Que penser des gilets jaunes? (Épisode 149)

Dans ce podcast, Florent Varak parle d'actualité: les gilets jaunes. Comment un chrétien devrait-il réagir et se positionner sur ce mouvement? Quel rapport la Bible nous encourage à avoir avec l'État?

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La question de l’influence des Chrétiens dans la société a souvent été délicate. Voici comment Justin Martyr (2e siècle) évoque l’impact des disciples de Jésus de son temps:

« Celui qui se met en colère sera puni par le feu. Si quelqu’un vous force à le suivre pendant un mille, suivez-le pendant deux. Que vos bonnes œuvres brillent devant les hommes, afin que, les voyant, ils admirent votre Père qui est dans les cieux. Il ne faut pas user de violence, et Dieu ne veut pas que nous imitions les méchants, mais il nous engage à employer la patience et la douceur pour arracher les hommes à l’avilissement des mauvaises passions. Nous pourrions vous citer comme exemples beaucoup de ceux qui ont vécu parmi vous. Ils ont renoncé à leurs habitudes de violence et de tyrannie, vaincus par le spectacle journalier de la vertu de leurs voisins, par la vue de l’étrange patience de leurs compagnons à supporter l’injustice, par l’expérience acquise dans les relations avec eux. »
Première apologie, XVI.2-4, Justin Martyr 

Une position proche de celle que Florent développe dans ce podcast…

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La question qui nous préoccupe pour ce podcast est la question des Gilets Jaunes.

Tu as probablement suivi, comme moi, l’actualité qui fait état de ce mouvement de contestation qui semble avoir été assez spontané au départ, et issu de ras-le-bol de la taxe ou des pressions fiscales qui pèsent notamment sur les classes les plus défavorisées. Et puis, par le jeu de diverses porosités et bien, ce mouvement a rejoint maintenant ou a touché d’autres couches de la population. On parle de lycéens en colère, de collégiens en colère, et puis probablement plusieurs hommes et femmes politiques se sont enfilés dans la brèche pour porter aussi, soit secours, soit critique, à ce mouvement. Alors, ce qui m’intéresse dans ce podcast n’est pas d’offrir une analyse ni sociologique, ni politique – je ne suis pas compétent pour les réaliser, et puis je ne prétends pas avoir d’avis politique sur la question – mais ce que je voudrais regarder, c’est au travers d’un prisme biblique, quels sont les éléments bibliques qui nous permettraient de se frayer un peu un chemin de compréhension dans tout ce qui se passe, dans toutes les voix que nous entendons ?

Alors, j’ai publié un billet il y a quelques jours sur le site de ToutPourSaGloire, au sujet de ce mouvement. Et, j’ai un ami que je respecte beaucoup, qui est un théologien francophone, qui dans une correspondance privée a dit que c’était, alors je te cite ce qui est dit : "C’est un catalogue de versets et d’une morale évangélique de hall de gare." Alors, je comprends tout à fait que l’on puisse avoir un tel avis ; ça ne me gêne absolument pas parce qu’à ToutPourSaGloire, on est très conscient que la Bible seule a raison, que Jésus-Christ seul est vérité, et que nous sommes tous des mendiants pour essayer de nous approcher de ces choses et de se construire un peu une compréhension biblique du monde. Donc, je n’ai aucun souci à entendre cela et puis aussi à te proposer d’être particulièrement attentif à ce que je vais dire et puis, de l’évaluer au travers de l’Ecriture parce que finalement, c’est ça qui compte, en tout cas pour nous chrétiens, c’est de pouvoir fonder notre pensée, notre propos, selon une conception biblique du monde.

Alors, je vais quand même défendre ce que j’ai tenu comme propos, peut-être aller un petit peu plus loin, et j’espère que ça permettra à chacun de se faire une idée. N’hésite pas à réagir, Bible en main ce serait l’idéal, pour pouvoir construire une meilleure approche, certainement pas être coupable de favoriser une éthique de hall de gare, bien au contraire et donc, j’espère qu’avec l’avis des uns et des autres, et bien, on pourra cheminer et se faire une idée un petit peu plus juste de la question.

Je pense qu’il existe globalement dans le Nouveau Testament en tout cas, cinq textes fondamentaux que l’on doit prendre en compte lorsque l’on réfléchit aux rapports qui nous unissent aux gouvernants et aux gouvernements de ce monde. Ces textes sont :

  •  Romains 13 notamment les versets 1 à 7 tout en considérant aussi ce qui nous est dit par la suite aux versets 8 à 10, et notamment l’amour du prochain.
  •  1 Timothée 2. 1-8 qui nous invite à la prière pour les autorités et à élever des mains sans colère ni contestation à leur sujet.
  •  1 Pierre 2. 13-17 qui évoque le fait d’honorer tout le monde notamment le roi, et puis d’avoir à l’égard du gouvernement un respect, je vais y revenir.
  •  Et puis, je pense que le Sermon sur la montagne et particulièrement la manière dont il nous faut développer les attitudes proposées par Les Béatitudes, Matthieu 5. 1-12
  •  Et puis le fait de mettre le bien du prochain en avant (Matthieu 7. 12) me semble peser sur nos considérations.

Alors, dans ce billet que j’ai publié, je note 9 points de synthèse de l’ensemble de ces textes.

1) Alors, la première chose, c’est qu’il s’agit d’accepter l’ordre politique établi comme venant du Seigneur. Je sais que c’est, pour beaucoup, choquant, mais que ce soit dans l’Ancien Testament, que ce soit dans le Nouveau Testament, il ne s’agit pas de dire que : puisque Dieu a placé ces gouvernants, ils font des choses bonnes, ce n’est pas le propos de l’Ecriture, mais que Dieu, pour un projet qui parfois, nous est totalement inconnu, place les gouvernants qu’il souhaite, pour pouvoir conduire un peuple comme Il l’entend. Alors, que ce soit le Pharaon, que ce soit des dictateurs aussi terribles que Nebucadnetsar dans les temps passés ou bien des libérateurs comme Cyrus qui n’avaient pas non plus la main très fine en politique ou d’autres, Dieu établit ceux qui gouvernent sur le monde, et ils rendront compte de leur gouvernance. Donc, je voudrais vraiment insister que le fait qu’ils soient établis pour accomplir une fonction ne veut pas dire que tout ce qu’ils réalisent soit à la gloire de Dieu et doivent être accepter. Mais, je pense que pour nous, en tant que chrétiens, nous devons considérer et notamment dans un contexte démocratique où véritablement, c’est tout un peuple aussi qui s’exprime et qui, par là même, et ça, ça sera le grand mystère de la souveraineté de Dieu, contribue à l’établissement de quelqu’un qui règne. Dieu établit un ordre politique sur les nations.

2) Deuxièmement, la Bible nous encourage, sans l’ombre d’un doute, à respecter les dirigeants politiques qui nous gouvernent, et je ne peux pas cautionner les propos qui sont insultants à l’égard d’un gouvernant. Nous devons honorer, respecter les personnes qui nous gouvernent aussi pour la fonction qu’ils assument au profit d’une population. Le respect fait partie des valeurs fondamentales d’un disciple de Christ. Là encore, ça peut choquer, mais nous devons respecter monsieur Macron, prier pour lui, que l’on soit de sa couleur politique ou pas, et c’est le cas de tous les présidents qui se succéderont après lui et ça, j’espère, était le cas de tous les présidents qui l’ont précédé. L’extraordinaire privilège que nous avons en démocratie, c’est que si nous ne sommes pas contents de quelqu’un, nous pouvons voter pour quelqu’un d’autre lors de la prochaine élection, et le problème sera résolu : nous aurons le roi parfait que nous souhaitons avoir.

3) Troisièmement, il s’agit de s’acquitter des taxes définies par son gouvernement, et là je voudrais souligner, je suis très, très conscient de la difficulté financière, et pour certains plus que pour d’autres, avec l’augmentation des taxes un petit peu de partout, c’est un vrai problème ; néanmoins je n’imagine pas la facilité ou la difficulté que doivent être les arbitrages constamment contestés de ceux qui nous gouvernent. Alors, ceux qui sont des férus de réchauffement climatique veulent qu’on augmente la taxe des carburants parce que ça permettra de trouver des alternatives… mieux pour diminuer l’émanation de carbone pour le réchauffement climatique, mais en voulant ceci et bien sûr, ça pèse sur ceux qui utilisent ces carburants, et soudainement cet arbitrage devient impossible dès que l’on fait quelque chose dans le sens d’une décision politique, d’autres personnes sont lésées ou en subissent les conséquences. En tout cas, Romains 13. 6 est très clair et Luc enfin… Jésus même demande de "Rendre à César ce qui appartient à César" on fait partie d’un monde qui sera imparfait jusqu’à ce que le Seigneur revienne et les taxes, doivent être du mieux possible, payées par ceux qui les doivent.

4) Quatrièmement, il s’agit de prier pour les autorités politiques et quand il s’agit de prier pour les autorités politiques, Paul nous demande en Timothée de le faire avec "des mains pures sans colère, ni contestation" et ils ne nous demandent pas pour que ces politiques deviennent des chrétiens, ils ne demandent pas de prier pour que ces politiques favorisent le christianisme, ni qu’ils légifèrent en faveur de lois moralement chrétiennes, non, il nous demande de prier pour que nous ayons la liberté de culte, la liberté de conscience. Pourquoi ? Parce que cette liberté de conscience permet, d’un point de vue, enfin de ce qu’il me semble, permet un renouveau de la société avec la liberté de conscience, la possibilité de proclamer l’évangile librement et la possibilité d’influencer non pas des gouvernants, mais toute une population qui peut regarder la vie différemment, et par conséquent aura un impact sur la société. Et donc, prier pour les gouvernants pour qu’ils aient la sagesse pour maintenir la liberté de culte, c’est précisément aller à l’encontre de ceux qui voudraient renverser un ordre démocratique notamment par la violence et qui imposeraient ensuite une perspective monoculturelle, et qui serait un danger pour notre situation en tout cas, la situation… Paul envisageait que les gouvernements puissent favoriser, faciliter cette liberté de conscience.

5) Ceci dit, et c’est le cinquième point, aucun gouvernement ne peut imposer aux chrétiens d’agir contre sa conscience, Actes 5. 28-29, il s’agit d’obéir à "Dieu plutôt qu’aux hommes" en sorte que, si un gouvernement que nous pourrions respecter parce qu’il est un gouvernement, mais néanmoins si un gouvernement nous demandait de faire des choses contraires à notre conscience, que ce soit de dénoncer tel type de population, que ce soit de faire un mal moral par rapport à ce que l’Ecriture dit, il est de notre devoir de disciple de Christ, de s’opposer à cet ordre. Ça ne veut pas dire de casser les magasins partout et de crier à mort contre ceux qui nous le demanderaient mais, ça veut dire que nous avons notre liberté de conscience, que nous devons rendre des comptes un jour à Dieu pour notre comportement, et donc avoir la liberté de pouvoir dire non et en subir les conséquences ; tellement de gens dans le monde entier sont en prison à cause de leur foi qu’ils ont mis en avant, ou à cause de convictions morales qui les empêchaient d’aller dans le flot du monde, de leur environnement.

6) Je note également qu’un chrétien doit se caractériser par un esprit paisible, non colérique. Je crois que ça, ça fait partie, un peu des valeurs fondamentales ; je sais que l’on a cité parfois la colère de Jésus. C’est vrai que quand la gloire de Dieu est en question dans le temple, je comprends la colère de Jésus ; je ne suis pas sûr que les colères humaines accomplissent celle de Dieu ; d’ailleurs c’est exactement ce que l’Ecriture nous dit : la colère des hommes n’accomplit pas la justice de Dieu ; ni ne reflète la colère de Dieu. Donc, il faut être très prudent ; parce que je crois que souvent nos colères défendent notre propre intérêt plutôt qu’une justice beaucoup plus, beaucoup plus importante et les grandes situations, les grands cas éthiques qui aujourd’hui condamneraient notre pays la France ne font pas l’objet de sainte colère de la part des chrétiens donc je crois qu’on est très, très… on aurait beaucoup de choses à apprendre sur ce que ça veut dire qu’avoir une juste et sainte colère, je ne pense pas que ce soit dans les situations qui sont actuelles.

8) Huitièmement, je pense qu’il s’agit de démontrer dans l’Eglise ce que serait une société basée sur les valeurs chrétiennes. Je crois que le rôle fondamental de l’Eglise, c’est d’être une influence par son exemple et pas par son militantisme. C’est que, lorsque les gens regardent l’Eglise, ils puissent voir que c’est super inclusif : qu’il y a des gens de tous niveaux sociaux, de toutes races, de toutes situations et qui s’aiment et qui essayent de vivre une certaine solidarité.

9) Et ça me conduit justement à remarquer qu’il ne me semble pas de bon ton pour un chrétien d’avoir un engagement politique au nom de sa foi chrétienne. Si c’est son appel personnel, parce que chaque personne a une vocation, c’est tout à fait légitime bien sûr, et c’est tout à fait légitime qu’il le fasse en tant que chrétien avec les valeurs qui sont les siennes, mais pas au nom du christianisme. J’espère que tu vois la différence. C’est l’une des critiques assez terribles que nous faisons, à juste titre, pour une certaine frange des évangéliques américains qui sont affiliés à tort ou à raison dans la pensée générale avec le président Trump dont on peut dire que certains de ses comportements sont un peu choquants. Or, c’est justement ça le problème : c’est qu’à partir du moment où un monde, le monde évangélique par exemple, est reconnu pour ses valeurs politiques, et bien, c’est tout son message qui va être évalué aussi à l’aune de la réussite ou de l’échec de ce mouvement politique. Or, nous devrions être connus en tant qu’Église, en tant que chrétiens, je parle ici de façon collective, pour notre attachement à la croix. C’est la croix que nous prêchons, c’est l’évangile que nous prêchons, c’est la personne de Jésus-Christ que nous prêchons. Nous devons être connus pour ça, nous avons un message rédempteur pour la société, pas un message politique, pas un message moralisateur. Encore une fois, que des chrétiens s’engagent en politique, c’est tout à fait légitime, et qu’ils le fassent en tant que chrétiens avec les valeurs qui leur sont siennes, qui leur sont leurs pardon…, c’est totalement légitime, mais il me semble pas que c’est le rôle de l’église en tant que telle, d’apposer son sceau d’approbation envers tel ou tel mouvement.

Alors, avec tous ces éléments, je trouve, enfin je suis un petit peu gêné effectivement par cet élan populaire dont on peut tout à fait comprendre les ressorts et les motivation, mais qui s’exprime de manière parfois violente : il y a eu des morts, et ça c’est absolument, enfin terrible pour ces personnes-là bien sûr, et pour leurs familles respectives. Il y a eu des morts, il y a aussi eu des entraves graves à la vie. Le fait d’avoir son magasin brisé c’est assez terrible, ce n’est pas rien… c’est toute une vie, plusieurs vies qui sont affectées par cela, sans parler de petits embêtements qui ne sont rien sur le grand chemin des choses face à l’échelle de la vie d’un pays, mais pour l’individu qui a des projets, c’est des choses qu’il faut prendre en compte, et je ne pense pas que nous puissions prendre d’autres personnes en otage pour manifester. Donc tu vois que je serais, je serais très frileux face à ce mouvement, même si je crois que ça doit nous interpeller peut-être, alors là, ce serait le pendant de ces remarques que je viens de faire. Je crois que ça doit nous interpeller à peut-être en tant qu’Eglise de manifester de la générosité envers ceux qui sont les plus défavorisés. Alors, c’est assez compliqué en France parce que, il faut que déjà… les églises doivent avoir une association loi 1905, pour des raisons cultuelles, pour leurs activités cultuelles, une association loi 1901 pour les activités culturelles, et il faudrait aussi qu’elles montent une troisième association pour pouvoir faire des œuvres de bienfaisance, ça devient, c’est compliqué à gérer pour souvent des petites structures qui n’ont pas grand-chose, mais néanmoins, il y a peut-être une réflexion à avoir pour dire comment est-ce que l’Eglise peut se révéler plus généreuse pour être connue comme celle qui est généreuse envers ceux qui ont le plus besoin sans pour autant passer par des mouvements agressifs et violents.

En tout cas moi, je voudrais conclure avec une remarque : nous sommes râleurs en France, et ça fait partie de notre identité je crains. Partout où je vais dans le monde, les Français sont connus comme ça, si je demande à quelqu’un d’imiter un Français il va tout de suite passer, il va tout de suite se moquer de cet esprit un peu râleur qui se plaint de tout ; et je me dis, c’est quand même chouette d’être dans un pays où nous avons le droit de manifester, j’espère paisiblement c’est justement le problème de ce qui se passe dans certains cas ici. Nous avons le droit de manifester, nous avons droit d’écrire à nos députés sans craindre la visite d’une police d’Etat, nous avons le droit de voter pour régulièrement mettre en place un certain nombre de changements, ou bien acquiescer, approuver les changements qui ont, qui ont déjà commencés et moi je trouve que ce serait pas une mauvaise idée, en tant que chrétien, de dire à nos gouvernants combien nous prions pour eux, de dire que nous respectons l’ordre qui est établi et que nous manifesterons notre approbation ou désapprobation lors des prochaines élections, et qu’on ne partage pas ce chaos sociétal qui peut mener à des éléments révolutionnaires qui feront beaucoup plus de mal que ceux qui… la vie que nous menons aujourd’hui.

J’ajouterai une deuxième remarque : les forces de police sont souvent méprisées, et pourtant elles sont critiques, y compris l’Armée pour maintenir un pays dans un chemin de droit sans cela, et c’est le cas dans bien d’autres pays, sans cela, c’est la loi du plus fort qui prévaut, et quand c’est la loi du plus fort et bien, il n’y a aucune initiative personnelle possible, et ça devient une corruption, un lieu de corruption monumentale, et donc de pouvoir signifier aussi à la Police, signifier à l’Armée qui, comme le dit Romains 13 sont des serviteurs, sont au service de Dieu pour maintenir, prévenir ce qui en nous, dans l’être humain déborderait facilement vers la colère, vers la violence, vers l’imposition de son ordre à soi plutôt qu’un ordre de droit et c’est grâce, même si je suis bien conscient que de temps en temps, la Police est en tort, que de temps en temps l’Armée ne fait pas correctement les choses, mais de considérer que c’est ce qui maintient une… l’ordre de la loi en place ; de pouvoir dire notre reconnaissance, ça peut aussi faire partie d’un chemin évangélique parce que justement, on comprend les ressorts de ce que Dieu utilise pour maintenir la liberté de conscience, pour maintenir la possibilité de la liberté d’expression.

Alors voilà, j’ai dit les choses que je voulais dire ; à ce sujet, aux Éditions Clé avec Philippe Viguier, nous avons publié un livre qui s’intitule L’Évangile et le citoyen qui donne un peu, quelques repères de notre perspective sur les rapports entre l’Eglise et l’Etat. J’ai bien conscience qu’il y avait beaucoup de choses à dire : c’est ici un podcast de 15 minutes à peine, un petit peu plus maintenant, et donc j’invite à commenter librement de manière à pouvoir forger une éthique qui soit justement, pas une éthique de hall de gare, mais qui soit une réflexion biblique qui permette de tracer un chemin utile pour savoir comment se comporter en société quand nous avons de tels événements, merci.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire. Florent est aussi conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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