Pourquoi Dieu laisse-t-il souffrir les animaux? (Episode 58)

Cette semaine, l'épisode 58 aborde la question de la souffrance des animaux. En relevant plusieurs textes le pasteur Florent Varak souligne : la différence qu'il existe entre les hommes et les animaux et le soucis de Dieu pour sa création.

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Question : ma fille non croyante me demande pourquoi Dieu laisserait souffrir les animaux puisqu’ils n’ont pas pêché ?

Tous ceux qui aiment les animaux seront évidemment interpellés par cette thématique ou cette problématique. Quelques remarques avant de rentrer un peu dans le vif de la question :

1) Dieu est lui-même l’auteur de la création des animaux et c’est une création qui est très belle, qui lui porte gloire, et les animaux sont aussi une expression de sa créativité et de son souci. Que ce soit les poissons, les animaux de la terre, les oiseaux du ciel, tout ça fait partie de ce que Dieu dit « très bon » , très beau.

2) D’autre part, il y a une distinction assez notable entre le monde animalier et les êtres humains. Dieu a fait l’homme et la femme à son image, ce qui n’est pas le cas des animaux.

D’abord l’être humain fait l’objet d’une réflexion : « faisons l’homme à notre image » , il y a quelque chose de très particulier chez l’être humain qui le distingue des animaux. Mais quand Dieu les établit comme régents sur le monde qu’Il vient de créer, on voit qu’ils étaient en quelque sorte les représentants ou les ambassadeurs de Dieu pour l’ensemble de la création.

Dieu place l’être humain dans une situation de dirigeant, de directeur, de coordinateur, de gestionnaire, peut-être le terme le plus approprié dans ce sens-là. Donc le rôle de ce premier couple était de gérer la Terre, de l’agencer, de la dominer avec sagesse et de le faire de la part du Seigneur.

Par contre lorsqu’ Adam et Eve pèchent, ils désobéissent à ce que Dieu leur demande. Il faut bien voir que les conséquences ont été universelles ; c’est là où on a souvent je crois, trop compartimenté cette notion en pensant que c’était juste une histoire entre un homme et une femme et Dieu.

En fait c’est une histoire entre un homme et une femme et Dieu, mais en tant que représentants de Dieu sur Terre, et les conséquences du choix de l’homme vont toucher l’ensemble de la création. En Genèse 3. 17 nous lisons, et c’est le jugement que Dieu impose : « Il dit à l’homme : Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger, le sol sera maudit à cause de toi ; c’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. Il te produira des chardons et des broussailles, et tu mangeras l’herbe de la campagne. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans le sol, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras à la poussière. »

Ce que je note ici, c’est que l’ensemble de l’écologie du système que Dieu a créé sur cette terre magnifique, a été passablement modifié ; l’ensemble du fonctionnement de l’univers est modifié par la chute qui a un impact donc universel. Ça me semble être en tout cas la pensée que nous voyons dans l’ensemble de l’Ecriture.

Alors oui, effectivement, les animaux souffrent et ce n’est pas de leur faute, mais je ferai quelques remarques : il y a des enfants qui souffrent parce que l’un des parents est alcoolique, ce n’est pas non plus la faute des enfants, mais c’est la conséquence du péché d’un autre. Nous faisons partie d’un système, et le comportement de l’un va toucher les autres membres ou les autres éléments de ce système. Des forêts entières sont dévastées par la négligence ou la folie d’un fumeur qui laisse son mégot qui embrase toute la forêt. Aucun être humain n’est « une île » ; il influence le monde qui est autour de lui pour le bien et pour le mal, et c’est le cas de la question des animaux.

Quelques temps après la création, le mal est dans le cœur des hommes avec une telle proportion que Dieu décide d’envoyer un jugement assez terrible et complet, universel je crois, qui est le jugement du déluge (c’est une question sur laquelle on pourra revenir à l’occasion si ça t’intéresse). Qu’est ce qui se passe lorsque le déluge a lieu ? (C’est un jugement qui est à la fois nécessaire et salutaire parce que cela permettra à la fin de ce processus, de préserver la race humaine et donc de préserver l’incarnation un jour du Fils de Dieu pour sauver les êtres humains donc c’est vraiment un jugement nécessaire.)

Mais ce que l’on observe, c’est le souci de Dieu pour la création : lorsque Dieu demande à Noé de construire l’arche, Il dit également : «  Avec toi j’établirai mon alliance ; tu entreras dans l’arche, avec tes fils, ta femme, et tes belles-filles. Tu feras aussi entrer dans l’arche deux animaux de chaque espèce vivante, pour qu’ils survivent avec toi : tu prendras un mâle et une femelle. Un couple de chaque espèce, oiseau, bétail, reptiles du sol, viendra vers toi afin de survivre. Et toi, prends de tous les aliments que l’on mange, et fais-en des provisions auprès de toi, pour que cela te serve de nourriture ainsi qu’à eux. » Ce que je vois, c’est qu’il y a vraiment un souci de Dieu pour le monde animalier. L’être humain, qui d’ailleurs ne pourrait pas vivre sans les animaux, est sauvé mais aussi toute la création animalière. Genèse 8. 1 nous dit : «  Dieu se souvint de Noé, de tous les animaux et de tout le bétail qui se trouvaient avec lui dans l’arche ; Dieu fit passer un vent sur la terre, et les eaux s’apaisèrent ». Encore une fois Dieu se souvient non seulement de l’être humain, mais il se souvient aussi des animaux. Exode 23. 11 mentionne le devoir de jachère c’est-à-dire de laisser la terre parfois en repos pour que les animaux sauvages puissent manger. C’est remarquable comme souci !

J’écoutais un excellent podcast de Guillaume Bourin sur le Lévitique, et il citait un auteur qui note combien les lois du Lévitique préservent une certaine dignité du rapport de l’homme avec les animaux en introduisant des notions de respect et de mesure.

Alors ce n’est pas évidemment le seul élément à retenir du livre du Lévitique, mais cela montre l’attention que Dieu porte au monde animalier. Psaumes 50. 10, Dieu affirme que tous les animaux sont à Lui ; il y a quelque chose qui l’unit aussi à tous les animaux.

Jonas 4. 11, dans le propos du souci de Dieu pour la ville de Ninive, Dieu dit : « Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle se trouvent plus de 120 000 êtres humains qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche, et des bêtes en grand nombre ! ».

On peut remarquer que oui, il y a des conséquences sur le monde animalier de la chute de l’homme, mais il y a également un souci que l’homme et la femme doivent gérer correctement cette nature et qu’en tout cas, les animaux font partie d’un souci de Dieu. On a une petite expression du regard de Dieu sur la question de cette panique qu’a introduit le péché dans la nature et ça nous est donné en Romains 8. 18-23. Nous lisons : « J’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir qui sera révélée pour nous. Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité – non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise. Avec une espérance : cette même création sera libérée de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. Bien plus : nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. »

Oui, d’un côté le péché d’Adam et Eve a eu des conséquences terribles sur l’ensemble de la création, y compris sur les animaux ; et oui, Dieu maintient son souci de la création animale : Il ne souhaite pas qu’il y ait une violence gratuite, Il entretient ce regard bienveillant sur l’ensemble de la création.

Et Dieu nous dit que cette création qui soupire, un jour elle sera libérée de cette corruption qui vient de l’être humain, lorsque Jésus reviendra établir son règne ; et que l’humanité croyante sera de nouveau réconciliée avec Dieu, et jouira de cette nouvelle création qui, je crois, aura toutes les qualités du premier jardin d’Eden, magnifié me semble-t-il, et nous pourrons jouir à la fois de cette communion à Dieu, mais aussi du monde que Dieu a créé. Esaïe 43. 20 anticipe la rédemption future du monde et indique, c’est bien sûr une métaphore, que tous les animaux se réjouiront. J’imagine toute la joie de cette réconciliation qui va changer la donne.

Alors, oui, nous avons une grande responsabilité en tant qu’être humain pour avoir corrompu et pour gérer de façon souvent très égoïste les ressources que Dieu nous a données. Mais ceci dit, il faut garder quand même une certaine perspective : la souffrance des animaux en tant que souffrance physique et émotionnelle peut être tout à fait réelle, mais elle n’est pas métaphysique.

La souffrance que nous ressentons est d’un autre ordre. Pourquoi ? Parce que nous avons intuitivement la notion de bien et de mal, la notion de justice, ce que n’ont pas les animaux. Et donc le référentiel qui est en nous n’est pas le référentiel qui est en eux, et il faut se garder de projeter sur la souffrance animale les mêmes sentiments d’injustice que nous trouvons dans la souffrance que nous voyons autour de nous.

La souffrance des animaux n’est pas la même que la souffrance des êtres humains, parce qu’il y a une dimension spirituelle, métaphysique, d’ordre éthique chez un être humain, qui n’est pas celle des animaux. C’est une association qui est trop facile à faire surtout quand on est amoureux des animaux ; il faut se garder de reporter nos émotions et nos souffrances sur leur expérience, de reporter notre sentiment d’injustice sur leur expérience ; leur expérience est de nature radicalement autre. Nous sommes les seuls êtres que Dieu a créés à son image, et il y a un fossé immense entre la création animalière et la création de l’être humain.

J’espère que cela te donne quelques pistes pour répondre à ta fille, et que cela sera suffisant pour l’encourager à se réconcilier à Dieu qui est un Dieu qui aime l’ensemble de la création et qui un jour la rétablira dans sa gloire.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire. Florent est aussi conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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