Le parler en langues est-il la marque du baptême de l’Esprit? (Épisode 14)

L’épisode 14 aborde une question très fréquente sur le Saint-Esprit. C’est aussi un sujet qui divise de nombreux chrétiens. Vous étiez plusieurs à demander: « Le parler en langues est-il la marque du baptême de l’Esprit? » Florent Varak nous amène à parcourir ce que la Bible dit à ce propos avant de proposer une réponse.

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Transcription de la réponse de Florent Varak à la question « Le parler en langues est-il la marque du baptême de l’Esprit? » :

« Cette transcription vous est proposée par les bénévoles de Toutpoursagloire.com. Nous cherchons à garder le style oral des épisodes pour ne pas déformer les propos des intervenants. De même, nous rappelons que ces transcriptions sont une aide mais que les paroles de l’auteur (podcast et vidéo) restent la référence. Cependant, n’hésitez pas à nous signaler toutes erreurs ou incohérences dans cette transcription. Vous pouvez aussi en savoir plus ici pour rejoindre notre équipe de transcripteurs. Merci d’avance. »

« La question est posée : est-ce que le parler en langues est le signe du baptême de l’Esprit ?

Alors j’espère que vous prendrez le temps d’écouter les podcasts qui disent ce que je comprends du baptême de l’Esprit mais pour cette question, je crois, qu’on peut être assez catégorique pour souligner que le parler en langues ne peut pas être la marque du baptême du Saint Esprit. Pourquoi ? Pour un certain nombre de raisons que je vais développer assez rapidement et puis, dans un podcast ultérieur, nous parlerons  de ce qu’est le parler en langue.

Premièrement, le baptême de l’Esprit, c’est l’œuvre que Jésus réalise dans la vie de quelqu’un qui se convertit. C’est ce que 1 Corinthiens 12.13 enseigne.  « Si quelqu’un n’a pas le Saint Esprit, il n’appartient pas à Christ ». C’est ce que Romains 8.9 nous précise. Donc le baptême de l’Esprit est un évènement qui concerne tous les non-chrétiens qui deviennent chrétiens et ils sont, par là même, baptisés de l’Esprit.

Deuxième remarque, il n’y a dans le livre des Actes que trois parler en langues. Et dans ces trois parler en langues, il n’y a pas d’association avec la plénitude de l’Esprit ou le baptême de l’Esprit comme seconde expérience à part en Actes 2. Mais dans les autres passages qui en parlent, le parler en langues n’est pas l’attestation de la présence du Saint Esprit. Le parler en langues atteste d’autres choses et c’est quelque chose que nous aborderons plus tard sur ce qu’est le Saint Esprit. Juste une remarque que je fais en « apéro » de la suite : le parler en langues a lieu lorsque les premiers juifs se convertissent (Actes 2), lorsque les premiers païens se convertissent (Actes 10) et lorsque les derniers croyants de l’Ancien Testament, des disciples de Jean-Baptiste, se convertissent (Actes 19). Ce sont les trois seuls exemples de parler en langues que nous ayons et ils ne sont pas, selon ma compréhension, liés à un signe du baptême du Saint Esprit, mais on reparlera de cet aspect.

Troisièmement, et c’est peut être la raison la plus importante, le don des langues est un don parmi d’autres dons, n’est-ce pas ? Nous le trouvons stipulé en 1 Corinthiens 12 et l’apôtre Paul le souligne tellement fortement que ce serait dommage de passer à côté. L’idée que tous les chrétiens, les chrétiens mûrs ou baptisés du Saint Esprit, aient le même don va exactement à l’encontre de ce que l’apôtre souligne en 1 Corinthiens 12. Au verset 7, il dit : « Or à chacun, la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. En effet, à l’un est donné par l’Esprit une parole de sagesse, à un autre une parole de connaissance selon le même Esprit, à un autre la foi par le même Esprit, à un autre des dons de guérison par le même Esprit, à un autre le don d’opérer des miracles, à un autre la prophétie, à un autre le discernement des esprits, à un autre diverses sortes de langues, à un autre l’interprétation des langues ». La répétition nous lasse mais le terme « à un autre » est souligné tellement souvent qu’il faut bien voir que dans la pensée de Paul aucun don ne sera distribué à tout le monde. Chacun, et c’est la beauté du corps de Christ, aura un ou deux dons différents. Donc l’idée de dire que le parler en langues est un signe pour que les chrétiens sachent que quelqu’un a été baptisé du Saint Esprit, va à l’encontre de ce que dit Paul dans sa description des dons spirituels. En effet, il souligne en 1 Corinthiens 12.11 : « Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut ». Et à la fin de ce chapitre il dit : « Tous sont-ils apôtres, tous sont-ils prophètes, tous sont-ils docteurs, tous font-ils des miracles, tous ont-ils des dons de guérison, tous parlent-ils en langues, tous interprètent-ils ? ». Ce sont des questions rhétoriques qui invitent à une réponse négative : non, pas tous ! Et donc tous ceux qui auront une certaine maturité soi disant dans la perspective que le baptême de l’Esprit serait une seconde expérience qui donnerait puissance ou maturité, et bien ce n’est pas possible d’avoir un même don pour l’évoquer ou l’attester. D’ailleurs je remarque que l’apôtre Paul prend bien soin à chaque fois de mettre le parler en langues en bas de liste, peut être pour tempérer les ardeurs qu’il y avait dans l’Eglise de Corinthe à les mettre en avant, je ne sais pas, c’est une possibilité, en tout cas je ne suis pas le seul à l’avoir remarqué en ces termes.

Il y a une quatrième raison qui est importante, quand l’apôtre Paul parle de la fonction du don des langues, il dit: « Les langues sont un signe, non pour les croyants mais pour les non-croyants » (1 Corinthiens 14.21). Les langues sont un signe pour les non-croyants. C’est-à-dire qu’elles attestent de quelque chose pour ceux qui ne sont pas des disciples de Christ. Réfléchissez un instant avec moi. Si le parler en langues était le don qui atteste de la présence du Saint Esprit ou du baptême du Saint Esprit, ce serait un signe pour des chrétiens puisque les non-chrétiens ne se posent même pas la question de savoir ce que c’est que le Saint Esprit. Donc ce serait un signe pour les chrétiens. Or l’apôtre Paul dit l’inverse : le parler en langues, c’est un signe pour les non-chrétiens. Pourquoi ? Comment ? A quoi il sert ? C’est ce que nous verrons un petit peu plus tard.

Alors, le parler en langues est un don spirituel parmi d’autres, le mettre en avant  comme test ou preuve de la présence de l’Esprit est problématique par rapport à ce que nous dit Paul en Corinthiens et moi j’ai remarqué que d’un point de vue psychologique, c’est un peu dommage. C’est un peu dommage parce que les gens qui ne l’ont pas se sentent un peu minimisés dans leur lien avec Christ en disant : « ben moi je n’ai pas le don des langues et donc je n’ai pas reçu ce baptême, cet puissance », donc ils, et je les ai rencontrés, s’estiment comme des chrétiens moins bénis, qui ont moins de force spirituelle, des chrétiens de seconde zone et c’est tragique et dommageable. C’est vraiment triste pour eux donc il y a un vrai découragement. Et puis j’en ai rencontré d’autres qui ne tarissaient pas d’éloge sur eux-mêmes parce qu’ils avaient le don des langues et que c’était le « test ultime », pour eux, de leur autorité, de leur puissance spirituelle. Ce qui est dommage, c’est que le Saint Esprit œuvre de tellement de manières différentes dans la vie d’un chrétien. Certes, le don spirituel est quelque chose de magnifique. Dieu veut qu’on utilise tous les dons spirituels qu’il met à notre disposition mais certainement pas un don au dessus des autres, et certainement pas que nous ayons tous le même don et certainement pas à ce que ce soit la marque d’une maturité. Je pense à Galates 5 où je me dis qu’un don spirituel est super facile à imiter. Je peux apprendre à quelqu’un à enseigner, à prophétiser, à évangéliser, à encourager. On peut apprendre plein de choses. Les dons spirituels peuvent être imités et ce n’est pas nécessairement des dons que le Saint Esprit va vraiment utiliser dans nos vies. Mais il y a quelque chose qui est inimitable, et ça nous est donné en Galates 5 : c’est le fruit de l’Esprit. La Bible nous dit : « Le fruit de l’Esprit c’est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maitrise de soi ». Je me dis que s’il y a des progrès à faire, pour nous qui sommes disciples de Christ, c’est dans le fruit de l’Esprit. Et c’est vraiment le cas dans ma vie, j’ai beaucoup de progrès à faire dans le fruit de l’Esprit qu’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maitrise de soi. En mettant trop l’accent sur la démonstration de la présence du Saint Esprit sur des dons, je crains parfois qu’on oublie de mettre l’accent sur le fruit de l’Esprit dans nos vies, dans les relations que nous avons les uns avec les autres et qui est très difficile à imiter. Quelqu’un qui n’est pas aimable a de la peine à aimer, quelqu’un qui n’est pas joyeux a de la peine à être joyeux, etc. Et ça c’est vraiment l’œuvre que le Saint Esprit doit faire en nous et ça devrait mesurer davantage la maturité du disciple plutôt que ses compétences qui, souvent, sont des compétences, qui sont imitables.

Dans le texte de Galates que nous avons lu, l’apôtre Paul continue en disant: « Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit, ne devenons pas vaniteux en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres ». Et finalement c’est le vœu que je fais : c’est que nos regards soient, certes orientés vers le service et les dons spirituels et tout ce que Dieu veut nous donner pour nous équiper au service mais aussi et surtout à ce qui est central chez Paul. En effet, dans le chapitre 13 de l’épitre aux Corinthiens, qui est inséré entre le 12 et le 14 qui parlent des dons spirituels, Paul parle de l’amour qui doit prévaloir entre chrétiens dans l’église de Corinthe. Comme il le dit dans Galates 5, que ce soit notre préoccupation de cultiver ou de laisser le Saint Esprit cultiver en nous, faire surgir en nous le fruit que sont : amour, joie, paix, patience, etc. C’est mon vœu pour chacun d’entre nous, que nous puissions dépendre de Dieu et connaitre cette communion avec l’Esprit qui crée ce genre de fruit en nous. On en a désespérément besoin et ceux qui sont autour de nous en ont désespérément besoin également. »

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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