Comment obtenir le salut et quel rôle joue la grâce? Partie 1 sur 2

L’épisode 31 aborde une question au cœur de la Bible. Un internaute nous a écrit: « Hier, suite à une remarque que l’on m’a faite, j’ai réalisé mon ignorance sur la question de l’obtention du salut, un sujet pourtant fondamental. Je serais intéressé par une synthèse des éléments de l’obtention du salut, quel rôle joue la grâce, la foi, les actes et autres? J’espère que vous trouverez le temps pour répondre à cette question. »

Comme vous voyez, cette question est très importante. Elle est tellement fondamentale que Florent Varak y consacre deux épisodes. Dans cette première partie il répond en utilisant un seul texte de la Bible. Cela nous permet d’apprendre comment expliquer simplement le salut. Dans une deuxième partie (disponible ici) il survolera ce que toute la Bible dit sur comment être sauvé.

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La question est posée : Hier, suite à une remarque que l’on m’a faite, j’ai réalisé mon ignorance sur la question de l’obtention du Salut qui est pourtant tout à fait fondamentale. Je serais intéressé par une synthèse des éléments de l’obtention du Salut. Quel rôle joue la grâce ? la foi ? les actes ? ou autres. J’espère que vous trouverez du temps pour répondre à cette question.

Alors bien entendu j’ai le temps, et en plus cette question est la plus fondamentale de toutes,et je suis vraiment reconnaissant qu’elle ait été posée. En fait, elle est fondamentale par rapport au centre de ce que la Bible enseigne. Elle est fondamentale par rapport à la préoccupation personnelle que l’on peut avoir, puisque la Bible nous présente comme des personnes que Dieu a créées à son image, qui sont éternelles. Et la véritable question qui se pose à nous c’est : où passerons-nous l’éternité ? Qu’est-ce qu’est ce Salut que Christ nous propose ? Donc elle est vraiment centrale.

Je vais d’ailleurs en faire deux podcasts, deux émissions, parce que dans une de ces émissions, (celle qui nous occupe aujourd’hui) je vais aborder un seul texte de l’Ecriture qui me semble offrir une synthèse de ce que la Bible enseigne sur la question. De plus, ça nous permettra de rester sur un texte et ce sera d’ailleurs peut-être l’occasion pour toi d’apprendre à parler de l’Evangile et du Salut en utilisant un seul texte. C’est facile comme ça quand on a une discussion avec quelqu’un qui nous demande ce que l’on croit par rapport à la question du Salut, on peut ouvrir la Bible sur ce passage-là et puis en parler assez brièvement. Et puis dans un deuxième podcast, une deuxième partie, j’aimerais regarder la question de façon plus globale en regardant un peu ce fil conducteur au travers de l’Ecriture.

Alors je t’invite à ouvrir ta Bible si tu l’as accessible, sinon je vais la lire en Ephésiens chapitre 2 versets 1 à 10. Ephésiens est la lettre que Paul écrit à l’église d’Ephèse. Et ce que je vais remarquer, c’est que l’évangile est vraiment un sauvetage que Dieu réalise gratuitement et qui transforme la vie. Oui l’Evangile est vraiment un sauvetage que Dieu réalise gratuitement et qui transforme la vie. Quand je dis qu’il réalise gratuitement et qui transforme la vie, je parle de ceux qui acceptent ce sauvetage, ce n’est pas universel, ce n’est pas donner à tous. Il y a des éléments qu’il faut en quelque sorte verbaliser, accepter, que l’on réalise en soi comme étant vrai pour soi. Le Salut n’est jamais imposé, il est proposé.

On va le lire en plusieurs sections, et la première section nous permettra de voir quel est le regard de Dieu sur l’homme. Ephésiens chapitre 2 versets 1 à 3 nous dit la chose suivante : « 1 Pour vous, vous étiez morts par vos fautes et par vos péchés 2 dans lesquels vous marchiez autrefois selon le cours de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, cet esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. 3 Nous tous aussi, nous étions de leur nombre et nous nous conduisons autrefois selon nos convoitises charnelles, nous exécutions les volontés de notre chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère comme les autres. »

Je ne sais pas si tu as remarqué comment Dieu regarde les êtres humains mais ce n’est pas très flatteur. Le diagnostic sur notre humanité est assez terrible. Je ne sais pas si tu seras d’accord avec ça, mais moi en tout cas, je constate que ça fait partie des éléments dont on entend parler tous les soirs à la télé lors du journal télévisé, lorsqu’on écoute les infos, lorsqu’on lit les blogs sur la vie des hommes. On a toujours des questions liées à ce que l’apôtre Paul dit ici. Pour vous (dit l’apôtre Paul), vous étiez morts par vos fautes et par vos péchés dans lesquels vous marchiez autrefois en plus influencés par un être spirituel que la Bible décrit comme le diable, et qui agit par les fils de la rébellion, dont nous faisons tous partie dès la naissance, dès notre conception. Et nous étions de ce nombre; bien-sûr il y a un changement radical qui a lieu lorsque Christ envahit une vie, mais quand Dieu regarde notre état naturel il dit : vous n’êtes même pas capable véritablement de faire autre chose que la volonté de votre chair ou de votre pensée. On est des enfants de colère.

Alors, c’est pour cela que je parlais d’un sauvetage parce que pour bien concevoir ce qu’est le Salut, il faut bien comprendre ce qu’est le problème. Si nous sommes des êtres plutôt sympathiques, capables d’amélioration substantielle et même capable de progresser au point de renverser notre nature pécheresse, bah finalement le Salut c’est une sorte d’amélioration que l’on pourrait réaliser par soi-même et pourquoi pas, par différentes religions, par différentes pratiques spirituelles. Mais le diagnostic que porte Dieu sur l’être humain est beaucoup plus profond. Il dit : ah non non vous êtes morts ! Imagine un corps qui flotte à la mer, il est incapable de rejoindre la rive et de se lever et de vivre, il est mort. Et donc c’est pour cela que je parle de sauvetage.

La Bible dit que nous sommes morts par nos péchés. Je sais qu’aujourd’hui la notion de péché c’est une idée un peu relative; on se dit : oui, il y a des faiblesses dans l’être humain, mais ce n’est pas très grave. J’entends souvent les gens dire « bah non moi je ne suis pas d’accord que le péché existe, je n’ai jamais tué, je n’ai jamais violé…» et quand j’entends ça, je me demande s’il faut donner des médailles à ces personnes en disant waouh c’est super, félicitation.

Mais en fait la Bible ne parle pas du péché comme le meurtre, le viol ou ces choses beaucoup plus graves. Elle en parle de manière beaucoup plus globale et complète. Romains chapitre 6 verset 23 nous dit que « le salaire du péché, c’est la mort », ça envahit notre vie au point de nous donner la mort. Et là, dans le texte qui nous préoccupe, on a la notion de faute et de péché. La notion de faute, c’est le fait de tomber de côté. On s’est laissé embarquer dans des penchants qui ne sont pas ceux que Dieu voudrait que nous ayons. Le péché est une notion de manquer la cible. Dieu nous donne pour cible de l’aimer de tout notre cœur, d’aimer notre prochain comme nous-même. Et la réalité, c’est qu’on aime notre nombril, et qu’on n’a pas vraiment envie d’aimer Dieu. On est loin de ce que Dieu peut attendre d’un être humain.

Mon collègue et ami Roland Frauli, dans un article paru sur le réseau FEF, recense un peu les fausses idées de ce qu’est le péché. Certains parlent du dérèglement des sens ou des désirs non gouvernés par la raison, c’est une compréhension qui serait influencée par le platonisme qui opposerait la matière et l’esprit. Je pense que la Bible nous dit plutôt que le problème du péché vient du cœur. D’autres comme C.S Lewis, considèrent que le péché est avant tout l’orgueil, le moi et le moi de Babylone qui s’oppose orgueilleusement à Dieu, en prenant référence à Esaïe 47. D’autres théologiens parlent de l’égoïsme comme fondamentalement l’expression du péché. Les réformateurs qui ont mis en avant le Salut par la foi ont dit que l’incrédulité est le péché le plus grave. Mais Roland Frauli souligne que toutes ces définitions, qui ont d’ailleurs des éléments de vérité, sont insuffisantes. Tout simplement dit, et je cite Roland Frauli « L’apôtre Jean affirme en effet, quiconque pèche transgresse la loi, et donc le péché est la transgression de la loi. Le péché est ainsi défini comme un manque de conformité à la Loi de Dieu. Saint-Augustin définissait le péché comme étant tout ce qui est dit et fait ou convoiter contre la Loi Eternel ». Alain Nisus, théologien français écrit « Le péché est la transgression de la Loi divine ou le manque de conformité à cette Loi. » Et donc là, on se rend compte que le péché est bien plus grave que ne pas avoir commis de graves choses. Le péché inclut l’omission, Jacques nous dit si quelqu’un sait faire le bien et ne le fait pas, il commet un péché. L’ignorance, David qui connaît ses fautes involontaires prie « pardonne moi ce qui m’est caché ». Donc je ne suis même pas conscient de l’ensemble de mes fautes tel que l’égarement involontaire ou même le petit péché, et heureusement. Jacques écrit « quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable envers tous. » (Jacques 2 verset 10) Et donc je suis vraiment dans cette situation assez terrible, je suis mort spirituellement, je suis mort moralement et c’est là le diagnostic de Dieu. Le regard que Dieu porte sur l’homme est assez tragique.

Qu’est-ce qui va me permettre de revivre en tant que mort ? Bah on peut tout de suite imaginer, à moins qu’il y ait une intervention de Dieu, qu’on est incapable de revivre et c’est ce que la suite du texte d’Ephésiens nous dit. Je reprends la lecture d’Ephésiens chapitre 2 à partir du verset 4 nous lisons la chose suivante : « 4 Mais Dieu est riche en miséricorde et, à cause du grand amour dont il nous a aimés, 5 nous qui étions morts par nos fautes, Il nous a rendus à la vie avec le Christ – c’est par grâce que vous êtes sauvés – 6 il nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ-Jésus, 7 afin de montrer dans les siècles à venir la richesse surabondante de sa grâce par sa bonté envers nous en Christ-Jésus. »

Extraordinaire comme texte. Je remarque que Dieu est riche en miséricorde. C’est-à-dire que lorsqu’il nous regarde en tant qu’être humain mort, moralement répréhensible, ayant violé sa Loi, n’accomplissant pas sa Loi il ne dit pas : punaise il me gave. Il nous regarde en disant : Mais je les aime. Je les ai créés à mon image. Ils se sont plantés certes, ils se sont éloignés de moi, mais je les aime et ils sont l’objet de mon amour. Et un amour qui est écrit ici comme grand et sa miséricorde est riche, il y a une dimension affective dans l’amour de Dieu qu’il faut vraiment saisir. Dieu aime les pécheurs que nous étions ou que nous sommes. Et il nous a aimés, non pas parce que nous serions devenus des gens bien, mais le verset 5 nous dit « 5 nous qui étions morts par nos fautes, Il nous a rendus à la vie avec le Christ ». C’est ça qui est extraordinaire c’est que Dieu ne dit pas : bon, vous allez devenir mieux, et ensuite je vous aimerai, il dit : non, je sais que vous êtes mort, je sais que vous êtes pécheurs et c’est dans cet état que je vous aime et que je vais intervenir pour vous donner la vie. Il nous a rendu à la vie avec le Christ, c’est-à-dire que, on va le voir dans un instant, ce qui se passe quand Christ vient sur Terre c’est qu’il est l’être humain parfait qui vit la vie parfaite que je ne suis pas capable de vivre. Et quand il meurt sur la croix, dans la séparation qu’il vit d’avec le Père, dans sa souffrance puisqu’il est condamné à notre place, il reçoit la condamnation du péché que je mérite. Il la prend à ma place et il me donne sa vie, et c’est pour ça que lui qui meurt et ressuscite il m’entraine dans sa résurrection et il me donne la vie. « Nous qui étions morts par nos fautes, Il nous a rendu à la vie avec le Christ. » C’est toute la notion de nouvelle naissance, de vie nouvelle que Dieu donne à des morts, à des gens qui ne le méritent pas et qui sont incapables de se sauver eux même. Et l’apôtre Paul ajoute « c’est par grâce que vous êtes sauvé ».

Le terme grâce est fondamental, et il évoque une faveur imméritée. Dieu ne donne pas la médaille du Salut à ceux qui sont méritants. Il donne la couronne du Salut en tant que cadeau, de faveur imméritée. C’est-à-dire comme quelque chose que l’on ne peut que recevoir, comme un cadeau à Noël qui n’est pas mérité, il est juste reçu, waouh ! On nous accorde, on nous donne quelque chose qui nous permet de bénéficier de cette vie nouvelle avec Christ. L’apôtre ajoute « 6 il nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ-Jésus, ». La transformation que Dieu réalise dans l’être humain au moment de sa conversion est telle qu’il passe à une situation relationnelle avec Dieu qui est différente. Il est déclaré juste, je ne vais pas faire l’ensemble des bénéfices associés au Salut (ce sera dans le deuxième podcast) mais il suit la vie de Christ, sa mort et sa résurrection. Il est d’ores et déjà spirituellement assis avec Christ dans les lieux célestes. Et le but de tout ceci est de montrer dans le siècle à venir et pendant toute l’éternité, la richesse surabondante de sa grâce par sa bonté envers nous en Christ-Jésus. C’est-à-dire que Dieu a montré une telle faveur, un tel amour à des gens qui ne le méritent pas, que ceux qui le reçoivent pendant toute l’éternité vont dire « Mais quel bonheur ! » Dieu a fait faveur, Dieu a fait grâce. Dieu a donné librement, libéralement, abondamment son pardon parce qu’il est bon envers nous en Christ-Jésus. Dieu a prouvé son amour envers nous parce qu’il est mort pour nos péchés. Et donc le Salut est vraiment un sauvetage que Dieu réalise gratuitement presque indépendamment de nous, parce que si nous avions un mérite quelconque pour notre Salut, ce ne serait plus une grâce, ce serait un dû, ce serait un salaire. Nous ne pouvons pas bénéficier du Salut par un effort personnel, nous ne pouvons que le recevoir et c’est un cadeau que Dieu donne.

Beaucoup disent que c’est trop facile si c’est comme cela, mais en fait, si c’était si facile tout le monde l’accepterait. Ce qui est très difficile en acceptant un cadeau de cette taille, c’est de cesser de prétendre que nous sommes méritants devant Dieu. Et donc il y a beaucoup d’humilité qui est nécessaire pour pouvoir venir devant Dieu comme un mendiant, un homme qui a fait faillite spirituellement et qui dit : écoute Seigneur mes mains sont vides je n’ai que ma crasse à te proposer. Mais Dieu répond : moi je t’ai aimé comme cela et par faveur, par grâce, par amour je te donne mon Salut, c’est quelque chose que j’, c’est-à-dire qu’il génère une vie nouvelle et c’est normal puisque l’état initial de l’être humain c’est la mort, et donc Dieu insuffle une vie nouvelle. C’est exactement le discours que Jésus tenait devant Nicodème lorsqu’il est question de renaître, de passer par la nouvelle naissance pour accéder au royaume de Dieu. Je remarque encore un fois, je veux le souligner, que la motivation de Dieu est une motivation pleine d’amour. Je suis entouré de gens qui ont vécu des choses difficiles, qui ont fait des choix parfois très graves, erronés, moi je fais partie de ces gens-là qui bénéficient de cette grâce, et ce qui m’émerveille régulièrement, c’est la dimension de la grâce de Dieu. Dieu a aimé des gens qui n’étaient pas aimables, Dieu a sauvé des gens qui n’étaient pas aimables. Le Salut n’est pas une question de mérite, elle ne peut jamais être une question de mérite et l’apôtre le souligne dans une troisième série de versets que je voudrais lire qui commence avec le verset 8.

Donc on a vu le diagnostic de Dieu, on a ensuite vu la motivation de Dieu et ce que j’observe aux versets 8 et 9 c’est le cadeau de Dieu : « 8 C’est par la grâce en effet que vous êtes sauvé, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. 9 Ce n’est pas par les œuvres, afin que personne ne se glorifie » Quand l’apôtre Paul se répète c’est que c’est quelque chose de vraiment vrai, qu’il veut vraiment qu’on comprenne : « c’est par la grâce que vous êtes sauvé » et c’est l’élément distinctif du christianisme : la grâce comble la distance infinie qui nous sépare de Dieu. La grâce reflète le caractère généreux de Dieu. Dieu ne fait pas payer son Salut, il le donne parce que lui l’a payé pleinement à la croix. Gratuitement il couvre nos vies brisées par le péché, il revêt nos vies d’honneur, nous qui l‘avons déshonoré, et déshonoré la race humaine par notre péché, il comble la souffrance générée par notre péché par la grâce, et la vie nouvelle et la résurrection qui nous attend et qui nous placera dans une communion avec Lui.

Alors vraiment ce sauvetage est par grâce. Dieu fait tout ce qui est nécessaire pour que nous soyons sauvés. Et ce qui reflète cette réception, c’est la foi que nous exprimons envers Dieu. Avant, lorsque nous n’étions pas croyants, nous avions une foi en nous-même. Nous pensions être méritants, nous pensions être suffisamment bons, suffisamment bien, suffisamment capables, suffisamment religieux, suffisamment généreux, suffisamment présents à l’église… Des grenouilles de bénitiers en quelques sortes. En pensant qu’à cause de ça, grâce à ça, Dieu pourrait nous accepter un jour dans son royaume. Mais non, c’est par le moyen de la foi ! C’est-à-dire que je comprends que je suis insuffisant devant Dieu, mais ayant compris cela, je comprends aussi que Christ a fait tout le chemin. Il meurt à la croix pour payer mes offenses, pour recevoir le déshonneur que j’ai moi-même réalisé par mes péchés. Il est mon substitut, il est mon juge, il est mon avocat. Il a tout fait pour que je puisse vivre en Lui et je le crois, je l’exprime verbalement, publiquement : « je crois Seigneur Jésus que tu es mort pour mes péchés et je crois que tu veux me sauver et me sortir de cette mort, et je me donne à toi, je te demande d’entrer dans ma vie. » C’est par la foi que l’on accueille ce Salut. Et l’apôtre Paul souligne « cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu. » L’ensemble du Salut est un don de Dieu, même si psychologiquement à un moment donné je l’accepte, je le choisi, je le crois, je l’exprime, je le confesse et je marche avec lui. L’apôtre ajoute encore « ce n’est pas par les œuvres, afin que personne ne se glorifie ». Il n’y a aucun mérite possible dans le Salut. Et au départ, je trouvais cela un peu surprenant, j’avais de la peine à l’accueillir, c’est souvent un peu le combat de la maturité spirituelle, du chrétien qui nait de nouveau.

Et finalement en y réfléchissant, je trouve que c’est tellement sage, c’est tellement bon. Parce que si c’était une question de mérite quelconque, alors ça veut dire que l’enfant qui a grandi dans les quartiers les plus difficiles des villes où il y a de la drogue, de la violence, des crimes aurait moins de chances que moi qui ait grandi dans un environnement plutôt BCBG avec une bonne éducation… Moi j’ai commis moins de péchés que lui et donc moi, je serais peut-être plus méritant que lui ? ce serait injuste ! Il n’y est pour rien cet enfant. Et je pense que Dieu a tout enfermé dans le péché, tous les hommes : qu’ils soient médecins, qu’ils soient prostitués, qu’ils soient cadres ou bien ouvriers. Tous les hommes sont pécheurs devant Dieu. Quelques soient leurs religions ils sont tous pécheurs devant lui. Mais tous les hommes ont accès au même Salut qui est gratuitement donné par ce que Jésus-Christ a réalisé à la croix. Et c’est un témoignage qui est universel dans l’écriture. Si tu prends le temps de lire le Nouveau Testament (et même l’Ancien Testament même si c’est peut-être un peu moins visible) le Salut est toujours un cadeau. Relève tous les versets qui en parlent, et tu verras que cette notion est fréquente et fondamentale. D’ailleurs dans les propos même de Jésus : Jésus prend un petit enfant et le place au milieu d’eux et il dit « en vérité je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux » (Matthieu 18 verset 3). C’est tout simple, un enfant a cette foi naïve et simple qui croit ce que Dieu dit, et Jésus nous invite à prendre exemple sur cet enfant et toute sa simplicité ne mérite rien, mais il peut recevoir le Salut. Et l’apôtre Paul dit ailleurs en Romain 10 versets 9 à 11« 9 Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. 10 Car en croyant du cœur on parvient à la justice, et en confessant de la bouche on parvient au Salut, selon ce que dit l’écriture : 11 « quiconque croit en lui ne sera pas confus ». Je pourrais lire des tas et des tas de versets qui vont dans ce sens, mais je ne le fais pas parce qu’on n’a pas le temps sur des podcast qu’on me demande courts, mais le cadeau de Dieu est un cadeau, donc ce n’est pas un mérite.

Alors les gens disent souvent ou parfois : bah alors c’est simple, je fais ce que je veux car Dieu est mort pour mes péchés, donc basta le péché n’a pas d’importance, et je peux faire ce que je veux de ma vie, l’essentiel c’est qu’un jour je crois. Alors évidemment, ça ne marche pas comme cela, et c’est ce que le verset 10 nous montre : c’est que celui qui a authentiquement et réellement reçue la vie nouvelle que Christ offre. Il reçoit une vie nouvelle. Et une vie nouvelle c’est quoi ? Ce n’est pas simplement un sauvetage, un ticket pour le paradis, c’est une vie, c’est une manière de vivre. Le verset 10 d’Ephésiens 2 nous dit : « Car nous sommes son ouvrage, nous avons été créés en Christ-Jésus pour des œuvres bonnes que Dieu nous a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions. » Donc celui qui est au bénéfice de la grâce de Dieu change de vie, il est créé, recréé, il devient son ouvrage pour des œuvres bonnes que Dieu a préparé d’avance pour les pratiquer. Donc il y a une réorientation des priorités de la vie, et cela a été une des surprises quand je suis né de nouveau. Il y a eu des choses que j’avais l’habitude de faire et soudainement, je n’avais plus envie de les faire. Il y avait des attractions que je trouvais normales qui changeaient progressivement, pas facilement, mais progressivement. Il y avait une joie qui se décalait de certaines choses vers d’autres choses et notamment vers l’écriture, vers la personne de Dieu, vers la joie de le connaître…il y a une réorientation. Et donc oui, le sauvetage que Dieu propose est par la grâce seule et cette grâce seule engendre une vie nouvelle.

Tite le dit ainsi, l’apôtre Paul écrit à Tite 2 versets 11-12 : « 11 La grâce Dieu, source de Salut pour tous les hommes, a été manifestée. 12 Elle nous enseigne […] à vivre dans le siècle présent de manière sensée, juste et pieuse … » Donc je remarque, je constate que le Salut est un cadeau qui transforme la vie, c’est un sauvetage qui réoriente la vie. C’est fondamental ce qui est dit, c’est l’essentiel de l’évangile. Si tu as confiance en toi pour un jour paraître devant Dieu, tu ne fais pas confiance à Christ, tu ne fais pas confiance dans l’œuvre qu’il a réalisé. C’est le péché des pharisiens qui pensaient qu’ils étaient justes devant Dieu. Tu n’es pas juste, personne n’est juste devant Dieu, et tu as besoin de recevoir la grâce immérité et complète de Dieu et de laisser cette grâce te transformer de gloire en gloire, malgré parfois les échecs qu’il faut confesser à Dieu, malgré les doutes et les obstacles et demeurer en lui par la force qu’il nous a donné. Ce matin je lisais que nous avons reçu tout ce qui contribue à la vie, à la piété par la connaissance de Christ. Tout nous est donné en Christ, par Christ, par le sauvetage qui nous est laissé.

Voilà, j’espère que c’était clair, que cela est suffisant pour montrer ce qu’est la nature du Salut. J’espère que si tu es un disciple de Jésus-Christ, tu te réjouis de ce que l’amour qui a été manifesté par Christ est grand, suffisant, parfait et qu’il te soutient. Je pense que Dieu t’a aimé avant la fondation du monde pour que tu sois saint et sans défaut devant lui.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire. Florent est aussi conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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