Les hommes ont-ils un libre arbitre? (Épisode 175)

Dieu est souverain. Pourtant, nous sommes amenés à prendre des décisions d'importance capitale, notamment concernant notre salut. Comment concilier la souveraineté de Dieu et la liberté de l'homme? Florent Varak donne des éléments de réponses éclairants sur ce sujet qui a fait couler beaucoup d'encre...

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Épisode 175 : Les hommes ont ils un libre arbitre ?

La question est posée.

Cher Florent, que pensez-vous du libre arbitre ? Jusqu’où a-t-il un impact dans la vie du croyant, avant et après sa conversion. A-t-il le pouvoir de nous destituer de la grâce ? Autant que je sache, je ne trouve pas dans la Parole, la mention de libre-arbitre, mais plutôt des mentions indirectes et parsemées du sujet.

Alors merci pour ta question, elle est très pertinente. Elle est très bien formulée. Elle divise aussi pas mal de chrétiens, et elle a aussi énormément de ramifications qu’on peut pas explorer pleinement à un podcast de 15 à 20 minutes. Mais j’aimerais donner quelques repères.

On va commencer par définir ce qu’est le libre arbitre.

Généralement, on le définit, on définit cette capacité à choisir comme la capacité de choisir, moralement ou spirituellement, en dehors de toute influence extérieure à soi-même. Donc, ce serait la capacité de faire des choix fondamentaux de l’existence. Et lorsque l’on parle de libre-arbitre spirituel, notamment la capacité de choisir Dieu, de choisir de se convertir, de choisir de placer sa foi en Christ, inclinant alors Dieu à accorder son pardon, l’adoption, la justification et tous les bénéfices de la rédemption. Et donc selon cette définition, ceux qui croient que le libre-arbitre est de cette catégorie-là ou de cette envergure-là, et bien ils estiment que c’est tout à fait possible donc de déchoir de la grâce, c’est à dire de rejeter Dieu, de pécher au point que Dieu n’approuve plus celui qu’il aurait sauvé et qu’il serait alors destitué du salut et vouer à l’enfer.

Donc est-ce que c’est vraiment le cas ? Généralement les personnes qui maintiennent cette manière de voir le libre arbitre ont une vue assez élevée de l’être humain, puisqu’il est capable de faire des choix indépendamment de toutes influences extérieures, et notamment indépendamment de toute influence divine. C’est comme si il était suffisamment bon pour choisir Dieu, suffisamment éclairé pour choisir Dieu et suffisamment fort et puissant pour rejeter Dieu, de le chasser même de sa vie.

Alors, est ce le cas ? Le sujet est complexe comme je l’ai dit, mais j’aimerais donner quelques cadres théologiques un peu sur le libre arbitre en développant différents aspects et on va ouvrir différents tiroirs, j’espère que ça donnera une vision un petit peu globale de la situation.

  1.  Alors, premièrement, Dieu règne parfaitement et sur toute chose. Le texte le plus emblématique de cela, que j’aime beaucoup, c’est le Psaumes 115. 3, il est très court, "Notre Dieu est au ciel, Il fait ce qu’Il veut". Et donc son règne n’est jamais gêné par quoique ce soit. Lui seul règne.
  2.  Deuxièmement, quand on regarde cette notion de l’oeuvre de Dieu, on voit que Dieu a un plan unifié. Dieu poursuit un objectif qui nous est résumé par Éphésiens 1. 9-10 où il nous est dit : "Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il s’était proposé en Lui pour l’exécuter quand les temps seraient accomplis, réunir sous un seul chef, le Christ, tout ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre". Donc on voit que Dieu poursuit un objectif qui est indépendant et que lui même a délimité.
  3.  Et troisièmement, Dieu accomplira son plan. Esaïe 46. 10 nous dit : "j’annonce dès le commencement ce qui vient par la suite et longtemps d’avance ce qui n’est pas encore accompli, je dis mon projet tiendra bon et j’exécuterai tout ce que je désire". Donc là, on voit vraiment que non seulement, Dieu est pleinement, règne de façon parfaite, Il poursuit un plan unifié, mais il promet qu’Il accomplira son plan ;
  4.  Et dans ce plan-là, Dieu sauve un certain nombre d’individus parce que c’est son projet. Il sauve ses élus.  1 Pierre 1. 2 nous dit que "nous sommes élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l’Esprit, pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus-Christ, que la grâce et la paix vous soient données". Un texte extraordinaire où on voit les trois personnes de la trinité impliquées dans cette oeuvre rédemptrice, et tu remarques que Dieu a élu un certain nombre d’individus qu’Il va sauver et comme Il est souverain, comme Il accomplira ce qu’Il a prévu de faire, quelque part on se pose la question ensuite : ça veut dire quoi le libre arbitre ? On reviendra là dessus dans un instant.
  5.  Et puis la cinquième remarque que je ferai par rapport à cette oeuvre de rédemption et la souveraineté de Dieu, c’est que Dieu garde ses élus. Jean 10. 27-28 nous dit "mes brebis entendent ma voix, moi je les connais et elle me suivent, je leur donne la vie éternelle, elles ne périront jamais et personne ne les arrachera de ma main". Le texte est extrêmement fort dans l’original, il y a un certain nombre de négation ici qui sont à saisir pour montrer à quel point il est impossible lorsque l’on est dans la main de Dieu, de sortir de cette main. Ce qui a un sens d’ailleurs, parce que si nous sommes adoptés, si nous sommes scellés du Saint-Esprit, comment pouvons-nous être décelés ? Si nous sommes adoptés, nous portons le nom du Père, nous sommes de sa famille maintenant, et c’est à jamais le cas, on ne pourra jamais cesser d’être la fille de, le fils de, c’est inscrit dans notre engendrement et si nous sommes engendrés en tant qu’enfants de Dieu, nous portons à jamais le nom de Dieu, le Père.

Alors il y a un texte qui unit de façon très forte cette souveraineté de Dieu dans notre salut, c’est Romains 8, tu le connais peut-être, mais je vais le lire pour le plaisir à partir du verset 28 nous lisons : "nous savons du reste que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein, car ceux qu’il a connu d’avance et les a aussi prédestinés à être semblable à l’image de son Fils afin qu’il soit le premier-né d’un grand nombre de frères et ceux qu’il a prédestinés, les a aussi appelés et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés, et ceux qu’il a justifiés, les a aussi glorifiés".

Donc tu vois, il y a une chaîne extraordinaire qui va de la prescience de Dieu jusqu’à la glorification. Et cette chaîne-là, elle ne dépend pas de toi, elle dépend de Dieu qui accorde le salut parce qu’Il a envie de le faire, parce qu’Il est libre de le faire.

Alors si Dieu règne, comment est-ce que nous devons considérer le libre arbitre ? Et cette fois-ci, le libre arbitre humain. Est-ce que l’homme a une liberté quelconque ? C’est l’autre côté de la pièce, et on perçoit que l’homme est vraiment invité à prendre un certain nombre de décisions et à faire des choix. On essaiera de concilier tout ceci ensemble.

Par exemple en Marc 1. 14-15, après que Jean eut été livré, Jésus allait dans la Galilée, Il prêchait la bonne nouvelle de Dieu et il disait "le temps est accompli, le royaume de Dieu est proche, repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle". Là c’est une invitation qui est générale, tous les hommes, quels qu’ils soient, sont invités à croire et à se repentir. Jean 14. 11 nous dit "croyez en moi je suis dans le Père, le Père est en moi, sinon croyez à cause de ses oeuvres".

Il y a donc une démarche tout à fait possible et légitime d’examiner les oeuvres de Christ pour en conclure pour soi-même que Jésus est bien l’envoyé du Père. Actes 2. 38 "repentez-vous, que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ et vous recevrez le don du Saint-Esprit". Donc il y a bien cette chaîne et cette invitation de réponses à l’oeuvre de Dieu. Actes 3. 19 va dans la même direction "repentez-vous donc et convertissez vous pour que vos péchés soient effacés".

Alors, comment concilier les 2 ?

Bien tu as remarqué, d’un côté Dieu règne, et de l’autre, et bien nous sommes invités à y croire.

Alors que se passe-t-il selon la Bible quand une personne croit ou ne croit pas ? Jean 10. 26, Jésus lui même dit "vous ne croyez pas parce que vous n’êtes pas de ma bergerie". Wouah, donc la réponse libre, semble-t-il, d’un individu provient en fait du fait qu’il est déjà dans la pensée de Dieu dans sa bergerie.

C’est extraordinaire cette association d’éléments, qu’on peut jamais vraiment comprendre, à la fois Dieu est souverain, et à la fois, je prends une décision, mais quand je prends cette décision, c’est que je montre à quel point je suis déjà dans le plan de Dieu. Actes 16. 14, il y avait une femme craignait Dieu du nom de Lydie, marchande de pourpre, de la ville de Tyr, "elle écoutait, et le Seigneur lui ouvrit le coeur pour qu’elle s’attache à ce que disait Paul". Olala, j’espère que tu vois ces deux séries de données qui semblent contradictoires mais en fait, je vais te donner 5 balises pour essayer de comprendre ce libre arbitre en lien avec la souveraineté de Dieu.

1) Premièrement, Dieu seul, est vraiment libre. C’est-à-dire qu’Il agit selon son propre conseil, Il n’est contraint par absolument rien d’autre que les qualités de sa personne. C’est important de le souligner, parce qu’il faut bien définir la liberté que Dieu a. Dieu n’a pas la liberté de mentir par exemple. Pourquoi ? Parce que c’est contraire à sa nature. Dieu est pleinement libre dans son oeuvre, Il est le seul qui soit véritablement libre, et cette liberté s’exprime selon sa nature. Par exemple le Dieu qui ne ment pas, il ne mentira pas. Il est un Dieu qui ne pêchera pas parce qu’Il est saint.

2) Deuxièmement, l’homme est aussi vraiment libre d’agir selon sa propre nature et c’est là, la clé qui permet de comprendre l’ensemble. David dit qu’il a été conçu dans le péché, et Paul affirme que nous sommes par nature des enfants de colère. C’est difficile d’appeler ça une liberté. Certes, je peux faire de bonnes choses comme donner de bonnes choses à mes enfants, s’ils me demandent du pain, je ne vais pas leur donner des pierres, c’est Jésus qui le reconnaît. Mais en même temps, je n’arrive pas à aimer comme Christ aime. Je n’arrive pas, même si je le choisis 10000 fois par jour, à ne pas pécher. Il y a quelque chose en moi qui est de l’ordre de ma nature profonde, et je dois progressivement mettre à mort en laissant toute la place si possible au Saint-Esprit et à sa Parole pour m’instruire, et je suis finalement contraint dans ma liberté par une nature qui est une nature colérique, égocentrique et je pourrais multiplier malheureusement les qualifications comme c’est le cas de chaque personne. Et en cela, la Bible dit que l’homme tâtonne pour chercher Dieu, mais c’est la seule chose qu’il puisse faire dans sa liberté, c’est de tâtonner.

3) Troisièmement, l’homme est libre d’agir selon les contraintes de ses circonstances. C’est une autre chose qu’il faut prendre en compte c’est que, franchement je n’ai pas de quoi faire le fier. Je suis tributaire de ma famille d’origine, de ma famille actuelle, de mes circonstances actuelles, les choses que je fais franchement m’ont été données par un ensemble de circonstances. Si j’avais grandi dans un milieu défavorisé, problématique, peut-être que je n’aurais jamais pu faire un certain nombre de choses que j’ai faite. Et ainsi, je dois réaliser que ma liberté est contrainte aussi par mes circonstances.

4) Quatrièmement, Dieu est cause ultime de tout ce qui a lieu. Nous l’avons déjà vu, mais c’est utile de le rappeler dans ce contexte, c’est que Dieu règne et Il règne de manière parfaite sur l’ensemble de la création, Il dit même qu’il n’y a aucun oiseau qui tombe à terre sans que ce soit la volonté du Père. Et donc étant la cause ultime de tout ce qui a lieu, mêmes les décisions que je prends sont enracinés dans un plan général qui est difficile d’articuler avec justement ce libre-arbitre parce que le mien, de libre arbitre, est contraint par le péché. Alors comment est ce qu’un Dieu parfait et saint, agit avec la liberté d’un homme pécheur, ça c’est quelque chose qui est plus philosophique que théologique, en tout cas très philosophique pour aborder. Je remarque simplement que les choses sont maintenues en tension.

5) Et cinquièmement, Dieu règne par les moyens qu’Il a lui-même établis. Quels sont ces moyens ? Par quels moyens est-ce que Dieu choisit de nous sauver et de nous maintenir en Lui ? Et bien, Dieu choisi de régner au travers de : des anges, des démons, des gouvernements, des lois de la nature, de prédication de l’évangile, de la prédication et de la lecture de sa Parole, de la prière, etc… de l’église, de l’amour des uns et des autres.

Donc finalement, si on voit l’ensemble des choses correctement, on se dit donc : Dieu règne, et je suis amené à ne pas m’occuper de la manière dont il règne, mais de m’occuper de ce qu’Il prescrit d’utiliser pour amener à la fois le salut de ceux qui m’entourent en proclamant l’évangile par exemple, en priant pour ceux qui m’entourent, également d’entourer ceux qui m’entourent avec une vie d’église qui soit conséquente, qui permette à chacun d’être, de demeurer et d’être encouragé en Christ, et Dieu va utiliser ça pour fortifier un libre-arbitre qui m’est donné et qui est contraint par ma nature, et qui a besoin, et bien notamment par rapport au fait que de garder son salut, je crois effectivement qu’une fois qu’il est accordé véritablement, il est pleinement accordé à jamais mais je vais être gardé parce que le Saint-Esprit est en moi et que Jésus prie pour moi, et que le Saint-Esprit intercède pour moi. C’est à dire que Dieu règne par les moyens qu’Il a lui même établi.

Voilà, c’est pourquoi par rapport au libre arbitre, de quoi je vais me préoccuper ? Je vais me préoccuper, non pas de comprendre comment ça marche dans la vie de mon voisin, je vais m’occuper de faire ce que la Bible me demande. Je pars, je débute avec les prescriptions de l’évangile. Parce que ce sont ces prescriptions-là qui sont les moyens de grâce que Dieu a établi pour accomplir son projet. Donc, est-ce que je me préoccupe du salut de mes voisins, des membres de ma famille ? Je vais prier pour eux, je vais essayer d’être un bon témoignage pour eux, je vais saisir les occasions, pas toujours, mais parfois pour parler de la foi, de l’évangile et je laisse à Dieu le soin d’agir selon sa souveraineté. C’est pas à moi d’être souverain. Mon rôle à moi c’est d’utiliser les moyens que Dieu m’a donnés.

Et si je vois un frère qui s’éloigne, et bien, je vais le reprendre et puis je vais avoir confiance que Dieu va utiliser ces paroles pour faire revenir à Lui ; en fait, il va être révélé si vraiment il est un enfant de Dieu, il reviendra à Dieu, s’il n’a jamais été un enfant de Dieu, il montrera qu’il n’a jamais été un enfant de Dieu. Il faut vraiment voir qu’il y a cette action de Dieu liée à ce fameux "libre arbitre" que l’on évoque. Philippiens 2. 13 nous dit "c’est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant". Wouaw !

Un ami m’a donné cette image et je trouve qu’elle est pertinente, elle a ses limites comme toute image. Mais la vie ressemble à une ville avec pleins de feux verts, on peut foncer, et si Dieu a vraiment d’autres idées, il interviendra par des feux rouges. J’aime bien cette idée ! Et il faut percevoir ces feux verts comme toutes les choses que Dieu dit de faire, Dieu demande prier, Dieu nous demande de prêcher l’évangile, etc, etc.

Alors j’ai bien aimé ce résumé que j’ai trouvé dans le livre de Mayhue et MacArthur Théologie systématique, page 224, par rapport à cette notion de souveraineté de Dieu il note : "Objection 1 : le décret de Dieu est contraire au libre arbitre moral de l’homme". Voilà la réponse qu’ils proposent, "On peut dire que les agents sont libres aussi longtemps que leurs actes ne sont pas contraints, les êtres humains sont libres d’agir dans les limites de leur nature, comme tous les humains sont déchus en Adam, leur nature est corrompue par le péché, et ils ne sont donc pas libres de choisir la justice. Ils sont cependant libres de faire des choix moraux conformément à leurs réflexions et à leurs désirs. Ces choix possèdent une nature déchue, fondamentalement opposée à obéir à Dieu. Les gens agissent donc librement dans leur péché et ne sont pas contraints par Dieu d’agir contre leur nature. Le décret de Dieu s’étend à des choix non forcés d’agent libre d’agir dans les limites de leur nature". Et ils donnent un certains nombres de versets.

Un petit peu plus loin, page 239 nous lisons, "Pour le compatibilisme, le libre arbitre de l’homme et le déterminisme divin, bien compris, sont des idées complémentaires. Cela ne signifie qu’on peut accepter les deux sans pour autant être incohérent. Le compatibilisme maintient que sa volonté est libre dans les limites de sa nature. La volonté de l’homme non-régénérée est libre seulement dans les bornes de la finitude et de la dépravation humaine. Comme la nature humaine dépravée ne peut obéir à Dieu, les hommes déchus n’ont que la liberté de pécher. Ils pèchent librement parce qu’ils le veulent, sans y être contraint. Une défense biblique de Dieu, c’est-à-dire une théodicée biblique s’accorde avec l’idée compatibilisme de la liberté humaine.

Une théodicée compatibiliste n’affirme pas que dans sa déchéance, l’homme a la capacité d’obéir à Dieu, car dans leur nature corrompue, les êtres déchus ne peuvent choisir que ce qui sert leur plaisir et leur pouvoir". Fin de citation.

Bon, si la dernière partie de la citation t’a troublée, ben tu peux acheter le livre de théologie systématique et puis le reprendre, et réfléchir là dessus. Je te propose aussi de lire Éphésiens en soulignant la souveraineté de Dieu avec une couleur et puis la liberté humaine avec une autre couleur, et tu verra comme les deux agissent puissamment.

D’ailleurs, y a un événement, et je vais terminer là dessus pour ce podcast, il y a un événement qui allie les deux aspects de la souveraineté de Dieu et de la liberté humaine qui est donné en Actes 4. 27-28, les apôtres menacés par la persécution, prient et voilà ce qu’ils disent : "il est bien vrai qu’Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette ville, avec les nations et le peuple d’Israël contre ton serviteur Jésus que tu as consacré par onction, ils ont accompli tout ce que ta main et ta volonté avaient décidé d’avance". C’est extraordinaire non ?

D’un côté, Hérode et Ponce Pilate avec méchanceté se sont ligués contre Christ, mais c’est normal ! Ils sont pécheurs ! Ils ont agi comme des pécheurs, ils ont défendu leur pouvoir, leur intérêt au mépris de la justice. C’est normal qu’ils agissent ainsi ! Mais ce qui est admirable, c’est qu’ils ont pas saisi à quel point cela servait parfaitement le plan de Dieu qui avait décidé d’accomplir ainsi le salut de tous ceux et de toutes celles qui placeraient leur confiance en Jésus-Christ.

Alors voilà, si tu écoutes ce podcast et que tu n’es pas en Christ, mais que tu es sensible vraiment à cette question de mal, de Dieu que tu souhaites connaître, parles Lui, dis le, demandes Lui qu’Il t’accorde la compréhension, l’ouverture de coeur spirituelle aux choses de Dieu. Lis un évangile, pose toi la question, examine les affirmations de l’écriture. Ça t’appartient, comme de tâtonner ainsi. Et si tu es en Christ, réjouis toi, ça a été un cadeau, la foi est un cadeau que Dieu donne ! Et lorsqu’Il donne la foi, elle s’exprime par une décision de croire, et elle s’exprime par une volonté d’aimer Dieu. Par une volonté de demeurer en Lui, par une volonté parfois vacillante de lui obéir, et par aussi la réalisation que l’on a tout un chemin de vie où l’on doit mourir à soi-même et grandir dans la connaissance du Seigneur.

Alors j’espère que ce petit podcast sur une question magistrale, grandiose finalement, t’aura donné quelques pistes et quelques billes pour comprendre ce qu’est le libre arbitre dans la grande question de la souveraineté de Dieu. Et que ça te donne aussi une immense admiration que, si tu as confiance en Jésus-Christ pour ton péché, c’est un cadeau qu’Il t’a donné, et ainsi ça montre à quel point c’est fondé non sur ta capacité à croire, toujours vacillante, mais sur la capacité de Dieu a donner librement, puissamment, un salut qui passe par une adoption complète et éternelle en Jésus-Christ.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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