Quelles sont les marques de l’élection? (Épisode 116)

Dans l'épisode 116, Florent Varak répond à une question concernant l'élection. Comment savoir si je suis élu? Est-ce la droiture de ma vie qui le prouve? Florent répond à l'aide de 1 Jean, nous savons que nous sommes élus, si nous sommes un disciple de Jésus, non à cause de nos actes.

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Épisode 116 : quelles sont les marques de l’élection ?

Alors la question du jour est la suivante :

Bonjour, comment pouvons nous savoir si nous sommes élus de Dieu ? Est ce que cela peut se ressentir, une certaine manière de vivre, ou une façon d’être comparable aux autres ? Pour être plus précis, dans ce monde où le sexe, la drogue et l’alcool règnent ou autre, j’ai toujours rejeté cet aspect de vivre, pourtant, je suis de la génération « années 90 » et à cause des multiples fréquentations, j’aurai pu basculé dans ce mode de vie, est ce le fruit de Dieu en ma personne, car auparavant je croyais en Dieu, mais je ne connaissais pas Jésus-Christ. Merci beaucoup.

Ta question est, si je la résume, c’est comment savoir si je suis un élu de Dieu et si notre manière de vivre est simplement la seule manière de le savoir.

La réponse toute simple à ta question, vraiment simplifié, c’est de dire : tu sais, si tu es un élu ou une élue de Dieu, si tu as confiance en Jésus dans le sens où tu crois qu’il est mort pour tes péchés, qu’il est mort pour tes fautes et qu’Il est ressuscité, te plaçant avec Lui dans une communion à Dieu, et que en retour, tu l’aimes d’une confiance qui te pousse à l’obéissance.

Donc, la perspective que nous avons dans ce que je dis, c’est qu’il y a une foi dans ce que Christ a fait pour toi, tu ne te confies pas dans tes capacités, ni dans ton manque de péchés par rapport à d’autres, tu te confies dans ce que Jésus a fait pour toi, et cette foi dans son pardon, dans sa présence, dans ta vie par son Esprit-Saint, cette confiance te pousse à une vie qui est différente.

Par exemple, si je lis en 1 Jn 5. 11 à 13, on a un des textes principaux sur l’assurance du salut. Il nous dit, qu’affirme ce témoignage ? il dit que Dieu nous a donné la vie éternelle et que cette vie est en son Fils. Celui qui a le Fils, a la vie, celui qui n’a pas le Fils, n’a pas la vie. Je vous ai écris cela pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au Fils de Dieu.

Tu vois, ce que l’on a ici, c’est une affirmation : Dieu nous a donné la vie éternelle et cette vie est en son Fils, dans une communion, dans une relation à Dieu. Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils n’a pas la vie. Et il y a une assurance qui est associée à ça, l’apôtre Jean souligne, « je vous ai écris ceci afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle ». Alors, il y a cet aspect donc de comprendre que Jésus est en quelque sorte le médiateur, le prêtre, l’intermédiaire entre Dieu et les hommes, qui est celui qui me répare de mes fautes, me répare de mes manquements, qui est celui qui m’adopte, du moins le moyen par lequel le Père m’adopte dans sa famille et je deviens son enfant. Et j’ai confiance dans tout ce qu’Il me promet, tout ce qu’il m’offre, et à un moment donné, j’ai confessé de ma bouche que je croyais personnellement que Jésus était tout cela pour moi.

Qu’Il était celui qui me plaçait dans la présence de Dieu.

Jacques nous dit que la démonstration, par contre, de la réalité de la foi, c’est l’obéissance. Une foi sans les œuvres c’est pas une foi, et dans ce contexte de Jacques c’est l’amour du prochain, l’amour concret du prochain qui atteste de la réalité de la foi.

Il y a un aspect confessionnel : qu’est ce que tu dis de toi-même ? Qu’est ce que tu dis de Dieu ? De Jésus-Christ ? Comment est ce que tu t’estimes ? Est ce que tu t’estimes supérieur aux autres et donc promu à une relation à Dieu ? Ou au contraire, tu sais que tu es peut être moins pécheur que d’autres d’un point de vue de la société, mais aux yeux de Dieu, tu es toujours dans le besoin d’être justifié et de recevoir son pardon. Et est-ce que tu crois que Jésus est ce médiateur, cet intermédiaire qui te permet d’être réconcilié à Dieu par le sacrifice qu’Il fait sur la croix pour toi ? Il est ta vie, en quelque sorte, la vie que que tu n’as pas vécu. Et il est non seulement ta vie, mais il est ton sacrifice, ton jugement, il a porté le jugement que tu méritais. Et tu réalises que tu as besoin fondamentalement d’un rédempteur.

Voila, Romains 10 dit la chose suivant : « En effet, si de ta bouche tu déclares que Jésus est Seigneur et si dans ton coeur tu crois que Dieu l’a ressuscité des morts, tu sera sauvé. Car celui qui croit dans son coeur, Dieu le déclare juste. Celui qui affirme de sa bouche, Dieu le sauve. En effet, l’écriture dit, celui qui met en Lui sa confiance, ne connaîtra jamais le déshonneur. Ainsi il n’y a pas de différences entre Juifs et non-Juifs, car tous ont le même Seigneur qui donne généreusement à tous ceux qui font appel à Lui. En effet, il est écrit, tous ceux qui feront appel au Seigneur seront sauvés. Fin de citation.

Donc, dans ce passage, il y a vraiment cet aspect confessionnel, je confesse ma foi, dans ce que Christ a fait pour moi. J’ai pas confiance en moi-même, j’ai confiance dans ce que Dieu a fait.

Et puis bien sûr il y a comme test le fruit de ta confiance, c’est à dire la manière dont tu vis. Pas nécessairement tous les jours à la perfection, parce que auquel cas, il n’y a aucun chrétien sur terre, mais que ta vie soit caractérisée par le désir de lui plaire. Et que lorsque tu te plantes, ben tu le reconnais, tu fais marche arrière, et tu avoues cela devant le Seigneur et puis tu chemines en sorte que tu continues de grandir.

Alors, qu’est ce que c’est le fruit de la confession de ta foi ?

Premièrement, je remarque que ce qui prouve qu’on est élu et que notre foi est sincère, c’est qu’on persévère sous la pression. Jésus note cela dans la parabole du semeur où il nous dit, qu’il y a des gens qui vont arrêter de marcher avec Jésus à cause de la tribulation et de la persécution, ou à cause des soucis du monde et la séduction des richesses. Donc, la souffrance de la persécution, dans certains cas où, en tout cas, des difficultés de la vie et la séduction du péché sont deux éléments qui vont tester la réalité de notre foi. Et si à un moment donné, tu t’adonnes soit au découragement et à abandonner le Seigneur, tu t’adonnes à une manière de vivre qui soit contraire à Dieu, et bien tu peux mettre en doute la réalité de ta foi, s’il y a aucune repentance ou aucun attachement à Dieu au travers des difficultés.

Deuxièmement, la marque de ça – d’un attachement à Dieu, l’élection de Dieu dans ta vie – c’est un amour de la Parole de Dieu. Jésus dit si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, nous viendrons vers Lui et nous ferons notre demeure chez lui. Tu trouves ça en Jn 14. 23. Donc il y a une connexion vitale, personnelle, entre ce Dieu qui t’a sauvé et ce Dieu qui a inspiré l’Ecriture et qui te pousse à le découvrir davantage, à t’attacher à Lui, à L’aimer, et à marcher avec Lui.

Troisièmement, il y a la douleur de la taille de Christ. Alors, c’est un peu bizarre ce que je dis ici mais Jésus dit tout sarment qui porte du fruit, Dieu l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit, Jean 15.2. Dans tout ce passage de Jean 15 qui parle d’intimité, il est question que Dieu a dans son coeur le désir de te faire grandir et dans son coeur, le désir de te faire porter plus de fruits. Et pour cela, Il va t’émonder, te tailler et je suppose que c’est douloureux, enfin je suppose pas, je sais, c’est douloureux. Parfois, Dieu pointe du doigt les choses qui doivent changer, parfois les épreuves, nous aide à réaliser qu’on a besoin de s’appuyer davantage sur Lui, il y a plein de moyens que Dieu a pour nous tailler, mais il nous taille à l’image de Jésus-Christ. Quand la Bible dit « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » et Romains 8 verset 28, verset 29 précise « afin de nous faire ressembler à Jésus », je cite de mémoire, c’est pas tout à fait comme ça que c’est dit. Mais la grande idée c’est que Dieu dirige nos vies pour sculpter en nous, au travers des difficultés, au travers de notre persévérance, l’image de Jésus-Christ.

Quatrièmement, et c’est un peu dans la même veine, il y a la correction du Seigneur. Hébreux 12 nous dit, si tu es un élu de Dieu et bien, le Saint-Esprit qui est en toi, va te corriger chaque fois que nécessaire pour te faire prendre conscience de certaines habitudes d’orgueil, de certains propos déplacés, de certains regards de convoitises, etc… de propos qui soient inadaptés, et tu dois entendre cette correction qui parfois nous fait du mal, qui nous accable et nous met à genoux, mais c’est aussi le témoignage que le Saint-Esprit est à l’oeuvre et qu’Il veut nous aider à cheminer dans la droiture.

Cinquièmement, il y a l’amour du prochain, et notamment l’amour des frères. 1 Jean 4.7 nous dit « mes chers amis, aimez-nous les uns les autres car l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et il connaît Dieu ». Et donc, quelqu’un qui prétend aimer Dieu doit le montrer par l’amour de son prochain. Quelqu’un qui est constamment entrain de critiquer, de médire ou de haïr ou de critiquer, on peut se dire qu’il y a un problème, quoiqu’il dit de son élection, il y a un problème dans sa relation à Dieu.

Il y a sixièmement le Fruit de l’Esprit : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la douceur et la maîtrise de soi, je crois que je les ai cité complètement et dans l’ordre. Il y a neuf fruits de l’esprit qui sont mentionnés ou bien un fruit de l’esprit, l’amour, qui se manifeste par toutes les autres qualités. Toujours est-il qu’il y a dans la vie du chrétien, dans la vie d’une personne qui est réellement élue, les marques de la présence de l’esprit qui en fait, lui fait ressembler à Jésus-Christ donc c’est une attestation, une démonstration de la réalité que la personne est élue. D’ailleurs j’ai remarqué qu’ on peut imiter pleins de choses dans la vie chrétienne, on peut imiter les dons de l’esprit, mais il y a une chose qui est inimitable, c’est l’amour.

La capacité d’aimer c’est vraiment la marque je crois, et je pense que Jean le dit de façon très très forte, que la capacité d’aimer c’est la réalité de notre amour pour Jésus-Christ.

Enfin, septième qualité, je remarque que ça a beaucoup d’importance dans les sociétés plus étrangères à la France, mais je crois que la soumission aux autorités, dans la mesure où elle nous demande des choses légitimes, sont une autre marque de notre attachement à Christ. Pourquoi ? Parce qu’en faisant confiance au Christ, réellement pour notre salut, nous faisons confiance aussi à Dieu pour les circonstances de nos vies, y compris pour ceux que Dieu place au dessus de nous, pour notre responsabilité. Que ce soit un Président de la République, que ce soit un patron, que ce soit d’autres situations de la vie, je pense que l’attitude qui reflète, ça peut être aussi les anciens d’une église, un pasteur dans nos vies, je pense que l’attitude qui est ouverte à cette soumission, reflète et témoigne du fait que nous sommes réellement des enfants de Dieu.

Alors j’espère que ça t’éclaire sur les marques de quelqu’un qui est authentiquement sauvé, en aucun cas je veux souligner que ça doit être parfait dans la vie d’un chrétien, mais que ça doit être suffisamment visible dans la vie d’un chrétien et quand il y a un décalage, il y a une rectification, il y a une repentance, il y a aussi une mise en pratique des choses qui correspondent à ce que Dieu attends.

J’aimerais revenir sur un aspect de ta question.

Tu dis que tu ne t’es pas vautré dans les excès de ta génération et franchement c’est super ! C’est vrai que d’ailleurs ce qu’on appelle la révolution sexuelle a vraiment été un esclavagisme terrible et avant cela, le comportement que tu décris, c’était le comportement normal, ou en tout cas que les gens considéraient comme normal. Et dans cela, Dieu t’a gardé de biens de maux de tête et je me réjouis pour toi.

Ceci dit, les pharisiens du temps du Nouveau Testament auraient pu dire la même chose et ils n’étaient pas sauvés, ils n’étaient pas des élus. Avoir un comportement socialement juste, c’est super ! Mais ce n’est pas méritoire. C’est vrai que c’est un cadeau de Dieu, ça te préserves de bien des problèmes, mais ce n’est pas méritoire. C’est une grâce providentielle, générale, la grâce générale de Dieu mais ce n’est pas quelque chose qui te place en dehors des hommes. Je pense par exemple au dialogue que Jésus avait avec Nicodème en Jn 3, et c’est une homme vraiment, on lui aurait donné le bon dieu sans confession, si je peux m’exprimer ainsi. Nicodème était un homme droit, c’était un homme qui était respecté par la nation, c’était un homme à qui on ne trouvait pas je pense, beaucoup de choses à redire, mais néanmoins Jésus le souligne, il te faut naître de nouveau sinon tu ne verras pas le Royaume de Dieu. Et donc on peut être quelqu’un de très bien socialement et ne pas connaître Dieu. C’est-à-dire ne pas avoir confiance que Dieu seul nous sauve de nous mêmes. De pas avoir conscience que nos péchés, mêmes petits aux yeux de la société, sont, au regard de la sainteté de Dieu très grave : l’orgueil, l’arrogance, la colère, la suffisance, le jugement des autres, peuvent être des choses tout aussi dangereuses que d’autres parmi les péchés que tu cites.

Donc l’encouragement, ou en tout cas la réflexion que je voudrais te laisser, c’est : est ce que tu as confiance seulement en ce que Jésus peut faire pour t’unir au Père, ou est-ce que tu as un peu confiance que tu es quelqu’un de bien, et que tu mériterais en cela, l’approbation divine et l’entrée dans le Royaume de Dieu. Si c’est le cas, alors je t’encourage à relire d’autres textes de la Bible et à réaliser que tous ont péché, de manière différente, et que tous sont invités à placer leur confiance exclusivement en la personne de Jésus-Christ pour obtenir ou plutôt recevoir qu’obtenir, pour recevoir le salut que Dieu propose en Jésus-Christ.

Les marques de ton élection se voit donc dans la confiance que tu as vis-à-vis de ce que Jésus a fait pour toi, et se voit à cause de cette confiance dans la manière dont tu marches à la suite du Seigneur Jésus, dans une obéissance qui reflète la seigneurie de Christ et la grandeur de son amour manifesté pour toi.

J’espère que ça a clarifié ta question.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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