents.

C’est à dire que l’idée d’une jeune fille ou un jeune garçon qui est toujours dans les jupes de sa mère, qui toujours prend conseil auprès de son père, et non auprès de son mari ou de son conjoint, c’est très toxique pour la relation, et ce n’est vraiment pas quelque chose qui est à recommander. C’est souvent source de faillite du couple, et il est important, quand on se marie, de réaliser qu’il y a une coupure de l’autorité.

Mais cette coupure de l’autorité n’est pas une coupure de la relation, elle n’est pas une coupure de l’honneur qui est dû. J’ai parlé du mariage mais cela s’applique, me semble-t-il, dans toutes les prises d’autonomie légitimes de la vie d’adulte. Lorsqu’une personne vient à assumer sa vie par son travail, par ses choix d’adulte, il n’est plus sous la même relation d’obéissance que celle d’un enfant.

Alors, il ne me semble pas que ce soit une chose qui doive se faire, d’ailleurs ce serait une très mauvaise pédagogie de la part des parents, de manière instantané à un moment T, maintenant je suis marié, ou maintenant je deviens adulte et c’est terminé. Je pense que, de la part des parents, à partir de l’adolescence, il doit y avoir cette réflexion que l’enfant va devenir, devient adulte, et qu’il doit prendre un certain nombre de décisions par lui-même, pour lui-même et l’accompagner dans cette autonomisation qui est légitime, qui est importante pour son développement d’adulte.

Sixième remarque : c’est à ajuster à la respectabilité des parents. Honorer ne veut pas dire vivre en martyr. Il est évident, et la Bible parle de ces situations ailleurs, ce ne sont pas des situations que nous avons en Deutéronome chapitre 5, mais il est évident qu’ un adulte, un adolescent ne peut pas se placer dans des situations, par exemple des situations d’inceste, des situations de souffrance physique, de blessure, de négligence grave et majeure, de manipulation, de ce genre de chose. Alors bien sûr, c’est pas évident de le dire comme ça, et c’est pas vraiment la question,mais il peut y avoir nécessité, pendant un certain temps, de placer de la distance, dans des situations graves, de porter plainte évidemment, ça fait partie de la protection que la société offre à ceux qui sont des victimes de crimes, mais, encore une fois, c’est pas vraiment la question, mais ce que je veux dire, c’est qu’il faut bien réaliser, c’est qu’il y a aussi de la part des parents une certaine responsabilité à avoir pour savoir quand exiger l’obéissance, la manière de le faire, quand exiger plutôt le respect, et quand aussi relâcher l’enfant avec sa liberté, ses choix, avec lesquels on ne sera pas toujours d’accord, mais qu’il doit assumer en tant qu’adulte.

Pour régler cette partie là de mon petit speech, évidemment on peut demander l’aide d’un frère, d’une soeur qui peut nous aider à voir clair pour éviter qu’on s’enferme dans une amertume inutile, pour éviter que les relations se brisent par orgueil ou par incompréhension.

Il faut être prudent parce que, quand même, la Bible souligne l’importance d’honorer ses parents tout en soulignant aussi l’importance de protéger, de se protéger parfois, ceux qui aident notre famille proche, nos enfants etc.

Septièmement : c’est quand même associé à une bénédiction. On le voit dans le cinquième commandement autant qu’avec Ephésiens chapitre 6 verset 4 : il y a une grâce particulière, une promesse associée, et je crois qu’il faut le noter, Dieu se plaît dans cette attitude, dans cette capacité à être lié aux autres et lié à ses parents de façon honorable et, on le voit d’ailleurs par effet inverse dans les Proverbes, Prov 19.26, « celui qui ruine son père et qui met en fuite sa mère, est un fils qui fait honte et qui fait rougir ».

Si quelqu’un traite avec mépris son père et sa mère, sa lampe s’éteindra au milieu des ténèbres.

Donc, on est dans une situation où on voit les conséquences négatives de quelqu’un qui traite mal son père ou sa mère, ou qui est dans une relation conflictuelle avec son père ou sa mère, qu’il refuse d’honorer, il y a des conséquences négatives; à la fois il y a des promesses, et à la fois il y a des promesses de problèmes quand ce n’est pas le cas.

Huitième remarque : c’est une responsabilité parentale aussi, c’est-à-dire que, si ce commandement s’adresse aux enfants, les parents sont les premiers responsables à la fois de l’enseigner, et à la fois de l’exemplifier. Les parents doivent être honorables pour conférer l’honneur et pour apprendre ce que veut dire honorer quelqu’un.

Donc, des parents qui s’honorent l’un l’autre sont des parents qui communiquent aux enfants comment on honore un individu dans une relation. La manière aussi dont les parents traitent les enfants, c’est quelque chose de très important sur le respect qu’il peut y avoir plus facilement que simplement en se forçant « il faut que j’honore mes parents mais franchement ils sont relous. » C’est vrai qu’il y a un âge où on considère toujours que les parents sont relous mais néanmoins, le parent, et c’est ce que je veux souligner, a une responsabilité de l’exemplifier et de l’enseigner.

Alors quand nos enfants avaient moins de 10 ans, ça fait maintenant longtemps parce que je suis devenu grand-père, je prêchais je crois, ou j’enseignais sur la question, et je leur ai demandé qu’est ce que l’on faisait, ou qu’est ce qu’on pouvait faire pour faciliter leur obéissance à ce commandement. J’ai gardé note de quatre de leur remarques, je trouve que ce sont de bonnes remarques, je vous les livre : si tu es parent ou si tu deviens parent, c’est à garder en tête :

– toujours expliquer le pourquoi des règles imposées.

– deuxièmement, les respecter en tant qu’enfant pour qu’ils comprennent ce qu’est le respect

– troisièmement, ne jamais rire à leur dépens. C’est tellement facile pour des parents de penser que c’est drôle, et en fait on les humilie, et ça brise quelque chose de très important

– quatrièmement, tout en maintenant dans la maison un peu d’humour et une bonne humeur. Et je trouvais ça vraiment amusant, enfin, pertinent pour des gosses de moins de 10 ans, je trouvais que c’était intéressant leurs remarques, et j’espère que bien sûr tu pourras les compléter par d’autres remarques plus profondes peut-être, mais au moins voilà un point de départ.

Voilà;  je t’avais dit que je conclurais avec un témoignage personnel, et ça me touche beaucoup parce que quand je me suis converti, j’avais 18 ans, et je ne viens pas du tout d’une famille portée sur l’Evangile. J’ai des parents que je respecte profondément, que je respecte beaucoup, et avec qui j’ai de très bonnes relations, en tous cas maintenant, et je les ai eues pendant des années, mais lorsque je suis devenu chrétien, ça a vraiment créé des frictions assez énormes entre nous tous. Notamment il y avait la crainte de la secte, parce que le monde évangélique n’était pas très connu.

Il y avait aussi mes propres maladresses, parce que quand l’Evangile t’envahit alors que tu ne le connaissais pas, c’est tellement bouleversant, tellement extraordinaire que tu en parles et tu n’en parles pas avec sagesse, et moi je n’en parlais pas avec sagesse avec mes parents, j’étais très rentre-dedans, très direct, donc ce n’était pas très sage de ma part et puis – parce que c’est surtout la vie qui doit témoigner au début surtout dans notre famille – , mon père était assez remonté contre ma démarche et ma mère essayait un peu de me protéger un peu de mon père – il n’y avait pas de violence mais c’était juste assez de tension donc entre eux c’était un peu tendu, et je me souviens de ma mère qui pleurait et qui me disait « t’as vu ce que ton Jésus a fait à notre famille ? ». C’était des choses assez difficiles et, cette première année, à trois reprises, j’ai choisi de me soumettre à mes parents.

C’était sur trois requêtes spécifiques de leur part et ces trois requêtes, je crois, j’aurais pu choisir de ne pas le faire, parce qu’ il y avait la vie d’adulte qui commençait, il y avait aussi mes choix spirituels que je voulais assumer et que j’attendais qu’on respecte, mais j’ai choisi à trois reprises de me soumettre à mes parents. Et je ne veux pas dire que je l’ai fait avec une bonne attitude, j’ai serré les dents et me suis dit « ok, la Bible dit,  et je veux m’imposer cette démarche » et ce qui était intéressant, c’est que la troisième fois, ça a tellement touché mes parents qu’ils m’ont invité au restaurant et, dans un contexte plein d’émotion, ils m’ont dit « voilà, on ne croira jamais ce que tu crois, on sera toujours contre la foi qui est la tienne, mais on choisit dorénavant de la respecter, on a vu que tu n’étais pas opposé à nous, et on va continuer de cheminer ensemble en tant que famille, sans se prendre la tête » (ce n’était pas le langage qu’ils ont utilisé mais tu me comprends). Je me suis dit que le témoignage de cette soumission, de cet honneur donné, a vraiment gagné leur coeur en tout cas à un moment où moi,je commençais à me demander si je pouvais continuer à rester dans cette situation.

Alors, voilà, c’est un témoignage, ce n’est pas comme ça qu’il faut toujours répondre aux sollicitations d’un parent, mais je t’encourage à réfléchir, à développer une attitude maximaliste sauf si tu as des raisons vraiment objectives de rejeter l’obéissance, d’être le plus proche possible de l’honneur de tes parents, même s’ils ne sont pas toujours honorables, sans toutefois que cela te mette en danger ou que cela compromette ta propre foi.

J’espère que cela a répondu à ta question, et que cela va te permettre de cheminer dans la situation qui est la tienne ou dans les situations très diverses que les uns et les autres peuvent rencontrer.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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