Comment les peuples non-atteints pouvaient-ils parvenir au salut avant Jésus-Christ?

L’épisode 48 traite du sujet du salut des peuples non-atteints. Florent Varak répond à la question posée en donnant 3 enseignements sur les moyens par lesquels Dieu se révèle aux hommes. Il conclut en donnant 2 applications pratiques pour nous.

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La question est posée : « Pour une personne vivant avant la naissance de Jésus, éloignée géographiquement du pays d’Israël et n’ayant pas d’accès à l’Ancien Testament, par exemple le Japon, comment ces personnes pouvaient-elles parvenir au salut et à la connaissance de l’Éternel? Merci pour ton travail et ce que tu partages. »

C’est une super question et la question du salut avant Jésus-Christ ou du salut en-dehors de zones où l’Évangile est accessible a préoccupé les théologiens, les pasteurs et tous ceux qui aiment le Seigneur. Associé à cette préoccupation, il y a le raisonnement philosophique et humain qui puise beaucoup dans les émotions pour tenter de définir des pistes qui en fait se révèlent être assez problématiques. Alors faisons le tour d’horizons des pistes problématiques avant de regarder à quelques perspectives qui me semblent plus bibliques.

Il y a une manière de répondre qui est contraire à la Bible, c’est d’invoquer l’universalisme. L’universalisme c’est l’idée que tout le monde sera sauvé avant et après Jésus. La version populaire c’est le chant « On ira tous au Paradis » qui était un grand succès, parce que je pense que ça touche profondément cette idée que Dieu est un bon grand-père qui ne se préoccupe pas vraiment de nos faiblesses, de notre égoïsme et de nos péchés, mais c’est contraire à l’enseignement de l’Écriture.

Daniel 12.2 dans l’Ancien Testament, parle d’un jugement éternel dans la présence de Dieu ou dans la honte éternelle. Jésus ne dit pas autrement; en Matthieu 25.46 il conclut toute une série d’enseignements sur son retour, sur le règne qui vient et il conclut en parlant d’un tri ultime qui séparera en un jugement ou une vie éternelle ceux qu’il jugera. Et puis, ça a du sens d’ailleurs parce que, imagine tout le monde est sauvé, tu te réveilles au Paradis aux côtés de Hitler, soudainement ça devient plus le même paradis, n’est-ce pas? Parce que soit Hitler sera inchangé, de toute façon il ne voulait pas changer, et ce sera un enfer d’être à ses côtés, soit il sera toujours dans le même rejet de Dieu et donc sa perspective de râler constamment, d’être obligé d’être dans la présence de Dieu rendra ce Paradis un peu infernal.

En fait, je pense vraiment que le jugement accordera, portera l’accomplissement de ce que les gens souhaitent. Ceux qui aiment Dieu se retrouveront dans l’Évangile et se tourneront vers lui en profitant pleinement du salut. Ceux qui n’en veulent pas se retrouveront dans ce qu’ils ont souhaité et désiré malheureusement avec le regret, je ne pense pas le regret colérique de ne pas avoir reçu quelque chose, mais le regret de réaliser par soi-même combien on était décalé par rapport à cet amour pour Dieu et combien il est adorable, admirable et qu’il est digne d’une vie. Bref, l’universalisme n’est pas la bonne piste.

Deuxième piste, c’est la piste du mérite. C’est associé à une lecture erronée, me semble-t-il, de Romains 2.14-16 qui dit : « Quand les païens qui n’ont pas la loi font naturellement ce que prescrit la loi, eux qui n’ont pas la loi, ils sont une loi pour eux-mêmes, ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leur cœur, leur conscience en rend témoignage et leur raisonnement les accuse ou les défend tour à tour. C’est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par le Christ Jésus les actions secrètes des hommes. »

On a l’impression en lisant ce texte en-dehors de son contexte et du reste de l’Écriture, qu’il y a une notion de salut dans la Bible qui serait une sorte de récompense : Dieu va juger selon les actions secrètes des hommes et en fonction de leurs actions, Dieu va leur accorder le salut. Le problème c’est que c’est bien sûr contraire à l’ensemble de la révélation qui parle toujours du salut comme un cadeau. Juste avant le passage que je viens de lire et qui me semble mal interprété, l’apôtre Paul écrit au verset 12 : « Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché sous la loi seront jugés par la loi. Ce ne sont pas en effet ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu mais ceux qui pratiquent la loi qui seront justifiés. » Or personne ne pratique réellement la loi et j’ajoute, aucun homme n’est à la hauteur, personne ne pratique parfaitement la loi.

Le verset 12 ne laisse aucun survivant : « Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché sous la loi seront jugés par la loi. » Donc finalement c’est un ministère de condamnation la loi, c’est un ministère de condamnation ce que l’on voit dans la nature. On réalise que l’on a besoin de Dieu et on le rejette. Je ne pense pas qu’on puisse imaginer un quelconque moment dans l’histoire une sorte de mérite qui conduirait au salut.

Alors comment avancer sur cette question? D’abord il faut reconnaître qu’on va avancer avec prudence. Pourquoi? Parce que la Bible ne répond pas explicitement et complètement à cette question. Il n’y a pas un verset qui dise « Voilà ce qui se passe pour les gens qui vivaient avant Jésus-Christ dans des pays où il n’y avait pas connaissance de Dieu ». On va donc rester sur des remarques qui sont générales. J’en ferai plusieurs.

La première de ces remarques c’est que Christ est le seul qui sauve, avant, pendant et après sa venue. Jésus ne laisse aucun doute, Jean 14.6 « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi », Actes 4.12 « Le salut ne se trouve en aucun autre, il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés. » Ce n’est pas du racisme religieux, c’est parce que, selon ce que nous rapporte 1 Timothée 2.5 « il y a un seul Dieu et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes : le Christ Jésus, homme ». Dieu s’est déplacé en Jésus-Christ et il est le pont parfait entre nous et Dieu. Donc un seul médiateur, et s’il y a salut à un moment donné, quelque part sur la terre, c’est toujours par Jésus-Christ.

Deuxièmement, dans l’Ancien Testament ou pendant le temps de l’Ancien Testament, des gens ont été sauvés de plusieurs manières. Premièrement par révélation directe : souviens-toi d’Abraham, il vivait dans un pays polythéiste et n’avait aucune conscience de Dieu, Dieu l’appelle et il croit à la promesse qui lui est faite. Donc il suit Dieu, il chemine avec Dieu et à un moment donné il croit, mais c’est par révélation : Dieu s’est révélé directement à Abraham. Parfois c’est pas association aux promesses du peuple de Dieu : pense à Rahab. Rahab était une femme de Jéricho qui était une prostituée, et qui n’était pas vraiment ni méritante ni proche du peuple d’Israël, mais elle a cru à la bénédiction de Dieu sur le peuple d’Israël et en cela, s’est associée au salut que Dieu offrait, toujours médié par les mérites de Jésus-Christ puisque c’est lui qui permet le pardon des péchés. On voit que cette femme fait partie des héros de la foi de Hébreux 11 et que sa foi dans la promesse et dans la bienveillance de Dieu a été ce qui manifeste la réalité de son salut.

Dans l’Ancien Testament on voit des gens sauvés par la prédication : tu connais l’histoire de Jonas, le prophète nationaliste qui ne voulait surtout pas que les ennemis d’Israël bénéficient de l’alliance et du salut de Dieu. Dieu s’impose à lui, il va finalement prêcher et le plus grand réveil missionnaire de l’Ancien Testament a lieu avec une seule phrase prophétique qu’il prononce, on voit un homme au cœur dur, mais Dieu utilise cette prédication et des hommes et des femmes sont sauvés.

Et puis par la compréhension, enfin, que Dieu fait grâce au travers de différentes images, que ce soit les images du sacrifice, que ce soit l’image du serpent d’airain en Nombres 21 que Jésus va reprendre en Jean 3 ; même David comprend que ce que Dieu recherche, c’est un cœur brisé, c’est une humilité, c’est une réalisation que Dieu seul peut faire grâce, qu’il n’y a pas de mérite.

Premièrement c’est toujours par Jésus-Christ, deuxièmement les modes qui communiquent les notions de salut vont être assez diverses dans l’Ancien Testament. Troisième remarque, Dieu, me semble-t-il, saura se révéler à qui il veut et comme il veut. On a juste un exemple dans l’Ancien Testament, c’est celui de Melchisédek : il vient de nulle part et on voit cet homme qui semble vraiment connaître Dieu, le servir et même Abraham lui donne la dîme de tous ses biens, c’est-à-dire qu’il reconnaît en lui une forme de prêtre, une forme d’homme qui lui est supérieur.

Cela doit nous donner cette perspective et cet encouragement que Dieu est capable de se révéler à qui il veut, quand il veut, en dehors d’Israël. Je n’ai donc personnellement aucun doute que Dieu a probablement désiré à un moment donné se révéler, comme il s’est révélé à Melchisédek, 2000 ou 3000 ans av. J.-C. à un fermier du Japon ou je ne sais quel autre pays. En tout cas, cela me semble tout à fait possible. Il y a un verset qui est interprété de façon assez différente selon les commentateurs et je ne vais pas en faire un commentaire complet – ça pourrait faire l’objet d’un autre podcast si ça t’intéresse – mais Malachie 1.11 dit : « Car depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, mon nom est grand parmi les nations, en tout lieu on brûle de l’encens en mon nom et on apporte une offrande pure car grand est mon nom parmi les nations dit l’Éternel des armées. »

Il y a bien des difficultés associées à ce verset, peut-être que c’est une prophétie surtout qui annonce l’inclusion des païens aux promesses faites à Abraham, ou bien il pourrait indiquer que Dieu reconnaît parfois parmi les nations des gens qui le louent avec une juste reconnaissance de qui il est et surtout que lui seul peut faire grâce et nous sortir du bourbier du péché, d’un comportement égoïste qui souvent caractérise nos vies.

Alors en résumé, finalement c’est pas très éloigné de notre expérience. On a vu dans un précédent podcast associé à Éphésiens 2 que le salut est vraiment un cadeau, du début jusqu’à la fin, Dieu se révèle à des pécheurs qui sont aveugles, qui sont morts dans leurs péchés et il leur fait prendre conscience de la réalité de leurs fautes et de la grandeur du salut que Dieu leur accorde en Jésus-Christ. Moi je peux imaginer donc que Dieu ferait la même chose, dans des proportions de révélation différentes que celles que nous avons maintenant, en effet on est 2000 ans après J.-C., on a l’ensemble de la Bible, on a aussi des prédications qui sont disponibles en quelque sorte et on peut plus facilement avoir accès au salut, ce qui n’était pas évidemment le cas avant. Mais on peut imaginer le même principe, que Dieu se révèle à la conscience d’un individu comme il le fait pour nous et que la personne comprenne ainsi qui est Dieu et comment on peut l’approcher. Les conséquences de ça sont doubles.

La première remarque c’est qu’il faut réaliser que l’on est des privilégiés et il faut vraiment louer Dieu qu’il nous a accordé cette révélation de l’Évangile. L’apôtre Pierre dit en 1 Pierre 1.12 : « Il leur fut révélé », en pensant aux prophètes de l’Ancien Testament, »que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient ministres de ces choses. Maintenant elles vous ont été annoncées par ceux qui vous ont prêché l’Évangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, et les anges désirent y plonger leurs regards. » C’est-à-dire que c’était tellement une grâce que ces prophètes auraient voulu connaître, nous on doit, par contraste, réaliser combien c’est un cadeau extraordinaire que nous ayons tant de révélation, tant de compréhension de qui est Dieu, de sa grâce, et ça doit nourrir notre louange et notre consécration.

Et la deuxième implication de ça, c’est qu’un tel privilège implique une grande responsabilité et j’espère que tu pries pour les nations, j’espère que tu pries pour les peuples non-atteints, j’espère que tu te soucies de ceux et de celles qui sont autour de nous qui n’ont jamais entendu parlé de l’Évangile de Jésus-Christ, et que peut-être tu peux prier que Dieu t’utilise cette semaine pour être un témoin sensible, adroit, aimant.

Tu sais qu’il y a deux semences particulièrement mises en avant dans les paraboles du royaume en Matthieu 13, la première c’est la parole de Dieu, c’est ce que nous annonçons et la deuxième, c’est toi qui es la semence par rapport à celle de l’ivraie, tu es la bonne semence,  les fils du royaume sont des semences, et Dieu te place là où il entend te placer pour que tu puisses être le reflet de Jésus-Christ et de son Évangile.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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