L’Eglise doit elle célébrer les fêtes de l’Eternel? (Épisode 210)

Doit-on célébrer les fêtes précrites au peuple de l'Éternel lors de sa sortie d'Égypte? Florent Varak et son invité Josué Turnil y répondent et nous présentent le sens de ces fêtes ainsi que la place qu'elles peuvent avoir aujourd'hui dans l'Église.

Un pasteur vous répond existe aussi en vidéo:

Rendez-vous chaque semaine pour un nouvel épisode d’un Pasteur vous répond: le podcast où la Bible répond à vos questions. Si vous aimez le podcast, on serait très reconnaissant que vous preniez 15 secondes pour laisser une note sur iTunes (cf. ici pour voir comment). C’est le seul moyen de le faire remonter dans le classement des podcasts « Religions » (et donc attirer d’autres publics).

Retrouvez tous les épisodes d’Un Pasteur vous répond sur:

Comment s’abonner au podcast?

Vous ne savez pas comment vous abonner au podcast sur votre téléphone? On y a pensé! Découvrez un mini tutoriel vidéo ici.

Vous voulez poser une question?

Posez votre propre question pour un pasteur en cliquant ici.

La question qui nous est posée pour ce podcast est la suivante. Doit-on célébrer dans l’Église les fêtes de l’Ancien Testament?

Bonjour cher Florent, d’abord merci pour le temps que tu prends à choisir tes questions, y répondre, c’est un ministère théologique, apologétique, systématique et magnifique! Merci à Dieu pour tous tes dons.

(Florent) « C’est pas moi qui l’ai écrit, c’est Josh » (rires)

Mais, ma question repose sur la lecture de Lv 23 où sont indiquées des fêtes appelées « saintes convocations », la Semeur traduit: « fêtes que vous devez célébrer et qui sont mes fêtes ». Ce n’est pas rien!

Le texte précise pour certaines, que ce sont des prescriptions perpétuelles, la Semeur dit: « ordonnances à perpétuité ». Ah, bon!

Alors, première question: quelles saintes convocations devraient être fêtées dans la nouvelle alliance et puis question corollaire: crois-tu que ces saintes convocations devraient être vécues d’abord dans l’Église locale? Bien fraternellement, bla, bla, bla…

Florent Varak (FV): Alors, j’suis vraiment heureux d’accueillir avec moi un ami, plus qu’un ami, un collègue, un collaborateur, on travaille ensemble avec « Juifs pour Jésus »; et Josué Turnil qui est le responsable de « Juifs pour Jésus » en France a bien accepté, alors qu’on finit une journée de réunions ici à Londres, de répondre à cette question parce que sa perspective sera beaucoup plus éclairante, je trouve, que la mienne même si, ici et là, je vais donner quelques points de référence qui me sembleront importants, si nécessaire. Mais donc… oui, Josué, qu’est-ce que tu en penses?

Josué Turnil (JT): Alors je crois que quand j’entend ces questions: est-ce que l’Église… si on peut juste la redire je crois, pour les auditeurs, et les gens qui nous regardent: est-ce que l’Église devrait, dans l’optique de la nouvelle alliance, garder les fêtes de l’Éternel? Et j’apprécie en fait que ce frère a utilisé le mot « fêtes de l’Éternel » parce que dans la Bible il n’est nulle question de fêtes juives. Souvent, on se pose la question: est-ce que les chrétiens doivent fêter les fêtes juives? Et bien dans la Bible, ça n’existe nulle part les fêtes juives. Les fêtes que les juifs célèbrent sont appelées dans la Bible « les fêtes en l’honneur de l’Éternel ». Donc si c’est vraiment des fêtes en l’honneur de l’Éternel, ça va toujours honorer notre Seigneur, ça veut dire que ça va nous amener vers Jésus. Et ça a été vraiment mon expérience, ces fêtes, mais encore une autre précision, est-ce que l’Église, les chrétiens doivent garder ces fêtes ou est-ce que les…? Moi, j’aimerais dire déjà, qu’il y a beaucoup de chrétiens qui gardent ces fêtes.

FV: Ah oui!

JT: Dont moi, par exemple!

FV: OK. Quelles fêtes?

JT: Chaque année, je fête… plus ou moins, toutes les fêtes qui sont commandées dans la Bible par exemple: la Pâque juive.

FV: OK.

JT: Alors, et, je pourrais dire que, une certaine façon, l’Église universelle, toute confondue: protestants, catholiques, anglicans, byzantins, de l’Est… tout le monde fête Pessa’h parce qu’il fête une forme ou une autre de la Sainte Cène, de la messe et tout cela vient de Pessa’h, sans Pessa’h, ça n’existe pas. D’ailleurs, pourquoi le pain et pourquoi le vin? Parce que c’est Pessa’h. Alors la Pâque juive, bien sûr, est autre, tout à fait autre, mais c’est quand même une évolution de la compréhension de ce que cette fête est selon ces églises, dans le contexte de l’Evangile et la foi.

FV: Tu as parlé du mot « Pessa’h », ça veut dire quoi?

JT: Pessa’h est un mot hébreu qui veut dire: passer par-dessus, et c’est une fête que les Juifs commémorent aujourd’hui, qui commémore le fait que la mort est passée par-dessus des maisons des israélites en Égypte. Ce qui est intéressant, c’est que c’est Pessa’h que Jésus et les disciples ont fêté, ils n’ont pas eu une Sainte Cène, ils n’ont pas eu une rétrospective autre que Pessa’h. Et d’ailleurs, je dirai, si Jésus est notre exemple, c’est Jésus qui a fêté les fêtes toute sa vie, chaque année de sa vie. Hors, il se trouve que dans la dernière année de sa vie, Pessa’h, il a changé la donne à plusieurs niveaux. Et juste avant d’y aller, j’aimerais dire que plusieurs Pères de l’Église, dont Origène, ont interdit les chrétiens, Chrysostome aussi… ont demandé aux chrétiens de ne pas fêter les fêtes.

FV: Ah bon! Pourquoi?

JT: Alors, c’était… certaines motivations sont clairement antisémites, et je crois que dans d’autres motivations théologiques, ils ont voulu dire que ça c’est de l’ancien et donc caduc.

FV: D’accord.

JT: Et on vit quelque chose de nouveau. Mais ce qui est intéressant, c’est pas ça qui est intéressant pour moi, c’qui est intéressant c’est que historiquement, 3 siècles après Jésus, les chrétiens fêtaient les fêtes de l’Éternel.

FV: Ah oui!

JT: Sinon ils l’auraient pas dit!

FV: Parce que c’était interdit. Bien sûr.

JT: Parce qu’ils l’ont interdit.

FV: Alors si jamais tu voudrais en savoir plus, il faut que tu lises Ex 12 parce que c’est à partir de là qu’est établie cette fête de Pessa’h, et tu vois la libération du peuple juif de la servitude d’Égypte, et donc c’est c’est vraiment le point de départ de cette fête. Alors pendant 3 siècles, donc, c’était pratiqué. Sous quelle forme?

JT: Alors je crois que sur les formes aussi originales que des Juifs étaient là. En fait, les fêtes qui existaient avant dans mon église, c’était des fêtes païennes, et ces fêtes païennes n’étaient pas conformes à l’Evangile.

FV: C’est ça!

JT: Et donc les seules fêtes qu’ils y avaient, qui rappelaient ce que Jésus faisait, ce que les apôtres ont fait, ce sont ces fêtes. Donc, pour revenir à la question de Pessah, alors Pessa’h est vraiment LA fête qui par excellence, célèbre l’origine du peuple juif. Ce sont nos origines d’esclaves; nous étions esclaves en Égypte et Dieu nous a libéré, Dieu nous a amené vers la terre promise; et chaque fête depuis lors, nous rappelle ce fait que Dieu nous a sauvé en Égypte d’une façon miraculeuse, d’une main puissante, tendue vers nous. Donc, c’est notre origine, c’est notre identité, et c’est une liturgie qui est bien bien présente dans la conscience collective juive. Un peu comme Noël chez les chrétiens. Même si on n’est pas croyant, on se retrouve dans dans le sapin, ces fêtes de Noël, dans ces jours de congés de la même manière parmi les juifs, on se retrouve, croyant ou pas, autour de la table pour Pessa’h.

FV: Donc, on a parlé, on a commencé à poser les questions de ces fêtes en l’honneur de l’Éternel et tu as tout de suite embrayé sur Pessa’h. Bien sûr, Pessa’h, début du peuple juif et puis ensuite c’est le repas que Jésus célèbre avec ses disciples, le dernier repas, et de là vient notre célébration de la Pâques.

JT: Tout à fait!

FV: Alors tu dirais que ça serait aujourd’hui le moyen où nous célébrons cette fête en l’honneur de l’Éternel?

JT: Absolument! Je crois que, en tout cas, tout au moins, tout au moins, la compréhension de la fête de Pessa’h peut vraiment nourrir ou approfondir notre expérience de la Sainte Cène.

FV: Alors, je suis tout à fait d’accord, je vais faire une parenthèse, Josué est venu pour le compte de « Juifs pour Jésus » dans notre église proposer, présenter Pessa’h avec la perspective messianique. Nous croyons bien sûr, nous, que Jésus est le messie de son peuple, du peuple juif, et pour toutes les nations également par son sacrifice: il est le sauveur. Mais vivre cette Pâque avec toute la tradition juive est extrêmement éclairante sur les propos de Jésus, expérience inoubliable! Je vous encourage à l’organiser dans votre assemblée si c’est possible.Tu risques d’avoir des invitations.

JT: Merci, Florent, merci. Alors, il se trouve que cette fête, on en fait mention à plusieurs titres, non seulement dans les Évangiles, lorsque Jésus la fête avec ses disciples. Mais l’apôtre Paul dans son explication de ce c’est, quel est l’état d’esprit de chaque croyant avant de prendre la Sainte Cène, quand il dit: « que chacun s’examine », quand il dit: « C’est à tort que vous vous glorifiez », quand il parle de « la coupe de bénédiction », quand il parle de « notre agneau pascal a été immolé pour nous », tout cela sont des références que l’on ne peut vraiment comprendre que dans l’optique de Pessa’h.

FV: D’accord. Donc on a vu parmi ces fêtes en l’honneur de l’Éternel la fête de Pessa’h, la fête juive accomplie en Jésus dans sa mort et sa résurrection, célébrée par les disciples de Jésus, par le repas du Seigneur au sein de l’Église également, mais c’est pas la seule fête que l’on trouve en Lévitique?

JT: Ce n’est pas la seule fête, tout à fait, tout à fait!

FV: Qu’est-ce qu’il faut faire des autres?

JT: Alors, y’a plein de, plein de leçons à prendre ou même juste au niveau étude biblique, de comprendre, par exemple: Pentecôte.

FV: OK

JT: De comprendre ce qu’on appelle la naissance de l’Église était aussi un point de départ pour le peuple juif parce que selon les rabbins, la Torah, la loi de Dieu a été donnée au Mont Sinaï à Pentecôte; et donc, chaque année, des juifs pieux se réunissent à Jérusalem pour commémorer le don de la loi au Sinaï. C’est-à-dire… et qu’est-ce que c’est que Sinaï? Sinaï, c’est la montagne qui brûle avec la présence de Dieu. Les flammes, selon la tradition rabbinique, les voix qui ont données la Torah sont allées dans toutes les langues de la terre. Dans le mont Sinaï, y’a le vent, impétueux, la présence de Dieu que les gens peuvent pas soutenir et qu’est-ce qui se passe… tout ça c’est dans la tradition rabbinique, c’est même pas dans la Bible.

FV: C’est ça.

JT: Mais, qu’est-ce qui se passe à Pentecôte: Ac 2, toute cette imagerie que l’on commémore dans la tradition juive est littéralement manifestée sur les premiers chrétiens. Chaque être devient un petit mont Sinaï avec le vent qui l’accompagne, avec les flammes sur la tête, et avec les juifs du monde entier réunis qui disent: on entend la parole de Dieu dans notre propre langue, exactement comme les rabbins disent que la loi est sortie de Sinaï. Et donc, bien sûr, 3000 personnes juives ont accepté le Seigneur le jour de la Pentecôte, et quand la loi a été donnée, 3000 personnes juives sont mortes, englouties pour la terre « car la lettre tue, mais l’esprit vivifie. » Et encore, je crois qu’on est vraiment dans le temps libre de grâce et de… et loin de toute religiosité. Mais si on peut juste, s’ouvrir un petit peu à Israël, s’ouvrir un petit peu à ce que l’on pense être ancien, mais qui en fait est très pertinent à notre foi, on va enrichir notre cheminement avec le Seigneur et notre compréhension de la parole de Dieu.

FV: Donc toi tu dirais, c’est pas quelque chose à célébrer comme un rituel, comme une fête à marquer, mais plutôt comme une réflexion à mener. Dieu, historiquement, s’est révélé à la Pentecôte à Moïse, la loi, en tout cas, la tradition le dit en ces termes, en terme de timing et puis le Saint-Esprit est venu, et ça on le sait par Ac 2, pour créer l’Église à la Pentecôte, et donc c’est bien de pas forcément de le célébrer par quelque chose de spécial, mais de se souvenir de cette occasion à un moment donné dans la vie de l’Église. C’est ce que tu dirais?

JT: Je crois qu’il y a les deux choses. Donc si on peut utiliser une autre fête comme exemple: Souccot, la fête des tabernacles.

FV: Ok, quelle période?

JT: Alors, Souccot c’est en général au mois de septembre et octobre.

FV: Septembre, octobre.

JT: L’année dernière, c’était octobre, cette année ça va être en septembre.

FV: Parce que ça suit un calendrier lunaire alors que nous suivons un calendrier solaire, voilà les différences d’une année sur l’autre.

JT: encore, pourquoi lunaire? Parce ce que dans le récit de la Genèse, il y eut un soir et il y eut un jour, et c’est ainsi que Dieu commençait à compter les jours, et aussi l’idée que dans l’Antiquité, le soleil était central, même devient un genre de dieu que l’on adorait et Dieu ne voulait pas que le peuple suive ces cheminements bien tracés, païens. Donc, dans Souccot, il y a des moyens d’apprentissage, et j’ai toujours du mal à prononcer ça: ‘mnémotechnique’, voilà, j’ai réussi. Alors, c’est l’idée que en faisait quelque chose, on apprend quelque chose et c’est la construction d’une cabane.

FV: Ok.

JT: Et c’est d’apprécier les fruits de la terre en les secouant devant l’Éternel. Donc il y a certaines choses qui sont faites pour être fait, et on apprend comme ça. Donc par exemple, j’ai déjà utilisé l’exemple de Noël mais le sapin de Noël est aussi un moyen mnémotechnique, on se souvient de ce qu’on a fait quand on était petit, nos parents nous voyant se rappellent de ce qu’ils ont fait quand ils étaient petits avec les grands-parents et c’est exactement la leçon que Dieu donne à Souccot. Vous le ferez, vous l’enseignerez à vos enfants de le faire et ainsi vous allez vous souvenir de ce que j’ai fait pour vous, comment j’ai pourvu à vos besoins. Dans le désert, dans la disette, dans la vulnérabilité, j’étais avec vous, vos chaussures ne se sont pas usées, vos vêtements non plus et vous avez mangé le pain et la viande du ciel. Et voilà, ce sont des belles leçons que l’on peut peut-être, en principe, pas en faire abstraction mais y réfléchir ensemble mais rien ne remplace de le faire et de manger dans ces cabanes et de dire: nos maisons sont aussi vulnérables que ces cabanes, et la seule chose qui peut nous donner la stabilité, c’est le Seigneur et la présence du Seigneur.

FV: Waouh! Ça c’est une belle leçon! Et est-ce ça veut dire que les pasteurs qui nous écoutent vont dire: « ah ben donc, il faut qu’on célèbre la fête de Souccot, qu’on crée des cabanes à l’extérieur, ou bien…?

JT: Je dirais, pas ‘il faut’ mais je dirais ‘il y a quelque chose de très beau à découvrir’ et c’est vrai que quand on a été invité pour prêcher sur Souccot ou de faire une retraite spirituelle sur les fêtes, c’est enrichissant à toutes mesures parce que ça inclut toutes les générations. Ce n’est pas juste le culte pour les adultes, et les enfants partent à leur club du dimanche et on n’y pense plus, c’est quelque chose que l’on fait ensemble en fait.

FV: Je comprends. Alors, est-ce que tu ferais une différence entre les obligations en quelque sorte, les obligations, les privilèges qu’un juif messianique, ou une congrégation juive messianique aurait de vivre et de marquer plus spécifiquement ces fêtes en l’honneur de l’Éternel, et que les Églises constituées de non-juifs qui n’ont pas forcément cette même obligation, puisque tu fais une distinction importante, tu dis: j’utiliserai pas le « il faut »? Ça peut se faire, mais c’est pas du tout dans le registre de l’obligation du Nouveau Testament, tu es d’accord avec ça?

JT: Oui, absolument, et je dirai que, il y a une double richesse pour ceux d’entre nous qui sont engagés dans la mission parmi les juifs, c’est que, c’est un excellent cadre très propice pour l’annonce de l’Évangile et pour faire venir des amis non-chrétiens…

FV: C’est ça.

JT:…qui peuvent vivre un moment d’une fête de Pessa’h parce que c’est un repas, ou une fête de Souccot parce que c’est à l’extérieur et c’est une cabane et c’est joli et c’est participatif, ou Pourim et plein d’autres choses, donc je dirai qu’il y a une double effet, c’est-à-dire, nous aider à mieux comprendre le contexte du Nouveau Testament, mais aussi approfondir notre foi à tous égards, mais aussi d’évangéliser vers l’extérieur. Alors je dirais, obligation: non. Il n’y a pas d’obligation non plus de faire tout ce qui est demandé dans la vie chrétienne, mais on le fait par joie par désir de communion fraternelle, de se rapprocher du Seigneur et être les uns avec les autres.

FV: Alors, on terminera, je te poserai une question sur ce que tu dirais pour parler de l’Evangile notamment à ceux qui, du peuple juif, s’intéresseraient à ce podcast en disant: tiens, c’est vraiment surprenant d’entendre ces questions débattues sur un site chrétien. Mais avant, je voudrais juste préciser une petite chose, c’est que je vais probablement aborder la question du rapport de l’Ancien Testament pour la vie chrétienne, et il y a plusieurs manières de construire cet import des lois éthiques de l’Ancien Testament, mais je voudrais rappeler avec Col 2 (14) ce que l’apôtre Paul écrit c’est que Jésus a « effacé l’acte rédigé contre nous et dont les dispositions nous étaient contraires; il l’a supprimé, en le clouant à la croix, il a dépouillé les principautés et les pouvoirs, et les a publiquement livrés en spectacle, en triomphant d’eux par la croix. Ainsi donc, que personne ne vous juge à propos de ce que vous mangez et buvez, ou pour une question de fête, de nouvelle lune, ou de sabbats. Tout cela n’est que l’ombre des choses à venir, mais la réalité est celle de Christ. » Et en soulignant ceci, je veux absolument pas minimiser ce que l’Ancien Testament enseigne mais remarquer que ce que l’Ancien Testament enseigne est préparatoire d’une réalité accomplie, complète, suffisante en Jésus et sa mort sur la croix, sa résurrection nous offrent tout ce qui nous permet d’être en communion avec Dieu et de satisfaire Dieu. Dieu est satisfait, non pas de ce que nous faisons, de ce que nous célébrons, mais Dieu est satisfait parce que Christ est devenu notre représentant; lui, a mené une vie parfaite, respectueuse de la loi que nous n’arriverons jamais à mener. Lui a célébré en quelque sorte en sa vie, à perfection, ce que nous ne pouvons que célébrer de loin et en cela, il n’y a aucune obligation pour l’Église, me semble-t-il, de suivre les ordonnances en l’honneur de l’Éternel parce que ça fait partie d’un ordre qui était pédagogique mais parce qu’il est pédagogique, il peut être célébré et notamment pour ceux qui sont dans cette double lignée, à la fois de descendants d’Abraham selon la chair, mais aussi descendants d’Abraham selon l’Esprit, c’est-à-dire par la nouvelle naissance, scellés dans la nouvelle alliance promise: Jr 31.31 l’annonce, Ez 36 parle du renouveau que le Saint-Esprit viendrait un jour apporter à Israël. Est-ce que… tu es d’accord avec cette orientation un peu rapide?

JT: 100%, je dirai que Paul sort d’un contexte d’une vie où l’obligation était là.

FV: C’est ça.

JT: Parce qu’il était sous la loi et il dit que par rapport à la loi, il était irréprochable mais là, il faut vraiment s’éloigner de cette religiosité, c’est ce qu’il dit: C’est sous la loi, avec toutes les fêtes que j’ai fêté, il n’était pas sauvé.

FV: C’est ça.

JT: Et donc aujourd’hui… Paul dans sa vie, dans le Nouveau Testament, on voit qu’il prend plaisir à fêter certaines fêtes, mais il ne le fait pas du tout par obligation, mais par joie mais aussi par opportunité de pouvoir partager cette Bonne Nouvelle au sein et dans le contexte de ces fêtes.

FV: Alors imagine qu’il y ait des juifs qui s’intéressent un peu à la manière dont on aborde la question, qu’est-ce que tu… comment tu leur présenterais, et on terminera là-dessus, ce qu’est finalement l’achèvement de ces fêtes en la personne de Yeshoua, celui que nous prenons comme le Messie d’Israël, qu’est-ce que tu dirais le message, la Bonne Nouvelle de Yeshoua?

JT: Alors je dirai premièrement, Jésus est l’un de nous, c’est un juif, premièrement, et il est le messie d’Israël. Et j’aimerais dire quelque chose à nos amis chrétiens qui peut-être… les amis juifs peuvent l’entendre, Jésus ne peut pas être le Christ des nations s’il n’est pas d’abord le messie d’Israël.

FV: Très bien.

JT: Sur cette revendication, sur cette base que Jésus est le messie des juifs, le messie d’Israël, ensuite la parole a été annoncée quand ensuite la parole a été annoncée aux non-juifs. Aujourd’hui ça semble un peu à l’envers mais c’est vrai que la base c’est que Jésus est numéro 1 juif, après la résurrection il revendique toujours cela, il dit qu’il est « le lion de la tribu de Juda » et deuxièmement, je crois qu’il a lui-même proclamé qu’il était l’accomplissement de tout ce dont on parle: les fêtes, l’alliance, la loi, la Torah, il se dit je ne suis pas venu non « abolir la loi et les prophètes mais accomplir ».

FV: Quel est le premier verset du Nouveau Testament?

JT: Ah! Voici le livre de génération de Jésus le messie, fils d’Abraham, fils de David.

FV: C’est… quand j’ai ouvert un Nouveau Testament pour la première fois, que j’ai réalisé: mais c’est ma famille là, dont il est question! Je croyais que c’était quelque chose de totalement étranger à cela. Je vous encourage tous à découvrir ce Nouveau Testament, cette nouvelle alliance qui était prophétisée par Jr 31.31 et qui s’accomplit par la personne de Yeshoua, parce que c’est une question de vie, de communion qui nous est proposée. Merci beaucoup Josué.

JT: Shalom et Shavoua Tov!

FV: Shalom!

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

Articles pouvant vous intéresser

>