Que penser de la confession à un tiers? (Épisode 193)

Dans ce podcast, Florent Varak nous démontre que la Bible nous enseigne que Dieu seul pardonne les péchés, ce pouvoir n'est pas entre les mains des hommes, quels qu'ils soient. Cependant, même si ce pardon ne s'obtient pas chez les hommes, Florent note l'intérêt de confesser nos péchés les uns autres pour la croissance spirituelle de l'Église.

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Que penser de la confession à un tiers ? (Episode 193)

Alors pour ce podcast pardon, la question est posée : "Bien le bonjour. J’espère que vous allez bien." Et je te réponds, je vais bien. "Je suis nouvellement baptisé, au sein d’une église évangélique, et une personne vient de m’interpeller au sujet d’une pratique qui n’a pas cours au sein de celle-ci, à savoir se confesser à une tierce personne, pasteur ou prêtre. L’interrogation prend du poids, si on considère Jean 20. 23. Selon votre expérience spirituelle, qu’en dites-vous ?"

Ecoute, merci pour ta question. Elle touche la question des pratiques catholiques donc, de la confession à un prêtre. Et quant à moi, puisqu’on parle de confession, je ne résiste pas à la tentation de te montrer, si tu es sur Youtube – désolé pour ceux qui sont sur Soundcloud ou qui ne font qu’écouter le podcast ici –, je ne résiste pas à te montrer les couleurs absolument magnifiques qui sont derrière moi, de ces arbres qui sont frappés par l’automne. Je suis au milieu du Québec, une région absolument magnifique, à Grands-Remous, et tu peux voir, c’est tôt le matin, l’extraordinaire paysage qui m’entoure. Bon, tu n’es pas venu pour ce podcast pour voir des images comme ceci, alors je vais répondre maintenant à ta question.

Ecoute, on va prendre le texte dans son ensemble.

Beaucoup font le lien d’ailleurs avec d’autres textes du Nouveau Testament comme Matthieu 16. 19 où là, on voit Jésus qui donne à Pierre l’autorité de pardonner, et puis parfois à Matthieu 18. 18, la notion de lier ou de délier dans le contexte d’une discipline d’église. On va lire le texte entier parce que c’est toujours dans le contexte d’un texte que se trouvent les pépites qui nous permettent de le comprendre ou qui permettent de comprendre les points les plus difficiles :

"Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient fermées, par la crainte qu’ils avaient des Juifs ; Jésus vint, et debout au milieu d’eux, il leur dit : Que la paix soit avec vous. Quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples se réjouirent en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : Que la paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés, et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux, lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois pas dans ses mains…, si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets mon doigt à la place des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point."

Tu connais cette histoire célèbre du doute de Thomas.

  •  Nous sommes après la résurrection. Les apôtres ne sont pas trop sûrs de ce qui s’est passé…
  •  Et Jésus se présente à quelques-uns d’entre eux ; Thomas donc n’est pas encore là, il vient juste quelques temps après. Et Jésus les envoie en mission. Et en fait, dans chacun des évangiles, tu trouves Jésus qui envoie ses apôtres en mission, et chaque fois c’est formulé de façon différente, il y a un accent différent qui est donné à l’envoi missionnaire.
  •  Quand Jésus souffle sur les disciples en disant "Recevez le Saint-Esprit", je ne crois pas que le Saint-Esprit descende ou vienne à ce moment-là. Pourquoi ? Parce qu’en Jean 7. 39 et en Jean 16. 7, il a dit que le Saint-Esprit ne pouvait venir avant qu’il ne monte au Père, avant son ascension, avant la réalisation et l’achèvement de l’expiation.
  •  Alors il y a quelques difficultés dans l’utilisation des verbes : quand nous lisons "ils leur seront pardonnés", en fait c’est conjugué, dans l’original, au parfait passif. C’est un peu technique, mais cela évoque une action réalisée dont les conséquences se prolongent, mais comme c’est un passif, l’action est subie, elle est subie de façon absolue, mais dont les conséquences sont durables. C’est-à-dire "ceux à qui vous pardonnez, ils auront été pardonnés", c’est un petit peu surprenant comme formulation. Alors comme c’est un peu incompréhensible si on le dit ainsi en français, les traducteurs se sont simplement simplifiés, et puis ça fait sens avec le contexte : "Si vous pardonnez, ils seront pardonnés".
  •  Toutefois dans ce texte, il n’est pas dit que les apôtres ou leurs successeurs auraient un pouvoir particulier de pardon, ou qu’ils devraient utiliser une certaine succession de mots, de rituels ou prononcer des formules pour que le pardon soit accordé.
  •  Tu vois, l’une des règles ici de l’interprétation, c’est de regarder dans le contexte. Et le contexte ici est missionnaire : le moyen du pardon n’est pas évoqué directement ; ce n’est pas une parole qui donne le pardon, ce n’est pas une décision d’un prêtre ou d’un apôtre qui donne le pardon. Le contexte est l’envoi en mission. Et qu’est-ce que va être la mission, quelle va être la mission des apôtres ? Bah ça va être de proclamer l’Evangile et le pardon qui vient avec l’expiation de Jésus-Christ.
  •  Je te cite un texte qui est en Colossiens 2 : "Et vous, qui étiez morts à cause de vos fautes, et parce que vous étiez des incirconcis, des païens, Dieu vous a donné la vie avec le Christ. Il nous a pardonné toutes nos fautes. Car il a annulé l’acte qui établissait nos manquements à l’égard des commandements. Oui, il l’a effacé, le clouant sur la croix." Là j’utilisais la version Semeur.

Dans son commentaire, Carson cite Marsh : "Il ne fait aucun doute que la référence est de pardonner les péchés ou de retenir le pardon. Mais si cela sonne ainsi, c’est simplement le résultat de la prédication de l’Evangile, qui les ramène au premier plan de leur disposition au pardon." Donc nous voyons ici que le médium, le moyen, de ce pardon n’est pas la formule d’un prêtre mais la proclamation de l’Evangile.

Je suis conscient qu’en disant ceci, je m’oppose un peu à la conception et à la pratique catholique. Je te cite le nouveau catéchisme qui stipule :

  •  Et ça c’est l’article 1493, page 388 (tu vois je suis précis) : "Celui qui veut obtenir la réconciliation avec Dieu et avec l’Eglise, doit confesser au prêtre tous les péchés graves qu’il n’a pas encore confessés et dont il se souvient après avoir examiné soigneusement sa conscience. Sans être en soi nécessaire, la confession des fautes vénielles est néanmoins vivement recommandée par l’Eglise."
  •  Autre article, 1456 : "L’aveu au prêtre constitue une partie essentielle du sacrement de Pénitence." et ça c’est page 379.
  •  Une dernière référence, c’est l’article 1424 : "Il est appelé sacrement de la confession puisque l’aveu, la confession des péchés devant un prêtre est un élément essentiel de ce sacrement."

Ecoute, je ne peux vraiment que contester ce que les articles du catéchisme catholique disent : ce n’est absolument pas le cas !

  •  Jésus dit clairement : "Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul ?". C’est dans l’évangile de Marc, Marc 2. 7.
  •  Lorsque Simon, qui a essayé d’obtenir le Saint-Esprit par de l’argent, cherche le pardon de Dieu auprès de Pierre – Pierre considéré par l’Eglise catholique comme le premier apôtre…, le premier pape pardon –, Pierre le renvoie à Dieu. Il ne prétend pas avoir un pouvoir particulier pour pardonner les péchés lui-même.
  •  1 Timothée 2. 5 est très clair : "Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu, et les hommes, le Christ-Jésus homme."
  •  Et 1 Jean 1. 9 nous propose, et c’est vraiment là notre privilège : "Si nous confessons nos péchés, il [Dieu] est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice."

Tu vois, malheureusement, la pratique de la confession des péchés à des prêtres a conduit à des choses absolument terribles dans l’histoire de l’Eglise :

  •  Des hommes se sont confiés en eux plutôt qu’en Dieu, et en cela ont complètement loupé le pardon que Dieu offre en Jésus-Christ, et en Jésus-Christ seul ! Puisqu’il attend de nous une confiance exclusive dans la médiation de Jésus-Christ auprès du Père, et dans l’expiation que lui réalise, j’y viendrai dans un instant, pour nous-mêmes.
  •  Des hommes ont cru, qu’en une sorte de pénitence, que en formulant des prières (répéter plusieurs fois le "Notre Père", répéter plusieurs fois "l’Ave Maria"), ils pourraient obtenir de Dieu la condescendance de son pardon. Ce n’est absolument pas par les œuvres que nous sommes pardonnés, ni par le nombre de prières, ni par la formule d’un prêtre. La Bible dit que c’est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi. Nous exprimons notre confiance dans un Dieu qui a pardonné nos péchés parce qu’il est mort à la croix pour nous purifier de ces péchés.
  •  Et puis je souligne également que des prêtres se sont permis des comportements absolument odieux en comptant sur le pardon de leurs collègues, parce que finalement ça minimise les conséquences du péché, on peut se dire "De toute façon si je pêche, il y a quelqu’un qui peut ôter mon péché".

L’une des plus grandes chutes que nous trouvons dans la Bible, c’est celle de David qui va commettre un adultère, commettre un meurtre pour couvrir sa faute. Et à un moment donné, il est brisé par le sentiment de culpabilité, puis Dieu vient le reprendre, et il écrit 2 psaumes : le Psaumes 32 et le Psaumes 51. Et dans le Psaumes 32, il est dit : "Je t’ai fait connaître mon péché, je n’ai pas couvert ma faute ; j’ai dit : Je confesserai mes transgression à l’Eternel ! Et toi, tu as enlevé la faute de mon péché." C’est Dieu qui ôte la faute, c’est Dieu qui pardonne. En aucun cas un homme est susceptible d’avoir le pouvoir de pardonner les péchés.

Alors, y a-t-il un intérêt à confesser un péché, que ce soit à un pasteur, un prêtre, que ce soit à un frère, une sœur ? Je le crois.

Jacques 5. 16 nous dit : "Confessez donc vos péchés les uns aux autres – tu remarques, ce n’est pas aux prêtres – les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La prière agissante du juste a une grande efficacité."

Ca, c’est dans le contexte de l’onction d’huile pour les malades, tu peux lire dans le contexte l’ensemble de ce propos. Mais l’idée, c’est que nous puissions, de façon très fraternelle, évoquer nos faiblesses et être encouragés les uns les autres. Je pense que ça peut être pertinent spirituellement de parler à quelqu’un de ses fautes et de ses péchés. Parce que parfois, on est tellement accablé que l’on a besoin de quelqu’un pour nous relever, ou parfois, on a besoin d’un regard tiers pour nous donner des pistes, notamment si quelqu’un est plus mûr dans la foi et dans son chemin, pour donner des pistes pour sortir des ornières du péché dans lequel nous pouvons, hélas ! parfois tomber. Donc la confession des péchés peut être importante de façon pédagogique, de façon spirituelle et pour entendre… Et quelqu’un qui écoute sagement la confession des péchés va aussi faire le rapport avec l’Ecriture, et donner des pistes qui nous rappellent la grâce de Dieu, qui nous rappellent l’Evangile et qui nous rappellent les chemins de sanctification.

Et donc je suis assez fervent partisan de la possibilité de vivre une vie un peu transparente, peut-être pas pleinement transparente, mais suffisamment transparente pour éviter que le péché devienne quelque chose de très sournois et grand dans nos vies, et que ça prenne le dessus de nos vies. Mais je note que ça ne peut pas être source de pardon ; ça peut être source d’encouragement et de référence au pardon.

Et à un moment donné, l’apôtre Pierre qui prêche parmi ses premiers messages d’évangélisation, il y en a plusieurs dans le livre des Actes, il dit : "Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés." Et tu vois, c’est ainsi que l’on est pardonné, lorsqu’on se repent et que l’on se convertit. Pourquoi ? Parce que lorsque Christ meurt à la croix, il meurt pour l’ensemble des péchés que nous avons commis si nous plaçons notre confiance en lui. Ça veut dire que nous ne pouvons pas obtenir un pardon de plus que celui qui vient de Jésus-Christ. Alors pourquoi confesser nos péchés ? Eh bien, on les confesse parce qu’on a besoin pédagogiquement de dire comme Dieu. C’est-à-dire : "confesser" ça veut dire reconnaître. Dieu dit "Ce que tu fais, c’est mal", le confesser c’est dire "Oui, je reconnais que c’est mal, et j’ai besoin de grâce et j’ai besoin de pardon". Et c’est tellement fondamental pour la croissance spirituelle !

Ecoute, j’espère avoir répondu à ta question et que tu en as profité pour regarder derrière moi des paysages magnifiques que je t’envoie du Québec. Bien des salutations !

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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