Peut-on être chrétien et policier? Interview d’un officier SWAT (Épisode 174)

Florent Varak et son invité Jordan parcourent ensemble les différentes problématiques qui peuvent apparaître dans la vie d'un chrétien qui est policier. Jordan partage avec avec humilité son expérience et l amanière dont il surmonte ces problématiques.

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FV: Bienvenue à TPSG “Un pasteur vous répond”, et cette fois-ci j’ai avec moi un policier qui va me parler de son expérience, parce qu’en fait j’ai reçu pas mal de questions de gens qui se demandent si c’est compatible avec la vie chrétienne. Alors je suis heureux d’être au côté d’un policier, d’un vrai, et qui va répondre à un certain nombre de questions. Ben écoute, bienvenue! Tu te présentes? Ta situation, ton métier?

Jordan: Oui, merci. Alors je m’appelle Jordan. J’ai grandi à Lyon et j’ai déménagé aux Etats-Unis quand j’avais 17 ans donc en 2008. J’ai fait mes études ici, je me suis marié à Los Angeles donc je suis resté à Los Angeles. Et maintenant je fais partie de la police de Santa Monica, c’est une…

FV: Santa Monica, c’est où?

J: C’est à l’ouest, côté ouest de Los Angeles. Donc ce n’est pas avec la police de Los Angeles, mais c’est une ville à côté de Los Angeles et donc on a notre propre unité de police, notre propre force de l’ordre…

FV: Alors, moi je suis un petit peu ignorant de ces choses donc, tu as une spécialité, ou pas encore, ou ce n’est pas le cas? 

J: Oui alors, comme on est une plus petite unité de police, je fais partie d’une équipe qui est mi-temps observation, donc on recherche des sujets, des gars qui doivent être arrêtés, avec des mandats d’arrêt, et l’autre côté, je fais partie de notre unité de SWAT, c’est le petit frère du GIGN. On ne va quand même pas comparer une unité SWAT au GIGN…

FV: Bien sûr parce que le GIGN c’est la France et c’est le top, on est bien d’accord?

J: Evidemment, OK, ce n’est pas la même chose (sourires, rires).

FV: Comment est-ce qu’on compare par rapport au film SWAT? Tu as vu ce genre de film? (rires)

J: C’est exactement la même chose! Pour nous c’est une unité qui est à mi-temps, et donc on s’occupe de tout ce qui est interventions à hauts risques: prises d’otage, ou mandats d’arrêt avec plus de risque; la plupart du temps, c’est lorsqu’il y a des armes qui ont été utilisées dans la commission d’un crime.

FV: Alors d’où est venue l’idée de t’engager dans les forces de police?

J: Alors, en parlant du GIGN, je me souviens d’une conversation que tu avais eue, je devais avoir 5 ou 6 ans, avec un ami et vous étiez en train de parler du GIGN, et vous parliez particulièrement de la mission de… la prise d’otage à Marignane, et je me souviens très clairement mais, on était dans notre salle à manger et je vous ai entendu parler de cette opération et, direct, ça m’a mis en tête qu’un jour je ferais partie du GIGN, j’avais envie de faire partie d’une unité d’élite au sein de la police.

FV: Ok. Alors, et en même temps c’est très surprenant parce que généralement, c’est le retour que l’on a à TPSG à cause des questions qui nous sont rapportées. Généralement, on imagine que c’est incompatible d’être policier et d’avoir un chemin spirituel. Alors, moi j’aimerais que tu nous rapportes un peu ton chemin spirituel, ton parcours de vie en tant que disciple de Jésus.

J: Oui. Je pense déjà que c’est important d’établir que c’était la priorité dans ma vie, c’est la chose la plus importante…

FV: De quoi, le GIGN? Enfin, le SWAT? (sourire)

J: Non justement au contraire, c’est vraiment le… ma vie spirituelle est plus importante que mon métier. Et ce parcours spirituel a commencé avant que je sois policier. Je me suis converti durant mes années lycéennes, c’était un chemin avec… je ne pourrais pas donner une date exacte, comme beaucoup je pense de personnes qui grandissent dans une famille chrétienne…

FV: Et ça va, parce que la conversion ce n’est vraiment pas une question de date, c’est une question de foi et de confiance que Jésus est notre vie et qu’il a pris nos péchés, donc la date est vraiment peu importante en quelque sorte.

J: Et c’était une réalisation qui m’a bien rassuré quand je m’en suis rendu compte, parce que c’était plutôt des temps ou des saisons dans ma vie où j’ai grandi spirituellement qui ont validé un peu ce changement interne dont tout chrétien fait part et expérimente. Je suis devenu un chrétien durant mes années lycéennes et ensuite ben depuis c’est au quotidien, une foi qui est réelle, une foi qui est vivante, et donc c’est une œuvre de sanctification où le Seigneur œuvre en nous chaque jour.

FV: Ok. Est-ce qu’il y a des gens qui t’ont parfois demandé: “mais comment est-ce que tu peux, en tant que chrétien, faire partie de la police?” Et je dirais presque pire, enfin ce n’est pas le propos que je tiens, mais tu fais partie en plus d’une unité un petit peu plus confrontationnelle, un petit peu plus engagée, peut-être plus violente, je ne sais pas comment la qualifier, car ce n’est pas du tout mon métier, mais comment est-ce que tu réponds à ceux qui te disent : “c’est incompatible avec la foi? »

J: Je pense que c’est, heu, ben déjà c’est important d’avoir cette conversation, parce que je pense que c’est une conversation qui est importante et qui est nécessaire. Vis-à-vis de ce dont les Écritures parlent, je pense que l’on sert un Dieu qui est un Dieu de grâce et un Dieu de pardon, mais aussi un Dieu de justice. Et tout au long de sa Parole et tout au long de la Bible, on voit que Dieu est un Dieu qui pardonne mais aussi un Dieu qui juge et qui a un désir pour que sa justice soit appliquée. Et lorsqu’on regarde certains passages-clé comme Ro 13, on voit vraiment qu’il y a un rôle spécifique pour le serviteur du gouvernement, la personne à qui est donnée la responsabilité d’avoir une épée et d’utiliser cette épée.

FV: Oui, d’ailleurs c’est Ro 13 si je ne m’abuse et l’un des rares endroits où l’on trouve le terme “serviteur de Dieu”, serviteur du Seigneur et ça décrit quelqu’un qui porte les armes pour le bénéfice d’un gouvernement, pour punir ceux qui font le mal et pour préserver, protéger ceux qui font le bien. Donc c’est un peu dans ce cadre-là. Donc tu es bien dans cette perspective?

J: Oui

FV: Alors moi je voyage dans certains pays où franchement les policiers sont plutôt corrompus, ou bien parfois c’est l’Etat qui est corrompu et ça rend très difficile l’exercice légitime des forces de l’ordre, de l’utilisation de la force armée. Comment est-ce que toi tu gères la question un peu de l’intégrité dans ce monde-là? Tu as peut-être parfois été confronté à des collègues qui étaient ou racistes, ou colériques ou peut-être injustes, je ne sais pas? Peut-être je me fais des films? Que je regarde trop de films? Et comment ça se passe? Comment tu gères cette question d’intégrité?

J: Hum,… je pense que premièrement, c’est une intégrité personnelle, qu’on est chacun responsable pour nos actions. Et c’est important de ne pas se perdre dans la masse, quelle que soit la masse avec laquelle on s’identifie. Donc au niveau du travail pour moi, je suis responsable de mes actions et je ne peux pas contrôler les actions de mes collègues. Et au niveau intégrité, c’est une intégrité qui vient, dans le contexte chrétien, qui vient de convictions chrétiennes, de convictions personnelles, basées sur la Bible, qui sont ensuite mises en pratique au niveau du travail. Niveau situations, ou bien j’ai vu, ou bien j’ai été témoin d’injustices ou d’actes de racisme: je pense que, honnêtement, de manière personnelle, je n’ai jamais vraiment vu ça.

FV: Donc, dans ton unité les gens sont intègres…

J: Oui,… dans mon unité, je suis très reconnaissant, ça n’a pas encore été le cas. Par contre, au niveau “besoin d’intégrité”, besoin de moralité, ça c’est au jour le jour. Parce que c’est vrai, il y a une autorité qui nous a été donnée et une confiance, et que les personnes de Santa Monica, les personnes de Los Angeles, les personnes des Etats-Unis nous confient tous cette responsabilité, cette autorité. Donc c’est vrai que la responsabilité est réelle et qu’il faut avoir beaucoup de sagesse.

FV: Alors en discutant avec un collègue pasteur qui est aussi dans la région de Los Angeles où je me trouve avec toi; donc ces temps-ci, il me disait qu’il y avait beaucoup de policiers dans son Eglise, et qu’ils étaient confrontés à énormément de tensions, de stress, les heures sont longues enfin les journées sont longues, il y a peu de sommeil, il dit qu’il y a une tentation permanente à décompresser soit par l’alcool, ou de différentes manières qui ne sont nécessairement très jolies et il faut vraiment veiller. Alors, tu es en début de carrière, je sais que… j’imagine que ce n’est pas encore trop une situation, enfin une pression que tu sais gérer, mais comment est-ce que tu fais face à la pression parce que, parfois dans les discussions qu’on a, j’entends aussi les semaines de 80 heures parfois, les interventions au milieu de la nuit après une journée de travail, le stress inhérent à des questions de vie ou de mort, l’adrénaline et tout ça. Comment est-ce que tu décompresses et comment est-ce que tu gardes un cœur qui n’est pas tout entier donné à ton métier, mais qui reste attaché à Jésus tout au long de la journée, des semaines?

J: Je pense que, la fin de ta question, c’est vraiment je pense une des choses les plus importantes, c’est vraiment de se souvenir que notre identité est premièrement une identité en Christ, que premièrement je suis fils de Dieu, je suis serviteur du Seigneur et, ensuite, ben je suis mari et ensuite je suis un père, et ensuite je suis policier. Et je pense que c’est vraiment le plus gros danger surtout vis-à-vis des personnalités, des caractères ou des gens qui cherchent à être policier. On est des hommes et des femmes, la plupart du temps, sont type A et c’est très facile de se perdre dans l’identité de “je suis policier” et donc toute ma vie est autour de mon métier. Je pense que là c’est le premier aspect.

FV: Je souris parce que je suis en train de regarder une série qui s’appelle Blue Bloods. Je ne sais pas si elle est sortie en France. Je crois que c’est le même titre d’ailleurs en France, et c’est vrai que c’est une famille: grand-père, père, fils, engagés dans les forces de New-York. Ce qui est amusant, c’est que vraiment on transmet, c’est vraiment une caricature, enfin j’imagine que c’est une caricature, c’est que leur identité, c’est le sang bleu quoi. Le sang bleu, non pas la noblesse française telle qu’elle peut être imaginée, mais le sang des policiers quoi, c’est ça ma vie. Toi tu dis qu’il ne faut pas que ce soit ça?

J: Oui, exactement, il ne faut pas que ce soit ça et donc avec… ceci étant dit, je pense que, certaines choses dont je fais vraiment attention de régler dans ma vie c’est: ma relation avec le Seigneur doit être au quotidien.

FV: Alors ça correspond à quoi pour toi, une relation avec le Seigneur au quotidien, avec la pression que tu vis?

J: Alors pour moi je passe du temps dans la Parole. Je lis la Parole de Dieu, c’est la vérité de Dieu, c’est inspiré par le Seigneur et c’est suffisant pour nous donner la sagesse et la connaissance (Proverbes 1.7). C’est vraiment la fondation de tout ce qui est de la sagesse dans ma vie. Je pense aussi l’approche du métier en sachant qu’il y a un Dieu qui règne, qu’il y a un Dieu qui est juste, qu’il y a un Dieu qui est souverain aussi. Que n’importe quelle situation dans laquelle on se trouve, n’importe quelle situation de vie ou de mort, le Seigneur règne sur cette situation et ce n’est pas une surprise pour lui. 2 autres choses qui m’aident aussi je pense: ma relation avec ma femme, j’aime ma femme et on parle ensemble, on parle des stress au boulot et je lui dis, je partage avec elle certaines histoires. Certaines je ne partage pas pour la protéger aussi. C’est un monde assez triste et plein de souffrances auquel est confronté un policier. Et ensuite, dernièrement, d’une manière très pratique, l’exercice physique aide avec le stress, une manière de décompresser qui est plus saine. 

FV: Oui. J’ai remarqué, dans mon garage il y avait quelques altères. Bon moi je les soulève du petit doigt évidemment (sourire)! Et en fait même pas, je n’arrive même pas à les lever, c’est très embarrassant. Je vois qu’il y a de l’activité qui permet de décompresser comme ça. Maintenant, qu’est ce qui permet de muscler ta vie spirituelle par rapport à… Tu es engagé dans l’Église?

J: Oui. Ma femme et moi, on va à la même Église et ça fait 5 ans qu’on est à cette Église et de temps à autre, j’enseigne l’école du dimanche. Je fais partie… on accueille un groupe d’étude biblique à la maison, on se rencontre à la maison toutes les 2 semaines le dimanche après midi.

FV: OK

J: Je fais partie de l’équipe de sécurité de notre Église parce que, c’est vrai, il y a un besoin d’être vigilant.

FV: Alors ce n’est pas trop le besoin en France encore, mais il y a une commission qui a travaillé sur la question dans notre Église et on se rend compte que ça va devenir un problème croissant qu’il y ait une réflexion sur la sécurité des lieux de culte en général, et notamment des lieux de cultes évangéliques. C’est vrai que peut-être un jour il va falloir qu’il y ait un ministère de sécurité identifié dans chaque Église. Alors ça veut dire quoi dans ton Église “avoir un ministère de sécurité”?

J: Alors je pense que c’est aussi une question qui doit être adressée avec les anciens, avec le groupe de leadership au sein de l’Église, parce qu’il y a certaines questions aussi qui doivent être adressées comme: “quel est le rôle d’un chrétien vis-à-vis de la protection d’une Église” et si c’est une persécution gouvernementale, on est appelé à se soumettre à la persécution et à endurer les souffrances que le Seigneur nous équiperait à surmonter. Mais en même temps, du moins notre position au sein de notre Église, il y a une différence entre une persécution gouvernementale et une persécution qui serait simplement criminelle (sur) des personnes faibles. On appelle ça des “easy target”, “personnes cibles”, faciles, accessibles. Et c’est vrai qu’un culte un dimanche matin, pour quelqu’un, un déséquilibré qui veut simplement créer une réputation… donc voilà, c’est un peu la balance qu’on essaye de maintenir et…

FV: OK, d’équilibre en tous cas. Et voilà, tu es engagé dans une vie d’Eglise, tu as des partenaires de redevabilité?

J: Oui, donc je suis vachement reconnaissant. Il y a quelques policiers au sein de notre Église, et il y a aussi une compassion que l’on a l’un pour l’autre. On peut s’envoyer des textos ou s’appeler en semaine et c’est vrai, il y a certaines situations auxquelles je fais face, auxquelles ils ont déjà fait face ou du moins ils ont un peu plus de sagesse, la plupart d’entre eux sont plus âgés que moi. Et donc on a un groupe de redevabilité qui, entre policiers chrétiens aussi, ce qui aide vachement et aussi je pense en même temps beaucoup d’amis à l’Eglise qui ne sont pas policiers. Et c’est important de maintenir cet équilibre dans sa vie personnelle, on ne s’associe pas seulement avec des autres policiers et on est le sang bleu H24.

FV: Oui, c’est ça, excellent! Ecoute, moi je voudrais savoir aussi si tu pourrais nous raconter un bon souvenir de ton métier? J’imagine qu’il y a des choses qui sont un peu confidentielles, donc on ne va pas avoir les trucs les plus juteux, mais quelque chose qui te marque comme étant “Wouah, c’était quand même chouette d’être policier ce jour-là?”

J: Il y a beaucoup de situations qui viennent en tête que je ne voudrais pas partager peut-être. (Rires) Une situation qui m’a rendu humble rapidement, c’était ma première opération avec mon équipe SWAT. On était en train de… c’était contre des cartels donc un peu plus “hauts risques” et on a trouvé une vingtaine d’armes à feu dans une maison et on était en train de finir notre recherche dans le jardin. Et il y avait 4 chiens dans le jardin. Donc avec les chiens il y avait aussi des excréments de chien et après avoir… je lance une grenade, on continue notre recherche, et j‘étais sur le point de casser une porte, j’étais celui qui était en train de forcer la porte, et j’ai mis tout mon poids sur l’outil que j’étais en train d’utiliser pour forcer la porte ouverte, et j’ai glissé parce qu’il avait plu la nuit avant, et j’ai glissé et je suis tombé sur mon dos dans quelques, quelques crottes de chien et j’en avais de partout sur mon uniforme Swat et c’était ma première opération donc voilà. Depuis j’ai une bonne réputation au sein de notre équipe (rires) et c’est quelque chose que je n’oublierai jamais, c’est certain…

FV: Le baptême du feu! 

J: Oui, ils vont s’assurer que je n’oublierai jamais ça. Donc une petite histoire pour me garder humble. 

FV: Oui. On va arriver sur les dernières questions, mais j’aimerais savoir: qu’est-ce que tu… tu as des jeunes policiers qui écoutent peut-être ce podcast, qu’est-ce que tu leur dirais? Comme conseil?

J: Hum, oui comme conseil, ce qui est le plus important c’est que ce choix d’être policier, ce soit après avoir prié longtemps et réfléchi longtemps aux questions auxquelles on va faire face en tant que policier. Je pense qu’il faut vraiment que ce métier vienne de convictions personnelles basées sur la Bible. Et on peut coucher ses questions sur le papier, on peut répondre à des questions personnelles et on peut ensuite utiliser cette fondation spirituelle et morale sur laquelle on peut s’appuyer pour notre métier.

FV: Ce que tu dis c’est qu’il faut vraiment avoir réfléchi à l’éthique de ta profession avant de s’engager, parce que bien-sûr c’est un profil particulier d’utiliser la force, pour le bien d’une société, je crois vraiment que c’est une nécessité, parce que la société livrée à elle-même est une société qui va laisser la loi du plus fort prendre le dessus,, donc pour s’engager, pour confronter cette réalité, il faut une éthique réfléchie, c’est un peu ça que tu dis?

J: Oui, non exact. Et parce que certaines décisions qu’un policier doit faire, doit prendre, sont des décisions qui peuvent avoir des séquelles pour le restant de sa vie, surtout si ce ne sont pas des décisions qui ont pas déjà été répondues, ou déjà été faites mentalement avant d’avoir été repris action, et…

FV: Alors nous en France on a vraiment l’attitude un peu anti-flic, anti-police. C’est peut-être pour ça que tu n’es pas policier en France… qu’est-ce que tu dirais à un policier un peu désabusé en France qui écouterait ce podcast et heu, de manière un peu à l’encourager s’il y avait un encouragement à donner, je ne sais pas?

J: Oui, oui. Je pense déjà, si tu es chrétien et policier, de revenir à la Parole. De savoir que, ton rôle au sein de la société est un rôle que Dieu a prescrit et est un rôle avec lequel tu peux honorer le Seigneur. Que, au jour le jour, tu peux rendre gloire à Dieu en policier. Que chaque matin, quand tu t’équipes avec un pistolet et des armes qui sont dangereuses, que tu peux utiliser tout cela pour la gloire de Dieu, si tu le fais en suivant ce que la Bible enseigne. Et si tu ne connais pas le Seigneur, je pense que, la plus grande question à laquelle il te faut répondre c’est: ce vide que tu cherches à combler à travers ton métier ou à travers la gloire que le métier apporte, ne sera jamais complet sans le Seigneur. Et je crois que c’est vraiment la recherche à laquelle tu dois débuter maintenant, que tu dois vraiment te poser ces questions. Qu’est-ce qui se passe après la mort? On voit la mort au jour le jour, on voit toujours la souffrance humaine et qu’est-ce que l’objectif de cette souffrance, pourquoi y a t-il cette souffrance et pourquoi dans mon cœur, dans ma conscience j’ai un problème avec la souffrance que je vois. Je pense parce qu’on a la signature du Seigneur dans notre cœur qu’il y a vraiment cette idée que ce n’est pas correct, ce n’est pas censé être comme ça, mais Dieu est vraiment le seul qui donne un sens à tout ça. 

FV: Alors je termine avec une question: en un mot, l’Évangile, c’est quoi? 

J: Jésus-Christ.

FV: C’est la bonne réponse en un mot! Et Jésus-Christ évidemment c’est, enfin dans notre compréhension telle que la Bible présente, c’est celui qui vient, de la part du Père, réparer un monde brisé, réparer notre égoïsme, réparer la violence qui est dans notre cœur, qui est dans le cœur de la société, les colères, le péché, les fautes, tout ce qui vraiment nous éloigne de Dieu. Jésus vient l’absorber à la croix, il subit un jugement à notre place et il nous offre donc son pardon, sa grâce, sa bienveillance et il y a vraiment tout un renouveau possible. Et tu as parlé de justice. Alors bien sûr cette justice elle ne viendra pas pleinement de l’action d’un policier, j’espère que tu en es conscient? Mais un jour viendra où la justice règnera parce que Jésus viendra établir son règne avec ceux et celles qui lui auront fait confiance. Notre question, notre défi à la fin de ce podcast c’est que, l’un et l’autre qui écoutez ce podcast sans une relation personnelle peut-être avec Jésus-Christ, vous puissiez vous poser cette question d’en savoir plus, on vous encourage à lire un évangile et à découvrir qui est Jésus et comment il vient réparer nos cœurs par la foi, gratuitement, pleinement, de façon suffisante jusqu’à nous donner une vie qui va au-delà de la mort et qui nous garantit une place en sa personne, en sa présence, à la fin des temps ou à la fin de notre vie. En tout cas merci beaucoup d’avoir accepté de répondre à ces questions et puis, et ben, à la semaine prochaine pour une autre question!

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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