Marc 16 ne dit-il pas que nous ferons tous des miracles? (Épisode 36)

Après avoir abordé le sujet des miracles et de l’Évangile dans un épisode précédent, l’épisode 36 traite un point précis du sujet. La fin de l’Évangile selon Marc n’enseigne-t-elle pas que tous les croyants feront des miracles? Florent Varak nous invite à examiner de près ce texte et cette question importante.

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La question est posée : vous ne vous sentez pas en décalage entre les Ecritures et le véritable évangile ? Vivez-vous des miracles dignes des Ecritures ?

Alors je perçois dans cette question un petit reproche que certains chrétiens n’auraient pas la puissance de Dieu de la même manière que d’autres groupes de chrétiens.

Dans un précédent podcast, j’ai évoqué la notion des miracles et de l’évangile, quelle était la part de l’un et de l’autre, leur définition et dans ce podcast, je voudrais aborder ce qui est souvent avancé comme la preuve ultime, que les chrétiens sont appelés à réaliser des miracles, et que ceux qui n’en réaliseraient pas seraient en dehors du plan de Dieu ou ne bénéficieraient pas de la puissance de Dieu. Le texte qui est souvent utilisé pour cela se trouve dans l’évangile de Marc à la fin de cet évangile, chapitre 16 dans une section qui n’est pas attestée dans tous les manuscrits mais pour l’objet de notre podcast, il va être pris comme faisant parti du canon et inspiré par le Saint Esprit.

Donc voilà le texte  Marc 16.17-20 : « Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : En mon nom, ils chasseront des démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s’ils boivent quelques breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris. Le Seigneur, après avoir parlé, fut enlevé au ciel et il s’assit à la droite de Dieu. Et ils s’en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la parole par les signes qui l’accompagnaient. »

C’est un texte magnifique qui semble lancer l’église, les chrétiens, enfin, c’est ce que l’on va voir, dans la réalisation de miracles qui semblent aussi exceptionnels que ceux que nous trouvons dans le livre des Actes ou dans les évangiles. Alors qu’en est-il ? Il y a trois lectures sur ce texte :

La première lecture est la lecture charismatique classique qui dit que tous les croyants ont l’autorité de faire des miracles ; et ils s’appuient sur deux éléments du texte : le caractère général du verset 17 : « voici les signes de ceux qui auront cru », donc ceux qui auront cru, c’est tous les croyants, et puis le contexte immédiat qui précède que nous n’avons pas lu mais que je te lis ici :  versets 15 et 16 nous disent, c’est Jésus qui parle : « Allez dans le monde entier et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé mais celui qui ne croira pas sera condamné. » Donc on a l’impression que ceux qui auront cru sont ceux qui sont sauvés, les chrétiens. Je comprends cette lecture, elle a du sens, elle est cohérente. On aurait donc ici en Marc 16  un mandat pour tous les chrétiens, tous ceux qui auront cru, tous les disciples de Jésus, de faire des miracles, d’accomplir de grandes choses de sa part.

Le problème, c’est que selon ce texte et cette lecture, il n’y a absolument aucune condition dans la réalisation de ces miracles. La guérison de la maladie et du poison est une assurance, un droit; or,chaque année, des gens meurent d’avoir été mordus par des serpents, ils s’appuient sur ces verstes et ils décèdent, c’est un petit peu dommage. Et puis il y a des tas de personnes qui promettent la guérison en disant que Christ le promet en Marc 16, ils imposent les mains et ils exigent même aux malades pour qui ils prient, de cesser leur traitement comme témoignage de leur foi dans la guérison; et il y a, j’ai pu en attester, peut-être tu connais des histoires un peu sordides de ce genre, il y a parfois des tragédies, des drames de personnes qui meurent ou sont moyennement améliorées par cette pratique.

Alors comme la réalité n’est pas à la hauteur de ce texte, je connais des frères qui disent : « Oui, mais il faut quand même aussi croire » donc si tu ne crois pas en la guérison, tu empêches la puissance de Dieu de se manifester dans ta vie, alors ça devient terrible parce que la personne qui soi-disant reçoit la guérison d’un frère, s’il n’est pas guéri, c’est donc de sa faute, il manque de foi. On ajoute à la souffrance la culpabilité, et c’est un cycle absolument terrible, parce que celui qui est malade est en plus coupable de manquer de foi, de ne pas avoir ce qu’il faut pour être guéri. Or, je remarque que dans le nouveau testament, on n’est pas du tout dans ce schéma de manipulation. Jésus guéri les dix lépreux même si, sur les dix, on dirait qu’il n’y en a qu’un qui soit vraiment un croyant, un homme qui aime Jésus, les 9 autres s’en vont sans rien dire. On voit des gens dont la foi est faible et que Jésus guérit,  parce qu’il veut le faire et on n’a pas du tout la perception que Lazare avait la foi en sa guérison, le pauvre, il était déjà dans le paradis à jouir de la communion avec Dieu lorsqu’on le rappelle à une vie de ressuscité ; il n’y a rien dans ce texte qui nous permet d’imaginer qu’il soit participant à ce miracle, on bénéficie d’un miracle. Et donc je suis un peu gêné par cette lecture un peu directe de ce texte sans aucune réflexion sur le reste du nouveau testament.

Ce qui me conduit à la deuxième lecture qui est faite de ce texte et que je vais qualifier de la lecture évangélique classique. Je discutais avec un théologien éminent, peut-être le plus grand théologien en France de cette question, je lui demandais un peu sa perspective, son avis et lui il voit en Marc 16 quelque chose qu’il faut lire en lien avec 1 Corinthiens 12 et les charismes. Il y aurait dans le texte de  Marc 16 la possibilité de faire des miracles, possibilité contingente à ceux qui ont reçu le don de guérison ou le don de faire des miracles ; en d’autres termes, nous n’aurions pas en Marc 16 une promesse absolue qu’il y aurait des miracles abondants, foisonnants de la part de tous ceux qui auront jamais cru, c’est-à-dire de la part de tous les disciples mais qu’il y aurait là la promesse que Dieu ferait des miracles, mais il est donné à certains de les exercer par le don de guérison, par le don de faire des miracles et non pas par tous, et c’est d’ailleurs ce que nous trouvons en 1 Corinthiens 12 , n’est-ce pas ? L’apôtre Paul fait vraiment attention à distinguer les dons en fonction des personnes : à un autre il est donné le don des langues, à un autre il est donné le don d’interpréter les langues, à un autre il est donné tel don et tel don, à un autre… à un autre… On a chacun des dons différents et il y aurait certaines personnes qui auraient reçu le don de guérison et que c’est à eux donc que revient le droit, le privilège, l’autorité de faire des miracles. C’est la lecture classique qui dit oui, les dons de guérison existent encore, Marc 16 le rend possible et c’est dépendant de ceux qui ont ce don spécifique. Et je te renvoie au podcast précédent ; une personne qui aurait de tels dons réaliserait des miracles réels, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de faux miracle ou des miracles auxquels il faudrait croire pour qu’ils aient lieu : ils ont vraiment lieu, ils sont instantanés, ils sont indépendants de la gravité de la maladie, souvent collectifs. Voilà les qualités que je trouve dans le nouveau testament pour les guérisons du Seigneur et des apôtres.

Troisième lecture qui est la mienne, alors je comprends qu’on n’est pas majoritaires dans cette lecture-là,  mais je crois de plus en plus en tous cas, et qui voit dans ce texte – ça a été la position assez dominante dans certains mouvements d’églises depuis des siècles- qui voit dans Marc chapitre 16, le mandat pour les apôtres de faire des miracles et que ce sont les apôtres principalement qui sont visés lorsqu’il est dit «  ceux qui auront cru » et je vais en donner les raisons.

La première de ces raisons c’est que Jésus, dans le contexte, reprend les apôtres pour leur incrédulité. Si tu remontes un peu plus loin que les versets que nous avons lus, au verset 9, nous lisons : « Jésus, ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut d’abord à Marie-Madeleine de laquelle il avait chassé 7 démons. Elle alla emporter la nouvelle à ceux qui avaient été avec lui, et qui menaient deuil et pleuraient. Quand ils entendirent qu’il vivait et qu’elle l’avait vu – écoute bien- ils ne la crurent pas. » Donc les apôtres ne croient pas que Jésus est ressuscité. Verset 12 : «  Après cela, il se montra sous une autre forme à deux d’entre eux qui étaient en chemin et se rendaient à la campagne. Ils revinrent eux aussi l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus ». Deuxième fois que les apôtres ne croient pas à la nouvelle de sa résurrection. Verset 14 : « Enfin, il se montra aux 11 pendant qu’ils étaient à table, il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité. » Et tu vois, l’expression est suffisamment martelée dans les textes qui précèdent pour me dire « Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru » n’est pas forcément ceux qui auront cru dans toute l’histoire de l’église, mais ceux qui auront cru dans ce contexte des apôtres incrédules ; et Jésus reproche aux apôtres leur incrédulité et il dit : Ceux qui auront cru feront des grandes choses, ils feront des grands miracles qu’il énonce dans les versets qui suivent.

Deuxième raison qui me fait croire à cela : Le livre des Actes qui suit ce qui est dit en Marc 16, nous montre très simplement qui fait les miracles. Si tu te donnais un peu de texture, de profondeur historique au texte : Jésus, à la louche, meurt en l’an 30, encore une fois, on peut débattre à quelques années près , bref, il meurt en l’an 30 après 3 ans de ministère. Marc 16, il lance les apôtres, au moins en tous cas pour l’instant on va le voir ainsi, dans un mandat missionnaire, on lit le livre des Actes qui couvre de l’an 30 à l’an 60  -encore une fois, à la louche- 30 années de ministère des apôtres, ce sont bien les Actes des apôtres, le titre du livre, c’est bien ça, ce n’est pas les actes de l’église ou les actes du Saint Esprit. Et qu’est-ce que nous y trouvons ? Si Marc 16 est un mandat pour les chrétiens, est-ce que l’on trouve dans le livre des Actes que tous les chrétiens font des miracles ? Non. En fait je t’invite à la lecture de plusieurs textes : Actes 2.43 «  La crainte s’emparait de chacun et il se faisait beaucoup de prodiges et de signes par les apôtres », tu as entendu : « par les apôtres ». Ce sont eux qui font des miracles.

Quelques temps plus tard, Actes 5.12-16 : « Beaucoup de signes et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres. Ils se tenaient tous d’un commun accord au portique de Salomon, et personne parmi les autres n’osait se joindre à eux ; mais le peuple les louait hautement. Les multitudes d’hommes et de femmes qui croyaient au Seigneur augmentaient toujours plus. On apportait les malades dans les rues et on les plaçait sur des litières et des grabats, afin que lors du passage de Pierre – Pierre, apôtre- , son ombre au moins puisse couvrir l’un d’eux. La multitude accourait aussi des villes voisines de Jérusalem et apportait des malades et des gens tourmentés par des esprits impurs ; et tous étaient guéris. » Et là encore je remarque : « beaucoup de signes et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres ». Dans le livre des Actes, on ne trouve que deux catégories de gens qui font des miracles : premièrement les apôtres mais il y a un moment, en Actes ch6 où les apôtres sont débordés, ils ne peuvent plus assumer la tâche qui leur a été confiée, ils demandent qu’on nomme pour eux 7 personnes remplies de l’Esprit qui ont un bon témoignage et qui pourront assurer la tâche avec eux et lorsqu’ils sont nommés les apôtres imposent les mains sur ces hommes-là, nous lisons à partir de Actes 6.5 : « Ils les élurent Etienne, homme plein de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas, Nicolas, prosélyte d’Antioche. Ils les présentèrent aux apôtres qui, après avoir prié, leur imposèrent les mains. La parole de Dieu se répandait, le nombre de disciples se multipliait beaucoup à Jérusalem … » et v8 : « Etienne, plein de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et des signes parmi le peuple.»

Ce qui est intéressant, c’est que l’imposition des mains est un geste qui identifie la personne en tant que représentant : telle personne me représente et c’est elle qui peut agir en mon nom. Et à partir du moment où les apôtres imposent les mains à ces 7 personnes, ceux-là, en tous cas deux d’entre eux sont mentionnés dans le livre des Actes, font des miracles, c’est le cas d’Etienne, on vient de le lire, c’est le cas de Philippe en Actes 8. En dehors de ces cas-là, et à ma connaissance, peut-être il me manque des informations ou j’ai mal lu le livre des Actes, corrige-moi si c’est le cas, mais, à ma connaissance, il n’y a que les apôtres et ceux sur qui ils imposent les mains qui reçoivent cette autorité d’agir au nom de Jésus pour faire des miracles de façon directe. Donc c’est la deuxième raison, c’est que Marc 16 mandate des gens à faire des miracles et dans le livre des Actes, je ne vois que les apôtres et ceux sur qui ils imposent les mains qui font des miracles. Je ne vois pas d’autre miracle.

Troisième remarque : c’est précisément, selon les épîtres, la caractéristique d’un apôtre de faire des miracles. 2 Corinthiens 12.12 nous dit la chose suivante : « Les signes distinctifs de l’apôtre ont été vus à l’œuvre au milieu de vous par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges et des miracles ». Tu as remarqué ? Les signes distinctifs de l’apôtre ont été vus et c’est quoi les signes distinctifs, c’est-à-dire qui distinguent un apôtre des autres ? C’est les prodiges et les miracles. Donc c’est vraiment intégré dans le rôle, l’appel d’un apôtre de faire des miracles. Marc 16, Jésus mandate les gens à faire des miracles, le livre des Actes nous montre qui réalise des miracles, 2 Corinthiens 12.12 nous dit que c’est vraiment l’œuvre d’un apôtre de faire des miracles, c’est la qualité apostolique qui se voit par la réalisation d’un miracle.

Après le livre des Actes, après la période du livre des Actes, on est  -encore une fois- à la louche en l’an 60 après Jésus-Christ, l’épître aux Hébreux est écrite et nous trouvons ce verset fascinant en Hébreux 2.2-4 : « Car si la parole prononcée par des anges a eu son effet, et si toute transgression et tout désobéissance a reçu une juste rétribution, comment échapperons-nous si nous négligeons un si grand salut ? » OK, c’est quoi ce si grand salut ? et il le dit « Ce salut, annoncé à l’origine par le Seigneur Jésus, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu »,  on se dit : mais de qui est-il question ? D’abord, je remarque qu’il y a une notion de confirmation et ça a été confirmé. C’est au passé en français, c’est un aoriste en grec, ce n’est peut-être pas aussi déterminant, mais on a le sentiment qu’il y a eu une confirmation qui a eu lieu et qui a eu lieu par qui ? Par ceux qui l’ont entendu. Qui sont ceux qui ont entendu Jésus ? Les apôtres ! Et regarde bien, v4 « Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, des miracles variés et par des communications du saint Esprit selon sa volonté. » Selon ce texte, Dieu avait confirmé par des miracles réalisés par ceux qui étaient les témoins de Jésus : les apôtres. Et je remarque quelque chose de fascinant, « ce salut nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu», les apôtres, … et ce verbe « confirmé » est exactement celui qui conclu le texte de Marc chapitre 16. Si tu as ta bible ouverte, reviens sur le verset 20. Marc 16.20 : « et ils s’en allèrent prêcher partout, le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la parole par les signes qui l’accompagnaient ». Donc si je comprends bien Marc 16, et peut-être j’ai tort, mais si je comprends bien. Il n’y a que la bible, il n’y a que Dieu qui a raison, ce n’est pas les hommes, si je comprends bien l’Ecriture : Marc 16 mandate des gens à faire des miracles, le livre des Actes nous montre que ce sont les apôtres et ceux sur qui ils imposent les mains pour qu’ils les représentent qui font des miracles, à la fin du livre des Actes;  nous lisons en Hébreux ch2 que ce travail de confirmation a été réalisé précisément comme Marc 16 :20 le disait, c’est-à-dire que les apôtres confirmaient ce nouveau message qu’était l’évangile par les miracles.

Et je ferai une dernière remarque à ce sujet, une quatrième raison qui me fait croire que Marc 16 est un mandat pour les apôtres, c’est que le dernier livre pris dans l’ordre chronologique, j’entends, le dernier livre écrit qui contient la mention de dons spirituels, c’est le livre de 1 Pierre, et voici ce que nous lisons  1 Pierre 4.10-11 : « Puisque chacun a reçu un don, mettez-le au service des autres en bons intendants de la grâce diverse de Dieu. Si quelqu’un parle, que ce soit selon les oracles de Dieu ; si quelqu’un sert, que ce soit par la force que Dieu lui accorde afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus-Christ, à qui appartiennent la gloire et la puissance aux siècles des siècles. Amen ! ». Qu’est-ce que je vois ? C’est qu’il y a là deux catégories de dons : celui  qui parle et celui qui sert. Et j’ai l’impression que certains dons spirituels ont été donnés comme fondement, fondation à l’église, par les apôtres qui donnaient le fondement pour l’ensemble de l’Eglise et qui donnaient un nouveau message qu’est l’évangile et qu’ils avaient une autorité particulière. Vers la fin du premier siècle, lorsque l’apôtre Pierre parle des dons spirituels, il ne mentionne que deux formes de dons : le don de service et le don de parole. Alors je sais qu’en disant ça je vais choquer pas mal d’auditeurs qui vont dire « Dieu ne fait pas de miracles ? » Absolument, Dieu fait des miracles. Et tu as totalement la liberté et le privilège de prier, de jeûner, de chercher la face de Dieu pour que Dieu fasse ,des miracles. Mais tu vois, il y a une différence entre un Pierre qui dit « Je te l’ordonne, au nom de Jésus Lève toi et marche », là, il prend l’autorité que Christ lui a confiée et en son nom, il réalise un miracle, et puis la prière que tu peux faire au chevet d’un malade en disant : « Seigneur, je t’en supplie, relève ce malade. » Et pourquoi pas, par l’onction d’huile des anciens, par l’imposition des mains qui est tout à fait symbolique et légitime ,  chercher à ce que Dieu intervienne mais, avec cette conscience que Dieu intervient comme il veut, qu’il n’y a pas de promesse de guérison en tout temps, que, parfois, les plus grands hommes de Dieu ont été malades, c’était le cas dans la bible, c’est le cas encore aujourd’hui et qu’il faut accompagner ceux qui souffrent de compassion et pas de culpabilité en leur disant qu’il manque de la foi.

En tous cas, voilà ma compréhension de Marc 16 et j’espère que ça a suscité en toi le désir de creuser l’Ecriture ; encore une fois, Dieu seul a raison et donc c’est à chacun de réfléchir aux bases de sa compréhension et voir si ça tient la route. Bon courage pour ça !

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire. Florent est aussi conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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