Le purgatoire est-il possible? (Épisode 154)

D'où vient la doctrine catholique du purgatoire? Cette doctrine est-elle biblique? Florent Varak vous répond Bible en main dans ce podcast.

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« Cette transcription vous est proposée par les bénévoles de Toutpoursagloire.com. Nous cherchons à garder le style oral des épisodes pour ne pas déformer les propos des intervenants. De même, nous rappelons que ces transcriptions sont mises à disposition mais que les paroles de l’auteur (podcast et vidéo) restent la référence. N’hésitez cependant pas à nous signaler toutes erreurs ou incohérences dans cette transcription. Merci d’avance. »

La question est posée : bonjour Florent, merci pour le temps que tu passes à notre côté, tous ces podcasts que j’apprécie, merci beaucoup, je suis un fidèle auditeur mais c’est la première fois que je pose une question : Je viens d’écouter le poadcast sur le pardon et ça a ravivé une question que je me suis déjà posée et que je te soumets : le serviteur devant quatre milliards pour sa dette est jeté en prison et son maître lui dit qu’il ne sortira pas de là avant d’avoir remboursé. Est-il possible que notre Seigneur donne la possibilité à certains de payer leur dette hors du salut proposé par Jésus et, comme le croient les catholiques, qu’il y ait un purgatoire pour expier ses péchés ? Sois béni avec ton équipe et merci encore pour le service que vous faites.

Merci pour la question, elle est vraiment intéressante, elle est fondamentale puisqu’elle touche à des questions liées au salut, merci aussi pour l’encouragement, c’est chouette de pouvoir faire partie d’une équipe, effectivement toute l’équipe travaille à « toutpoursagloire » pour permettre de donner quelques pistes de réflexions sur des questions qui sont pertinentes, en tous cas, soit par les poadcasts, soit par les articles de mes collègues.

Sur l’interprétation d’une parabole, il faut se souvenir d’une chose : c’est que généralement, une parabole sert à souligner un point principal et après, il y a plein d’éléments dans l’histoire qui ne sont pas forcément des éléments qui sont là pour enseigner une vérité doctrinale, mais qui, plutôt, donnent à l’histoire sa texture un peu particulière, qui soulignent ce point principal et dans la parabole qui nous préoccupe, c’est une comparaison de dettes qui met l’accent sur le pardon et sur la souffrance du non-pardon ; y voir quelque chose au-delà qui enseignerait, notamment une expiation en dehors du sacrifice de Christ pose la question de l’étendue du sacrifice de Christ : est-ce que le sacrifice de Christ couvre tous les péchés une fois que j’en bénéficie, ou bien je suis dans le devoir de rembourser une partie de la dette ? Parce que c’est cela finalement la notion de purgatoire. Est-ce que je suis pleinement racheté ou bien faut-il que je contribue à son œuvre et la compléter ou, formulé différemment, est-ce possible que dans certains cas, après la mort, de payer, par la souffrance, au purgatoire, pour une sorte de seconde chance afin d’aller au ciel ?

Alors la réponse rapide et catégorique à ta question c’est un ‘non’ ferme et certain, mais cela nous permettra de regarder et donner ce que la doctrine du purgatoire est selon l’église catholique. La raison est très simple, c’est que Dieu accorde le salut, il n’est jamais vendu, il est donné, il est octroyé : ni dans la vie présente, ni dans la vie future, le salut ne s’achète à force de souffrances, ou à force de bonnes œuvres, ou à force de rituels, ou à force de ‘je ne sais quoi’ qui permettrait à Dieu d’être impressionné par nous. L’homme n’est pas impressionnant aux yeux de Dieu. Dieu vient à son secours, vient à ce secours pleinement, gratuitement, au travers du sacrifice de Christ.

Quelques textes rapides :

Hébreux 9.12 « Il est entré une fois-il s’agit de Jésus- une fois pour toutes dans le sanctuaire, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, c’est ainsi qu’il nous a obtenu une rédemption éternelle. » (rédemption éternelle et, ici, à retenir !)

Ephésiens 2.8-9 « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; ce n’est pas par les œuvres afin que personne ne se glorifie. »

1 Jean 5.11-13 « et voici ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. »

Ceci étant posé [il y aurait beaucoup d’autres passages à considérer], regardons cette notion du purgatoire. Je suis allé sur le site (WEB) du VATICAN et j’ai repiqué dans le nouveau catéchisme de l’église catholique, les articles 1030 à 1032 que je vais te citer ici :

« 1030 : Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent à leur mort une purification afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. »

« 1031 : l’église appelle purgatoire cette purification finale des élus qui est tout-à-fait distincte du châtiment des damnés »

« L’église » a formulé la doctrine de la foi relative au purgatoire surtout au concile de Florence, (1304), de Trente, (1580). La tradition de l’église faisant références à certains textes de l’Ecriture, exemples 1 Corinthiens 3.15 ; 1 Pierre 1.7 parlent d’un feu purificateur. Pour ce qui est de certaines fautes légères, il faut croire qu’il existe, avant le jugement, un feu purificateur selon ce qu’affirme celui qui est la vérité en disant que celui qui a prononcé un blasphème contre le Saint-Esprit, cela ne lui sera pardonné ni dans le siècle-ci, ni dans le siècle futur (Matthieu 12 : 31). Dans cette sentence, nous pouvons comprendre que certaines fautes peuvent être remises dans le siècle-ci, mais certaines autres dans le siècle futur. Saint Grégoire le Grand (1 Dialogue 4 : 39)

« 1032 : cet enseignement s’appuie aussi sur la pratique de la prière pour les défunts, dont parle déjà la Sainte Ecriture ; voilà pourquoi il (Juda-Macchabées) fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts afin qu’ils fussent délivrés de leurs péchés (2 Machabées 12 : 46). Dès les premiers temps, l’église a honoré la mémoire des défunts et offert les suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu. L’église recommande aussi les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts. Portons leur secours et faisons leur commémoration. Si les fils de Job ont été purifiés par le sacrifice de leur père (Job 25), pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent quelques consolations ? N’hésitons pas à porter secours à ceux qui sont partis et à offrir nos prières par eux (St Jean Chrysostome, homélie 41 : 5) » Fin des citations de l’article, des articles de la doctrine relative au purgatoire. [Je m’excuse si tu entends quelques bruits autour de moi, je suis à N’Djamena, au petit matin et c’est très couleur locale]

Voilà, trois remarques sur les affirmations de ce catéchisme :

D’abord, il faut remarquer que la doctrine du purgatoire est tardive pour l’église catholique ; elle date de la théologie médiévale très imprégnée du conseil de Florence (1304) et de Trente (1580) ; il faut bien réaliser que Christ et les apôtres nous ont posé un fondement sur lequel s’érige le Christianisme, c’est ce que Ephésiens 2 : 20 nous rapporte et Ephésiens 3 : 5. Ce n’est pas à nous d’imaginer que nous pouvons ajouter des doctrines ou des idées qui ne sont pas dans les Ecritures. Nous sommes récepteurs de la doctrine laissée par les apôtres et les prophètes qui nous ont laissé le Nouveau Testament, nous ne pouvons pas ajouter. Jésus est très clair sur les traditions des pharisiens, il est très clair sur toutes les traditions que nous voudrions rajouter, même si elles étaient évangéliques : toute plante qui n’a pas été plantée par mon Père sera déracinée. Il appartient à ceux qui se réclament de Christ de regarder ce que Christ a enseigné et ce que les apôtres ont enseigné.

Deuxièmement, la doctrine du purgatoire se fonde sur les apocryphes-tu as entendu la citation de 2 Macchabées- elle n’est pas dans les bibles dites ‘protestantes’, ce sont des textes qui ne font pas partie de la bible juive, qui n’ont jamais été cités par le Nouveau Testament, ce sont des textes que Jérôme a inclus parce que la ‘Septante’ les avaient inclus comme ‘textes intéressants’ ; ils ne faisaient pas partie de la Bible, c’était très clair dans les premières éditions, mais comme ce sont des textes intéressants parce qu’ils racontent ce qui s’est passé entre Malachie-fin de l’Ancien Testament- et Jean-Baptiste, le premier prophète du Nouveau Testament, çà permettait de se faire une idée de l’évolution du peuple juif qui préparait la venue du Messie.

Çà n’a jamais été considéré comme des textes de la Bible, des textes canoniques avant que Jérôme ne les incluent jusqu’à ce que, petit à petit cette distinction entre les textes intéressants et les textes de la Bible ne soient ‘gommée’ et que, par une sorte de non-dits, ça se trouve dans les bibles jusqu’à ce qu’arrive la Réforme Protestante, où ils ont été ôtés de la Bible puisqu’ils n’avaient jamais été reconnus comme étant inspirés.

C’est important de le réaliser parce qu’un site (WEB) catholique, très remonté contre les protestants, dit : l’argument de dire que le purgatoire n’existe pas parce qu’il n’est pas dans la Bible, est un classique de la rhétorique anti-catholique protestante. C’est une grave erreur, et les protestants se basent sur la Bible hébraïque, et réfutent donc le deuxième livre de 2 macchabées et tous ceux de la Bible grecque ‘la Septante’. Ce n’est pas tout-à-fait juste, nous sommes incapables de lire la Septante et de considérer que beaucoup de citations du Nouveau Testament s’appuient sur la Septante, mais la Septante n’est pas, dans le nombre de livres canoniques, la référence, puisque c’est ce que le peuple de Dieu a retenu comme étant inspiré qui fait foi, et le peuple de Dieu, conduit par l’Esprit, n’a pas reconnu les macchabées.

Leur argument confond l’intérêt de la Septante, effectivement intéressant et largement cité par le Nouveau Testament et l’inspiration du texte sur lequel il se fonde. La Bible juive s’arrête avec Malachie qui annonce le prochain prophète, Jean-Baptiste, tout ce qui est ajouté entre, c’est une erreur, c’est inacceptable, ce n’est pas possible de le prendre, comme étant inspiré. Je note que jamais le Nouveau Testament ne cite les macchabées, et puis navré pour ceux qui voudraient le maintenir dans le canon.

Ni Jésus ni les apôtres, ni personne n’ont jamais considéré ces textes intéressants, mais ils ne relèvent pas de la même inspiration. On ne retrouve d’ailleurs dans aucun de ces textes dits ‘deutérocanoniques’ pour les catholiques et ‘apocryphes’ pour les protestants, l’expression « ainsi parle l’Eternel ». Ce sont des textes intéressants, mais on y trouve des textes problématiques, certains glorifient le suicide, le meurtre et l’utilisation de potions magiques, manifestement pas très compatibles avec le reste de la Bible.

Deuxièmenent, la prière pour ‘les morts’ qui, semblerait, donne de l’espoir, citée dans l’article que j’ai évoqué du nouveau catéchisme, est vraiment une superstition qui est proche du culte des morts que l’on trouve, et qui était prévalent dans tout le bassin méditerranéen. Le culte des morts est cette notion que les morts nous accompagnent après leur décès, qu’ils sont capables de nous aider, qu’il faut les accompagner, les rassurer et conjurer leurs mauvaises intentions, peut-être, en leur offrant des sacrifices et, petit-à-petit, ça a un peu rapproché des chrétiens, de ces gens qui, dans le temps intertestamentaire, ont commencé à y voir une superstition possible d’intervenir dans leur destinée finale.

Troisièmement, aucun de ces textes bibliques n’enseigne la moindre notion de seconde chance. Prenons l’exemple dans 2 Corinthiens 3.15 « Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. » Si tu regardes le contexte, Paul parle, non du salut, mais de récompense, il parle à ceux qui servent l’Eglise et qui utiliseraient des matériaux peu nobles que le feu va révéler, c’est-à-dire, que si tu es impliqué dans un service de l’Eglise, tu as intérêt à utiliser les armes que Dieu donne : la Parole de Dieu, la prière, l’évangile, et certainement pas utiliser des moyens très humains et dont Dieu va révéler, finalement, la pauvreté.

1 Pierre 1.7 nous dit « afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable qui cependant est éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra, ». Ici l’épreuve n’a rien à voir avec un purgatoire, l’apôtre Pierre est très conscient que ses lecteurs passent par une tribulation absolument terrible, et la persécution est vraiment une épreuve de feu et elle éprouve ceux qui sont réellement chrétiens, et ceux qui ne le sont pas, et l’apôtre Pierre essaie de souligner que cette foi qu’ils ont reçue et qui est du même prix que la sienne -c’est le contexte de 1 Pierre- cette foi qui va être révélée, un peu comme le vrai or est révélé par le feu- tu sais qu’il y a des pierres qui ressemblent à de l’or- un minéral, qui ressemble à de l’or, mais quand il passe par le feu, on se rend compte qu’il est consumé ; et ce n’est pas du feu, c’est une métaphore qui est utilisée. Elle n’a rien à voir avec l’idée d’un feu purificateur tel que pourrait être un purgatoire hypothétique.

Et enfin, Matthieu chapitre 12.31 « C’est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné. »

C’est un texte important qui dit précisément l’inverse : c’est-à-dire qu’il n’y a pas de pardon, ni dans le siècle présent, ni dans le siècle à venir. C’est une affirmation, dont on ne peut pas faire dire l’inverse. C’est une information qui touche une génération qui est entrain de considérer que Christ vient du diable et Jésus dit : « si c’est votre considération, il n’y a aucun pardon possible, parce que, celui-là même qui serait le moyen de votre salut, vous le considérez comme venant du diable et qu’est-ce qu’il y aurait d’autre pour que vous soyez sauvés ? » En tous cas, on reviendra là-dessus, mais c’est une porte carrément fermée au pardon, ça n’a rien à voir à une seconde chance dans le siècle à venir.

J’ajoute un argument qui n’est lié ni au catéchisme, ni aux affirmations de la Bible, l’idée que des prêtres par leurs intercessions puissent libérer les âmes d’une souffrance a été la source d’abominations au sein de l’Eglise et de son histoire. Les papes ont fait payés très chers ce pardon-ça s’appelle des indulgences-la chapelle sixtine a été financée par l’appel éhonté du pape qui a envoyé ses sbires écumer les poches des gens pour, soi-disant, les libérer de centaines, voire de milliers d’années dans le purgatoire, et les gens, très touchés par la mort de ceux qu’ils avaient perdus, donnaient de l’argent pour que le pape puisse les libérer du purgatoire, ce qui a conduit Luther à conduire ce mouvement de la Réforme et à remarquer, ironiquement, que si le pape avait un tel pouvoir, pourquoi ne le fait-il pas aussi gratuitement comme Jésus l’a fait, plutôt que de le vendre pour de l’argent, ce qui est un vrai argument.

C’est une honte aussi, au sein des églises évangéliques qui vendent, non pas le purgatoire, mais qui vendent leurs services spirituels : je pense à des gens comme Benny Hinn, Haguin ou d’autres qui monnaient le pardon de Dieu et qui, sous prétexte que, si on leur donne, on montre la foi qu’ils sont capables d’enrichir ceux qui donnent : ils invitent les gens à donner de plus en plus d’argent, et ainsi ils auraient une bénédiction particulière à cause de l’intercession de gens comme Benny Hinn ou autres.

Franchement c’est un retour vers cette théologie du Moyen-âge absolument éhontée et c’est accablant de voir çà dans le monde qui se réclame du monde évangélique. Les services de l’Eglise sont gratuits, les services des serviteurs de Dieu sont gratuits parce que c’est là précisément ce qu’est l’évangile : ‘Dieu qui se déplace pour donner un plein salut’.

Alors, ayant parcouru ces quelques remarques de la doctrine du purgatoire, j’aimerai juste rappeler brièvement ce que la Bible dit :

1. L’homme est mort spirituellement, c’est ma première remarque sur ce que la Bible dit, à cause de ses fautes, Salomon s’exclame : il n’y a point d’homme qui ne pèche et il dit ailleurs en Ecclésiaste 7.20 « il n’y a sur la terre point d’homme juste qui fasse le bien et qui ne pèche jamais. » Paul dit la même chose en Ephésiens 2 « nous apprenons que l’homme est mort par ses péchés, mort par ses fautes et qu’il a la pensée obscurcie. » Romains 3 : 23 nous dit « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. »

2. C’est en Jésus-Christ que nous avons un pardon complet et absolu et il vient précisément pour secourir le pécheur incapable, incurable de le rejoindre par lui-même. C’est le texte si tragique que j’ai cité de Romains 3 : 23, « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » et continue : « ils sont gratuitement justifiés, » tu as noté : gratuitement justifiés, c’est-à-dire déclarés gratuitement justes, de quelle manière : « par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ Jésus. C’est lui que Dieu a destiné comme moyen d’expiation pour ceux qui auraient la foi en son sang afin de montrer sa justice parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant au temps de sa patience. » Fin de citation.

Ce qui est tragique dans l’idée du purgatoire, c’est une claque à la suffisance du sacrifice de Christ : si Jésus a enduré la colère du Père à la place de ceux qui auraient foi en lui, alors il n’y a plus de colère à subir. La seule chose que nous puissions faire est de nous confier en lui, et de nous appuyer sur son œuvre, de manifester une confiance fondamentale dans ce que lui a fait pour nous, et non pas dans ce que nous pourrions obtenir ou que d’autres pourraient obtenir pour nous, ce serait, justement, à mon sens, une claque donnée à l’œuvre de Christ.

Luc nous apprend que Jésus est venu pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon des péchés, le pardon des péchés qui, lorsqu’il meurt sur la croix, est accompli. Jésus s’exclame : « Tout est accompli ! » Lorsque Jésus vient mourir et est sur le point de rendre l’âme, il dit : « Tout est accompli ! »

Alors je termine avec une parabole terrible qui se trouve en Luc chapitre 16 où il est question d’un riche et de Lazare. Lazare va dans le sein d’Abraham qui représente le paradis futur. C’est une parabole, donc ce n’est pas une description complète de ce qui va se passer. Ça enseigne la réalité de la séparation et la mort, entre ceux qui vont vers Dieu et ceux qui vont dans un lieu qui est isolé de Dieu. On voit ce riche qui souffre dans ce feu, dans ses regrets et il n’est pas dit au riche qui souffre qu’il doit souffrir quelque temps, et qu’ensuite il ira bien, la supplique qu’il adresse est que quelqu’un aille parler à sa famille. Je lis le dialogue :

– Je te demande Père d’envoyer Lazare dans la maison de mon père car j’ai cinq frères, qu’il leur apporte son témoignage afin qu’il ne vienne pas dans ce lieu de tourments.

Abraham répondit :

– Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent.

Il répondit :

– Non père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront.

Abraham lui dit :

– S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader même si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts.

Fin de citation.

Tu vois, c’est la repentance : le fait de réaliser ses péchés, de les reconnaître, le fait de faire demi-tour, de placer sa confiance en Christ, tout ceci nous permet de recevoir les bénéfices du salut de Christ. On ne peut pas l’acheter.

Je te propose de relire Matthieu 24 et 25, les discours sur la fin des temps. Lorsqu’il est question de ce tri entre les sauvés et les non-sauvés, Jésus est très binaire : la vie éternelle d’un côté, le châtiment éternel de l’autre (Matthieu 25 : 46).

J’ai dit que je parlerai de ce blasphème contre le Saint-Esprit : en fait, c’est d’ignorer ce que Jésus est venu faire, et de considérer que cela n’a aucune pertinence pour notre salut. Finalement le Saint-Esprit a été donné pour nous convaincre de péché, de justice et de jugement, pas des péchés mais du péché, Jésus explique (Jean chapitre 16) : « c’est parce qu’ils ne croient pas en moi », le Saint Esprit vient nous montrer que notre confiance est erronée, en nous-mêmes, en une église, en des pasteurs, en des prêtres… et le but du Saint-Esprit est de nous inviter à une confiance complète, absolue en ce que Christ a fait.

Je termine avec 1 Jean chapitre 5.11-13 « Voici ce témoignage : Il dit que Dieu nous a donné la vie éternelle et que cette vie est en son Fils. Celui qui a le Fils a la vie. Celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Je vous ai écrit cela, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au Fils de Dieu. »

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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