Quelle réaction face à la naissance de Jésus? (Épisode 151)

La naissance de Jésus peut provoquer plusieurs réactions: la joie, la neutralité ou encore la peur. Florent Varak va se baser sur le passage de Mt 12 pour exposer ces réactions.

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Quelle réaction face à la naissance de Jésus ? (Épisode 151)

Alors c’est Noël, et c’est l’occasion de réfléchir un peu à ce moment de l’incarnation du Fils de Dieu sur terre pour nous sauver.

Beaucoup de chrétiens se posent la question s’il est légitime de fêter Noël, j’ai déjà traité cette question dans le podcast 104 auquel je te renvoie, si la question t’intéresse.

Ce que je voudrais regarder avec toi, c’est les trois réactions que je trouve en Matthieu chapitre 12 et qui sont un petit peu symptomatiques, ou en tout cas de façon symbolique très représentatives des trois réactions que l’on peut avoir face à la naissance du sauveur.

Et donc, je vais lire cette belle histoire que nous rapporte l’évangile de Matthieu. Quand je dis cette belle histoire, je pense bien sûr pour moi, à une histoire totalement réelle qui a eu lieu telle qu’elle est racontée, et qui nous introduit un certain nombre de personnages dont les réponses peut-être vont interpeller sur les réponses que l’on peut donner à la venue et l’avènement de Jésus sur terre.

Je vais lire progressivement cette histoire, faire quelques remarques. Les premiers personnages qui apparaissent dans l’évangile de Matthieu 2 sont des mages. Matthieu 2. 1-2 nous dit : Jésus était né à Bethléem en Judée au temps du roi Hérode. Les mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem et dirent « où est le roi des Juifs qui vient de naître car nous avons vu son étoile en orient et nous sommes venus l’adorer ».

Alors Jésus est né à Bethléem, c’est d’ailleurs une sorte de hasard, enfin hasard divin, parce que Marie aurait dû accoucher à Nazareth d’où elle était, mais voilà qu’un décret de l’empereur force les gens à se déplacer sur les lieux d’origine de leur famille et donc elle doit se déplacer alors qu’elle est enceinte, et au moment où elle arrive à Bethléem, c’est le moment d’accoucher, et elle accouche à Bethléem. Mais ce faisant, elle accomplit une prophétie de plusieurs siècles qui précèdent cela où il est dit que Bethléem est la ville où devait naître le messie. Donc c’est assez touchant comme histoire.

Et les mages qui sont là sont en quelque sorte des prêtres, des conseillers des cours royales d’Orient, c’étaient des adeptes de sociétés secrètes de l’antiquité qui descendaient des cultes égyptiens nous disent les dictionnaires ; on les retrouve assez organisés, par clans, chez les chaldéens en cinq classes, allant du magicien à l’exorciste en passant par le sorcier, le devin et l’interprète des rêves. Tu vois ? C’est des gens intéressants.

Sous l’influence du gourou perse du nom de Zoroastre au sixième siècle avant Jésus-Christ, ils devinrent des adorateurs d’un dieu unique du nom de « Aouramazda » et leurs préoccupations centrales étaient l’astrologie, l’astronomie. Darius le Grand que l’on retrouve dans les livres bibliques de Néhémie et d’Esdras, de Zacharie, d’Aggée, de Daniel avait fait du zoroastrime, pardon, zoroastrisme la religion d’état.

Lorsqu’on arrive à l’époque du Nouveau Testament, le terme de mage est assez péjoratif, les romains parlent d’eux comme des vipères, Simon le magicien, tout comme Bar-Jésus reçurent ce qualificatif un petit peu douteux, si tu connais les textes du livres des Actes, tu vois de quoi je veux parler.

Et donc ce sont des gens qui se déplacent de loin, qui sont un peu dans l’occultisme, qui s’intéressent un peu aux signes des temps et comment se fait-il qu’ils se déplacent à Jérusalem ?

Bon, plusieurs raisons sont évoquées pour suggérer leur arrivée sur Jérusalem. Il y avait, semble-t-il, l’anticipation du monde de l’époque.

Suétone dit, Suétone, l’auteur romain dit « la rumeur s’était établie sur tout l’orient, que le temps était venu pour des hommes de Judée de conduire le monde. Et Tacite renchérit, il existait une conviction que l’est deviendrait puissant, et que les gouvernants de Judée devaient obtenir un empire universel, c’est amusant parce que c’est écrit par des historiens non Juifs et non chrétiens.

Deuxième source probable d’informations pour ces mages, c’est le ministère du prophète Daniel qui des siècles auparavant, alors qu’il était un exilé de Juda à Babylone, a parlé de prophéties exceptionnelles. Le livre de Daniel est rempli de centaines de prophéties qui annoncent par avance de grands événements, à la fois des événements pour les empires de son temps, mais également, (et qui lui succéderaient), mais également des événements qui sont d’ordres messianiques.

Et il est possible que cette influence de Daniel fait qu’ils aient pu calculer un certain nombre de choses, imaginaient qu’ on arrivait dans le temps de l’accomplissement. Et puis, il y a une étoile, signe particulièrement adapté pour des gens qui font de l’astrologie et de l’astronomie, et qui se sont dit, voilà, il y a un événement miraculeux qui peut être nous conduit à nous lever et à aller la suivre.

En tout cas, les premiers personnages sont les gens les moins disposés à devenir des adorateurs du Dieu d’Israël et ils viennent à la recherche du messie. Des mages partent à la recherche.

Et quand ils arrivent à Jérusalem, le deuxième personnage que nous rencontrons est celui de Hérode, et lui il s’inquiète. Verset 3″ à cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé et tout Jérusalem avec lui « . Et on l’imagine, parce que les mages étaient des dignitaires Parthes ; or, le roi Hérode, accompagné d’une armée romaine avait chassé les Parthes de Palestine, 37 ans plus tôt. Et j’imagine que ces mages étaient venus avec une armée, en tout cas une petite armée de protecteurs, de soldats, donc ça devait être quelque chose qui le gênait. Hérode, c’était un homme brillant, fin politique, il s’était fait élire le roi des juifs par Octave et Antoine après ratification par le sénat romain, il s’était d’ailleurs concilié les bonnes grâces de Rome, parce que en trois ans, il a pu pacifier la Galilée, et cette région un peu d’Israël, donc il avait obtenu ce titre. C’est lui qui fit construire ce qui deviendra la forteresse de Massada et puis, c’est lui également qui permet la reconstruction temple. Donc c’est à la fois un homme maudit par les juifs parce que c’était un homme cruel, paranoïaque, il n’était pas Juif, né édomite, et en prenant le titre de roi des juifs, ben ça devenait problématique, mais en même il a fait des choses pour les juifs qui faisaient qu’il était un peu à la fois détesté et à la fois apprécié en quelque sorte.

Mais ce qui est intéressant c’est que Hérode s’inquiète. Hérode s’inquiète, parce que j’imagine qu’en voyant des gens venir et parler de la naissance du roi des Juifs, c’est de la compétition pour lui. Donc il est menacé, il se sent menacé par la personne de Christ. C’est d’ailleurs souvent une des réactions possibles à l’annonce de l’évangile, les gens entendent parler de Jésus-Christ et ils se sentent menacés dans leur autonomie et le rejettent.

Mais ce qui est le plus surprenant dans l’histoire, et qui est un peu le centre de nos versets, c’est la réaction des prêtres. Des versets 4 à 6 nous lisons : » il assembla (donc Hérode) assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le roi. Et ils lui dirent à Bethléem en Judée, car voici ce qui a été écrit par le prophète : Et toi Bethléem, père de Juda, tu n’es certes pas la moindre parmi les principales villes de Juda, car de toi sortira un prince qui fera paître Israël mon peuple.

Troisième portrait, le premier les mages, le deuxième, Hérode, le troisième : ces prêtres, et ce qui me sidère, c’est que ces prêtres prient tous les jours pour la venue du messie et là, voilà que des gens qui viennent de l’orient, des mages, s’approchent de Jérusalem, leur dit que le messie est né, demandent où il est né, ils connaissent la réponse parce qu’ils connaissent le prophète Michée, ils renvoient donc les mages dans la bonne direction, dans la direction de la ville de Bethléem, et eux mêmes ne se déplacent pas. Et j’en conclus que leur réaction, c’est qu’ils s’en fichent et là encore c’est un profil.

Vous annoncez Jésus-Christ, il y en a qui entendent et qui cherchent, il y en a d’autres qui se sentent menacés, et il y en a d’autres qui s’en fichent royalement. C’est le cas de ces prêtres, et c’est la thématique de Matthieu de souligner un certain nombre d’ironie tout au long de son évangile. Et la grande ironie de ce texte, c’est que ceux qui étaient le plus intéressés par la venue du messie, ceux qui étaient les gardiens du temple en quelque sorte de cette situation, s’en fichent complètement. Parce qu’ils ont d’autres préoccupations, des préoccupations ritualistes, des préoccupations qui sont loin de comprendre tout ce qui se trame avec la venue de cet enfant.

Et voilà les trois personnages que nous trouvons, voyons leur ultime réaction. J’ai dit que les prêtres s’en fichaient, voilà ils disent l’info, ils sortent de la scène. Par contre, on voit clairement Hérode rejeter après avoir été inquiété par l’annonce de la venue et de la naissance du messie. Hérode rejette catégoriquement, c’est le verset 7 à 8 : « alors Hérode fit appeler en secret les mages et se fit préciser par eux l’époque de l’apparition de l’étoile, puis il les envoya à Bethléem en disant : Allez et prenez des informations précises sur le petit enfant, quand vous l’aurez trouvé, faites-le moi savoir afin que j’aille moi aussi l’adorer ». Et bien entendu, nous savons par la suite de l’histoire que c’est un propos totalement hypocrite, il s’informe pour pouvoir mieux frapper, il va chercher à tuer cet enfant qui vient de naître, et pour couvrir toutes les possibilités quand il réalise que les mages ne reviendront pas lui dire, il va tuer, faire tuer tous les enfants de moins de deux ans. Donc Hérode rejette cette venue.

Et puis enfin, et c’est peut être l’élément le plus touchant, nous voyons ces premiers personnages que nous avons évoqué, les mages, qui étaient le moins prédisposés à pouvoir accueillir Jésus comme le sauveur et le messie, et bien voilà que les mages adorent cet enfant qui vient de naître, parce qu’il est véritablement le Dieu incarné. Il commencent à le comprendre et à y voir quelque chose d’absolument surnaturel qui est à l’oeuvre à ce moment là. Versets 9 à 12 nous lisons « après avoir entendu le roi, ils partirent, et voici l’étoile qu’ils avaient vu en orient les précédait. Arrivée au dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrêta, à la vue de l’étoile ils éprouvèrent une très grande joie, ils entraient dans la maison, virent le petit enfant avec Marie sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent. Ils ouvrirent ensuite leurs trésors et lui offrirent en présent, de l’or, de l’encens et de la myrrhe, puis divinement avertis en songe de pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. »

Et là nous voyons l’une des belles sous-histoires de l’ensemble de l’histoire de la Bible, c’est que souvent ce sont les out-cast, ceux qui sont les marginaux qui bénéficient de la grâce de Dieu. C’était certainement le cas de Ruth, l’étrangère qui rencontre son mari, une grâce qui la touche, et qui a fait qu’elle devient pourtant l’ancêtre de David. On peut penser bien sûr aux Ninivites auquel Jonas vient prêcher, des gens qui étaient des guerriers plutôt durs, et voilà qu’ils sont touchés et qu’ils prennent à coeur d’aimer et d’adorer le Dieu d’Israël.

Et donc voici ces mages qui étaient dans l’occultisme et qui soudainement, ben réalisent qu’il y a ici tellement plus que tout ce qu’ils pourraient faire par leur magie, ils se prosternent, ils éprouvent une très grande joie, ils adorent, ils offrent de l’or, de l’encens, l’encens est cette résine parfumée d’un arbre qui se recueille goutte par goutte, ce sont des larmes qui font à peu près deux centimètres de longueur et qui exhalent un parfum très agréable et tout ceci bien sûr, c’est pas simplement un cadeau de naissance, c’est un cadeau qui va permettre la survie de la famille quand elle devra fuir en Égypte, c’est un cadeau aussi de royauté, qui marque la compréhension du rang de cet enfant, un enfant qui est né dans une famille bien pauvre, bien insignifiante aux yeux de la société, bien loin des palais, chez des gens de Nazareth, ce qui sera l’objet de raillerie assez fréquent à l’encontre de Jésus pendant son chemin.

Et je me dis ben voilà, voilà le beau message de Noël, ce message qui nous dit que Dieu s’est incarné pour nous offrir un pardon par le sacrifice de Jésus son fils, lorsqu’il souffrira sur la croix, il portera nos péchés, il portera nos fautes, ressuscité il montrera qu’il a vaincu tout ce qui pouvait nous empêcher d’avoir cette communion à Dieu, cette relation à Lui, et nous sommes maintenant avec le privilège de pouvoir le connaître. Mais cette venue de Christ suscite les mêmes types de réactions n’est ce pas ? Y en a qui recherchent, qui adorent, y en a qui s’inquiètent et qui rejettent, y en a d’autres qui s’en fichent royalement, ma prière et mon souhait, si tu entends ce podcast, c’est que tu as pris le temps d’examiner les facteurs, enfin les éléments de cet évangile, que en tant qu’adulte, tu as pris le temps de lire un évangile et pour ensuite, en bon entendeur, en prenant fait et cause de cette information, tu as pris une décision, soit de le rejeter, soit de l’adorer, et de le faire de façon très lucide parce que, de ma perspective les conséquences sont immenses, si Dieu s’est déplacé pour nous sauver, alors il est vraiment le seul moyen par lequel nous puissions un jour être couverts, que notre honte, que notre faute, que notre péché soient couverts, mais aussi que toute l’espérance d’être en communion avec Lui soit ouverte par le biais de Jésus-Christ.

Voilà, joyeux Noël en tout cas, bonnes fêtes, belle célébration à tous et c’est la fin de ce petit podcast.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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  • Chantal SARECZKI dit :

    J aime beaucoup nous expliquer facile à comprendre
    Un grand MERCI

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