Edition spéciale 200ème épisode d’1PVR: on interview Florent Varak!

Pour le 200ème épisode, découvrez le cheminement de celui qui répond à vos questions semaines après semaines! Une interview riche menée par Stéphane Kapitaniuk.

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Épisode 200 : Interview de Florent Varak

Stéphane Kapitaniuk (SK) : Alors, bonjour à tous ! On est là avec Florent pour fêter le 200ème épisode de "Un Pasteur Vous Répond". Merci Florent de m’accueillir chez toi !

Florent Varak (FV) : Avec grand plaisir !

SK : Merci de prendre ce temps pour l’interview. Donc ça y est, on y est arrivé ! Est ce que tu imaginais un jour arriver à 200 épisodes ?

FV : Absolument pas. En fait pour ceux qui ne le savaient pas, ce jeune homme est la raison de ces podcasts. J’étais son formateur, il était mon stagiaire et il me dit "Florent, il faudrait que tu t’occupes des mails de gens qui me posent des questions, j’ai pas le temps d’y répondre, tu pourrais faire un podcast pour répondre aux questions ?" Et je lui ai dit, "Mais franchement, qui va m’écouter ? Qui va être intéressé par des réponses aux questions ?" Il m’a dit "si, si…". Alors, prudent, je lui ai dit "écoute, on va faire un essai, de quelques semaines et puis on verra après".

SK : Moi, ce qui est marrant, c’est que je n’ai aucun souvenir de la discussion en elle-même, mais je suis super super content de t’avoir recruté à TPSG. Et quelque chose qui aurait pu durer cinq à dix semaines, je suis content, on est à 200 semaines ! Tu es le seul blogueur, il me semble de nous six, qui réussit vraiment à avoir même de l’avance ! Sans rater jamais une semaine, donc bravo ! Bravo, bravo !

FV : (Rires) C’est un peu un côté… un côté travail, enfin quand tu as une tâche, ça m’ennuie de ne pas la faire, donc je me sens maintenant un peu esclave de TPSG (rires).

SK : Voilà, alors on est très très content que tu ressentes ça ! On est parti pour 2000 épisodes !

FV : C’est ça ! (rires)

SK : On ne fait pas de fête avant le 2000ème !

FV : (rires) Cheveux tout décrépis, "je ne me souviens plus de la question !"

SK : Donc voilà, on va prendre quelques minutes ensemble pour faire ce que généralement le podcast ne fait pas, parce que normalement on répond à des questions plus de théologie pratique, comment mieux comprendre la Bible, comment mieux comprendre la vie chrétienne, et ici en fait, on te connait pas forcément tant que ça, et donc on va faire ce que toi tu ne fais pas naturellement, parler de toi-même.

On aimerait bien juste mieux savoir comment le Seigneur t’a conduit, comment il t’a sauvé, comment il t’a amené aujourd’hui au ministère que tu as aujourd’hui. Donc tu es du coin hein ?

FV : Ouais, je suis né à Lyon. Je suis né à Lyon en 1966…

SK : On est en région lyonnaise.

FV : Ouais tout à fait. Alors on est un peu en banlieue lyonnaise maintenant, ma femme est très rurale, et on occupe une petite maison dans l’Ain, à Misérieux en fait. Oui je sais, c’est pas très reluisant, mais en fait c’est un très très beau village !

SK : Avec une superbe vue !

FV : Une superbe vue ! C’est très calme, et on est à une quarantaine de minutes de Lyon.

SK : OK. Et donc toi tes parents… Qu’est ce qu’ils croyaient ? Tu as grandi avec quelle ambiance ?

FV : Ouais, alors mes parents, que j’aime beaucoup, que je respecte énormément, sont vraiment des gens formidables, mais qui manifestement n’ont pas les mêmes, les mêmes fondements dans leurs croyances.

Mais, mes parents c’étaient les années 60 à fond ! Donc il faut vous imaginez une dame avec, à l’époque ça se faisait pas, avec les cheveux rouges très très enveloppants, et mon père aussi avec des cheveux… c’était vraiment les… et avec une orientation spirituelle très orientée sur l’ésotérisme. Donc ma mère avait fait des caches aux fenêtres pour que ce soit un peu un look indien, il y avait à l’entrée de…

SK : Indien, d’Inde ou… ?

FV : D’Inde. Et quand je rentrais de l’école, la première chose que je voyais, il y avait un Bouddha splendide en ivoire et en or, il y avait de l’encens qui montait par dessus. Et mon premier souvenir… Alors déjà, quand ma mère était enceinte, elle me l’a dit plus tard, elle a fait des incantations par un maître spirituel, un enseignant. Et j’ai vraiment baigné dans une atmosphère spirituelle, mais New Age.

Le premier souvenir que j’ai je crois de mon enfance, c’était… J’étais en train de jouer avec un camion sous la table et je me souviens mon père faisait des séances de guérison avec d’autres amis à lui, et le sentiment que j’ai, c’est que j’étais fier. Donc tu vois c’était vraiment, j’étais marqué par les choses spirituelles un peu dès le début, mais évidemment, pas de couleurs chrétiennes du tout !

SK : Ouais, ok. Et donc quelle étape suivant dans ton… ? C’était une quête de sens ? C’est à partir de quand ?

FV : Ouais alors, quand on est enfant, je pense qu’on absorbe les pensées un peu des parents, donc c’était un peu mon cas, puis à la pré-adolescence, j’ai eu une période un peu d’opposition et je laissais un peu tout ça de côté, et puis je faisais du théâtre, je faisais de la musique, j’étais un peu rêveur, un peu dans mon monde, et puis j’ai voulu faire un stage d’astronomie pendant l’été. Et il y avait des astronomes de la société astronomique de Lyon qui donnaient des cours l’après-midi et puis la nuit il y avait des astronomes amateurs qui nous montraient les cieux, les galaxies qu’on pouvait voir avec des instruments qu’ils avaient eux mêmes fabriqués ! C’était magnifique en fait !

Mais ce qui s’est imposé à moi, et que je peux pas dire que ça c’est imposé aussi clairement que je le dis maintenant, c’était plus intuitif que ce que je dis maintenant c’est : "il doit y avoir un créateur quelque part !" Il doit y en avoir un, parce que c’est quand même intelligent, c’est structuré !

– SK : Et avant ça tu aurais cru en quoi ? Une énergie… ou une… de la création ?

FV : Ouai, c’est un peu ça… Tout est dieu, dieu est tout, c’est un peu cette idée ! Mais là ça devenait un peu plus personnel. Et puis, là encore c’était pas si clair que ça, mais je suis revenu chez moi et je me suis mis à lire les livres d’ésotérisme de mes parents, j’étais devenu assez convaincu de la réincarnation, des arguments qui étaient présentés en sa faveur, je suis devenu assez antichrétien, à cause de l’hypocrisie des chrétiens que je voyais dans l’histoire, à cause de la violence aussi des chrétiens dans l’histoire. J’avais jamais lu la Bible mais c’était évident que la Bible était pleine d’erreurs, qu’elle était trafiquée, enfin c’est tout le langage…

SK : C’est l’air ambiant !

FV : C’est l’air ambiant ! Ce qui est évidemment bien mal formé, mais c’est là où j’en étais et puis quelques événements alors, c’est amusant mais je sais plus où les placer vraiment dans le temps, mais je me souviens que j’étais parti en Angleterre avec des copains, et il y avait une vieille dame qui distribuait des tracts, et qui me donne un tract alors je regarde "serez-vous au ciel ?" ou quelque chose comme ça, et puis c’est une vieille dame plein d’amour, elle me prend mon bras et elle me dit "est-ce que vous croyez en Dieu ?" Et moi je dis "mais oui je crois en Dieu madame !", "ah c’est super, je vous verrai au paradis" et puis moi je lui répond du tac au tac "ouais, ouais, troisième étage, deuxième porte à gauche !" (rires) c’était vraiment un fake, elle a dû prier pour moi, elle a dû se rendre compte que c’était pas tout à fait ce qu’elle imaginait !

Je me souviens aussi d’une copine avec qui je prenais le bus quand on rentrait de l’école et qui me parle de sa foi, et je l’ai tellement taillé qu’elle a tout de suite arrêté la conversation.

Donc j’étais un peu dans cette modalité, j’étais un peu le gars rêveur mais un peu rigolo en classe, j’étais pas très sérieux, et donc ça allait bien avec ma personnalité !

SK : T’arrives pas à le placer, c’était collège ? Lycée ?

FV : Oui, oui c’était fin collège, début lycée.

SK : Et ensuite ?

FV : Ensuite, j’étais en terminale, et j’étais en terminale C, ce qui est l’équivalent de S maintenant, c’est un peu une performance vu les capacités que j’avais, j’étais vraiment limite ! Et j’étais en terminale C…

SK : On est d’accord qu’on ne referait pas le bac.

FV : Non, non vraiment pas, c’est pour ça !

Et il y avait un gars dans notre classe, Philippe, il était, je ne le savais pas, mais il était évangélique. Et il va dans son église, et dans son église il y a une vieille dame qui vient le voir et qui lui dit, "Philippe est ce qu’il y a quelqu’un avec qui tu parles de ta foi dans ta classe ?" Et Philippe il réplique "non ! Ils sont tellement indifférents à la foi, qu’il n’y a pas de conversations, il y en a même un, il est tellement opposé à la foi que si il y en a un qui se convertira jamais, c’est bien lui !" Et cette dame a dit "c’est quoi son nom ?" et Philippe a lâché mon nom "Varak, Florent !".

Je pense que cette dame a prié parce que dans les quinze jours qui ont suivi, il y a un prof de maths qui nous a mis ensemble sur un devoir de maths. Et alors ça a du être à son grand désarroi parce que encore une fois j’étais pas une flèche, c’était le moins qu’on puisse dire ! J’étais plutôt celui qu’il fallait tirer quoi… Mais lui, bon prince, il me dit "ben écoute tu habites loin, pourquoi tu ne viendrais pas passer la soirée chez nous, tu dors à la maison, on fait des maths et on revient au bahut le lendemain". Donc super sympa ! J’étais en terminale et on fait des maths, enfin, il fait des maths et puis vient le temps du repas.

SK : Et donc là c’était pas Philippe ?

FV : Si, si c’était Philippe de ma classe et on fait des maths ensemble et puis vient le temps de manger, on s’assoit et le repas est servi et moi j’ai ma fourchette avec un morceau sur la fourchette, entre l’assiette et la bouche, et j’ai entendu le père dire "on va prier". Et je regarde et je vois tous les gens fermer les yeux, regarder leur assiette ou je sais pas, et le père se met à remercier Dieu pour le repas et moi je me suis dis, "mais ils sont fous !" Ils sont complètement fous, au vingtième siècle, c’était au siècle dernier, au vingtième siècle y a des gens qui prient avant de manger ! Et je suis devenu rouge, je savais pas où me mettre, je ne savais pas quoi faire, est ce qu’il faut faire ça avant chaque bouchée ? Avant chaque plat ? Comment faire ?

SK : Comment faire ? (rires)

FV : Comment faire ! Mais en fait on est des extraterrestres les chrétiens, on se rend pas compte à quel point !

Et bien sûr alors après j’observais tout ce qu’il se passait, et puis après le repas j’ai dit à Philippe, "écoute franchement je suis désolé quoi…", il me dit "mais pourquoi tu es désolé ?" Et je lui dis, "mais tu subis ça à chaque repas ?" Et il me dis "mais je subis pas ça, je suis moi-même, je crois en Jésus !"

Et là ça balayait beaucoup de mes préjugés parce que pour moi, les chrétiens c’étaient des benêts, et lui il était brillant, et voilà un gars brillant, qui était équilibré, qui faisait du sport, qui faisait de la musique, et qui était sympa aussi ! Et il croyait en Jésus !

Alors il a eu beaucoup de patience, il m’a écouté dans mes… à débiter des trucs New Age, réincarnation, les énergies et tout ça…

SK : Ça, c’était pas ridicule…

FV : Ça c’était pas ridicule bien sûr !

SK : Et donc y avait pas dans la culture, c’est vraiment une parenthèse, t’a pas grandi avec, parce qu’en ce moment la mode dans la méditation c’est la reconnaissance, on est reconnaissant, envers personne, mais on est reconnaissant…. donc prier pour les repas ?

FV : Non, non, non c’était, pas du tout ! D’ailleurs dans ce qui est du New Age, l’avantage c’est qu’on fait un peu comme on veut. Il y a pas d’écrits normatifs, chacun fait un peu son chemin, c’est pour ça que c’est aussi populaire !

SK : Chacun fait à sa sauce… Donc tu étais entrain d’attaquer les croyances de Philippe, tu disais ?

FV : Ouais, ouais, et là il balaye tout ça parce que par sa vie, il avait quelque chose de beaucoup plus fort que ce que j’imaginais, et il me passe un évangile de Jean, à l’époque c’était Sator qui le publiait. C’était un évangile avec un français simple et des images et bon, pfff je l’ai pris parce que c’était un copain, et je l’ai mis dans les toilettes, et me disant que si je le mets là au moins je le lirai. Et je l’ai lu, j’ai rien compris, si ce n’est que Jésus était quand même très différent de ce que j’imaginais, et ça, ça m’a vraiment surpris parce que je voyais pas du tout le côté mièvre, grenouille de bénitier, que je m’imaginais des chrétiens. Il y avait en Jésus, y avait deux qualités, aujourd’hui je parlerais de sainteté et d’amour, mais j’avais pas ce vocabulaire. Mais c’était à la fois quelqu’un qui était très fort vis-à-vis du bien, mais aussi très aimant vis à vis des gens qui avaient foiré. Et ça je trouvais ça remarquable parce que chez les maîtres du New Age que j’avais côtoyé, c’était soit des gens très ascètes et assez méprisants, même très méprisants, soit c’était des gens grand-père tout doux, mais t’avais jamais cette alliance, cet équilibre très fort que je voyais en Jésus.

SK : Tu imaginais les chrétiens un peu comme les pharisiens alors que Jésus…

FV : Jésus, pas du tout ! C’était vraiment une surprise, c’est ça qui m’a attiré.

Bon après comme tu l’a dis, le bac il fallait l’obtenir, j’ai bossé dur pour le bac, je crois que je l’ai eu à quelques points près, et donc j’ai un peu laisser tomber tout ça et j’ai eu mon bac.

SK : OK. Pas encore chrétien ?

FV : Pas encore chrétien.

SK : Tu avais même pas trop d’intérêt pour la foi chrétienne.

FV : Aucun intérêt.

SK : Aucun, ok ! Que passa ensuite ?

Tu as eu ton bac, tu t’es orienté vers…

FV : Ouai, je m’étais inscrit en médecine, donc j’allais faire une première année de médecine, et puis je reçois un coup de fil un lundi matin de Philippe qui me dit : "Ecoute y a un groupe de chrétiens d’Irlande du Nord qui est avec nous pour 15 jours, tu veux pas passer la soirée avec nous, une soirée sympa ?" Et je me dis, "rhoo il me relance avec ça…" Je lui ai dit, "écoute Philippe je passe mon permis de conduire à 14h, si j’ai mon permis de conduire je viens, si je l’ai pas, je viens pas !"

SK : A l’époque on le savait tout de suite.

FV : Oui, on donnait le papier, un papier rouge je crois

SK : C’était avant qu’on tabasse les…

FV : (rires) Ouais c’est ça !

Et je pense qu’ils ont dû prier pour ça, parce que moi je suis arrivé à mon permis de conduire, et j’ai enlevé mes lunettes parce que je voulais pas que le gars il écrive "port de lunettes obligatoire", parce qu’à l’époque encore une fois c’était tout consigné par écrit. Donc j’y vais sans lunettes, je rentre dans la voiture et le gars me dit, "Monsieur, est ce que vous voyez la voiture blanche à 10 mètres ?". Je dis oui. "Est ce que vous pouvez lire la plaque d’immatriculation ?"

J’étais incapable de la lire ! Mais… c’était la voiture de mon père, et je connaissais le numéro par coeur (rires !). C’est un truc de fou ! Je suis devenu calviniste, mais je sais pas, voilà ! Et donc je lui ai donné le numéro et après je sais pas comment ça c’est passé, mais j’ai eu mon permis, et j’étais tout heureux tu penses, c’était la première fois que je pouvais prendre la voiture de mes parents !

Donc je vais à cette réunion à Trévoux d’ailleurs, là où aujourd’hui on implante une église ! Je vais à Trévoux et je vois des jeunes, ou non c’était à Villefranche la première fois, mais ils avaient un camp à Trévoux, et je vois des jeunes qui aimaient Jésus, qui étaient équilibrés, qui se taillaient pas les uns les autres, il y avait des filles qui étaient mignonnes et des gens instruits, il y avait des gens de tous milieux sociaux, il y avait des ouvriers, mais ils avaient une qualité de vie et franchement ça m’a bluffé ! Et je voulais passer deux, trois jours avec eux, et ils m’ont invité d’ailleurs à ça. Alors je les trouvais un peu lourds parce qu’ils parlaient du péché, et je me disais, ça c’est bien des chrétiens ! Et en même temps je devais reconnaître qu’il y avait ça dans mon coeur. Même si j’avais de la peine à le reconnaître c’était quand même présent. Et le jeudi, c’était un 12 juillet, le jeudi c’était une soirée de louange, et on me dit, "tu sais Florent si tu veux venir il n’y a pas de problème, c’est un peu particulier", mais je me suis dis, ouais moi je veux voir un peu !

SK : On t’a averti…

FV : On m’a averti c’est ça (rires) ! Et je voyais ces jeunes et c’était une louange très vive, certains avaient les bras levés au ciel, c’était… Je me suis dit "ils ont une relation avec Dieu quand même ces jeunes", ils priaient. Et le gars à la batterie, son père était en train de mourir, non sa mère était en train de mourir d’un cancer et son père était mort d’une cirrhose l’année précédente, et le gars il avait une paix que je ne pouvais pas comprendre.

Et je me suis dit, c’est quand même quelque chose, et je suis allé voir ce copain et je lui ai dit, "écoute un jour je me convertirai". Il m’a dit, "ok, mais c’est possible ce soir !"

SK : Bonne réponse !

FV : (rires) J’ai dit ouais, en fait je veux ça, parce que je savais qu’après y avait l’université, y avait des choses… Et donc on s’est mis dans un coin un peu reculé…

SK : Mais, donc toi tu avais une notion de conversion ? On parle de conversion dans la société contemporaine, donc quand tu viens voir ça, tu es attiré par quoi ?

FV : La relation qu’ils avaient avec Dieu, je voulais avoir cette relation.

SK : OK !

FV : Et puis je comprenais que c’était quand même lié au fait de devenir protestant, protestant évangélique, c’était pas encore très très net ! !

SK : Ouai, je comprends, tu avais juste quelques bribes par ci, par là…

FV : Mais je voulais cette relation, surtout ça que je voulais, et donc on s’est mis de côté, et puis il m’a expliqué trois choses : il m’a expliqué que j’étais pécheur, que Jésus était mort pour mes péchés et qu’il fallait que je demande pardon, que je crois en Lui, et qu’Il rentre dans ma vie. Alors je comprenais pas tout, alors ok Jésus est mort pour mes péchés, je sais pas comment ça marche, mais il m’a dit une chose "maintenant on va se mettre à genoux et tu vas dire ça à Dieu", moi j’avais jamais prié de ma vie, encore moins avec quelqu’un ! J’avais mon coeur qui s’est mis à battre ! Mais je me suis mis à genoux et puis ben très naïvement j’ai dit à Dieu les choses que je réalisais, je reconnaissais que j’avais pas été très clean dans ma relation avec les filles, dans ma relation avec mes parents, c’était pas toujours de l’amour, que c’était un peu brisé dans ma vie, et puis aussi que même si je comprenais pas, je croyais avec le petit peu que j’avais que Jésus est mort pour moi. Et je lui demandais ben voilà j’aimerais bien que tu rentres dans ma vie, et c’était- voilà, pour moi c’était très radical comme conversion. C’était vraiment radical.

SK : Donc pas forcément un énorme poids des péchés…

FV : Non !

SK : Mais par contre, en terme de désir de relation avec Dieu, de désir de sainteté après, dans le côté radical tu penses à quoi ?

FV : Ouais, alors en fait, je pense qu’on est tous attiré différemment par l’évangile. Y a des gens qui ont un fardeau de péché et ils sont attirés par le pardon, y a des gens qui ont un fardeau, un désir d’amour, qui sont attirés par l’adoption, et je pense que c’est un peu ça qui m’attirait, même si j’avais pas le vocabulaire théologique que j’évoque là, l’adoption c’est une catégorie théologique, mais je voulais cette relation avec Dieu, cette proximité avec Dieu. Donc chacun on a des points, enfin ceux qui viennent à Christ, y a des chemins différents, mais ce que je peux dire c’est que voilà, je suis rentré ce soir là, la banane sur le visage et j’ai lu le Nouveau Testament en une semaine !

SK : Oh ! (rires)

FV : Parce que je l’ai dévoré quoi ! Alors je sens qu’il y avait des choses que je faisais, je me sentais mal à l’aise avec, enfin je sentais qu’il y avait, il y avait des changements en moi qui avaient lieu, même si j’étais loin de pouvoir les réaliser ! Mais ce que je savais c’est que Christ était vivant, qu’Il changeait des vies et qu’Il était en moi, ça c’était clair, c’était clair.

SK : Donc tu as commencé à prier… tu savais parler à Dieu ?

FV : Ben ouai, ben tu balbuties dans ta tête, tu pries tout seul, jamais avec quelqu’un… D’ailleurs la première fois que j’ai prié dans un petit groupe, je suis devenu rouge, je me suis empêtré dans ma phrase, je me suis arrêté et personne n’a rien dit ! Je me suis dis : "plus jamais je prierai en public !" J’étais… et puis y’a personne pour m’encourager quoi, tu te sens vraiment seul.

SK : Le nombre de personnes à qui… c’est vraiment un travail très très compliqué à apprendre…

FV : Ben oui… ! !

SK : Donc ça c’était l’été j’imagine, donc tu avais tout le temps pour lire le Nouveau Testament

FV : Ouai j’étais en vacances, et puis pour la petite histoire, ça va faire plutôt rire mais j’étais en camp, c’était un camp naturiste parce que c’était là où je passais mes vacances ! Je saisissais pas encore tous les changements qui étaient clairs dans ma tête (rires) mais….

SK : C’est un problème ? (rires)

FV : Ben ouais, je vois pas le problème… (rires)

SK : "Tu viens Philippe ?"

FV : Ah oui, et en fait je l’avais invité ! Et il m’a dit ben non. (rires) "Ah bon ? Ben tan pis alors !"

Mais lui par contre il m’a invité en Irlande, et on est allé deux semaines en Irlande, et là j’ai retrouvé ces jeunes et j’ai retrouvé des gens qui avaient une passion pour Christ et je dois dire que Philippe, Dieu l’a utilisé, c’est important le discipulat parce que c’est, et je regarde avec le recul, il a su me donner des réponses à plein de questions, toutes les questions classiques que l’on a, mais là on était quasiment 24h sur 24 ensemble, donc je le bombardais de questions, on discutait constamment, on lisait la Bible, il m’instruisait de trucs tu vois, c’était vraiment un moment phénoménal dans ma vie chrétienne, ces quinze jours, et je suis rentré et l’église avait un coffee bar à cette époque, donc tous les samedis après-midi, on…

SK : Donc l’église était à Villefranche sur Saône ?

FV : Ouasi ! A Villefranche sur Saône, et il y avait un mouvement assez dynamique, il y avait un coffee bar donc tous les samedis après-midi on distribuait des traités, alors c’était pas très très moderne comme… et on invitait des gens à ce coffee bar.

SK : Moi je crache pas sur les traités !

FV : Ben non

SK : Un de mes collègues actuellement dans l’édition, il s’est converti à travers un simple…

FV : Dieu utilise tout !

Et on invitait des gens, et on avait des petits gâteaux, des boissons et puis on avait un petit programme. Alors si je regarde maintenant, le programme était nul ! ! Y avait deux, trois personnes qui chantaient des chants de cantiques "J’aime l’éternel", parfois il y avait un film, parfois… Et c’est vrai que c’était parfois plutôt bon enfant, que très construit ! Et puis après il y avait un temps de discussion autour des tables, et là encore avec le recul, je discutais avec des gens qui étaient dans la politique, que ce soit des communistes, des capitalistes, des gens qui étaient catholiques, des gens qui étaient témoins de Jéhovah, des musulmans… Et je me suis retrouvé avec des questions auxquelles je ne savais pas répondre. Et là ça m’a forcé à réfléchir aux raisons de "pourquoi je croyais ça, pourquoi je crois au Dieu de la Bible ?".

SK : Et donc où est ce que tu es allé chercher des réponses ? Quelle a été ta méthode ?

FV : Ouais alors à cette époque, il faut bien réaliser qu’il n’y avait pas beaucoup de livres en français, y avait quelques éditeurs mais y en avait pas beaucoup, et le nombre de livres solides ou généralistes qui pouvaient donner des pistes étaient pas très nombreux

SK : Et puis l’accès, n’était pas évident…

FV : C’était pas évident non… Y avait pas Amazon, y avait pas Internet pour repérer tout ça donc….

SK : Y avait pas les blogs !

FV : Y avait pas les blogs, non c’est clair, c’est clair ! Mais j’avais lu quelque part que "la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la Parole de Dieu", moi-même j’avais besoin que ma foi grandisse et que j’avais besoin de trouver des réponses dans la Bible. Notamment quand il y avait des témoins de Jéhovah qui venait, y avait des gens, des catholiques qui venaient. Et donc j’étais très frustré parce que je lisais la Bible et je la retenais pas. Donc j’ai commencé à d’abord à la surligner par thèmes théologiques et ensuite c’était pas suffisant alors je me suis mis à la recopier, donc j’ai recopié le Nouveau Testament par thèmes théologiques, parfois certains versets deux, trois fois,…

SK : Donc tu avais déjà ces catégories par toi-même ou quelqu’un t’avait encouragé à le faire ?

FV : Non par moi-même, et au début c’était sans rien quoi ! Après j’ai lu Jules-Marcel Nicole, "Précis de doctrine chrétienne", mais c’était après. Je l’ai fais trois fois, bon au début je notais pas tous les versets, au départ c’était juste quelques versets ici et là qui me sautaient aux yeux, mais plus je le faisais, plus j’avais envie de creuser. Bon après j’ai pris un gros classeur et donc dès que je voyais un thème important, ça faisait un titre et je le mettais soit dans la section sur Dieu, soit… et puis à force, ben en recopiant tu apprends aussi beaucoup.

SK : Oui bien sûr, moi c’est un des trucs, parce que j’ai été ton élève donc je connaissais cette méthode, et je me demande si on n’a pas perdu un truc énorme aujourd’hui, en pensant parce qu’on va sur Internet ou dans les livres accès à tout, en fait on n’a pas intériorisé la Bible et je sais que Dieu t’a donné des dons en plus, mais cette méthode dès ta conversion, je me demande combien ça joue énormément aussi dans cette capacité de replacer chaque aspect de la vie chrétienne dans la grande frise de la rédemption, dans les grands sujets…

FV : Je pense hein ! Enfin je pense que ça a été très structurant, en même temps, le danger c’est aussi qu’on puisse louper des choses et puis accentuer des points qui ne sont pas forcément accentués dans l’Ecriture.

SK : Mais aujourd’hui les blogs chrétiens et les livres chrétiens le font aussi !

FV : Oui c’est vrai ! Je crois qu’en fait, je sais pas si c’est exact je voudrais le vérifier, mais il m’a semblé que lorsque Pierre (Valdo) s’est converti, donc on parle de quelqu’un de lyonnais dans le 12ème, 13ème siècle, il a monté une école de prédicateurs et pour obtenir son diplôme il fallait avoir mémorisé le Nouveau Testament, les Psaumes et les Proverbes et dix messages d’évangélisation.

SK : S’il y a un historien qui nous écoute qui trouverait la source, moi je trouverais fascinant qu’on ait un petit livre sur Pierre Valdo !

FV : Ouais.

Alors si c’est le cas je trouve que c’est un fait intéressant. Je crois que le fait de s’approprier, alors malheureusement je dois dire aussi c’est facile aussi de comprendre et d’apprendre, c’est beaucoup plus difficile de vivre, et j’ai mesuré et malheureusement je mesure encore aujourd’hui combien le fait d’avoir grandi dans une famille non chrétienne, avec le style de vie que ça développe parfois ou les pensées que ça développe parfois, alors ça donne une conversion radicale, mais ça donne aussi d’autres choses à gérer qui ne sont pas toujours facile à vivre, quoi. Donc voilà je veux juste, j’ai aucune prétention…

SK : On n’est pas forcément épargné…

FV : C’est possible.

SK :… même en tant que quelqu’un de quatrième génération comme moi… On est tordu, on est tordu !

FV : On est tordu, on est tordu ! Et malheureusement c’est ce que je vois, ce que j’ai pu vivre, c’est un cadeau de Dieu, ce que j’ai vécu qui n’est pas selon lui c’est un cadeau de moi et c’est le pire des cadeaux que moi je peux vivre quoi, bon bref,…

SK : Tu sais l’année pour nous a été un peu spéciale, et tu as déjà entendu le chant de Lecrae "Cry for you" et la conclusion de ce chant dit "Crooked sticks draw straight lines" ?

FV : Oh, wouaw !

SK : C’est une des phrases où moi je me dis voilà, c’est… On n’est rien !

FV : On n’est rien… On s’est planté ! Mais y a qu’un héros dans Bible et c’est Jésus, et dans l’église y a pas de héros, on est tous à la même école.

SK : Donc ça c’est l’été ?

FV : Ouais

SK : Donc tu te lances en médecine ?

FV : J’ai fais une année de médecine. J’ai appris à travailler en médecine, je travaillais 15h, 20h parfois… dans la journée, pour essayer de mémoriser les centaines de pages et de formules et c’est un peu là où je me suis trouvé pour la première fois de ma vie à ce que je cravache comme jamais. Et j’ai passé la première année avec cette tension que je trouvais de plus en plus de bonheur et de plaisir dans le coffee bar, dans les trucs comme ça donc c’était un peu compliqué. Et puis j’ai passé les examens et je suis parti en vacances et j’ai dis à ma mère, "tu me diras les résultats", de toute façon je ferai probablement une deuxième première année. Et elle m’envoie les résultats, et je crois elle s’est trompée dans la lecture des résultats. Elle a confondu le rang, donc vous savez qu’on classe, ils prenaient au 21ème % et elle a confondu le rang et l’alphabet. Donc moi Florent Varak j’étais tout au fond et en fait en rang et j’étais à 25% je crois ou un truc comme ça, donc j’étais recalé, mais j’étais recalé…

SK : Tout juste !

FV : Tout juste, j’aurai pu faire une deuxième première probablement ! Mais quand elle m’a téléphoné pour m’informer des résultats, elle m’a dit "Florent tu m’a dit que tu t’étais planté mais à ce point… !"

SK : (rires) T’es Nul ! !

FV : C’est ça ! ! Et moi j’avais bossé, même si c’était insuffisant et j’avais été recalé, y a pas photo là dessus.

SK : Pardon, mais petite parenthèse, c’est nul comme liste ça… de mettre les gens par ordre alphabétique… ah ouais ou c’est parce que tu te retrouves plus facilement ton nom comme ça ?

FV : Oui, oui bien sûr ! Et donc j’étais totalement découragé, et faut voir aussi à quel point la conversion, elle est source de… c’est une révolution dans ta vie.

SK : C’est un chamboulement !

FV : C’est un chamboulement, j’étais tellement perdu et je savais plus, et y avait toutes ces notions comment on trouve la volonté de Dieu, donc il y avait toute cette notion de, est ce qu’il faut que j’attende un signe, est ce qu’il faut que je fasse autre chose… J’étais vraiment, j’ai laissé la date de réinscription et finalement je me suis orienté à l’exigence de mes parents, sur des études plus courtes, des études de business, c’était pas les plus pertinentes ou fascinantes, mais qui m’ont donné un diplôme…

SK : Un diplôme de quoi ?

FV : Un Bachelor, l’équivalent d’un Master 1 aujourd’hui je crois que ça s’appelle, ou à l’époque c’était une licence de business avec une fac américaine, c’était une école ici à Lyon qui avait un partenariat avec les États-Unis.

SK : Très brièvement, comment était cette expérience en tant que chrétien à la fac ?

FV : Ouai, ben écoute c’était chouette. D’abord j’avais quelques profs qui étaient américains alors je me suis dis, ils sont tous chrétiens, puisque tous les américains sont chrétiens ! Alors j’essayais de voir s’il ne pouvaient pas m’aider à ce qu’on fasse un petit ministère style GBU, et tous se sont moqués de moi, et y en a un qui m’a dit, écoute va rencontrer ce pasteur Larry Dearmey que je connais qui est américain et en fait il commençait une église, qui est devenue l’église de Cusset. On a fait connaissance comme ça, l’église se réunissait dans son salon, et puis on a développé une amitié et puis quand moi j’ai fini mes études de business et il m’a appelé en disant "Florent, tu veux pas faire un stage d’une année dans notre église ?".

SK : OK ! Directement après tes études ?

FV : Ouais !

SK : Donc ça m’amène à la question, comment tu t’es lancé dans le ministère ? C’est Larry qui t’a recruté ?

FV : C’est Larry qui m’a recruté qui m’a dit "Viens faire un an, tu peux lancer les éditions Clé et utiliser tes études de business (je venais juste de commencer) et puis tu pourras t’occuper du groupe de jeunes dans l’église et tu pourras voir si ça t’intéresse vraiment d’entrer dans le ministère pastoral".

SK : Pourquoi est ce qu’il t’appelle ? Qu’est ce qu’il a vu en toi déjà, tu sais ?

FV : Ben je pense… Il voyait le zèle à faire de l’évangélisation, il voyait la passion pour…, et puis l’orientation, je voulais faire des études de théologie, donc il s’est dit tout… enfin je l’ai réalisé après, tout missionnaire qui se respecte dit, "faut que je trouve un jeune après, pour le mettre en avant !" J’étais un candidat possible au moins, potentiel !

SK : On sait comment ils réfléchissent maintenant (rires).

FV : Oui, c’est ça oui (rires) !

SK : Ah, c’est comme ça que ça marche !

FV : C’est comme ça que ça marche, oui !

SK : Et donc le stage, comment ça s’est passé ?

FV : Ça c’est bien passé, bon il y a eu quelques déboires, enfin ça va être un peu long de les exposer ici, j’en ai évoqué dans certains podcasts. Mais ce qui était intéressant c’est que j’ai réalisé à quel point je voulais vraiment faire ça. Et là bon, les missionnaires voulaient pas trop me laisser partir, là encore je le comprends pourquoi, ils m’ont dit, enfin ils voulaient pas…

SK : Partir ?

FV : Partir faire des études théologiques. Et ils m’ont proposé une formation sur place avec quelqu’un qui est venu m’enseigner l’hébreu, un autre le grec, j’ai pris quelques cours décentralisés avec une fac américaine qui enseignait au château à l’époque, le château de Saint-Albain qui avait un programme décentralisé. Donc j’ai pris quelques cours, c’était un peu une formation sur le tas qui allait bien avec mon orgueil, je l’avoue, malheureusement avec tristesse, mais y avait un peu cette arrogance de la jeunesse… J’ai d’autres formes d’arrogance aujourd’hui, mais j’en ai un peu plus conscience disons ! Et donc j’ai fais une formation comme ceci. Et j’ai commencé aussi à former d’autres dans le cadre de notre union d’église, et c’est là que j’ai rencontré Mike Evans par un concours de circonstances qui m’a demandé d’enseigner à l’IBG, la prédication, et puis là, j’ai rencontré McArthur qui m’a invité à finir mes études de théologie dans sa fac, il a manifesté à mon égard beaucoup de générosité.

SK : Donc tu as enseigné la prédication avant d’avoir reçu des cours chez McArthur ?

FV : Oui.

SK : Donc là y avait déjà un bon cours de prédication, au château ?

FV : Ouais, enfin c’était une base que l’IBG m’a demandé de reprendre ce que le prof avait abandonné et j’avoue que c’était très ambitieux de la part de Mike de m’avoir demandé.

Et donc j’ai quand même augmenté la qualité du cours et elle était loin d’être suffisante au début et puis petit à petit au fil des années. C’est Bernard Huc d’ailleurs qui m’avait encouragé et il m’a dit, tu sais Florent, un cours n’est jamais mûr avant cinq ans (rires) donc chaque année on améliore.

SK : Désolé pour les étudiants des premières années !

FV : Tout à fait, oui ! Il faut qu’ils repassent.

SK : Donc là tu étais diplômé Master’s Seminary en Californie ?

FV : Ouais

SK : Tu étais stagiaire, pendant combien de temps à Cusset ?

FV : Trois ans

SK : Trois ans, Cusset ? C’est une implantation ?

FV : C’était au début oui une implantation. L’église à commencé dans le salon de Larry, ensuite c’était une dans une salle d’hôtel, ensuite on a loué des locaux à Villeurbanne.

SK : Donc et au bout de ce temps d’étude, tu es devenu pasteur comme ça ?

FV : J’étais pasteur avant d’aller en Master ! Je suis resté une dizaine d’années… en tant que pasteur, sans les enseignements.

SK : Ok ! Donc tu l’a fait bien plus tard alors…

Tu as passé 23 ans ?

FV : 23 ans en tant que pasteur, 25 en comptant le stage.

Aussi précisé que c’est dans le contexte de ce stage que j’ai rencontré Lori, donc Lori venait des États Unis pour faire un stage dans l’église, elle devait s’occuper du groupe de jeunes, et comme moi j’étais le pasteur du groupe de jeunes, j’étais son patron, donc je lui ai ordonné de m’épouser, et donc la soumission aux autorités… (rires).

SK : Dans toutes les églises, il y a une énorme admiration pour les pasteurs, on contredit jamais le pasteur !

FV : Oui c’est ça, c’est ça, c’est ça, c’est ça… (rires !)

Donc on s’est rencontré dans le contexte de cette église, elle est venue en France pour exercer un ministère en France

SK : Mais elle venait plus que pour du court terme ?

FV : Elle venait pour deux ans, deux ans et plus si affinités ! Et il y a eu affinités (rires) !

SK : Et vous fêtez combien d’années de mariage ?

FV : 30 ans !

SK : 30 ans en 2019 ou ?

FV : Ouais !

SK : Cette année, félicitations, j’ai raté ça !

FV : On a planté un arbre pour s’en souvenir

SK : Ça aurait été cool de faire ça y a trente ans, mais bon

FV : (rires)

A l’époque on vivait dans un appart, ça aurait été difficile…

SK : C’est clair !

Et vous avez trois enfants ?

FV : Ouais

SK : Et….

FV : Trois petits enfants

SK : Ah, j’allais dire quatre !

FV : Bientôt quatre !

SK : Ok !

Donc toi maintenant, tu n’es plus pasteur à Cusset, depuis maintenant déjà 4 ans ? 5 ans ?

FV : Euh, je suis plus pasteur à Cusset depuis 5 ans ouais.

SK : Et donc qu’est ce que tu fais ?

FV : Alors juste une chose, après ces 23 ans en quelque sorte, 25 ans de ministère à Cusset, il m’a semblé que c’était le temps de laisser la main à un pasteur un peu plus jeune et puis avec des habitudes peut être un peu différentes, et donc c’était un peu un arrache coeur.

SK : C’est chaud après 25 ans, de faire vivre une église… Déjà au bout de quelques années, il peut y avoir des habitudes, mais 25 ans de…

FV : De formatage !

SK : De formatage oui ! (rires), merci je cherchais le verbe "s’habituer à quelqu’un"

FV : Oui c’est sûr, et je me suis dis soit je le fais maintenant, soit il faut que j’aille jusqu’à la retraite ! Et ça serait encore plus difficile, mais voilà ! C’est le moment de le faire. C’était un peu un choc pour l’église, c’était un peu un choc pour moi. Moi je ne savais pas trop quoi faire après, je me suis dis que peut être je peux être pasteur ailleurs, en tout cas, il y a des besoins !

Et puis c’est là où la mission qui est lié à notre mission d’église m’a demandé par le biais de collègues comme Paul… à Dijon et d’autres qui m’ont dit, "Florent est-ce que tu envisagerai de cheminer avec nous dans notre mission en tant que…" Ils se réorganisaient et cherchaient quelqu’un qui assumerait le pôle du développement des églises.

SK : Donc cette mission, elle est bien plus grande qu’on ne le réalise. Parce que en France il y a 7 églises de cette union mais dans le monde, on en compte des milliers !

FV : Alors oui, ça dépend des pays ! Oui dans certains pays il y en a pas beaucoup et puis il y a eu un mouvement de réveil exceptionnel en fait et c’est une histoire qui n’est pas très connu, mais en République centrafricaine, il y a un gars qui est arrivé et aujourd’hui il y a plus de 4000 églises, 500 000 chrétiens c’est énorme ! Donc c’est assez remarquable !

SK : C’est ouf oui, donc toi tu es, quelle est ta responsabilité ?

FV : Alors ma responsabilité c’est d’animer les équipes missionnaires qui sont dédiées à la formation de responsables ou au développement des églises ; d’être aussi au service des églises quand elles le souhaitent pour conseiller en formation ou en développement, et puis troisièmement d’enseigner, d’être disponible auprès des instituts bibliques que nous avons, pour des cours qui correspondent aux compétences que je peux avoir.

SK : Ok, donc là maintenant tu as quand même une sacrée perspective de ce que Dieu est en train de faire dans le monde, j’ai l’impression…

FV : Je commence…

SK : Tu commences ouais, tu voyages quoi ?

FV : Deux, trois semaines par mois

SK : Ouais… carrément trois…

FV : Certains mois, trois, mais en moyenne je pense c’est deux.

SK : Qu’est ce qui t’encourage ? En ce moment de ce que tu vois ?

FV : Alors, tout n’est pas source d’encouragement…

SK : Non… sérieux ? ? ?

FV : (rires)

Ce qui m’encourage le plus, c’est de voir que les structures culturelles que l’on a dans le monde sont très différentes de la culture française, ont des thématiques et des problématiques très différentes des nôtres, et de voir à quel point l’Evangile répond avec une pertinence et une puissance qui est bouleversante ! Et donc je vois que la Bible qui est issue d’une quarantaine d’auteurs, composé de 66 livres, qui est écrit en 16 siècles, elle parle à l’humanité ! Et que Jésus….

SK : Le livre lui même est écrit dans une culture, dans plusieurs cultures mais il passe…

FV : Il touche des thèmes qui sont communs à toute l’humanité. Transverse toute l’humanité. Et c’est extraordinaire et de voir que le Fils de Dieu qui s’incarne pour nous tendre la main, tendre la main à toutes les cultures, enfin partout où je vais… Jésus il est pas blanc aux yeux bleus, non il est… incarné dans chacune de ces cultures et c’est extraordinaire ! Et c’est exceptionnel en fait ! C’est ça qui m’encourage.

SK : Tu as, on va pas rentrer dans les détails, ça j’en suis conscient, mais tu as vécu pas mal de déceptions aussi, en 25, 30 ans de ministère

FV : Ouais… (rires) Oui !

SK : On en a un peu parlé alors c’est pour ça que je voulais quand même qu’on aille là… moi je suis souvent encouragé de comment tu, par la grâce de Dieu, tu persévères, malgré les déceptions… Tu aurais des conseils ? Qu’est ce qui t’aide quand quelqu’un en qui tu as investi énormément de temps, ou quelqu’un qui te semblait beaucoup plus mûr que toi dans la foi, abandonne la foi ou des choses comme ça… Comment tu vis ça ? Parce que j’ai l’impression que c’est, dans ce qu’on fait de façon publique, on peut pas forcément parler de ça, c’est pas très vendeur parce que c’est triste, comment tu persévères, autre que la souveraineté de Dieu, mais quels sont les encouragements qu’il te donne…

FV : C’est une vraie question ! Euh… Je pense que ça va dépendre des sources de déceptions. Alors je vais d’abord être très très clair : la plus grosse déception que j’ai vécue c’est par rapport à moi-même, par rapport à mon péché. Et donc moi je dois dire, ce qui m’a fait, ce qui m’a relevé, c’est des frères, des frères à qui j’ai pu me confier, à qui j’ai pu évoquer cela, et qui m’ont porté un regard de grâce et un regard d’encouragement. Parfois on persévère et on se relève que parce qu’on a des gens autour de soi. Ça c’est le premier point.

Le deuxième point c’est que j’ai vécu beaucoup de formes différentes de ce que moi je qualifierais de trahisons, mais que peut être ces gens qualifieraient pas du tout de trahisons, mais au contraire "c’est de ta faute". Je suis très conscient qu’il y a mon regard et donc il est pas forcément juste,. Mais y a un gars que j’avais conduit à la foi, avec qui on passait des nuits de prières, pour la ville de Lyon etc, qui s’est retourné contre moi très très violemment, et qui est parti avec une femme mariée ! Bon c’est des choses super violentes en fait ! Des gens qui au sein de l’église, parfois même très très proches dans le leadership de l’église, ont critiqué, bon ça c’est utile, mais sont allés jusqu’à plus que critiquer quoi ! Et c’est vrai que c’est dur !

Alors qu’est ce qui m’a, qu’est ce qui aide ?

Ben je dirai d’abord c’est d’accepter que les critiques parfois nous sculptent. Et je reconnais que parfois ma femme dit de moi des choses que je ne vois pas, parce que j’ai des œillères, et que j’ai besoin d’entendre ce qu’elle me dit pour me repentir et pour faire des progrès, donc il faut aussi que j’admette que certains frères disent des choses que j’ai besoin d’entendre. Ça, ça nourrit l’humilité.

La deuxième chose c’est que les épîtres de Paul, notamment 2 Corinthiens où il fait état de beaucoup de conflits avec les Corinthiens, m’ont sauvé la vie. C’est à dire que j’ai regardé ce texte, souvent, notamment en parti grâce aux cours d’ITEA qui s’intitule "luttes au dedans, luttes au dehors", non "craintes au dedans, luttes au dehors".

SK : C’est à dire ? 2 Corinthiens en particulier ou… ?

FV : 2 Corinthiens. La deuxième lettre aux Corinthiens. Où il est en conflit perpétuel avec les Corinthiens ; et donc de réaliser que ça fait partie du ministère, et que le leadership est facile quand ça va bien, mais qu’il est extraordinairement complexe quand ça va mal. Et que les pistes sont dans 2 Corinthiens. Ça m’a vraiment gardé. Enfin, ça m’a gardé, ça m’a donné des pistes de persévérance. Et ces pistes de persévérance, elles ont été, dans mon cas et elles ne le sont pas toujours dans tous les cas de mes collègues, accompagnées d’hommes qui ont été à mes côtés pour observer ce qui se passait et parfois pour prendre ma défense. Et sans ça, j’étais cuit. Et je peux citer au moins trois exemples très précis où sans le concours de frères qui sont des amis, qui ont observé parfois avec neutralité – donc aussi avec leurs moyens mais qui ont pu dire, non c’est faux, et qui m’ont défendu, sinon je ne serai plus là.

Et une dernière remarque, il y a eu un moment où à la fois mes faiblesses personnelles, mais aussi les faiblesses ministérielles se sont accumulées et je me suis senti écrasé, et j’ai dis à Dieu, je crois que j’ai fini, moi je suis, je suis comme mort, enfin, j’avais plus envie de lire la Bible, j’étais presque en colère contre Dieu enfin… C’est à ce moment là d’ailleurs que j’ai perdu ma Bible, une Bible que j’aimais, et ça m’a fait dire "vraiment ?", enfin c’est comme si Dieu me disait : "je peux te l’enlever si t’es…" Enfin, ça m’a marqué ! J’ai pris trois jours de jeûne et prière. Et je voulais partir dans une tente, sac à dos, et en fait il pleuvait tellement que je suis resté dans les locaux de l’église, volets fermés et à ce moment là y avait pas vraiment de bureau très fréquemment ouvert donc personne n’est venu. Et j’ai pris le livre de Piper "prendre plaisir en Dieu, malgré tout" c’est la version "malgré tout", y a une autre version c’est "prendre plaisir en Dieu", c’est pas celle ci.

SK : Elle vient d’être rééditée.

FV : Ah ouais ? Super !

Et j’ai lu ça. Et je me suis aussi baladé à Fourvière, à l’endroit où il y a eu les premiers martyrs du monde occidental. J’ai relu la lettre des martyrs de Lyon et ça m’a un peu relativisé les bobos et je me suis dis ok, je peux faire un pas de plus. Mais je crois qu’à plusieurs reprises franchement j’ai été sur le côté de l’arête, pas forcément de seulement arrêter le ministère mais d’être tellement découragé d’arrêter peut-être même mon chemin avec Dieu, enfin je…

SK : Ouais, moi je… je pense bien comprendre aussi… Justement c’est un des aspects compliqués du ministère…

FV : Ouais. Très compliqué.

SK : Ton patron, c’est à la fois ton Sauveur, tu peux avoir des problèmes avec des choses qui finalement sont secondaires, on est d’accord, c’est le travail ! Mais en même temps c’est ton Père Céleste, ton Sauveur… et donc ça complique tout.

FV : Ton juge…

SK : Ton juge aussi ! Mais je pensais plutôt au côté relationnel où tu as l’impression de perdre ça avec la colère qu’il y a… Donc comment tu en est sorti de ce temps de jeûne tout ça ?

FV : Moi j’ai… A un moment donné j’ai dû céder, franchement je crois que c’est ça, j’ai du céder, que Dieu existait et que c’était pas moi, que mes attentes chrétiennes n’étaient pas les bonnes, que l’église n’était pas celle que je m’imaginais, que moi-même je n’étais pas celui que j’imaginais, c’est aussi une découverte douloureuse, qu’il y avait des deuils qui étaient associés à la vie et que moi les miens étaient franchement… enfin il suffit de lire "Portes Ouvertes" aujourd’hui avec les chrétiens persécutés pour relativiser aussi. Mais bon, ce que je réalise c’est que quand on est au milieu, quand on accompagne des gens qui souffrent, c’est pas la taille de la souffrance qui compte…

SK : C’est pas le moment de relativiser…

FV : C’est pas le moment, mais c’est soi, soi-même on peut le faire, mais on peut pas le dire aux autres. Ça a été des éléments qui m’ont structurés et parfois dans les larmes, Dieu m’a donné la persévérance dont j’avais besoin.

Mais je crois que c’est pour ça qu’il faut pas rentrer dans le ministère avec une vue à l’eau de rose parce que c’est compliqué, c’est dur, c’est de l’humain, voilà… c’est la réalité. Et en même temps, il peut y avoir des temps, enfin je sais que tu es passé par un temps compliqué, difficile, et moi je suis content que tu es été préservé, que tu ne sois pas allé au bout d’une situation qui soit vraiment arrache-coeur et qui te permettra de rebondir, le temps voulu si c’est ton désir, voilà.

SK : Quand tu vois les églises en France, je sais qu’on est filmés, quelles sont les choses auxquelles, quelles sont tes prières pour les églises de France, par rapport à ce que tu vois dans d’autres pays ?

FV : Ben tu sais, même dans les églises où ça se passent super bien, dans d’autres pays y a d’autres problèmes donc c’est… en fait je vois, l’église est toujours en équilibre donc le seul équilibre c’est précaire.

Mais ce que je vois en France, alors puisqu’on parle un peu du leadership, c’est qu’on est profondément égalitarien. Vraiment. Donc ça veut dire que dès qu’une tête sort de l’eau…

SK : On parle pas de ministère féminin, complémentarien/égalitarien

FV : Non, non, pas du tout ! C’est à dire, on se voit dans une fraternité équivalente, où tout doit être lissé, personne ne doit prendre une décision quelconque sans que tout le monde soit d’accord.

SK : La guillotine a été inventée pour la tête qui dépasse !

FV : Ça c’est une formule à dire. Mais ce que j’ai senti, vraiment, c’est que c’est très difficile d’accomplir un service de conduite dans une église parce que c’est automatiquement vu comme suspect. Automatiquement. Et ça c’est une mentalité qui est très française.

On va dans d’autres pays et il y a un respect exagéré du leadership et ça crée d’autres problèmes. Ça crée d’autres problèmes. Donc y a aucun système parfait mais je trouve que dans cette culture voilà…

Deuxièmement, nous sommes, je suis, dans une culture très individualiste et y a très peu de relationnel constructif fréquent et nourricier. D’autres cultures, je vois par exemple en Amérique du Sud, les relations fraternelles sont d’une telle force que c’est remarquable, il y a un tissu social et fraternel et spirituel et amical qui est bouleversant, que l’on n’a pas en France.

SK : Ça revient un peu au discipulat que tu as vécu avec Philippe au tout début de ta conversion, en se voyant tous les jours, y a des progrès énormes, on voit aussi des péchés, des comportements, qu’on peut facilement aborder parce qu’on se voit tout le temps.

FV : Ouais, ouais. Par contre le revers de la médaille c’est que nous on a vu des argentins partir en mission et au bout de cinq ans ils ne pouvaient plus tenir parce qu’ils étaient loin de leur famille et loin de leurs amis.

SK : Oui, oui, ok.

FV : Je veux dire voilà, un français…

SK : Il est habitué !

FV : Encore une fois, on est dans des schémas et je veux pas dire que tous les Français sont comme ça.

SK : Comment tu fais avec un ministère où tu es parti presque la moitié de l’année, pour gérer justement le côté faire des disciples, parce que c’est une chose de prêcher un peu partout et ne jamais revoir les gens avant l’année suivante, comment tu fais pour garder quand même une touche humaine, locale ?

FV : Alors la touche humaine je l’ai avec mes collègues, ’anciens’ à l’église de Trévoux. Et puis je suis encore à Cusset mais là malheureusement j’ai moins de contacts avec eux. Mais là ça permet de tisser, de maintenir des relations. Mais je dois accepter même si c’est un peu douloureux, je le partageais avec une sœur récemment, je dois accepter qu’il y a certains ministères qui me plaisaient énormément, l’évangélisation, le relationnel,…

SK : Y a toute une partie de qui tu étais qui…

FV : Que je n’ai plus. Et que je fais différemment, et je dois accepter que c’est différent et que je forme d’autres à le faire, et que ça va aussi. Et que c’est peut être pour un temps et je sais pas combien de temps ça va durer. Je pense que c’est, Dieu doit pouvoir nous utiliser différemment en fonction des saisons de vie, en fonction des temps de formations que l’on a. C’est pas la panacée de servir à plein temps, c’est…

SK : (rires) Qui croirait ça ?

FV : Ben y a un peu cette notion, on a tous une vocation et donc l’homme d’affaires, l’infirmière, comme l’ouvrier, comme le patron, Dieu l’appelle à être sel et lumière dans son contexte, et c’est tout aussi valide, donc les formes du service sont moins importante que le coeur du service.

SK : Quelles sont tes.. (peut-être pour conclure sur le court terme), est ce que tu as des projets de livres, de formations, tu as des trucs en cours, est ce que ça se calme ?

FV : Oui, alors j’ai pas de projets immédiats, j’en ai plusieurs qui sont dans la tête mais qui sont tellement à l’état embryonnaire que je sais pas s’ils verront le jour, j’ai commencé une thèse de doctorat à la fac de Vaux donc j’ai rendu un Master de recherche il y a quelques semaines et je dois la soutenir bientôt.

SK : Bravo !

FV : Merci, c’est déjà une étape, alors après je verrai si je peux, selon ce que me diront les maîtres, si je peux passer à la suite, donc ça ça me prendra du temps.

Je dois enseigner et préparer certains cours et ça, ça me prend aussi du temps à les préparer, à les formuler.

Il y a un certains nombres de podcasts qu’une organisation annexe me demande de réaliser alors je voudrais juste dire…

SK : Des concurrents ?

FV : Non, non, non, ça s’appelle… TPSG (rires)

SK : Aaaah ! ! !

FV : Alors je dois dire, je m’excuse un peu parfois pour la qualité des podcasts, je fais ce que je peux mais souvent je les prépare dans l’avion parce que c’est…

SK : Il parle de la qualité sonore hein…

FV : Non, non, la qualité des contenus, parfois je trouve qu’ils sont un peu minimes parce que je les prépare dans l’avion, dans les avions que je prends, rapidement, c’est un moment propice parce que j’ai pas…

SK : T’as pas internet !

FV : Pas d’internet ! Pas de distractions ! Et puis souvent je les enregistre entre deux rendez-vous parfois dans des lieux un peu, notamment au Tchad où on entend les coqs chanter, enfin c’est un peu voilà… Je fais ce que je peux !

SK : On est très reconnaissant et les retours sont très enthousiastes !

FV : Gloire à Dieu enfin c’est malgré moi !

SK : Je suis entrain de lire un petit livre de biographie, enfin je pense que le niveau est tellement soutenu parce que dans les années 60, un livre pour ados c’est un livre pour aujourd’hui

FV : Wouaw !

SK : Je trouve ! En terme de vocabulaire c’est ouaaa ! ! je sais plus le nom de l’auteur mais en tout cas c’est une biographie sur Robert d’Estienne qui était imprimeur à la Réforme en France, imprimeur du roi, tellement il était bon dans son art. Le roi lui a demandé de faire une Bible, le gars il connaissait le grec, hébreu, latin, il avait 24 ans, 22 ans je pense quand il avait fait la Bible. Il a pris le Nouveau Testament d’Erasme et il a fait des notes critiques textuelles, des critiques textuelles pour compléter ; donc le gars, tous les soirs, son père était imprimeur et il avait tous les théologiens de la Sorbonne qui étaient intéressés par les idées de la Réforme, qui se retrouvaient, il cachait des livres de Luther sous son matelas, parce que c’était interdit, c’est un peu cette ambiance là, et ce que j’ai trouvé fabuleux, c’est le parallèle entre la technologie qui venait d’être inventée par l’imprimerie et l’importance qu’il avait pour les idées de la Réforme, et aujourd’hui Internet, et comment on produit des ressources où on essaie de donner tout ce qu’on peut pour que ce soit utile pour les églises, pour les chrétiens pour faire connaître Jésus, et on produit ça, on le met sur la toile, et tout d’un coup c’est accessible, ça se diffuse, ça se partage, ça se télécharge… On est dans une phase de technologie très très intéressante, et quand je vois juste les milliers, les milliers de personnes en train de rechercher, aujourd’hui, Google est le pasteur de beaucoup de personnes en recherche. Donc merci de faire ça.

FV : Écoute merci de ton invitation, c’était un pas de foi, de ta part et de ma part. Et puis si c’est utile ben gloire à Dieu, c’est bien au-delà de nous !

SK : Merci d’avoir regardé cette interview avec Florent. Si tu as des questions pour Florent, comme habitude, il y aura un lien sous la vidéo ou dans le descriptif de ce podcast où tu pourras continuer à poser tes questions à Florent (contact@toupoursagloire.com). Encore une fois, merci d’avoir été là pour cet entretien. Merci Florent.

FV : Merci Stéphane. A bientôt !

SK : Ciao !

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire. Florent est aussi conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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