Adam et Eve: quelles sont les enjeux de notre vision sur la Genèse? (Episode 102)

Dans l'épisode 102, Florent Varak et Guillaume Bourin vont présenter les 4 grandes positions chrétiennes sur Adam et Eve. Ils vont discuter de ces différentes vues ainsi que de leurs conséquences.

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– (GB) Bonjour à tous, bienvenue sur Un pasteur vous répond, que dis-je, deux pasteurs vous répondent, deux pour le prix d’un, ici Guillaume Bourin et je suis en fait en train de squatter le podcast de Florent Varak, je prends la parole et je lui dit bonjour. Ca va Florent ?

– (FV) Bonjour Guillaume, je suis très content que tu prennes cette place là et que l’on puisse travailler ensemble sur ces questions.

– (GB) Je te préviens, pour toute location, je ne paie pas le loyer, ça c’est la première chose. 

Ok, on a pas mal de choses depuis le début de cette série de podcasts sur la création, c’est le thème qui nous rassemble, Florent et moi. 

Cette semaine on va ensemble, regarder et revenir plutôt sur les principales approches qu’on a déjà abordées dans les premiers épisodes de cette série. On va brièvement en reparler, mais surtout on va se concentrer sur les enjeux. 

Pourquoi est-ce si important qu’on vous présente toutes ces approches et qu’on vous explique notre position avec force démonstration ? Moi j’aimerais qu’on commence, avant d’aller sur les enjeux en tant que tels par un rapide survol de ces quatre principales grandes positions, ces quatre principales manières d’évoquer Adam et Eve que tu nous avais exposées dans les premiers épisodes, si ça ne te dérange pas de les évoquer à nouveau.

–  (FV) Oui bien sûr; alors je prends ce qui est dit dans le livre de « Four views of Adam and Eve » et donc ça nous permet de dégager ce qui est la croyance possible au sein de la chrétienté, on va dire de façon assez large.

La première perspective c’est de considérer Adam et Eve comme des caractères mythiques, emblématiques. Peter Heintz, qui est considéré comme un théologien libéral, parle d’un représentant mythique de la race humaine, et, pour notre homme, les débuts de l’histoire de la genèse forment une histoire pleine de sens, mais certainement pas le personnage fondateur de la race humaine. Dans sa perspective, comme le consensus scientifique le dit, il y a une distinction, une répartition de la race des hommes, on va dire, et puis l’espèce des singes il y a six millions d’années. De là aurait émergé un être humain. Adam et Eve n’ont absolument aucun rapport avec l’émergence de l’humanité historique.

Deuxième perspective, le caractère archétypal ou représentatif, et là on a des gens comme John Walton, professeur d’ancien testament à Wheaton, qui considère que Adam était un archétype de la race humaine. C’est sa fonction, il représente la race humaine, son historicité est secondaire, c’est possible mais pas intéressant.

Troisième manière de voir, c’est que c’est un caractère historique lointain et puis assez flou. C’est Un Adam historique, c’est la perspective de John Collins, professeur d’ancien testament, à Covenant, et lui maintient que si Adam et Eve ont bien existé de manière historique, qui ils étaient et où ils vivaient n’est pas vraiment important pour la vie chrétienne. Pour Collins, il est même possible que Adam et Eve n’étaient pas les seuls humains présents au moment de leur création. Donc on est dans une logique assez proche de la science, du consensus scientifique qu’on a évoqué auparavant.

– (GB) un exercice de mise en relation de la science et des données bibliques de façon à tenter une tentative d’harmonisation des deux.

– (FV) Voilà. En sachant que la perspective scientifique dit que l’être humain aurait surgi entre il y a 100 000 et 500 000 ans, la date c’est 200, 300 000 ans et que ce serait essentiellement un troupeau d’hominidés qui aurait donné naissance aux premiers êtres humains, on n’était vraiment pas dans l’idée d’un premier couple.

La quatrième perspective qui est beaucoup plus historique, littérale, par rapport au texte biblique, c’était la perspective de mon professeur d’ancien  testament, William Barrik et, pour lui, Adam et Eve sont des personnages historiques créés il n’y a que quelques milliers d’années. C’est une position qui est ultra minoritaire en France, relativement minoritaire aux USA mais qui a quand même reçu l’aval de l’histoire de l’Église pendant 19 siècles, donc c’est quand même intéressant de se pencher sur la question. 

– (GB) Je veux prendre une petite remarque au passage. C’est vrai qu’elle est ultra minoritaire parmi les leaders évangéliques, et peut-être les spécialistes du sujet en France, mais qu’en est-il des membres d’églises? Moi j’ai l’impression que les membres d’églises, le membre lambda, celui qui lit sa Bible, en fait il est plutôt naturellement orienté vers un caractère historique récent. C’est le sentiment que j’ai. Je me trompe peut-être mais …

– (FV) Ce serait intéressant de réfléchir la-dessus, de faire un sondage, de demander un peu quelle est votre position. Alors ça va dépendre aussi du milieu évangélique. Les milieux fondamentalistes sont très attachés au texte tel qu’il est, et puis moi je pense qu’il y a une sorte de silence embarrassé et que la plupart des chrétiens ne savent pas trop quoi penser, et c’est un peu pour ça qu’on présente ce podcast, pour offrir une perspective alternative.

– (GB) C’est ça. Il me semble qu’on avait fait un sondage, de mémoire, sur Transmettre. Il avait dû y avoir 250 votants et il me semble qu’on avait un bon 170 qui étaient créationnistes « Terre jeune » convaincus.

– (FV) Ah d’accord, mais c’est probablement parce qu’ils étaient militants qu’ils ont voté.

– (GB) Peut-être aussi. C’est pas connecté à mon site directement, mais c’était quand même intéressant de faire le test. Effectivement, ça sera jamais représentatif de tout le mouvement évangélique, mais j’ai le sentiment que, dans le mouvement évangélique traditionnel, historique ou piétiste, on a quand même des gens qui sont, en tous cas, la base du mouvement qui m’a l’air plutôt conservatrice, voire même fondamentaliste pour être franc avec toi. 

Voilà, c’est juste une petite parenthèse de discussion entre nous deux.

– (FV) Alors, écoute, c’est intéressant ce que tu dis et, par contre, ça exige par mal de courage de pouvoir apporter cette opinion, parce que les perspectives un peu littéralistes sur Genèse sont assez facilement vilipendées voire ridiculisées

– (GB) C’est clair

– (FV donc je crois que ça maintient une certaine…, on en parle mais on est pas trop sûr, et si je regarde la littérature même des chrétiens qui essaient de faire la jonction entre la science et la Bible, même ces spécialistes là n’affirment pas les choses catégoriquement. Il y a une sorte de silence embarrassé, on ne sait pas trop.

– (GB) Mais en fait le problème, c’est que l’opposition littéraire / littérale qu’on a décrite dans les podcasts précédents, elle allait dans les deux sens. C’est pas simplement Henri Blocher, Matthieu Richelle ou Lydia Jaeger qui la défendaient, c’est qu’on avait de l’autre côté des littéralistes qui étaient objectivement sur-littéralistes au point de nier la réalité des figures de style qui existaient dans les premiers chapitres de la Genèse et même, d’une manière générale, dans toute la Bible. Je pense que c’est un problème qui allait dans les deux sens, et qu’il ne s’agit pas de blâmer un camp par rapport à l’autre. On est là pour réfléchir ensemble, faire de la théologie et on le fait dans la paix.

– (FV) Oui, d’ailleurs ce serait dommage de le faire autrement. Loin de nous l’idée de lancer une polémique inutile, mais plutôt de présenter une réflexion qui va construire un avis pour ceux qui nous écoutent et qui ne seront d’ailleurs pas nécessairement d’accord avec nous. Je cite Francis Colin, fondateur de Biologos et je pense que ça relève un peu de ce qui est perçu aujourd’hui de façon communément accepté : « Selon ce que nous savons aujourd’hui de la science et du monde ancien des Hébreux, il n’est simplement pas raisonnable de transformer ces commentaires brefs de la Genèse en une description précise de l’origine des hommes. Il faut noter que le récit de la Genèse ne nous dit pas comment Dieu nous a créés ou a créé, mais seulement que Dieu a créé et que les êtres humains faisaient partie du plan de Dieu et qu’ils ne sont pas le fruit d’un accident. » Et donc, voilà un peu comment la plupart des gens aujourd’hui même si je concède, il faudrait qu’on fasse un sondage plus solide pour savoir quelles sont les croyances générales du milieu évangélique.

– (GB) On ne s’avance pas trop en disant que l’écrasante majorité des spécialistes et des leaders évangéliques aujourd’hui ne sont pas littéralistes, ne sont pas narrativistes pour reprendre notre perspective un peu plus nuancée qu’on essayait de faire dans le podcast précédent.

– (FV) Oui, tout à fait.

– (GB) Alors du coup, tu viens de nos rebalancer, nous rebalayer plutôt les quatre principales approches sur l’historicité d’Adam, mais en fait pourquoi est-ce qu’on se soucie autant de ce sujet ? Plus communément et plus familièrement, pourquoi est-ce qu’on se prend la tête, Florent, est-ce que ça vaut le coup ? Est-ce que sérieusement, se pencher de la manière dont on l’a fait, tu as passé ton été à lire sur le sujet, on sait que tu manques de temps, tous ceux qui te connaissent le savent bien, pourquoi avoir passé autant de temps à lire sur ce sujet ? Est-ce que réellement ça en vaut la peine ou est-ce que ça t’a fait plaisir de perdre ton temps cet été ?

– (FV) Alors, d’abord, j’ai pas passé tout mon été à lire. Je travaille et j’ai des exigences à remplir donc …

– (GB) Il est en train de vous dire qu’un pasteur ça travaille, ne le croyez pas. 

– (FV) Le dimanche au moins, et le matin. J’ai lu quand même quelques livres et j’ai voulu aussi pouvoir creuser des dimensions qui m’étaient un peu étrangères à cette question, au moins pour avoir un regard – je ne suis ni théologien ni scientifique, donc c’est quand même un regard pastoral, je suis conscient que c’est limité – mais je pense qu’il y a quand même plusieurs enjeux qu’il ne faut pas minimiser, c’est à dire qu’on ne peut pas prendre légèrement le texte de la Genèse en disant : ce qui compte, c’est Jésus, sa mort et sa résurrection pour nos péchés. Donc il y a quelque chose qui se joue avec Genèse, qu’il ne faut pas occulter. 

La première chose que je voudrais souligner, c’est l’importance de cette question vis à vis de l’inerrance. L’inerrance est une doctrine qui dit que le texte que Dieu nous a laissé, c’est Dieu qui l’a inspiré dans les écrits originaux, c’est le texte qui est inspiré, ce ne sont pas les auteurs et ce texte là est incapable de nous tromper. C’est à dire qu’il y a une autorité du texte de l’Ecriture, il est divin, il est d’origine divine et ce texte là ne contient aucune erreur. 

– (GB) Le texte dans les manuscrits originaux, les autographes, est sans erreur, c’est cela la position de l’inerrance, absence d’erreur.

– (FV) Et cette doctrine a été partagée par l’ensemble des chrétiens orthodoxes dans tous les siècles. Il a été mis en avant lorsqu’il a été très contesté aux siècles précédents par la critique libérale et je crois qu’il faut absolument relever que ce débat est clos. La Bible est inerrante.

– (GB) Soit elle l’est, soit elle ne l’est pas.

– (FV) Alors, il y a un document dit “de Chicago” qui est intéressant. La première déclaration, article 12, dit « nous affirmons que l’Ecriture, dans son intégralité, est inerrante, exempte de toute fausseté, fraude ou tromperie, nous rejetons l’opinion qui limite l’infaillibilité et l’inerrance de la Bible aux thèmes spirituels, religieux ou concernant la rédemption et qui exclut les énoncés relevant de l’histoire et des sciences. Nous déclarons, en outre, illégitime l’emploi d’hypothèses scientifiques sur l’histoire de la terre pour  renverser l’enseignement de l’Ecriture sur la création et le déluge.

– (GB) Excellent article qui rejette de facto l’inerrance limitée. Tout de suite, on entre dans des catégories telles que Biologos ou, en France, Science et foi, dont la plupart des contributeurs ont tendance à croire à une forme d’inerrance qui serait limitée à certaines affirmations de type scientifique, justement. Donc, la déclaration de Chicago est claire : non, l’inerrance, c’est tout ou rien.

– (FV) Alors je ne connais pas les positions exactes de Science et foi, je sais qu’il y a un scientifique qui a discuté avec mon gendre parce qu’il opposait justement cette notion d’inerrance. Cet homme l’a pris un petit peu de haut en disant : mais il faut laisser tomber cette notion d’inerrance.

– (GB) Absolument, c’est écrit sur leur site, ils ont des articles qui la défendent, ils croient à une inerrance limitée et ils estiment que l’inerrance ne s’étend pas aux affirmations scientifiques de la Bible parce qu’elle serait sujette à l’accommodation dont nous avons dénoncé l’usage dans un podcast précédent.

– (FV) Ca me rappelle Benjamin Franklin qui avait coupé des passages du Nouveau Testament pour ne garder que les passages qui l’intéressaient.

– (GB) ou Marcion

– (FV) ou Marcion, bien entendu. Donc, je crois qu’on est devant une situation qui est beaucoup plus sérieuse, car soit la Bible est inerrante, soit elle ne l’est pas, et si elle ne l’est pas , eh bien après tout, tout est sujet à tout et c’est mon souci

– (GB) Mais je pense que c’est important de le dire, en gros c’est soit elle l’est, soit elle l’est pas. S’il y a des erreurs, c’est qu’elle n’est pas inerrante. On ne peut pas décider dans la Bible de ce qui doit être inerrant ou de ce qui ne l’est pas. Donc, soit on est inerrantiste, soit on ne l’est pas. Et ça, c’est ce que l’article 12 de la première déclaration met clairement en évidence : si vous êtes signataire de Chicago, soit la Bible est inerrante, soit elle ne l’est pas. C’est intéressant parce que, on va y revenir, mais Henri Blocher, Matthieu Richelle, Lydia Jaeger, tous ces gens là, adhèrent sans réserve à la déclaration de Chicago et nous sommes dans le même camp de ce point de vue là.

– (FV) Oui, donc, le maintien de l’inerrance est une doctrine majeure et cardinale, rejeter l’inerrance c’est rejeter la révélation de Dieu, à mon sens ça va très loin, c’est rejeter le christianisme, mais ça c’est ma perspective conservatrice.

– (GB) Oui mais j’ai la même que toi, on sera taxés de conservateurs la-dessus, je pense que c’est tout à fait légitime de le dire, néanmoins.

– (FV) J’ai un petit article sur Evangile 21 sur l’inerrance qui peut être consulté, qui donne un peu quelques affirmations

– (GB) Nous mettrons les liens dans le podcast, je suppose.

– (FV) Alors, la deuxième déclaration, article 22 nous dit : « nous affirmons que Genèse 1 à 11 raconte des faits comme tout le reste de ce livre. Nous rejetons la théorie selon laquelle les enseignements de Genèse 1 à 11 sont mythiques comme nous rejetons l’idée que des hypothèses scientifiques sur l’histoire de la terre et l’origine de l’homme puissent être invoquées pour renverser ce que l’Ecriture enseigne sur la Création. » Donc on est vraiment devant une nécessité de maintenir l’inerrance et je comprends tout à fait que ça ne touche pas la question de l’interprétation, c’est à dire que, ayant posé l’inerrance de l’Ecriture, je suis tout à fait conscient qu’on peut interpréter la Bible de façon différente. Mais, à un moment donné, on fait plus que d’interpréter la Bible de manière différente, on rejette le récit de Genèse 1 à 3 et, en ce sens, on a violé la question de l’inerrance, on est sorti du christianisme biblique.

– (GB) Alors toute la question dans cet article 22 de la 2ème déclaration c’est de savoir ce que la déclaration de Chicago appelle des faits. Est-ce qu’on parle de faits historiques ou est-ce qu’on parle juste de faits qui auraient un écho littéraire ?

– (FV) Oui c’est cela. Mais il faut vraiment maintenir la distinction. Quand on débat du sens et de l’herméneutique, on débat entre gens qui ont une haute vision de l’Ecriture. Mais à partir du moment où on dit que le texte ne dit pas vraiment la réalité ou la vérité, on est en dehors de l’inerrance et on est en dehors de l’orthodoxie chrétienne. Donc, ça, il faudrait vraiment le souligner.

– (GB) Il nous semble, là je pense qu’on peut le dire, devant une telle déclaration, au regard de la manière dont l’audience canonique, le lectorat canonique, recevait le texte et aussi comment la Bible réutilise le texte de Genèse 1 à 11 dans son utilisation ultérieure, dans les textes inspirés ultérieurs, on pense effectivement que la 2ème déclaration de Chicago exclut de facto un accord entre un processus évolutif et les récits bibliques. C’est pour ça qu’on pense que la question de l’inerrance est si centrale et si primordiale et qu’on la cite en premier dans les enjeux.

– (FV)  Oui c’est sûr elle est centrale. Alors après, l’interprétation de la venue de  Adam par rapport à la poussière, est-ce que c’est un matériel constitutif préalable ou autre, je comprends qu’on peut avoir quelques réserves. Nous, notre position est relativement simple, on a une vision de l’origine un peu surnaturelle de Adam et Eve, premier couple réel de l’univers, de l’humanité, pardon.

– (GB) Ca c’est le premier point l’inerrance, 1er enjeu. Est-ce qu’il y en a d’autres ?

– (FV) Le deuxième enjeu, je crois, c’est de savoir quand commence l’histoire. Denis Lamoureux qui est plutôt dans une lecture un peu de paradigme concernant Adam et Eve et certainement pas de personnages historiques dit : « l’histoire réelle dans la Bible commence autour de Genèse 12 avec Abraham. Comme beaucoup de théologiens évangéliques, je comprends que Genèse 1 à 11 est un type de littérature, un genre littéraire unique, distinct du reste de la Bible ». Et ça c’est vraiment un problème pour moi de trouver le texte avec une lecture historique à partir de Genèse 12. Je trouve que c’est arbitraire, mais si il y a une structure historique qui précède, je crois que tu l’as démontré simplement, c’était rapide, dans le podcast précédent, structure ne veut pas dire parabole, structure veut dire structure d’une histoire qui a du sens, mais cela n’ôte pas la réalité de la substance.

– (GB) Et même ce que je n’ai pas dit dans les podcasts précédents, c’est pourquoi s’il avait voulu indiquer un cadre littéraire, l’auteur se prend la tête à vouloir mettre des jours. Il me semble que mettre des jours avec un numéro de jour implique nécessairement un semblant de chronologie quelque part. Il y a une idée chronologique forcément, sinon il y a quelque chose qui manque dans l’intention de l’auteur d’avoir voulu créer des jours qui se répondent les uns aux autres

– (FV) Ce que l’on remarque c’est que, dans le siècle précédent, ce n’était même pas Genèse 12 qui commençait l’histoire. On remettait en cause Abraham, or on a trouvé à Ebla des documents qui confortent le milieu d’Abraham, et soudainement ce n’est plus une histoire mythique, Abraham, c’est une histoire qui se rapproche de l’histoire réelle même si là encore, bien sûr, les libéraux s’en défendent. 

Il y a beaucoup de correspondances avec le monde postérieur à Genèse 12 et aujourd’hui on considère que c’est comme, je suis content de le lire quand même chez Monsieur Lamoureux, de dire que c’est historique. Or, la relation du texte avec les autres parties de la Bible ne nous permet pas, me semble-t-il, de distinguer si fortement Genèse 1 à 11 de Genèse 12 et la suite. Je pense que nous avons un peu, de Genèse 1 à 11, le traité du monde créé, de Genèse 12 à 50 le traité de la création d’Israël à partir d’Abraham, et de part et d’autre de cette frontière, le nouveau testament comme l’ancien testament cite des personnages de la même manière : Hénoc comme Abraham, Noé comme Joseph, et je pourrais multiplier les exemples. De dire que les catégories de personnages cités avant Genèse 12 sont mythiques ou emblématiques ou paradismiques, je ne sais pas comment les qualifier, et dire que ceux qui sont cités à partir de Genèse 12 sont réels, historiques, c’est difficile, ça a peu de sens.

Donc ça c’était le deuxième problème, le troisième c’est celui du surgissement du péché.

Alors, je reprends la chronologie scientifique actuelle pour rappel : une différenciation entre singes et hominidés il y a entre 5 et 6 millions d’années, et puis l’émergence de l’homme moderne il y a 200 000 ans. Adam et Eve dateraient selon certains de cette période ou, selon d’autres versions, un Adam et Eve homo divinus qui apparaîtrait il y a 5 à 10 000 ans c’est à dire fruit d’une révélation de Dieu suivie d’une conscientisation de l’existence de Dieu. Et voilà le problème.

– (GB) homo divinus, homo théologicus

– (FV) Oui, les différentes formulations qui ont été évoquées. Voilà le problème. On trouve grâce à l’archéologie traces de guerre, de combats, de maladies, sur des os humains, donc de morts, bien avant l’émergence d’un Adam et Eve . Alors, d’où vient le péché ? C’est quand même assez cardinal cette notion, non seulement par rapport à l’origine du péché mais également à la manière dont ce péché sera révolu puisqu’il y a un second Adam qui vient remporter la victoire sur la défaite du premier Adam. 

Donc, on a une Création qui est dite « très bonne », dans laquelle est institutionnalisée la mort humaine et le mal humain avec la force, la violence, l’assujettissement de l’autre et l’idolâtrie puisqu’on a des rites funéraires qui semblent en tous cas évoquer une conscience de la vie, de l’au-delà et du respect des ancêtres avec tout ce que ça implique d’idolâtrie. Donc, cette chronologie pose un vrai problème

– (GB) Surtout au rapport du message rédempteur de la bible, du message de rédemption que la Bible véhicule, en fait.

– (FV) Exactement, et c’est le quatrième point que je veux souligner, c’est le rapport entre Adam et Christ. 

Alors tous le concèdent, c’est un des nœuds, c’est un des points problématiques : comment est-ce que Adam est à l’origine de toute l’humanité déchue, et comment est-ce que Jésus est à l’origine de toute l’humanité rachetée, et de voir quels peuvent être les ponts, les parallèles. Le texte le plus complet se trouve en Romains chapitre 5 versets 12 à 21, et vraiment je vous encourage à le lire, parce qu’on n’a pas le temps de l’aborder complètement maintenant, mais le lien est très fort parce qu’ il montre à la fois une solidarité de toute l’humanité en Adam, et à la fois un parallèle entre Adam et Jésus, deux chefs de l’humanité. Et c’est aussi dans ces termes que l’apôtre Paul parle en Actes 17.26, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais c’est le moment du grand discours de Paul aux athéniens et il dit « il a fait que toutes les nations humaines issues d’un seul habitent sur toute la face de la terre ». 

Je sais, je sais que le grec « exenos » issu d’un seul, pourrait se comprendre comme un neutre et donc « issu d’un seul principe ».

Il faut savoir qu’en grec, sur cette forme là, le masculin et le neutre ont la même forme, identique. Donc on est incapable de dire simplement à la lecture du texte grec. 

S’agit-il que toute l’humanité est issue d’un seul homme, ou d’un seul principe et qu’ils habitaient sur toute la surface de la terre ?

Alors, je pense que la lecture « d’un seul homme » est de loin préférable ne serait-ce que par la référence immédiate à toute la face de la terre qui rappelle, et toi qui es un expert en inter-textualité,

– (GB) un expert tellement fort que je bois tes paroles. 

– (FV) C’est cela. Ca nous rappelle Genèse 1.28

– (GB) Et c’est le mandat culturel, et ce mandat culturel il est répété inlassablement tout au long des nouvelles créations auxquelles on assiste dans la Bible. Par exemple quand il y a le déluge, il y a une nouvelle création qui suit, qu’est-ce qu’on leur dit : « soyez féconds, multipliez vous et remplissez la terre ». Et c’est encore un écho incroyable que Paul fait à des gens qui sont d’origine païenne et il leur dit : regardez, il a fait que d’un seul homme vous soyez tous là sur la surface de la terre, vous êtes tous issus d’un seul par conséquent Dieu vous parle car vous êtes issus de lui. Le point de l’origine divine du peuple païen dans un contexte d’apologétique culturelle tellement fort comme celui d’Actes 17 est mis comme un point d’orgue et la justification de Paul c’est : regardez, ça vient d’un seul homme.

– (FV) Excellent !

– (GB) Je pense que c’est assez clair dans ce texte. La Réforme […] lie ce passage à la création et donc le “exenos” c’est bien un masculin qui désigne un homme.

– (FV) Et alors, c’est effectivement la conclusion à laquelle parvient Richard Pervaux dans la collection Hermeneuia. Il soutient ces lectures qui font sens dans ce contexte, et c’est certainement pas un conservateur

– GB) Non sûrement pas. La collection Hermeneuia pour info, c’est Fortexpress, c’est des commentaires fortement critiques.

– (FV) Alors le cinquième, c’est peut-être pas le plus important, mais on parle des enjeux. 

Il y a quand même un enjeu par rapport à l’histoire de l’Église. Les évangéliques se targuent à juste raison de ne pas avoir de tradition, et donc on doit revenir à l’Ecriture régulièrement, c’est l’Ecriture seule qui fait autorité, donc ça a le poids qu’on veut lui donner cette histoire de l’Église mais quand même, un expert, un historien professeur occasionnel à Princeton, donc c’est un homme de gros calibre qui s’appelle William Van Doedewarde qui a écrit un livre de 400 pages sur The Quest of historical Adam, la recherche de l’Adam historique qui fait assonance à la recherche d’un Jésus historique des temps passés, concernant l’historicité de Jésus-Christ, et en lisant ce livre, j’ai été vraiment impressionné, à la fois par la qualité des recherches mais aussi l’homogénéité de la compréhension simple et littérale de l’historicité d’Adam au sein du christianisme orthodoxe sur 18 siècles d’histoire. 

Même que, et c’est mon 2ème point, l’apparition du concept de population humaine non adamique bien avant l’émergence de la science était idéologique chez des gens qui ont rejeté le témoignage de l’Ecriture et qui ont avancé des hypothèses, et des hypothèses qui n’étaient pas du tout formulées par des données scientifiques, mais simplement par un rejet du texte biblique, mais qui rappellent les raisonnements actuels. Je trouve que c’est au moins intéressant de le noter.

A la fin des années 1500, Thomas Ario rentrait d’un voyage où il a postulé l’existence de races pré-adamiques antérieures à Adam de quelques 10 000 ans et je trouve ça extraordinaire au point que la communauté de pasteurs de Genève avec Pictet en tête a dénoncé ce type de perspective et de formulation d’hypothèses

– (GB) Il y avait aussi l’idée de Philippe Hoguenheim qui était un peu antécédente et qui, elle, était motivée par des considérations racistes pour exprimer que les Pygmées n’étaient pas de race adamique et donc, du coup, on a inventé un espèce de méta-récit pour justifier le fait que ces peuples ne seraient pas de la même race que nous qui descendions d’Adam. 

Parfois des considérations pécheresses de ce type là venaient configurer un espèce de méta-récit différent justement parce que la bible s’opposait à ces considérations là.

– (FV) Oui, alors c’est là où moi je pense qu’il faut souligner la dignité de la vie, c’est mon sixième argument. Un grand enjeu de cette question et malheureusement l’histoire du 20ème siècle montre combien c’est un enjeu important à garder. C’est un peu le vilain secret de la vision évolutionniste de l’homme. Attention, quand je dis ça, je ne dis pas, je veux vraiment le souligner, que les évolutionnistes sont racistes. Absolument pas. Je ne le dis pas. Mais l’évolutionnisme a donné naissance à une conception de l’évolution humaine qui a permis que le coeur humain très raciste par sa nature pécheresse, y trouve un sol fertile. C’est ça que je dis.

– (GB) Et surtout une justification à des pratiques qui n’avaient d’autre origine que leur coeur déchu. Ca fournit un mobile en quelque sorte.

– (FV) Absolument. Et John Quaker note que les théoriciens racistes de la fin du dix-neuvième siècle comme l’anatomiste Gottingen, Johann Friedrich Blumenbach, on est là sur la fin du 19ème siècle, s’il a commencé sa carrière en divisant l’humanité en 4 groupes, et après tout, c’est une division qui ne pose pas forcément de problème, s’est ensuite, dans sa dernière œuvre, l’oeuvre canonique un peu de sa classification raciale, où là il place la race caucasienne, les blancs en fait, au-dessus, et tous les autres en-dessous et on sait ce qui s’est passé lorsqu’on a ce genre de perspective. 

Darwin lui-même, dans La descendance de l’homme, son dernier livre, c’est pas très joli ce qu’il dit sur les supériorités des races, de l’une à l’autre. Faut quand même réaliser que l’on a mis Ota Penga, un pygmée congolais d’Afrique dans un zoo aux Etats-Unis et je crois, pour qu’on perçoive bien l’horreur de la situation, je vous cite un article du New York times pour vous dire à quel point cette manière de concevoir l’homme a généré un aveuglement terrible « nous ne comprenons pas vraiment toutes les émotions qui sont suscitées au sujet de cette mise au zoo de Ota Penga. C’est absurde que l’on s’oppose à l’humiliation imaginaire et dégradante que Penga serait en train de souffrir.Les pygmées qui sont vraiment bas dans l’échelle sociale, l’échelle humaine, pardon, et la suggestion que Penga serait mieux à l’école plutôt que dans une cage ignore la haute probabilité que cette école n’aurait absolument aucun avantage sur son éducation ». Bref, c’est absolument dégradant ce qui a été fait à cet homme, et ça s’est répété sur des tas d’individus et la classification, l’eugénisme qui est né de la perspective évolutionniste doit être pris en compte comme une réalité. Encore une fois, je ne dis pas que c’est un absolu qui découle de l’évolution mais l’évolution a donné naissance

– (GB) Je crois qu’on peut rappeler que mettre des hommes dans des cages, on l’a fait bien avant que l’évolution soit une théorie, mais c’est vrai que ça a donné un espèce de mobile : on peut le faire parce que c’est des races inférieures. Alors, bien évidemment c’était probablement une mauvaise utilisation du concept tel qu’exprimé au départ, il n’en reste pas moins que c’était l’utilisation qu’ils en invoquaient.

– (FV) Oui et aujourd’hui, il y a quand même pas mal d’éthicistes qui se sont penchés sur la question, la littérature abonde, je cite pas, il y a 2 ou 3 livres assez majeurs écrits par des gens qui n’ont aucune ambition scientifiqu, mais qui remarquent cette réalité. A l’inverse, Adam et Eve littéral, tous les hommes issus d’un seul couple, sont tous mes frères.

– (GB) Toute prétention au racisme est exclue avec un couple littéral.

– (FV) Absolument, parce que nous sommes tous des frères de sang, il n’y a qu’un seul sang pour reprendre presque un des manuscrits de Actes 17.26 le formule, nous n’avons qu’un seul sang et nous sommes de même niveau en dignité parce que nous sommes issus d’un seul, créé à l’image de Dieu quelque soit la race, quelque soit l’origine, quelque soit le pays.

– (GB) Et avec une chute historique, nous sommes tous solidaires dans le même type de péché puisque nous avons tous péché en Adam de sorte que personne ne devrait se croire supérieur à l’autre, bien au contraire.

– (FV) Oui, alors là oui tout à fait. 

Donc, pour toutes ces raisons je crois que l’enjeu est majeur et qu’il n’est pas simplement une question de réflexion rapide sur Genèse 1 à 3. 

Je termine avec deux citations de John Lennox qui est un évolutionniste mais qui considère Adam et Eve comme des créations directes. Lui-même est un mathématicien qui a fait beaucoup d’apologétique. Si vous regardez son nom sur Youtube il y a d’excellentes réparties de débats. C’est vraiment un homme de qualité, même si on ne partage pas nécessairement la même vision des choses, et voilà ce que je lis dans son livre sur les 7 jours qui ont divisé le monde : »De plus, en disant que Dieu a fait l’homme de la poussière du sol, Genèse semble impliquer fortement que l’homme est le fruit d’une création directe plutôt que de suggérer une émergence par un processus naturel ou par une activité que Dieu aurait conduite à partir d’hominidés préexistants d’un couple de fermiers du néolithique. De plus, dans l’une des ironies curieuses de la théorie de l’évolution, Alexander argumente que l’évolution humaine a cessé. Se pourrait-il que la situation véritable est qu’elle n’a jamais commencé et que les êtres humains sont le fruit d’une création directe de Dieu ?

– (GB) Amen, cet homme n’est pas loin de la vérité.

– (FV) En tous cas on partage un peu son point de vue. Tout ceci pour dire que la question est intéressante. Voilà, on a abordé un peu les modèles qui existent et les enjeux. J’espère que ça a nourri votre réflexion pour vous permettre d’avoir une position plus accomplie. Au prochain podcast, à bientôt.

– (GB) Merci beaucoup Florent, à la semaine prochaine.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire. Florent est aussi conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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  • Georges Herrmann dit :

    Je viens d’écouter le Podcast 102.
    Concernant l’interprétation littéraire de Genèse 1-11, je vous soumets la réflexion de Stephen Lloyd (ancien chercheur à l’université de Cambridge – diplômé PhD Materials Science – également diplômé en théologie et religion à l’Université de Cambridge).
    Réflexion issue de son fascicule « Adam or death: which came first? » Ed. Biblical Creation Trust – 2017 – Chapitre 1 Age of the earth and chronology: methodological considerations, je traduis à la page 3:
    « Cela importait, parce que, comme Barr le souligne : «la précision et les détails des données
    chronologiques des Écritures constituaient l’une des principales raisons pour lesquelles l’origine divine et l’autorité de l’Écriture devaient être acceptées.»
    Bien qu’avec une doctrine des Écritures assez différente, C.S. Lewis pointe la même chose, au moins à propos des Évangiles: «En tant qu’historien littéraire, je suis parfaitement convaincu que, quoi qu’il en soit, les Évangiles ne sont pas des légendes. J’ai lu un grand nombre de légendes et je suis assez au clair pour dire qu’ils ne sont pas le même genre de littérature.» En liaison avec cette citation, Glen Scrivener fait remarquer: «Les légendes sont toujours basées sur « il était une fois ». Quelque soit le détail considéré dans la légende, vous êtes tout simplement incapable de répondre à la question du « quand? ».»
    Les 11 premiers chapitres de la Genèse sont clairement définis dans le temps. C’est ce qui rends l’exercice particulièrement difficile et illogique de vouloir les soustraire à l’histoire, et comme vous l’évoquiez dans votre podcast, transformer ces chapitres en mythe fait perdre toute sa consistance à l’œuvre rédemptrice de Christ.
    Je me permets aussi de souligner un autre détails non évoquer dans le podcast, l’homme est créé à l’image de Dieu. Si Adam et Eve sont des personnages fictifs ou même un couple de paysans issus du groupe d’hominidés originel, comment puis-je comprendre mon identité en Adam et mon identité en Christ ? Cela relève du grand-écart…

    Petite remarque: c’est bien de commencer avec des aspects théologico-littéraires mais il serait bien, pour les auditeurs moins littéraires, de compléter avec des aspects plus pratiques et concrets afin que les auditeurs puissent argumenter vis-à-vis de nos contemporains (Comment comprendre l’âge des pré-diluviens, que sont devenus les dinosaures,…). Il manque une réelle compétence et littérature sérieuse à ce sujet dans le milieu francophone.

    Une enquête aux État-Unis a montré que la désaffection des églises par les jeunes est directement liés à l’opposition entre l’enseignement séculaire au collège, lycée et université et ce qu’ils reçoivent comme réponses à leurs interrogations dans l’église sur l’incohérence vis-à-vis des textes bibliques. L’association Science et Foi (dans la ligne de Denis Lamoureux et Biologos) se propose de vouloir répondre à ses interrogations mais leur démarche est inconsistante comme vous le relevez.

    Vous évoquer aussi Actes 17. Vous avez relevé que Paul s’est adressé aux Athéniens en parlant de la création. Le jour de la Pentecôte à Jérusalem, Pierre n’aborde pas la création, Ken Ham répond ainsi à cette différence de discours: Les juifs étaient au clair avec la création, cela ne présentait pas de problème, ce qui faisait trébucher les Juifs, c’est la croix de Christ. Paul ne peut pas venir avec la croix sans avoir parler de la création et de la chute car les athéniens n’étaient pas au fait de cela. Dans un contexte de société qui se déchristianise, nous devons retourner à ces fondements pour expliquer le plan du salut à nos contemporains (je tiens à souligner volontairement le mot « expliquer » parce qu’il faut leur expliquer). Ils connaissent tout sur Johnny et plus rien de ce que la Bible dit.

    • Florent Varak dit :

      Merci pour vos remarques. Je ne connais pas Stephen Lloyd, et je ne peux commenter sur son travail. Mais vous avez raison de noter quelques arguments intéressants. Bonne continuation.

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