Peut-on choisir son genre? (Épisode 144)

Florent Varak aborde un sujet brûlant, la question des genres. Le but de ce podcast est de présenter ce que la Bible dit sur le genre, tout en ayant une approche pastorale.

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Voici la question du jour : Bonjour les amis, merci pour votre travail. Je me suis posé la question suivante. Avez-vous fait un article sur un des sujets les plus inquiétants, voire le plus inquiétant de notre société actuelle pour les jeunes, c’est-à-dire ce qui concerne le choix des genres et sur les transgenres ? Il ne me semble pas que vous ayez abordé la question. cf article RTS 22/10/2017 “Dans les écoles lémaniques les enfants peuvent changer de genre”.

Merci pour cette question dont les ramifications sont immenses, et qui va devenir un sujet de conversation assez fréquent dans nos foyers, dans nos écoles et dans nos églises également. J’étais à Liverpool il y a quelques mois, et mon hôte m’a emmené à une réunion du Christian Institute qui défend les droits des chrétiens face à ce qui est parfois une menace de persécution, en tout cas sur leurs idées et sur leurs choix. Ils parlaient justement de l’insistance gigantesque du lobby LGBT pour que le genre soit une question d’auto-détermination, et le plus tôt possible. Alors est-ce vraiment le cas ? Est-ce vraiment le cas de ce que la Bible présente lorsqu’on parle de genre ?

Avant d’aborder ce que la Bible dit, j’aimerais commencer par quelques considérations pastorales, en soulignant que je vois vraiment des gens souffrir profondément de se sentir d’un autre genre, qu’ils soient jeunes ou qu’ils soient moins jeunes. Ils souffrent de ne pas être ce qu’ils souhaiteraient être, ils souffrent d’être incompris dans leur situation, ils souffrent des moqueries des autres, ou des propos insensibles qui sont tenus, et hélas, parfois, par les gens d’une église, ou qui se revendiquent d’une église. Je voudrais commencer par reconnaître la réalité d’une souffrance intérieure de ce genre de problématique, une souffrance obsessionnelle, compulsive, fréquente, un peu comme une toile de fond assez sourde qui bouffe la vie et qui empêche ces gens d’être heureux.Le changement de genre ne répond pas à ce problème de malaise fondamental qu’ils peuvent vivre. Mais c’est important de savoir que c’est compréhensible que tu vives ça, que tu n’es pas le seul à le vivre. Certaines filles se sentent réellement et profondément garçons, et elles souffrent de ne pas l’être, elles souffrent d’être incomprises et vice versa pour les garçons. Si tu écoutes ce podcast et que tu es dans cette situation, j’aimerais reconnaître cette réalité de la souffrance, et puis je terminerai ce podcast sur quelques conseils sur la manière de la vivre. Maintenant, qu’est-ce que la Bible en dit, parce que finalement c’est l’objet de ce podcast : regarder ce que la Bible peut dire de ces questions que nous avons et qui nous préoccupent.

La première remarque que je ferai, c’est que la masculinité et la féminité sont l’une des distinctions fondamentales de la doctrine de la création. La Bible dit que Dieu créa les humains à son image, il les créa à l’image de Dieu, homme et femme il les créa (Genèse 1.27). L’être humain, ici Adam, mâle, dit “zakar”, dont l’étymologie le rapproche de “pointu”, et puis femelle, dit “neqebah”, dont l’étymologie le rapproche de “perforé”. Le langage hébraïque est extrêmement coloré : un homme masculin pointu, une femme féminine perforée. La répartition de l’humanité en deux réalités définies sexuellement est impossible à louper. Dès la création, l’être humain est soit mâle, soit femelle ; soit homme, soit femme. Je veux vraiment insister là-dessus : la question est binaire, seulement binaire, il n’y a que deux options quant au genre, mâle ou femelle. La biologie l’enseigne, il suffit de regarder deux êtres humains nus et de réaliser leurs différences. Mais ce qui est assez fascinant, c’est que la génétique aussi nous permet de le comprendre. Alors c’est vrai, on verra dans un instant qu’il y a quelques rares cas d’indétermination, mais c’est une autre question.

Deuxièmement : la génétique nous apprend à quel point cette réalité biblique est fondamentalement incorporée et tissée dans l’entièreté de l’être humain. C’est-à-dire que ce n’est pas simplement un organe sexuel qui nous différencie les uns des autres, mais les chromosomes de chaque être humain que l’on retrouve dans chaque cellule de l’organisme, sont sexués. L’entité fonctionnelle de la plus petite partie du corps, la cellule, est consciente de cette identité sexuelle. Le docteur Michel Johner, dans son excellent article sur la vocation chrétienne de la sexualité, que tu trouveras d’ailleurs sur leboncombat.fr, écrit : “L’homme n’a pas d’existence ni même d’idéal en-deça de la bipolarité masculin-féminin. Il est posé comme tel dès sa plus lointaine origine, l’homme n’a jamais existé et n’existera jamais autrement que sous une forme masculine ou féminine. C’est une des données constantes et permanentes de son existence. La dualité sexuelle fait partie intégrante de l’anthropologie biblique.”

Troisièmement : la chute dont la Bible parle en Genèse 3, c’est-à-dire le choix de l’homme et de la femme de choisir le bien ou le mal comme ils l’entendaient, a engendré des distorsions nombreuses qui touchent tous les domaines de la vie. L’humain est devenu mortel, son corps, comme son coeur, comme ses sentiments, comme ses sensations dysfonctionnent. Nous sommes morts spirituellement et nous mourrons physiquement, et par rapport au genre, cette réalité a plein de conséquences. Il y a un groupe infime de la population qui est classé comme intersexué, à cause d’une condition qui rend l’identification du genre impossible, soit par une déficience génétique, soit par une déficience physiologique. On parle, je crois, de 0,02 % de la population, c’est-à-dire une personne par 5 000 naissances. C’est donc assez rare. C’est vraiment dans ce cas-là qu’on peut parler de problème de genre. Il existe aussi des accidents ou des dérèglements hormonaux qui peuvent troubler le développement de l’identité sexuelle. D’ailleurs, certains ont accusé notre société de fabriquer des plastiques, des substances chimiques, qui seraient des perturbateurs hormonaux qui faciliteraient l’émergence de troubles de perception du genre. Dans l’enfance, il faut aussi réaliser que l’influence d’un tiers, des discussions, des expériences sexuelles, des violences subies ou des pressions fréquentes, ou une fascination avec des personnes du sexe opposé ou identique, ou des émotions fortes vécues dans un contexte sexué, peuvent marquer un jeune ou un adulte qui a l’impression d’être d’un genre différent de son corps. Le terme médical actuel est la dysphorie du genre, c’est-à-dire un sentiment d’inadéquation entre le sexe assigné à la naissance et la perception que la personne en a. Le sujet est complexe, il touche pas mal d’aspects médicaux physiologiques et légaux. Mais il faut remarquer que depuis la chute, il y a plein de choses qui fonctionnent mal dans la vie : le corps peut être affligé, nos sentiments, nos émotions peuvent être affligés.

On a donc là une polarisation : tu as d’un côté ce que la Bible dit de toi, et la perception que tu peux en avoir. Je rappelle : la Bible dit que tu es soit mâle, soit femelle, et c’est comme ça, c’est une réalité physiologique. Le Psaume 139 nous dit que nous sommes chacun une créature merveilleuse dans cette identité précise. La réalité génétique constitutive de ton être, tel que tu es, dès ta conception, d’homme, de femme, de mâle, de femelle, ça fait partie d’un schéma que Dieu a pour toi. La réalité biblique est que ton créateur t’a voulu mâle ou femelle, homme ou femme. Et puis d’un autre côté, il y a ce sentiment (pour certains, pas pour tous), obsessionnel, envahissant, d’être d’un autre genre, et d’être à l’intérieur d’un genre différent que ce que l’on  est.

Quelle est la réponse à ta question initiale ? La réponse brutale, (elle est violente si tu ressens cette gêne,  mais on se dit les choses clairement avec amour, en tout cas dans ce podcast) : non, d’un point de vue biblique, ce n’est pas vraiment une option de choisir son genre, ce n’est pas ainsi qu’il faut gérer les problèmes réels de sentiments que tu peux avoir à l’intérieur de toi, vis-à-vis d’un genre que tu sembles ne pas posséder dans ton corps. On ne peut pas changer de genre sans nier cet ordre créationnel dans lequel Dieu nous a inscrits. Un groupe de pédiatres américains utilise un langage extrêmement fort. Je te cites là ce qu’ils ont dit de jeunes enfants qui sont stérilisés de manière permanente, et amputés sous le prétexte de traiter une condition qui se résoudrait dans 80% des cas : c’est “criminel”. Je t’invite à consulter le site www.acpeds.org, sur cette normalisation du genre (https://www.acpeds.org/normalizing-gender-dysphoria-is-dangerous-and-unethical). Je te reparlerai d’un livre qui reprend cette citation.

Le docteur Paul MacHue, qui est un ex-psychiatre en chef de l’hôpital Johns Hopkins (l’hôpital qui a été pionnier dans des procédures de chirurgie de changement de sexe), a conclu après des années de pratique que ce type d’action ne faisait que collaborer à un désordre mental plutôt que de le traiter. Nous sommes donc dans un cadre assez juste, même médicalement, pour dire que c’est le corps qui dicte le genre, et que, s’il y a une perception intérieure que ce n’est pas le cas, ce n’est pas en tentant de changer le corps qu’on arrivera à apaiser le coeur. L’auteur Eric Dzaymana, qui est l’auteur d’une thèse de théologie à Louvain (Université catholique), et qui a réfléchi probablement avec les valeurs catholiques, qui va dans le sens d’une lecture traditionnelle du genre, dit : “Selon nos recherches, et les témoignages des personnes transexuelles ayant subi l’opération de réassignation sexuelle, la médecine ne parvient pas à changer effectivement une femme biologique en un homme biologique, et vice versa. Cette impasse de la médecine est une sorte de preuve de ce que dit la révélation chrétienne au sujet de la création et de l’identité sexuelle de l’homme et de la femme.”

Quelques remarques plus générales avant de conclure :

  1. Je comprends la difficulté, et si tu deviens chrétien en tant que transgenre, ou si tu es tenté par le trans-genrisme en tant que chrétien, je voudrais te rappeler que tout chrétien lutte. Nous luttons tous avec des luttes sur l’identité, des luttes contre des émotions ou des pensées destructrices, des passions ou des désirs, qu’ils soient sexuels ou pas et qui peuvent nous précipiter loin d’une communion avec Christ. Pour tous, moi y compris et j’ose dire moi le premier, il est vraiment nécessaire de cultiver une proximité avec Christ et un environnement qui nous permet de renouveler nos pensées pour contrer les passions profondes, qui parfois peuvent émerger et devenir obsessives pour nous orienter loin de ce qui serait juste, droit et constructif pour nos vies.
  2. Certaines décisions ne changeront pas la souffrance. Certains transgenres, notamment des hommes, pensent qu’ils seront mieux si la chirurgie les transformaient. Ils commencent par un traitement hormonal, puis ensuite ils passent par une chirurgie majeure pour devenir femme, et voilà la tragédie : ils se sentent tout aussi mal après. Le malaise que l’on a et que l’on pensait taire par la chirurgie est un mensonge. Une fois qu’on a fait cette chirurgie, on se sent toujours aussi mal, parce que le problème ne vient pas du corps, le problème ne vient pas du genre, le problème vient du coeur. Et comme j’ai mentionné l’hôpital Johns Hopkins qui était pionnier dans la réassignation du genre, par des procédures chirurgicales, il a décidé de cesser de les faire, parce qu’ils se rendaient, selon eux, coupables de mauvais traitements de ceux qui avaient ce problème. Ils se rendaient compte qu’entre avant et après, il n’y avait pas de modification profonde du malaise, et que la chirurgie ne pouvait pas faire quoi que ce soit pour ça.
  3. La meilleure manière de gérer un problème d’obsession transgenre, c’est de regarder qu’au travers de la nouvelle création, il y a un renouveau possible. Certes il est difficile, progressif, mais possible. Notre rapport à Dieu, qui change lorsqu’on vient à Christ par la repentance et la foi, change tout. 2 Corinthiens 5.17 nous dit que “si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature, les choses anciennes sont passées, voici, toutes choses sont devenues nouvelles”. Ça ne veut pas dire qu’ un zapping a lieu, et que soudainement, tout est réorienté, mais ça veut dire que quelqu’un est scellé du Saint-Esprit, et qu’il peut progressivement voir, par la grâce de Dieu, un changement dans ses affections, dans son orientation, un apaisement dans ses angoisses. Je ferai un autre podcast la semaine suivante pour parler de que faire lorsqu’on est tenté par l’aventure transgenre.

Mais si je devais résumer la réponse à la question qui a été posée au départ, c’est de souligner la chose suivante : Nous sommes dans notre genre par volonté divine, par volonté biologique. Ce n’est pas toujours plaisant, certains hommes voudraient être femme, certaines femmes voudraient être homme, et c’est toujours compliqué parce que depuis la chute toutes nos passions, tous nos désirs, toute notre sexualité, toute notre manière de voir la vie est mélangée avec beaucoup de sentiments externes à la pensée de Dieu. Si tu as un désir de Dieu et si tu veux venir à Christ, Dieu est un Dieu qui pardonne, qui grâcie, parce qu’à la mort sur la croix, il a pris nos péchés et nos faiblesses.

Il est capable de venir dans nos coeurs renouveler profondément notre être et nous réorienter sur une manière de vivre qui soit conforme à ses pensées. Au travers de cette communion, il y a vraiment un renouveau qui commence et qui doit être cultivé, et qui doit être réorienté, ce que j’évoquerai dans un prochain podcast.

Mais non, il n’y a pas de choix possible du genre par auto-détermination. A part peut-être dans certaines conditions très très peu fréquentes, qui sont des conditions physiologiques exceptionnelles, où le corps n’a pas fonctionné de façon optimale. Mais en-dehors de ces cas très précis, le genre est assigné à la naissance, et il convient d’apprendre à vivre avec, plutôt que de vivre contre. C’est parfois compliqué, mais on a tous des vies plus ou moins compliquées sur certains domaines, et je veux vraiment t’encourager, si tu es vraiment attiré par l’aventure transgenre, à réfléchir à cet aspect et à écouter le prochain podcast.

Merci pour cette question et merci pour ta patience en écoutant quelque chose qui ne va probablement pas dans le sens de ce que tu as l’habitude ou l’envie d’entendre.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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