Que dit Jésus de l’écologie? (Épisode 185)

La nature se porte mal, et les choses ne vont pas en s'améliorant. Face à ce désastre en progression, beaucoup dans le monde et dans l'église se lèvent et réagissent. Mais quelles réactions sont appropriées pour un disciple du Christ? Florent Varak nous présente la vision biblique de la question de l'écologie, et nous laisse avec 5 applications concrètes.

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Episode 185 : Que dit Jésus de l’écologie ?

La question est posée pour ce podcast. Bonjour Florent, je suis vos vidéos depuis longtemps. Merci pour le travail que vous faites et que toute la gloire en revienne à Dieu. Je vous pose une question assez d’actualité : que dit Jésus sur l’écologie ? Pourquoi si peu de ministères évangéliques travaillent dans ce domaine ? Malgré de nombreuses recherches, je ne connais que A Rocha qui a consacré un ministère entier pour l’environnement. Est-ce qu’un chrétien n’a pas une part de responsabilité dans la protection de l’environnement ? Je réfléchis à travailler dans un ministère qui œuvrerait entre autre pour la protection de l’environnement. J’imagine en effet qu’une évangélisation par ce biais est également possible. Par la beauté de la nature il est possible de parler d’un Dieu créateur, jusqu’à amener, avec la Bible, à parler de ce Dieu qui est également un Dieu rédempteur. Est-ce possible d’utiliser la beauté de la nature, son fonctionnement parfait pour amener des gens à découvrir qui est Jésus. Evidemment, il est ici question de mettre la Bible et Christ au centre. Je ne vous parle pas d’une religion ou d’un ministère un peu "bobo" déconnecté des réalités bibliques. Nombreux sont les gens du monde qui se soucient de l’environnement. Je crois que cela pourrait être un bon domaine à creuser pour parler dans ce domaine aussi de Dieu. Je vous serais reconnaissante si vous pouviez m’éclairer bibliquement mais également selon votre expérience en tant que pasteur sur la question.

Ecoute, merci pour ta question, je trouve remarquable la manière dont tu la formules. Ce sera difficile d’y répondre en quelques minutes, hein ! Mais remarquable parce que tu as tous les éléments d’un équilibre auquel je souscris. Effectivement, la nature parle de la gloire de Dieu, hein, ce que Romains 1 nous dit. Et effectivement, sans la connaissance du Christ, c’est un petit peu dommage que les gens admirent la nature sans connaître leur créateur. Ça devient en fait de l’idolâtrie. On idolâtre ce qui est l’œuvre de Dieu plutôt que le créateur de la nature. Alors, ça me permet de développer en tout cas la notion d’écologie qui, comme tu le soulignes est une question très, très pertinente, très importante pour nos contemporains. Je connais des gens qui sont déprimés parce que la terre va à sa perte, et que de toute façon, quelle que soit la manière dont on regarde l’avenir de la planète, ça se passera mal, parce que dans quelques millions d’années, des milliards d’années, le soleil aura enflé et aura tout brûlé. Donc ce n’est pas une bonne perspective réjouissante, pour celui qui ne se limite qu’à la planète pour son espérance et sa perspective.

Alors, pour ce podcast, je vais évoquer 3 principes fondamentaux, proposer 10 synthèses et finir avec 5 applications. C’est un petit peu ambitieux, je vais voir si je peux terminer en moins de 20 mn.

Alors, les 3 principes fondamentaux sont les suivants. Tout l’intérêt et la difficulté de la question de l’écologie repose sur ces 3 principes fondamentaux qui ont à voir avec le métarécit de l’Ecriture. Ces 3 principes fondamentaux sont principe de création, principe de malédiction, et principe de rédemption progressive.

Par le principe de la création, on peut observer dans l’Ecriture même que la création est bonne, que ce soit Genèse chapitre 1 et 2, soit le Psaume 8, que ce soit Romains 1, que ce soit également ce qui nous est révélé de la future création : la création est bonne, le corps est beau, la nature est belle, les animaux sont un cadeau. Et on voit également qu’Adam et Eve en sont les gestionnaires primitifs, primordiaux. Au début, c’est eux qui doivent gérer cette terre. Ils sont les premiers rois, les premiers maîtres.

Mais il y a un deuxième principe qui va obscurcir ce dessein magnifique initial. C’est le principe de la malédiction. La mort touche l’ensemble des phénomènes vivants dès qu’Adam et Eve meurent. La mort, ou la dégradation, touchent non seulement les êtres humains qui sont dès lors séparés de Dieu et mortels physiquement, et donc spirituellement de par leur séparation avec Dieu, mais également l’ensemble de la nature est atteint, affecté par la chute morale de l’homme. Les ronces grandissent dès lors au milieu des cultures. La tectonique des plaques engendre les tremblements de terre. Les cycles brisés de la nature engendrent des famines. Le tout associé à l’égoïsme et la corruption humaine, des gouvernements humains comme des êtres humains. Et soudainement, l’être humain est placé dans une situation de survie, et plus dans une situation de jouissance dans un monde bien géré, bien coordonné, parfait au début. Après Noé, les animaux deviennent nourriture. Les rapports donc au sein de la création sont profondément affectés par la violence et par le péché.

Kevin DeYoung et Greg Gilbert, dans un livre qui s’intitule Quelle est la mission de l’Eglise ? , observent que (je cite) "La disparition de l’expression ‘’assujettissez-la’’ après Noé, est particulièrement significative. Le but du mandat originel est désormais hors de portée. Contrairement au mandat adamique, il n’est plus question, dans celui de Noé, de progression vers le paradis mais plutôt de préservation dans un monde déchu. Et un petit peu plus loin, nous lisons :" nous vivons encore dans la période de l’histoire pendant laquelle c’est la version de Noé du mandat social qui nous est imposé. Donner naissance implique douleur. Travailler implique sueur. Les animaux nousfuient toujours avec crainte et la création est toujours assujettie à la frustration.

Et donc ça nous mène sur un troisième principe qui est celui de la rédemption progressive. Devant ce chaos issu du péché, Dieu a un plan de rétablissement global. Mais ce plan de rétablissement global passe par des étapes précises ; et l’étape centrale de cette progression, c’est la venue du Fils de Dieu qui s’incarne, qui devient homme. Il devient l’homme-Dieu, le Dieu-homme qui est le pont parfait entre Dieu et les hommes, et il devient celui qui résout le problème du mal en l’absorbant, ou en l’attaquant à sa racine. 2 Corinthiens 5.21 nous dit qu’il devient péché pour nous, c’est-à-dire que, lorsque Jésus meurt à la croix, il prend sur lui l’ensemble du mal que les hommes ont réalisé, et il est puni à notre place pour porter le poids de la culpabilité des hommes. C’est extraordinaire et c’est ce qui nous donne une espérance formidable. Cela nous conduit au troisième principe qui est celui de la rédemption progressive. En fait, pour résoudre ce chaos qu’a suscité la désobéissance de l’être humain, Dieu décide d’un plan de sauvetage et ce plan de sauvetage passe par l’incarnation de Dieu-le Fils qui devient homme, et qui va porter sur lui le mal des hommes. En fait, Dieu s’attaque à la racine du problème et la racine du problème c’est la culpabilité des êtres humains, et il gère cette culpabilité. Jésus meurt sur la croix, puni pour nos péchés, puni par le Père. Il offre ainsi une rédemption à tous ceux et toutes celles qui auront confiance en lui. Il gère donc le problème du mal en sa personne. Et aujourd’hui c’est le jour de la proclamation de cette rédemption. Le jour vient où les effets de cette rédemption toucheront l’ensemble de la terre. La Bible parle d’une résurrection en quelque sorte de la planète avec un nouvel univers, un nouvel environnement, une nouvelle terre, et gageons que cette recréation, quels que soient les liens qu’elle a avec la création actuelle, sera glorieuse et probablement beaucoup plus glorieuse même que celle qui était à l’état initial.

Donc nous voyons qu’il y a des étapes dans la rédemption et que aujourd’hui ce n’est pas l’étape de la glorification de la planète ni de son salut. C’est l’étape de la proclamation de l’Evangile. Kevin DeYoung et Greg Gilbert, dans un livre qui s’intitule Quelle est la mission de l’Eglise ? , que j’ai cité, dit la chose suivante : "En résumé nous ne sommes pas des petits Adam qui tentent d’accomplir son travail, non ! Cette tâche a été reprise et accomplie par notre Seigneur Jésus. Nous partageons simplement les prémices de sa victoire et de son règne. Les prémices de sa victoire et de son règne, c’est l’apéro de sa victoire et de son règne. Un jour viendra l’essence, la réalisation, l’accomplissement, le banquet de son règne sur une terre renouvelée." Alors j’ai beaucoup apprécié le livre qu’Alain Nisus, Luc Olekhnovitch et Louis Schweitzer ont dirigé, qui s’intitule Vivre en chrétien aujourd’hui, publié à la Maison de la Bible. C’est un ouvrage sur l’éthique qui touche toutes les questions qui sont chères à la société actuellement. Il y a toute une section sur l’écologie et voilà ce qu’ils disent que je trouve très pertinent dans le contexte actuel : "Être gérant de la création, c’est nous préoccuper de l’état de notre terre et de son avenir. Cela inclut de reconnaître que nous avons fait fausse route sur certains points ou que des choix erronés par le passé ne sont plus pertinents aujourd’hui. Puis, corriger nos comportements et chercher à réparer ce que nous avons abîmé. Cela signifie aussi inventer des solutions pertinentes pour un monde peuplé aujourd’hui de 7 milliards d’humains. Chiffre qui va encore augmenter dans les années qui viennent. Pour exprimer cela avec des mots d’aujourd’hui, disons que la parabole nous appelle à une attitude et un comportement éco-responsables. Littéralement : responsables de la maison. Que nous soyons capables de trouver des bonnes réponses donc, d’abord, de poser les bonnes questions. Certes, nous nous sentons bien petits et nous avons raison. L’observation et l’étude de la création, la situation inédite avec les questions et les inquiétudes qu’elle suscite, aussi bien que la Parole de Dieu nous poussent à l’humilité. Toutefois si Dieu nous a confié la gérance de sa merveilleuse création, c’est parce qu’il a voulu faire de nous ses vis-à-vis et dès Genèse 1.26-27, il désire que nous mettions à son service les capacités qu’il nous a données". Alors tu vois, dans le propos qui est tenu ici, que Dieu nous place dans une situation de gestionnaire – mais de gestionnaire, comme nous l’avons vu, d’un monde qui est brisé, pas dans une situation de sauveur de cette création.

Alors je te propose 10 thèses rapidement formulées, un peu de synthèse de ce que je trouve dans l’Ecriture.

Premièrement : Dieu est au centre de l’univers, pas la nature. Ce que je vais te proposer, c’est une certaine vision du monde, une certaine conception du monde. Je crois que c’est important dans le contexte. On nous propose une autre vision du monde que je vais un peu expliquer par contraste avec ce que je te propose ici. Donc, premièrement, Dieu est au centre de l’univers, pas la nature. La vision d’une terre qui serait la déesse nourricière, la terre mère,, est vraiment une idolâtrie. L’homme n’est pas au service de la nature pour lui faire des offrandes, l’apaiser, calmer ses colères comme on entend parfois aujourd’hui sous un autre vocable, mais comme s’il fallait apaiser la nature. C’est pas le vocabulaire que nous donne la conception du monde.

Deuxièmement, hommes et femmes sont seuls créés à l’image de Dieu, pas les animaux. Préserver une espèce est moins important que sauver un enfant, et ce qui est le plus important encore, c’est de sauver une âme de la mort. Donc, il y a une sorte d’échelle de valeur qu’il faut bien comprendre ici, qu’il faut bien garder en tête dans notre préoccupation de la nature. L’avortement est plus grave que tuer un lion en Afrique, même si je suis contre sur le fait de tuer un lion en Afrique. L’annonce humble et respectueuse de l’espérance de Christ est plus importante que de ramasser des sacs plastique sur une plage. Notez bien : plus important ne veut pas dire que ce n’est pas important de ramasser des sacs plastique. Je suis absolument pour. Cela je le dirai dans la conclusion.

Troisièmement, la nature reflète la gloire et le jugement de Dieu. La loi de la nature n’est pas très joyeuse, hein. C’est la loi de la jungle. Et la nature doit être contrainte pour extraire la vie. Ma femme fait un diplôme d’agriculture durable et organique, bio et elle me dit combien elle est surprise de voir que certaines des plantes les plus importantes ont des contrefaçons, comme le blé et l’ivraie par exemple, qu’il ne faut pas confondre, parce que l’une est bonne et l’autre mauvaise. C’est-à-dire qu’il y a dans la nature la malédiction et la bénédiction. N’est-ce pas ce que nous avions vu dès le départ ? Il y a un principe d’entropie et un principe créationnel magnifique et les 2 sont ensemble. Il ne faut pas imaginer qu’une nature livrée à elle-même est l’amie de l’homme. Les pygmées sont un peuple remarquable, magnifiquement imprégné ou imbriqué dans la nature. Il vivent vraiment une osmose remarquable avec la nature qui les entoure, et je trouve que c’est un peuple absolument magnifique qui vit aujourd’hui malheureusement très méprisé dans ces pays, et leur espérance de vie est de moins de 50 ans. Etre proche de la nature ne veut pas dire que la nature nous traite bien.

Quatrièmement : L’exploitation égoïste de la terre est coupable. C’est absolument souligné dans l’Ecriture. Même Esaïe 5 parle du jugement sur les constructions qui s’empilent les unes sur les autres. C’est extraordinaire comme préoccupation. On parle là du 8ème siècle avant Jésus-Christ. Le rejet de l’année de la jachère pendant 490 ans par le peuple d’Israël a engendré 70 ans de captivité, parce que Dieu dit "vous ne me les avez pas donnés, je les reprends". Ce jugement manifeste à la fois la cupidité de l’homme et l’intérêt de Dieu pour faire les choses correctement. Et finalement, le problème n’est pas l’exploitation mais l’exploitation égoïste, et j’étais quelque part dans un pays perdu que je ne nommerai pas, un pays anglophone. C’est un pays en voie de développement et quelqu’un m’a dit : "Tu sais, on a trouvé du pétrole là mais on ne le dit pas parce que dès qu’on dit qu’il y a du pétrole et bien, il y a des guerres parce que c’est comme ça que les Occidentaux se saisissent de ces territoires." Puis c’est horrible, c’est horrible, et donc l’exploitation égoïste de la terre est coupable et Dieu jugera pour cela.

Cinquièmement : L’énergie qui est souvent décriée aujourd’hui, l’énergie est un cadeau de Dieu et si tu écoutes ce podcast, c’est parce que il y a n cycle de production qui te fournit de l’énergie dont ton téléphone a besoin, ou ton ordinateur a besoin. Et tu n’as pas consacré 10 enfants de ta famille à cultiver les champs pour en extraire un maigre revenu. Je voudrais vraiment souligner parce qu’aujourd’hui il y a une sorte de crise de confiance dans l’énergie, mais l’énergie est un cadeau de Dieu, et c’est bouleversant de voir à quel point il y a une naïveté, et aussi finalement une forme de contrôle des gens sur la privation d’énergie. Je te cite un ami, j’espère qu’il sera d’accord que je le cite comme ça, Samuele Furfari. Il a écrit beaucoup de livres sur l’énergie et sur l’écologie. Il n’est pas dans le même spectre nécessairement que ceux qui sont engagés dans l’écologie, mais il nous faisait la remarque suivante, c’est que le Pakistan avait demandé au FMI un emprunt pour pouvoir développer le charbon. Et cela a été refusé sous prétexte que c’est une énergie fossile, qu’il fallait donc minimiser. Donc on maintient le Pakistan dans un état de dépendance énergétique et dans une dépendance de pauvreté donc, parce que l’énergie permet d’avoir des écoles, permet d’avoir un système juridique qui fonctionne. Ca génère beaucoup d’argent et ça génère justement un Etat qui est capable de fonctionner. Par la privation du Pakistan de cette énergie, on prive de revenu dont nous on ne s’est pas privé au 19ème siècle en Europe. Je trouve ça scandaleux parce qu’il y a un rapport entre le bien soit disant de la planète, et le bien d’une population qui est à mon sens totalement décalé. Donc il faut vraiment souligner que l’énergie est un cadeau de Dieu.

Sixièmement : L’homme n’est pas le sauveur de la terre. La terre est vouée à la destruction, je l’ai déjà évoqué et il y aura un jugement de Dieu qui détruira par le feu. C’est ce que 2 Pierre rapporte, et ce que l’Apocalypse rapporte. C’est futile et arrogant de se présenter en sauveur de la planète.

Septièmement : La politique doit raisonnablement peser sur l’égoïsme. C’est-à-dire rien n’est libre sur cette terre. Parfois les gens disent que les marchés financiers doivent être libres. Non, non. Seul Dieu est libre. Dès que l’on donne la liberté aux choses que les hommes ont créées, alors on a l’égoïsme en avant et on a l’exploitation des autres. Le règne de l’argent n’est pas un meilleur règne. La politique doit raisonnablement peser sur l’égoïsme pour minimiser les pollutions, les lobbies chimiques agroalimentaires, tous les lobbies quels qu’ils soient. Le pouvoir de l’argent est trop grand. Donc la politique doit peser mais elle doit peser raisonnablement pour être au service des populations.

Huitièmement : Il n’y a jamais de solutions parfaites à la vie. Quelqu’un m’a dit : c’était impossible de vivre en ville avec tous les crottins de cheval qu’il y avait avant l’invention de la voiture. C’était impossible. Ca limitait même l’expansion des villes tellement c’était difficile à gérer. Alors les voitures sont venues. Maintenant on lutte avec la pollution. On est heureux des voitures électriques sauf que, la production des batteries génère une pollution qu’on ne sait pas traiter. C’est absolument aberrant de voir la mise en avant des véhicules électriques quand on voit toute la pollution que cela génère. Il n’existe aucune solution clean à 100%. Ce n’est pas dans ce monde que nous vivons. Peut-être, probablement ce sera le cas dans le monde à venir.

Neuvièmement : Il faudrait avoir un peu plus de confiance dans l’intelligence que Dieu a donné aux hommes. Ça, c’est remarquable que Dieu ait donné aux hommes de construire à partir de sa création tout ce que nous pouvons construire, et peut-être qu’un jour nous saurons dégager de l’énergie d’un grain de sable, peut-être que nous saurons dégager de l’énergie d’une goutte de chlorophylle. Aujourd’hui on ne sait pas comment, mais c’est le propre du progrès que l’homme a réalisé de l’imaginer sur l’avenir. Je crois qu’il faut avoir confiance dans la capacité de l’homme à gérer.

Dixièmement : Jésus interviendra pour établir un monde parfait. Je suis assez gêné d’entendre les discours qui se plaignent de 7 milliards d’individus, qui disent : "mais on ne pourra jamais soutenir 14 milliards d’individus". Je ne sais pas. Il y a des gens qui disaient qu’on serait incapables de soutenir plus de 3 milliards et on est 7 milliards. Je ne sais pas. Et laissons à Dieu le soin d’être Dieu et soyons, nous, à trouver des solutions qui permettent à tous de vivre en minimisant les effets de la chute, et de ce que nous vivons aujourd’hui. Bref. Jésus interviendra pour établir un monde parfait, et ce n’est pas à nous de le mettre en place.

Alors, je termine avec 4 applications. Je ne sais pas si tu seras d’accord. Je pense que ça va susciter bien des conversations. Mettez vos commentaires et je les lirai. Je ne peux pas toujours y répondre parce que le temps me manque pour cela, mais ça permettra d’initier un dialogue. Mais je vais terminer avec 4 applications.

Premièrement : Vis selon tes convictions. Moi j’aime bien l’écologie qui commence avec soi plutôt qui commence avec ce que l’on revendique chez les autres. Ma femme achète et fabrique des détergents qui sont écologiques, pour la machine à laver le linge, pour les nettoyages, la cuisine. Elle achète des produits moins polluants et nous cultivons ce que nous pouvons dans notre jardin. L’écologie, ça commence par un comportement personnel. Parce que c’est la demande qui force la production, et qui favorise ensuite… si nous demandons des comportements responsables de la part des producteurs locaux, de chercher sa viande dans des endroits où les animaux sont bien traités, etc. Et intéresse-toi à ce monde-là et agis en conséquence.

Deuxièmement : Ne porte pas le poids du salut de la terre. Moi je suis triste de voir des gens qui se flagellent pour une lumière allumée, pour le fait de prendre une voiture, ou d’en avoir même. Je pense que nous sommes des experts en culpabilité, et nous les créons trop facilement. Les 10 commandements qui sont vraiment les fondamentaux à la vie sociétale n’incluent pas "tu ne pollueras pas". Mais "tu ne pollueras pas", c’est une conséquence logique d’une réflexion portée sur l’amour du prochain, et sur l’héritage qu’on laisse à nos enfants. Donc absolument, nous devons réfléchir à ces questions, mais nous devons regarder la juste proportion, et on n’a pas à porter le poids du salut de la terre.

Troisièmement : Sois très prudent dans les métarécits que tu adoptes. Je sais qu’on vient de traverser l’été le plus chaud jamais enregistré. Pourtant la théorie qui dit que c’est la faute de l’homme, elle pourrait faire l’objet d’études supplémentaires si je comprends bien ce que certains disent de ces questions. Je crains qu’il y ait une sorte de "greenbashing" qui se met en place, de dictature bizarre des comportements qui est très dangereuse. A partir du moment où on met un métarécit en place, et que l’on contraint ensuite les gens à vivre selon ce métarécit, faut vraiment réfléchir, parce que c’est le problème de la politique, de toutes les politiques totalitaires. Il faut vraiment réfléchir à ce qu’on veut mettre en avant sur l’ensemble du monde. Ces métarécits sont parfois faux. Et puis :

Quatrièmement : c’est quelque chose sur lequel je voudrais insister : connais Dieu. Alors je sais que c’est le cas dans ton propos, toi qui pose la question, mais ce n’est pas le cas de tous ceux qui écoutent. Connais Dieu avant de mourir. Ce n’est pas ton empreinte écologique à la mort qui te fera entrer au paradis. Ce ne sont pas tes bonnes œuvres qui te feront entrer au paradis. Ce ne sont pas tes actes et tes comportements écoresponsables qui te feront entrer au paradis. Ce qui fait entrer au paradis, c’est d’avoir confiance en ce que Jésus-Christ a fait pour pardonner cet égoïsme qui est en chacun d’entre nous, ces comportements qui sont destructeurs auprès de ceux qui nous entourent, ces colères, ces violences, ces adultères, ces convoitises, ces comportements moraux qui sont irresponsables, et qui nous condamnent auprès de Dieu. Et avant de vouloir sauver la planète, se préoccuper de la planète, il faut connaître ce Dieu qui nous propose une main tendue, et qui nous propose d’être réconcilié avec lui par Jésus-Christ. Voilà. Alors, écoute, pour terminer et pour être plus précis sur ta question, il est tout à fait pertinent d’imaginer un ministère comme A Rocha ou d’autres ministères dans lequel on peut s’engager pour, à la fois noter, et montrer toute la beauté de la création, et aux Etats-Unis des ministères qui sont centrés sur la beauté de la création en tant que même science et qui, ensuite, conduisent à l’Evangile et qui font un rapport, un rapprochement avec la Bible. D’autres ministères en France qui tentent de faire ça et qui montrent combien la gloire de la création atteste d’un créateur, mais aussi combien cette création, elle atteste d’un principe vicié, un principe de dégradation qui est là, et qui nous fait réfléchir sur le fait que nous-même nous ne sommes pas à la hauteur et que nous avons besoin de réconciliation. Et si tu as le moyen de trouver un engagement dans ce domaine-là, je trouve que ce serait formidable.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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