Quelle place l’eschatologie devrait prendre dans notre vie quotidienne? (Épisode 87)

Dans l'épisode 87, Florent Varak nous donne un avis pratique, sage et équilibré sur comment nous devons concrètement vivre les doctrines de l'eschatologie, afin d'éviter à la fois les spéculations oiseuses et l'indifférence stérilisante.

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Quelle place l’eschatologie devrait prendre dans notre vie quotidienne ? (Épisode 87)

La question est posée : Quelle place l’eschatologie devrait prendre dans notre vie quotidienne ? J’ai dans mon entourage des chrétiens qui ne sont fixés que sur les signes, l’actualité, l’interprétation des prophéties de la Bible. Moi-même ayant été plongé dedans pendant de nombreux mois, j’ai pris du recul car je constatais que cela m’éloignait de Dieu et de l’amour que j’avais pour les autres. J’ai un peu de mal aujourd’hui à trouver un équilibre dans mon intérêt pour des textes de l’apocalypse et l’actualité de la fin des temps par exemple. Merci.

Super question ! Effectivement c’est une question, la question de la fin des temps, une question qui est très importante. En fait, je partage et j’ai partagé cet intérêt pour la doctrine de la fin des temps, c’est une doctrine qu’on appelle l’eschatologie. Je trouve que c’est un sujet magnifique, glorieux, qui est source d’espérance, qui montre aussi combien Dieu est le maître de l’histoire. Il connaît déjà tous les éléments de la suite de notre histoire et en a donné quelques repères, nous affirmant qu’un jour, la souffrance de ce temps présent, la tragédie de la violence des hommes prendra fin et qu’il reviendra mettre un terme à tout cela. Je trouve vraiment que c’est un sujet magnifique et qu’il ne faut pas négliger, mais je comprends aussi ce que tu exprimes parce que j’ai connu, au début de ma vie chrétienne, cet engouement pour ces questions. On s’intéressait beaucoup plus d’ailleurs, je crois, à l’eschatologie il y a une vingtaine ou une trentaine d’années que cela n’est le cas maintenant. C’est peut-être un peu dommage mais sans doute aussi utile, parce qu’il y a eu un certain nombre d’excès qui ont conduit aux mêmes troubles que tu as pu ressentir, que moi-même j’ai ressenti.

Je me souviens d’ailleurs, bon j’avais déjà dépassé peut-être un peu cette perspective, mais je me souviens d’un frère qui m’avait envoyé la prédication d’un collègue, très respecté par ailleurs, aux États-Unis dans notre union d’Églises, et c’est une prédication qu’il avait donnée la veille de la première guerre du golfe. Je me souviens : mon épouse et moi, on écoutait cette cassette, parce que c’est à l’époque ce que l’on avait, on était sur un divan et un de nos enfants – je ne sais plus en quelle année, si on avait un, deux ou trois enfants à ce moment là – mais on était convaincu que nous arrivions dans les dernières semaines, les derniers mois de l’Histoire et donc de notre vie. Et c’est intéressant ce que ça suscite psychologiquement ; en même temps, quelques décennies plus tard, je me rends compte que ce n’était pas du tout juste, ce qui était évoqué.

Alors oui, ce sujet est important, et oui, il faut le connaître comme tous les sujets de la Bible. Mais non, il ne faut pas le connaître en sorte qu’il prenne une place exagérée ou qu’il soit déformé de son objectif, qu’il soit détourné de son objectif et de son intention.

Il faut bien noter qu’il y a eu et qu’il y aura encore des milliers de prédictions sur la fin des temps. Et cela ne vient pas seulement du monde des chrétiens, je me souviens encore de Paco Rabane – je ne me rappelle plus si c’est la fin du monde ou la fin de la ville de Paris – qui prédisait un astéroïde sur la ville de Paris pour l’an 2000.

Nostradamus est connu aussi pour avoir évoqué un certain nombre de scénarios de la fin des temps.

Plus récemment, il y a eu le calendrier maya qui prédisait soit-disant (parce qu’en fait il s’est avéré que même cette interprétation a été fausse), qui prédisait soit-disant la fin du monde pour 2012.

Il faut savoir que les musulmans ont également une eschatologie. Une certaine branche de l’islam prêche la venue du madhi, dernier guide musulman, qui reviendra dans un contexte de guerre effroyable sur toute la terre, et qu’il apparaîtra avant le retour de Christ. Christ est devenu musulman à ce moment-là, selon la doctrine islamique bien sûr, et je crois savoir que les ayatollahs de l’Iran et tous les chefs politiques de l’Iran sont absolument convaincus de l’eschatologie de ce douzième et dernier madhi. C’est en partie ce qui les conduit à ne pas craindre de susciter les guerres qu’ils suscitent, notamment via Israël mais bien au delà, parce qu’ils ont tout à fait conscience, selon leur eschatologie, que c’est dans un contexte de chaos généralisé, qu’ils cherchent donc à générer, que le madhi pourra venir pour préparer le monde à la conversion à l’islam, avant le retour de Christ. Encore une fois, ce n’est pas dans la Bible bien sûr, c’est leur perspective, je ne prétends pas connaître parfaitement, mais c’est ce que je peux voir de mes lectures sur ce sujet.

Parfois, ce sont des gens qui se réclament du christianisme qui annoncent la fin du monde. Un moine du 12e siècle, là je cite juste un exemple, Joachim de Flore a imaginé le jugement dernier et l’avènement du paradis pour 1260. Certaines sectes anabaptistes ont annoncé le retour du Christ avec une date précise. En 1889, Russel, le fondateur des Témoins de Jéhovah, annonce la fin du monde pour 1914, et comme l’année n’a pas vraiment été paradisiaque, son mouvement a tenté plusieurs explications et avancé successivement six autres dates, chaque fois dépassées, donc ils ont arrêté maintenant de donner des dates sur le retour du Christ. Mais ça te donne une idée de l’ampleur de toutes ces idées, de tous ces faux prophètes qui ont mis en avant des dates sur la fin des temps.

Plus récemment encore, le pasteur Harold Camping, un évangélique, a prédit le retour du Christ pour mai 2011, avec l’enlèvement des chrétiens de la terre. Il a suscité beaucoup d’émoi autour de lui, beaucoup d’émotions, il a pu recueillir 5 millions de dollars, qu’il a utilisés à développer cette campagne, censée éveiller l’intérêt des gens pour le Christ et la fin du monde, les invitant à se repentir. C’est assez terrible, parce que des centaines de volontaires ont diffusé son avertissement ; certains ont quitté leur job, se sont joints à lui, et une fois la date dépassée, il a dit qu’il s’était trompé de quelques mois et que le retour du Christ aurait lieu finalement le 21 octobre 2011 et non pas au mois de mai 2011.

Alors, une âme intelligente a su tirer profit de la crédulité des foules, et je te le cite comme illustration, je trouve que c’est mignon tout plein. Un homme, qui se disait athée de conviction, a proposé de nourrir les animaux domestiques laissés tout seuls si l’enlèvement avait lieu, pour la modique somme de 100 dollars. Il a fait passer des publicités dans différentes villes en disant : « Écoutez-moi, je suis un athée donc si l’enlèvement a lieu, je resterai sur terre et je m’occuperai de vos animaux domestiques, envoyez-moi je vous promets, envoyez-moi 100 dollars ». Et donc il est devenu, alors je ne sais pas s’il est devenu très riche, mais il a tiré profit de cette crédulité malsaine sur la fin des temps.

Plus récemment Ignerski, en France, a suscité un engouement en annonçant que Jésus reviendrait en septembre 2015. Il a écrit plusieurs livres. Il faut savoir que ces livres contenaient pas mal de plagiats, des affirmations tirées des témoins de Jéhovah. Et bien entendu, en septembre 2015, Jésus n’est pas revenu.

On est donc régulièrement confronté à ce genre de phénomènes, au cours desquels plein de personnes se disent prophètes, affirment avoir reçu des révélations supplémentaires à celles de la Bible ou avoir compris le code biblique, qui aurait été intégré dans le texte de façon cachée.

Je voudrais vraiment dire que tous ceux qui annoncent une date sont des faux prophètes. Je le dis pour que tu le saches par rapport aux futures annonces, qui ne manqueront pas de venir. C’est une constante de l’Histoire, il va y avoir des hommes et des femmes qui annonceront le retour de Christ ou qui diront que Christ est revenu à un certain endroit, que Jésus lui-même l’a prédit.

Dès lors, comment développer une perspective saine et juste sur le retour du Christ ?

Je crois qu’il faut premièrement concentrer son attention sur une personne plus que sur une chronologie. Jésus nous dit qu’il va nous préparer une place afin que nous soyons avec lui (Jean chapitre 14). L’intention de son retour, c’est que nous soyons avec lui. Notre attention doit donc être concentrée sur sa personne, pas sur une chronologie. D’ailleurs, alors que Jésus s’apprêtait à rejoindre le Père, les disciples lui ont demandé : « Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume pour Israël ? » (Actes 1. 6). Ils voulaient connaître par avance ce temps. Quelle que soit l’interprétation que tu peux faire du royaume d’Israël, la réponse de Jésus réoriente les disciples, et donc nous réoriente, de manière explicite : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ». Tu as noté ça ? « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ». Ce n’est pas vraiment notre souci de nous intéresser de la chronologie.

Il enchaîne, Jésus, c’est en Actes 1. 8 : « Mais vous recevrez une puissance, celle du Saint-Esprit survenant sur vous et vous serez mes témoins ». Voilà l’orientation que doit donner cette affirmation sur le retour de Christ. La chronologie importe peu, ce qui importe c’est le retrouver, lui. Et ça, ça doit nourrir notre amour pour lui et également notre désir de le servir, lui, en attendant son retour.

Deuxièmement il faut admettre, et il faut se l’admettre, que nul ne connaît le jour et l’heure. Matthieu 24. 44 déclare : « C’est pourquoi vous aussi tenez-vous prêts car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas. » 2 Pierre 3. 10 précise que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit, que ce jour là, le ciel disparaîtra avec fracas, les éléments embrasés se désagrégeront et la terre avec les oeuvres qu’elle contient sera brûlée.

Le jour du Seigneur viendra comme un voleur… Je sais que certains font une distinction très étanche entre le jour du Seigneur et le retour un peu discret du Christ. Je ne veux pas entrer dans cette question parce qu’elle n’est pas du tout celle du podcast et puis elle nous mènerait sur des terrains très secondaires. Mais la manière dont la Bible parle à la fois si tu cherches à distinguer les choses, comme si tu cherchais à les unir, la manière dont parle la Bible du retour de Christ c’est quelque chose d’imprévisible fondamentalement ; c’est d’ailleurs ce qui peut préserver la doctrine de l’imminence, c’est à dire que Jésus revient sans qu’on puisse dire en amont le temps de son retour.

Tous ceux qui annoncent une date, un schéma, sont des faux prophètes ; il faut vraiment que tu gardes cela à l’esprit.

Troisièmement, il faut se contenter de signes généraux. C’est vrai qu’il y a des signes et c’est vrai que Jésus en évoque ; ils ne sont pas toujours faciles à comprendre (voir Matthieu chapitre 24 par exemple et puis plein d’autres). Certains mettent en jeu Jérusalem, certains mettent en jeu le retour des juifs sur leur terre sainte, certains mettent en jeu… enfin on va voir certains de ces signes dans un instant. Toujours est-il que ces signes-là sont généraux et qu’ils peuvent commencer à surgir puis se rétracter, puis avancer, puis patienter. Tout le monde était absolument convaincu que Jésus reviendrait très vite lorsque les juifs sont revenus sur leur terre en 1947, et puis ensuite, tout le monde s’est dit « ah non, mais c’est à la guerre des 6 jours en 1967, c’est le moment du décompte, il faut compter une génération, parce que c’est les signes qui le disaient. » Et puis en 2007, on pensait que c’était une génération, 40 ans après 1967, ça n’a pas été le cas, on a cherché d’autres explications…

Tout ça c’est faux ! Tout ça c’est une mauvaise compréhension, une compréhension surexcitée des signes qui sont annoncés, et ce sont aussi des signes qui sont généraux.

Alors, parmi ces signes que l’on a, qu’est-ce qu’on peut trouver ?

D’abord, il y a une dégradation morale (2 Timothée chapitre 3), mais qui peut savoir ? Qui peut placer le curseur ? Je trouve que ça devient de plus en plus immoral mais est-ce qu’on est dans la fin des temps pour autant ?

Ensuite, viennent bien sûr les questions des catastrophes, guerres, tremblements de terre ; dès qu’il y en a un, tout le monde se dit : « Ça y est, c’est la fin des temps ». Mais ce sont des signes généraux qui ont toujours eu lieu. Ils ne s’accroissent pas, contrairement à ce que nous disent les prophètes, les faux prophètes qui en parlent. Mais c’est assez stable, le nombre de tremblements de terre. Bien sûr, tout le monde sait qu’il y aura un grand tremblement de terre en Californie, tout le monde sait qu’il y aura des tremblements de terre dans certaines régions sismiques. Est-ce que c’est au déclenchement de ces événements qu’il faudra se poser des questions ? Je ne crois pas, pas forcément. Il y aura tout au long de l’histoire humaine ce genre de situations.

Il y a également, en 2 Thessaloniciens chapitre 2, une forme d’apostasie qui met en scène un faux messie, quelqu’un qui entre dans le temple de Dieu, qui se fait proclamer comme Dieu, que tout le monde va vénérer, adorer. Je pense que c’est un signe assez fort mais qui serait assez général. Partout, sur terre, il y a des gens qui se décrivent comme le vrai messie et qui suscitent l’admiration, l’adoration des foules, pas encore de façon généralisée toutefois. Est-ce que ce sera cette généralisation qui va nous montrer cette proximité du retour de Christ ?

Il faut se contenter des signes généraux et ces signes généraux doivent nous maintenir en éveil. C’est ce qui m’amène à mon quatrième point. Il faut s’attendre au retour de Christ aujourd’hui. C’est aujourd’hui qu’il revient ! Quand Jésus dit : « Je reviens bientôt », le terme « bientôt » peut avoir deux connotations. Elle peut avoir la connotation de bientôt très prochainement, ou bientôt très rapidement c’est à dire que les choses s’enchaîneront très vite lorsque les événements se mettront en place. Et peut-être que c’est ça qu’il faut comprendre.

Toujours est-il que nous devons plutôt cultiver la perspective d’un retour imminent, c’est-à-dire aujourd’hui ! Sans signe, tous les jours. Jésus dit en Luc 12. 40 : « Vous donc aussi tenez vous prêts car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas ». Alors, si le Fils de l’homme revient au jour où je n’y pense pas, il faut que j’y pense, en quelque sorte comme si c’était un événement chaque jour possible.

Les apôtres en tirent une application morale. Romains 13. 11 nous dit : « Cela est d’autant plus important que vous savez quel temps nous vivons, c’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil car l’heure du salut est plus près de nous qu’au moment où nous avons cru ». L’apôtre Paul souligne donc la proximité du retour de Christ ; chaque jour nous rapproche davantage de ce jour-là, en sorte que nous devons être de plus en plus éveillés spirituellement, mentalement, réfléchir à cette réalité.

Bien sûr, tu posais la question des implications. Quand je vois certaines situations de souffrance, de déficit, de manque dans la vie, que ce soit dans ma vie et je n’oserais pas me plaindre tellement c’est minime, mais dans la vie de frères qui vivent des maladies absolument terribles ou des frères qui sont torturés pour leur foi, l’espérance du retour de Christ, c’est extraordinaire ! C’est ça qu’il faut cultiver. C’est que, un jour, la violence du monde cessera, la souffrance du monde cessera. Et nous sommes dans cette tension ; il faut cultiver cette tension.

Georges Eldon Ladd a écrit dans son livre « The Blessed Hope » qu’il y a dans l’enseignement de notre Seigneur deux emphases : l’attente et la perspective. Il souhaitait laisser chaque génération de son peuple dans une position où il pourrait sentir qu’elle pourrait être la dernière sans pour autant définir des dates.

La réaction que cela produit est vue chez l’apôtre Paul. Paul vécut sa vie entière dans une attitude d’attente face au retour du Christ. Il parlait comme si sa génération serait témoin de la fin, et pourtant nulle part il n’affirme que la fin arrivera pendant la durée de sa vie ! Paul a vécu sa vie comme si Christ devait revenir pendant sa génération, mais il travaillait et planifiait sa vie comme si le monde allait continuer pendant longtemps. Et je crois qu’il faut vivre avec cette tension.

Concrètement, je cultive mon amour pour Christ, je prends du temps à méditer l’Écriture et à prier pour le connaître mieux parce que quand je le rencontrerai, je veux déjà l’aimer un peu. Je suis conscient que mon amour est très petit, qu’il a besoin de se muscler, de davantage d’obéissance, qu’il a besoin de grandir. J’ai très peu accumulé, si je peux dire, dans mon chemin avec Christ. Mais je veux me préparer à cette rencontre. Je voudrais être dans la joie et non dans la honte comme le dit Jean chapitre 3, je veux donc reconnaître très vite mes péchés, mes manquements, dès que le Saint-Esprit met le doigt dessus. Je veux renouveler mon attention, mon amour pour Christ, je veux développer cela.

De ma perspective eschatologique de l’école de pensée théologique dont je fais partie, je crois que Dieu a encore un plan pour Israël et ce que je remarque, c’est que plutôt que de focaliser mon attention sur les événements qui ont lieu en Israël, je vais focaliser mon attention pour la prière en vue du salut des juifs. Je vais contribuer financièrement aux missions qui travaillent avec ce peuple élu. Je vais prier plutôt que de me réjouir d’événements sordides qui concernent Israël. Je vais prier pour eux, d’ailleurs autant que je vais prier pour le peuple arabe qui les entoure. Prier pour que le salut de Christ puisse les toucher.

Et je vais également, plutôt que de me réjouir de façon malsaine des catastrophes naturelles ou de la déchéance morale que je vois autour, je vais prier pour ces situations, je vais donner financièrement aux missions qui sont susceptibles d’apporter de l’aide aux populations qui sont en détresse. Je veux que l’amour de Christ prévale.

Je lis deux textes de l’Écriture qui, peut-être, nous donnent un peu cette perspective sur le retour de Christ.

1 Thessaloniciens 4. 15-18 nous dit : « Voici en effet ce que nous vous déclarons d’après les paroles du Seigneur. Nous les vivants, restés pour l’avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d’un archange, au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel. Les morts en Christ ressusciteront en premier lieu, ensuite nous les vivants qui seront restés, nous serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Consolez-vous les uns les autres par ses paroles ». Et tu vois, ce texte nous parle à la fois de cette imminence, à un moment donné, à la voix d’un archange, au son de la trompette, Christ reviendra et nous serons alors toujours avec lui et cela doit générer une consolation. C’est pour cela que ces textes nous sont donnés.

Dans 1 Corinthiens 15, l’apôtre Paul écrit à l’Église : « Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais nous serons transformés en un instant, en un clin d’oeil, au son de la trompette, de la dernière trompette. La trompette sonnera, alors les morts ressusciteront incorruptibles et nous, nous serons transformés. »

Tu réalises ça ? C’est extraordinaire ! En un instant, en un clin d’oeil, c’est-à-dire qu’on ne pourra absolument pas anticiper ce moment, il y a quelque chose de très très soudain qui va avoir lieu, et nous serons transformés. Ça aura lieu à la dernière trompette, je ne sais pas quand cette trompette sonnera et ça serait la question d’un autre podcast, et c’est pour ça qu’on devrait interdire l’utilisation des trompettes dans les Églises parce que ça fait toujours peur… je plaisante bien entendu !

Mais tout ceci pour nous rappeler combien il y a quelque chose dans le ciel qui établira ce programme et il me semble que ce n’est pas à nous, enfin je suis absolument convaincu que ce n’est pas à nous d’avoir un schéma trop développé, parce que tous les schémas très développés qui ont eu lieu dans les Églises ont tous été faux.

Il faut prendre ce recul que tu soulignes et rester sur cette conviction double : oui, Jésus Christ va revenir corporellement, personnellement et il nous amènera avec lui. Et oui, effectivement il y aura des signes mais ils sont trop généraux pour faire des plans précis et nous devons donc être prêts et mener notre vie simplement comme si Jésus revenait aujourd’hui. Et éviter de nourrir l’amertume les uns et les autres parce qu’un jour, nous serons soudainement placés devant Jésus-Christ sans avoir la possibilité de manifester notre amour. Il faut vivre notre vie au jour le jour dans cette perspective, ne pas avoir des « casseroles » lorsque nous serons avec lui parce que ce serait franchement dommage.

J’espère que ça répond à ta question.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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