Pourquoi a-t-on besoin de Dieu pour vivre le pardon? (Épisode 140)

Cette question est proposée par le collectif jepardonne.com, qui a projet de remettre le pardon en avant dans notre société. Nous blessons tous des personnes de notre entourage, et nous avons tous déjà été blessé par quelqu'un. Comment réagir? Quelle est la réponse de la Bible?

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1PVR – Épisode 140 – Pourquoi a-t-on besoin de Dieu pour vivre le pardon ?

La question qui nous préoccupe pour ce podcast c’est une question très pratique, très concrète de la vie chrétienne : « Pourquoi aurais-je besoin ou aurait-on besoin de Dieu pour vivre le pardon ? Pourquoi a-t-on besoin de Dieu pour pardonner à autrui ? »

Alors c’est une question qui nous vient d’un mouvement qui se met en place et dont tu trouveras les contours sur le site « jepardonne.com », il a été monté par des amis et des collègues et tu trouveras un certain nombre de témoignages et de réflexions sur la question du pardon.

Et quelque part ce podcast est très personnel, il est très personnel pour toi, parce que je suppose que tu vas t’identifier à certaines choses que je vais dire, mais également, il est très personnel parce que je peux pleinement considérer ce que je veux dire comme l’ayant vécu, parce que la réalité, c’est que vivre en tant qu’être humain sur cette terre, va consister en deux aspects, entre autre, de pratique : je vais d’un côté décevoir les autres, leur faire du mal, je vais avoir besoin de leur pardon, et puis moi-même, je vais être la victime de leurs mots, de leur méchanceté parfois, de leurs difficultés. Et donc on se retrouve un peu à une intersection constante dans la vie, à réaliser que nous blessons parfois des gens que nous aimons, et que nous sommes blessés parfois par des gens que nous aimons ou que nous n’aimons pas. Mais c’est une réalité de la vie et donc le thème du pardon est vraiment un thème omniprésent à la vie.

Et voilà, moi je suis assez triste de le réaliser, je dois le reconnaître, je ne peux pas mettre de la poudre sur les yeux pour m’ôter cela si facilement, mais j’ai blessé des gens, des gens que j’aime, j’ai déçu des gens de ma propre famille, des gens de mon environnement, de mon église, et voilà c’est triste, j’aimerais qu’il y ai pas eu ces moments, mais ils font partie de ma vie et de mon passé.

Deuxièmement, je veux aussi reconnaître que j’ai aussi été blessé par autrui, il y a des personnes qui m’ont fait du mal, parfois de façon intentionnelle, mais parfois pas, c’est simplement parce que ils en étaient pas conscients. J’ai été victime de différentes agressions parfois légères parfois plus solides, en tout cas je les ai vécues comme ça et il a fallu le gérer. Je pense que c’est le quotidien de tous d’être confronté à ces deux réalités.

Je ne vais pas me comporter de façon parfaite, et les autres ne vont pas se comporter de façon parfaite à mon égard. Et voilà ce que j’ai trouvé dans ce contexte par rapport à la question qui nous préoccupe, c’est que le pardon libère. Le pardon des autres à notre égard quand nous pêchons est libérateur mais le pardon que nous accordons aussi à ceux qui nous ont offensé est libérateur.

Et c’est vrai que la manière dont la Bible en parle c’est assez surprenant parce que Jésus utilise une histoire assez forte et assez spectaculaire pour lier et parler des deux réalités du pardon que l’on accorde avec celui que l’on reçoit.

En tout cas, comme je te l’ai dit, moi j’ai expérimenté les deux côtés de cette équation et je la comprends un peu même si je reconnais que je peux pas me plaindre d’avoir été victime d’abus extraordinaire ou comme certaines personnes que j’ai pu accompagner dans des démarches de pardon et j’en avais tellement les larmes aux yeux de voir la difficulté qu’ils avaient à pardonner ceux qui les avaient offensés et c’était pas minime ce qu’ils avaient à gérer.

En tout cas, quand la Bible parle de l’être humain, il dit voilà, l’être humain est un homme pécheur, un homme qui est mort dans ses fautes, qui est centré sur lui même, qui n’aime pas Dieu et qui n’aime pas son prochain, qui est une langue de vipère, la Bible ne mâche pas ses mots et finalement, sauf si on est à se hausser le col en disant que l’on est supérieur aux autres, la réalité c’est que c’est bien triste ce qu’il y a dans notre coeur et parfois dans notre comportement.

Et voilà, on va cumuler les dettes et les dettes nous-même vis-à-vis de Dieu, mais aussi les dettes les uns vis-à-vis des autres, nous-mêmes vis-à-vis des prochains comme je l’ai évoqué. Et ce que j’ai remarqué c’est que lorsque nous sommes offensés par quelqu’un, et notamment lorsque cette personne répète les offenses, c’est continu, petit à petit, il y a une amertume qui monte un peu comme une mayonnaise, qui prend, qui se fige dans nos pensées : on se réveille le matin, on pense à cette personne, on s’endort le soir, on pense à cette personne, on regarde un film, on n’arrive pas à apprécier le film parce qu’on pense à cette personne, on est de plus en plus pris par cette amertume et ça devient un poison. Un poison qui nous emprisonne, et petit à petit, on est totalement saisi par la violence, ou les mots que nous ont fait subir ce qui nous emporte. Et donc, non seulement quand l’on est victime du péché des autres, on souffre une première fois, mais j’ai trouvé et j’ai observé qu’on souffre une deuxième fois avec toute l’amertume qu’il nous faut gérer et qui s’accumule parfois ou qui nous emprisonne, c’est une sorte de gros étau qui nous serre la tête et qui fait qu’on a de la peine à respirer et à vivre correctement.

Alors, moi je voudrais te raconter une histoire que Jésus raconte, tu la retrouveras dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 18 à partir du verset 23, si tu veux la suivre avec moi, mais je vais pas la lire d’un coup, je vais la lire petit à petit, et c’est ce qu’on appelle une parabole.

Une parabole, c’est une histoire que Jésus raconte avec une morale, une morale qui nous permet de comprendre ce qu’Il veut dire. Et en fait, la grande morale de l’histoire que nous allons découvrir ensemble, c’est que : quand Dieu me pardonne, il me demande d’être généreux dans mon pardon auprès des autres, sinon ben je vais vivre la torture de l’amertume, et quelque part finalement, la réalité du pardon reçu de Dieu se mesure à la réalité du pardon accordé. Il y a vraiment une correspondance entre ma compréhension du pardon que je reçois, et l’obligation qui m’est donnée de pardonner à mon frère ou à ma sœur ; donc, c’est vrai que c’est dans un contexte relationnel intime que l’histoire nous est racontée pour les offenses qu’il peut réaliser à mon égard.

Donc voilà, je vais te décortiquer cette histoire. Elle est saisissante, elle est aussi facile à comprendre, mais je trouve qu’elle est savoureuse, parce qu’elle nous permet de mesurer aussi l’immense privilège qui est associé avec la marche que Dieu nous propose en Lui lorsque nous nous convertissons à Jésus-Christ.

Donc dans l’Evangile de Matthieu chapitre 18 à partir du verset 23 nous lisons : < < c’est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui lui devait 10000 talents. Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna de le vendre, lui et sa femme et ses enfants et tout ce qu’il avait pour payer la dette. Le serviteur se jeta à terre, se prosterna devant lui et dit : « seigneur, prends patience envers moi et je te paiera tout ». Touché de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller et lui remit la dette. > >

Alors, ça c’est le début de cette histoire, la première partie de cette histoire qui nous présente un roi qui efface une dette.

A cette époque comme aujourd’hui, les personnes riches, les rois étaient bien sûr des personnes éminemment riches, qui régnaient sur un territoire, qui avaient des serviteurs et ils avaient, comme aujourd’hui, les gros patrons avec des immenses fortunes, ils avaient des gestionnaires qui s’occupaient les uns de leurs écuries ou de leurs voitures, les autres de leurs bâtiments, de leurs châteaux ou bien de leurs vignes, et donc chacun avait son domaine de responsabilités. Et puis on lui amène quelqu’un qui l’a planté.

Alors le texte sous-entend qu’on l’emmène un peu de force, c’est quelqu’un qu’on a découvert qu’il était voleur et qui l’a planté, volé cet homme de 10000 talents. Bien sûr 10000 talents, on se dit, je vois pas vraiment à quoi ça peut correspondre parce qu’effectivement, c’est une mesure de poids qui ramenait de l’argent. Un talent c’est 6000 deniers, bon maintenant tu comprends mieux non ? Bon, c’est vrai que c’est pas facile à saisir avec notre mesure actuelle. Un denier, c’est une journée de travailleur agricole, enfin le salaire d’une journée d’un travailleur agricole. J’ai fait un calcul sur la base de 65€ par jour de travail, je ne sais pas si c’est correct, mais c’est probablement, c’est une illustration de toute façon, et ça nous donne juste une idée des sommes qui sont en jeu. Et donc cet homme, il a volé 4 milliards à son patron. 4 milliards d’euros ! Alors, là évidemment on se rend un peu plus compte des dommages.

Quand j’étais jeune pasteur, mon salaire était extrêmement limité, on avait trois enfants en bas âge, et on était vraiment souvent dans des galères financières. Mon coeur tremblait lorsque la banque m’appelait parfois, enfin, heureusement ça restait rare, (toutes les semaines) non, ça restait plus rare que ça ! Mais quand la banque m’appelait, elle me disait : « Monsieur Varak, vous avez un découvert, faudrait que vous le couvriiez avant demain 9h, par exemple. » Et la tension que ça suscitait pour un découvert qui, à l’époque, était que quelques centaines d’euros. Imagine la banque t’appelle et disait : « Monsieur Varak vous avez 4 milliards d’euros à recouvrir d’ici demain 9h ». Enfin, c’est juste immense ! Et tu sais quoi ?

Cette histoire, elle illustre la dette que nous avons vis-à-vis de Dieu. Dans cette histoire, le roi c’est bien sûr Dieu, c’est pas que Dieu est comme un patron, c’est juste une histoire qui nous raconte un peu comment Dieu gère les dettes des hommes. Et donc voilà que nous sommes vis-à-vis de Dieu, endettés à hauteur de 4 milliards d’euros. C’est comme si nous devions à Dieu, parce que Dieu est saint et parce que nous, nous nous sommes plantés beaucoup, et que l’on n’est vraiment pas saint, c’est comme si l’ensemble de nos amendes, de nos contraventions morales, de nos manquements, si Dieu devait nous facturer la note morale de nos fautes, ça coûterait 4 milliards d’euros à chacun d’entre nous. Alors, comment le mesurer ? Ben c’est juste une dette qui est immense, qui est irremboursable. Je te dis, je te demande d’aimer ton prochain comme toi-même, et moi je réalise je suis incapable d’aimer mon prochain comme moi-même. Dieu me demande de l’aimer de tout mon coeur et je vois que mon amour pour lui est super limité. Dieu me demande de ne pas me mettre en colère contre mon prochain et je vois que j’ai des pensées qui sont de la colère et que Jésus assimile au meurtre. Dieu me demande de ne pas convoiter la femme de mon prochain, et je regarde parfois avec un désir qui juste déshonore Dieu, mon Sauveur et mon Créateur. Et en fait, si je fais la liste, je dois reconnaître, j’ai une dette de 4 milliards d’euros.

Alors, face à cette réalité, certaines personnes jouent à la course poursuite pour essayer de rembourser leur dette. Ils deviennent très religieux soudainement, ou bien, ils se mettent à faire beaucoup d’oeuvres bonnes, ou bien ils se mettent à rationaliser l’ensemble de leurs actes mauvais en disant « oui, mais c’est parce que mauvaise éducation, mauvaise enfance, ma femme a fait ça, mon père a fait ça,… » enfin bref, ils essaient d’utiliser toute une série de stratagèmes pour minimiser la réalité de la dette. Devant un Dieu saint, la dette elle est immense, elle est de 4 milliards. Et Dieu voyant que l’homme ne peut pas payer il dit, ben allez, je vais le vendre en esclavage, et je vais récupérer un peu d’argent.

Et cet homme vient vers Dieu, le roi, et il dit, je t’en supplie, prends patience, je vais te rembourser, je sais pas comment mais je vais te rembourser. Et le roi, on imagine parce que, non tu vas pas me rembourser, personne peut rembourser 4 milliards. Enfin, je sais qu’aujourd’hui Bill Gates et autres, on était pas dans des époques où mêmes les grands rois… c’est des sommes colossales qui sont évoquées ! Je crois que quelqu’un a fait le calcul, c’est à peu près les revenus de tout Israël, enfin les revenus en impôts de tout Israël ! C’est une somme qui est hallucinante ! 4 milliards.

Donc il lui dit « donne moi du temps, je vais te rembourser ». Et Dieu dit « bon je te remets la dette ». Et ça c’est l’image de la conversion. Quand je viens à Jésus-Christ, Dieu prend ma dette et la paie. Parce qu’il l’a payée par sa mort et sa résurrection. Je suis libre, je suis libéré de ma dette. Ça c’est la bonne nouvelle de l’Evangile ! Je suis toujours émerveillé que Dieu ait pris ma dette, alors je sais que toi, tu as une dette de 4 milliards, mais moi j’ai probablement une dette de 6 milliards, je suis très conscient de ne pas être le meilleur des hommes, vraiment, on n’est pas dans la mesure de comparaison les uns avec les autres, on a une immense dette et Christ la pardonne. Et c’est un peu ce que Colossiens 2.13 nous dit, il nous dit : « vous étiez mort par vos offenses, Il vous a rendu la vie avec Lui en nous faisant grâce pour toutes nos offenses ». Lorsque l’on vient dans la foi que Christ est mort pour nos péchés, qu’on lui demande d’entrer dans nos vies, qu’on veut le suivre, la Bible dit qu’il remet la dette de toutes nos offenses. 4 milliards effacés.

Alors, ça a dû tweeter très fort dans la salle d’audience lorsque le roi décide de remettre la dette de cet homme en disant, « incroyable ! Dieu vient de pardonner une dette de 4 milliards d’euros ». Je sais pas comment toi tu serais si tu étais projeté dans un tribunal avec cette dette sur les épaules, et que on te libérerait de cette dette, j’imagine que tu ferais une méga teuf et que ce serait juste une grande fête en famille.

Malheureusement cet homme, il a un autre comportement et on va continuer la suite de l’histoire pour voir ce que fait ce gestionnaire du pardon qu’il a reçu.

« En sortant, son serviteur trouva un de ces compagnons qui lui devaient 100 deniers. Il le saisit et le serra à la gorge en lui disant » paie ce que tu me dois « . Son compagnon se jeta à ses pieds, le suppliait, lui disait : prends patience envers moi je te paierai. Mais lui ne voulut pas. Il alla le jeter en prison jusqu’à ce qu’il a payé ce qu’il devait. »

Alors, c’est vraiment touchant cette histoire. Je mesure combien elle me concerne. C’est à dire que là cet homme qui vient de recevoir le pardon de 4 milliards d’euros de dettes, il regarde autour de lui et il dit : tiens, ce type là, il me doit 100 deniers. 100 deniers ça fait donc avec mon calcul 6500 euros. C’est pas rien, quand même 6500 euros, c’est je crois plusieurs mois de salaire pour plusieurs. C’est pas rien comme somme. Mais en même temps, c’est pas non plus une somme irrécupérable. C’est, voilà on peut s’en sortir, on peut contracter ce genre de dettes et s’en sortir. Et ça c’est la dette que nous contractons les uns, les autres n’est ce pas ? Par nos propos malsains, par nos engagements qui ne sont pas justes, par nos manques d’amour et de respect, par nos transgressions morales, les uns envers les autres, on contracte des dettes. Et quand Dieu les regarde il dit « ben oui, ces dettes c’est pas rien, c’est 6500€ quand même, c’est pas rien, mais c’est pas non plus 4 milliards. » Tu vois la différence ? Quand Dieu regarde notre dette vis-à-vis de lui même, Il dit « bon ça me coûte 4 milliards, mais quand il regarde notre dette vis-à-vis des autres, il dit ouai on parle de 6500€, c’est quand même pas la même chose ».

Et ce qui est triste, c’est que cet homme, et ben il ne veut rien entendre de la supplique de son débiteur enfin de son, de celui qui avait une dette à son égard, il l’envoie en prison pour qu’il paie l’ensemble de sa dette.

Et tu vois c’est un peu la situation que l’on a lorsque tu reçois le pardon de Dieu et tu refuses de pardonner ceux qui t’ont offensé. A ce moment là, c’est que tu n’as pas compris la comparaison qu’il y a entre le pardon qu’on reçoit de Dieu et qui nous permet d’être à l’aise pour pouvoir pardonner les offenses, qui sont de vraies offenses, ça coûte 6500 c’est pas rien, mais en même temps que l’on doit assez librement, joyeusement, généreusement remettre à ceux qui nous ont offensé.

Alors, quelle est la morale de cette histoire ? Ben Jésus continue au verset 31 il dit : < < ses compagnons voyant ce qui était arrivé, furent profondément attristés, ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui c’était passé, alors le maître fit appeler ce serviteur et il dit « méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette parce que tu m’en avais supplié, ne devais-tu pas avoir pitié de ton compagnon comme j’ai eu pitié de toi ? Et son maître irrité, le livra au bourreau jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qu’il devait. » > >

Et la moral au verset 35 : « C’est ainsi que mon père céleste vous traitera si personne ne pardonne à son frère de tout son coeur ».

Et finalement c’est ça la morale ! C’est que face à la violence de la vie, qui touche tous les êtres humains de façon différente, un homme n’a que deux possibilités. Un homme ou une femme n’a que deux possibilités : vivre sous la torture de l’amertume et le jugement de Dieu, ou sous la liberté du pardon.

Quand je parle du jugement de Dieu, je veux vraiment clarifier.

C’est pas parce que si quelqu’un ne pardonne pas, il perdrait son salut, c’est pas la question ici. Si quelqu’un pardonne pas, on peut comprendre qu’il lui manque une compréhension de ce qu’est la grandeur du pardon qu’il a reçu de Dieu. Quelqu’un qui pardonne pas, c’est quelqu’un qui pourrait n’avoir jamais compris ce qu’était l’Evangile.

Je voudrais vraiment clarifier les choses là-dessus, parce que si tu as vécu des choses horribles, tu es entrain de bouillir à l’intérieur en disant « c’est pas juste ». Là je parle pas de, Jésus parle de celui qui pardonne à son frère de tout son coeur, on pense que l’on a ici plutôt les relations, les frictions habituelles des êtres humains, je parle pas des violences qui peuvent être assez terribles, même si le principe demeure. Je parle pas des violences qui peuvent être assez terribles, ni même des démarches qui sont parfois nécessaires pour amener quelqu’un en justice à cause d’actes qui ont été répréhensibles et qui le méritent. Je parle ici, enfin Jésus parle ici d’attitude de coeur qu’il nous faut avoir, et quand je dis si quelqu’un ne pardonne pas, c’est quelqu’un qui ne pardonnerait pas de façon catégorique et continue jusqu’à la mort ! Tu vois ce que je veux dire ? Quelqu’un qui reste absolument endurci dans sa position, je ne pardonnerai pas à cet individu ! Je crois qu’il n’a pas compris ce qu’était le pardon de Dieu, il a pas compris ce qu’était l’Evangile, il a pas compris et il a pas expérimenté la libération de l’Evangile.

Alors, est ce qu’un chrétien peut ne pas pardonner ? Un chrétien authentique peut ne pas pardonner, bien sûr, on est tous sous le péché, pécheur, capable de ne pas pardonner, mais je crois qu’à terme le chrétien il va réaliser « mais attends, Dieu m’a enlevé une dette de 6 milliards, je peux pas, je peux pas compter les dettes de 6500€ de ceux qui sont autour de moi, je peux pas ». Et donc je vais faire une démarche, qui va peut être être difficile, douloureuse, qui va prendre du temps, il faut parfois être accompagné d’un conseiller, ça peut être parfois très utile, il faut parfois s’entourer de conseillés juridiques, je le dis quand la question est sérieuse et qu’elle est déjà évoquée par les textes de la loi.

Mais, je remarque une chose. Quelqu’un qui refuse de pardonner, en fait, il souffre deux fois. Il souffre la première fois quand il a reçu l’offense, quand il est victime d’une offense, et il souffre des centaines et des milliers de fois, il est livré aux bourreaux de l’amertume en quelque sorte, lorsqu’il refuse de pardonner, parce que c’est pas libérateur l’amertume, ça enferme, l’amertume. A l’inverse, quelqu’un qui comprend ce pardon que je reçois de Dieu, je le donne à ceux qui m’entourent, soudainement, la même libération dont il bénéficie quand il reçoit le pardon de Dieu, il peut l’accorder à ceux qui l’ont offensé. Et je peux témoigner moi-même, je l’ai entendu de gens qui ont souffert de choses bien plus graves que ce que j’ai jamais pu souffrir dans ma vie, combien le pardon les avait mis à l’aise dans leur vie, les avait libérés d’un poids immense et ce qui me permet de noter plusieurs choses.

D’ailleurs oui ! Dans l’histoire dans cette parabole, qui s’insert dans un chapitre qui parle des relations au sein de l’église, au sein de la communauté de ceux et celles qui se réclament de Christ, je pense que le gars qui se fait livrer au bourreau comme ça, ça a une connotation un peu liée à la perdition, c’est vraiment quelqu’un qui n’a pas compris l’Evangile, et qui n’a pas compris qu’il avait lui-même été pardonné d’autant. Une parabole, je sais il faut pas aller trop loin dans l’interprétation de chaque élément, certains diront : non mais, il a reçu le pardon, c’est juste une histoire qui montre si tu as été pardonné, tu dois pardonner. Sinon c’est que tu n’a pas compris l’un des aspects de la question.

Alors, comment faire pour pardonner ? Rien que cette question pourrait faire l’objet d’un autre podcast, si ça t’intéresses, ben tu poses la question sur le site toutpoursagloire.com et puis je le traiterais ultérieurement, en tout cas de ce que j’ai pu comprendre de ce point. Mais ce que j’ai remarqué c’est voilà la démarche qui serait la plus juste.

Ben tout d’abord, c’est d’accepter le pardon que Christ nous offre. Quand il meurt à la croix, Jésus est mort pour l’ensemble de nos péchés. Dieu le Père a pris nos fautes et les a placées sur Jésus son propre Fils. Il a expié nos fautes, en sorte que nous pouvons être libérés de nos offenses. Donc il y a vraiment une relation entre le pardon que je peux accorder et le pardon que je reçois de Dieu parce que je vais soudainement, déjà moi même je… « aaaah, je suis accepté, malgré mes taches, malgré mes tares, malgré mes fautes, je suis accepté par un Dieu aimant, en Jésus-Christ, je suis dans le véritable au travers de Jésus-Christ, au travers de son œuvre expiatoire. » Et ça me conduit à me réjouir du pardon que Christ m’offre.

La Bible dit qu’il y a dans le ciel plus de joie pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de repentance. J’espère que tu as expérimenté cette rencontre avec Dieu où Dieu te dis, mais je te pardonne parce que je suis mort pour toi, mon amour est suffisant, c’est libérateur. Je suis pardonné de mes péchés passés, présents et à venir. Et alors que cette réalité rentre plus profondément en toi, ben il y a une joie, il y a une joie. Et puis il faut traiter souvent les offenses subies. Et la meilleure image que je pourrais donner c’est, quand tu pardonnes, tu décroches la volonté de juger l’individu, et tu places ce poids là aux pieds de Jésus. Parce que c’est finalement lui le juge. Lui le jugera comme il a envie, il pourra juger par une éternité en enfer, il pourra juger en prenant sur lui-même la pénalité des fautes de l’offensant, c’est son problème, c’est plus le tien.

Et donc pardonner ça veut dire quoi, c’est dire :

Seigneur, cette personne m’a fait du mal et je le reconnais. Parfois ça peut être, d’ailleurs souvent c’est des larmes, peut-être c’est des cris, peut être une longue liste qu’on égraine, il m’a fait ça, il a dit ça, et j’ai subi ça, et il y a telles conséquences, il peut y avoir beaucoup de choses, mais à un moment donné, je dis, voilà Seigneur, tout ce panier là, allez, 6000€, 10000€, tout ce panier là, je le place à tes pieds, et maintenant tu t’en occupes. C’est une décision, la volonté ce n’est pas une décision des émotions, on ne ressent jamais le plaisir de pardonner. Les émotions elles s’alignent progressivement, avec la volonté de pardonner.

Et moi je remarque que ceux qui ont fait cette démarche parfois quelque temps plus tard, les émotions remontent et ils doivent se rappeler non, telle date à telle heure j’ai choisi de pardonner et maintenant c’est entre les mains de Jésus-Christ.

Et voilà c’est qu’un aspect du pardon que j’évoque ici, tu trouveras sur jepardonne.com pas mal d’autres pistes et tuyaux sur cette démarche, mais je voulais juste relever au travers de cette histoire que Jésus raconte combien il y a un lien très fort entre le pardon que je reçois de Dieu et le pardon que j’accorde aux autres et qui est libérateur des deux côtés.

J’espère que cette démarche aura été claire pour toi, qu’elle t’aura encouragé dans à la fois, de recevoir le pardon de Dieu et à l’accorder à ceux qui sont autour de toi.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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