Qu’est-ce que le millénium? (Épisode 150)

Florent Varak nous parle des différents points de vue existants sur le millénium, puis nous donne plusieurs implications de la théologie de la fin de temps dans notre quotidien.

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Épisode 150

La question du jour c’est celle-ci : C’est quoi le millenium ? A quoi correspondent les 1000 ans de règne de l’apocalypse ?

Alors, c’est une question fréquente, mais qui est moins fréquente qu’il y a quelques décennies, parce que le thème du retour du Christ est passé un petit peu en désuétude. La doctrine de l’eschatologie, c’est-à-dire, des choses de la fin, -voilà un mot qui enrichira ton vocabulaire, c’est sûr-, est aujourd’hui un petit peu plus laissé de côté, ou en tout cas c’est moins important qu’il ne l’était au siècle dernier. Ça me semble être une évidence dans les sujets qu’on aborde un peu dans les discussions que l’on a sur, ce qui a un peu le côté, bon, on sait que Jésus reviendra, et ça suffit.

Alors tout ce qui est question de détail, tel que la question qui nous préoccupe, est souvent aujourd’hui un peu laissé de côté.

En tout cas, le texte emblématique de cette question se trouve en Apocalypse 20, où il est question d’un règne de 1000 ans de Jésus-Christ.

Alors à quoi correspond ce règne millénaire ? Tous les évangéliques, quels qu’ils soient croient au Millenium. Ils ne croient pas de la même manière à ce millénium, mais puisque les évangéliques croient en la pleine inspiration de l’Ecriture et dans son autorité, puisque l’Ecriture parle d’un règne de 1000 ans, tout le monde y croit.

Simplement, l’interprétation de ce règne varie d’un camp à l’autre, et nous allons aborder un peu ou développer, parler de 3 camps distincts.

Mais avant de les décrire, ce que j’aimerais faire avec vous, c’est lire ce texte d’Apocalypse 20 : < < Puis je vis descendre du ciel un ange qui tenait la clé de l’abîme et une grande chaîne à la main. Il saisit le dragon, le serpent ancien qui est le diable et satan. Il le lia pour 1000 ans. Il le jeta dans l’abîme, qu’il ferma et scella au-dessus de lui, afin qu’il ne séduise plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans soient accomplis.

Après cela il faut qu’il soit délié pour un peu de temps.

Je vis des trônes. À ceux qui s’y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui étaient morts sous la hache, à cause du témoignage de Jésus et la Parole de Dieu, et de ceux qui ne s’étaient pas prosternés devant la bête, ni devant son image, et qui n’avaient pas reçu la marque sur le front ni sur la main.

Ils revinrent à la vie et ils régnèrent avec Christ pendant 1000 ans.

Les autres morts ne revinrent pas à la vie jusqu’à ce que les 1000 ans soient accomplis. C’est la première résurrection.

Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection. La seconde mort n’a pas de pouvoir sur eux, mais ils seront sacrificateurs de Dieu et du Christ, et ils régneront avec Lui pendant les 1000 ans.

Quand les 1000 ans seront accomplis, satan sera relâché de sa prison, et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre.

Leur nombre est comme le sable de la mer. Ils montèrent à la surface de la terre et ils investirent le camps des saints et la ville bien aimée. Mais un feu descendit du ciel et les dévora.

Le diable qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit au siècle des siècles. > >

Fin de citation.

Alors, tous les évangéliques sont d’accord sur ceci, quelque soit leur camp. Ce règne de 1000 ans commence quand le diable est lié.

Deuxièmement, ce règne de 1000 ans est caractérisé par une ère paisible, à qualifier, où Christ règne.

Troisièmement, ce règne de 1000 ans se termine avec une ultime rébellion, puis c’est le jugement du diable qui l’a suscité. Et puis c’est la nouvelle terre pour l’éternité.

Voilà les points d’accord.

Maintenant, il y a des désaccords. Il y a des manières différentes de regarder cette question.

Alors on va regarder le survol un peu des perspectives, et puis j’essaierai de décrire chacune des perspectives. Mais il faut bien réaliser que ces perspectives proviennent d’une herméneutique de l’Apocalypse, différente. C’est quoi une herméneutique ? Ben c’est une science de l’interprétation. Et certaines personnes considèrent le livre de l’Apocalypse, de manière différente et, à cause de ce regard préalable sur l’Apocalypse, ils ont des convictions différentes sur le Millenium.

Par exemple, certains ont une lecture prétériste. C’est-à-dire qu’ils considèrent que l’essentiel de l’Apocalypse, à part peut-être les 2 derniers chapitres, a déjà été réalisé. Et à ce titre, évidemment le Millenium, c’est une manière très symbolique de parler d’une ère où Christ règne, et qui correspond à l’Eglise.

Lecture futuriste à l’inverse, considère qu’à partir du chapitre 4, c’est plutôt de l’avenir dont il est question, avec une période un peu glauque, un peu terrible de troubles. Et puis ensuite, il viendrait un Millenium littéral, 1000 ans de règne littéral de Christ sur terre.

D’autres ont une lecture très symbolique, souvent associée à une lecture cyclique, et qui considèrent qu’il y a 2 manières symboliques, certains nombres de motifs, qui se répètent, qui font que, voilà, la vie ce n’est pas facile, la vie des nations elle est très troublée, mais ça se termine bien. Je caricature. Ce n’est pas tout à fait ma lecture, tu peux l’imaginer, pour cette caricature que je dis, mais je le dis en toute affection, mais c’est un peu des cycles qui se répètent qui vont grandissant et qui se terminent par le règne éternel en gloire de Dieu sur une nouvelle terre de nouveaux cieux, etc…

Alors, par ailleurs, tu as l’herméneutique de l’Apocalypse, mais tu as l’herméneutique de l’Ancien Testament qui pèse. Est-ce qu’il faut comprendre les promesses faites à Israël en Christ, comme accomplies pleinement, ou comme accomplies dans l’Eglise pleinement ?

Est-ce que l’Eglise, en quelque sorte, obtient toutes les promesses d’Israël, avec bien sûr une modification ? Cela devient des promesses plutôt symboliques, pas littérales. L’Eglise n’hérite pas la terre d’Israël. Il n’y a pas de terre à hériter dans cette lecture. Ou bien, il y a une future ère historique qui concerne et qui s’accomplira un jour ?

Selon ta lecture de texte que l’on a dans, par exemple, Esaïe 11, ou même Esaïe 65.66. Selon cette lecture de ces promesses liées à Israël, tu vas aboutir à une autre conclusion sur Apocalypse 22.

Et donc ça joue tu vois tout ça, sur la lecture d’Apocalypse. Il y a une réflexion qui est à mener bien en amont d’arriver sur Apocalypse 20 pour se faire une idée de ce que ce texte enseigne.

Alors généralement, on considère qu’il y a 3 positions, 3 compréhensions de ce règne de 1000 ans. Alors ces positions sont décrites avec une préposition « post », « a », ou « pré » millénarisme, post-millénarisme, a-millénarisme, ou pré-millénarisme.

Alors là encore, ça va te donner un vocabulaire bien plus fin pour aborder ces questions et dans tes discussions avec les frères.

Le post-millénarisme ça veut dire quoi ? Eh ben ça veut dire que Jésus revient après les 1000 ans, d’où le terme « post », la préposition « post ». Et dans cette configuration, c’est l’Eglise qui instaure ce règne de paix, sur toute la terre, parce que la proclamation de l’Evangile aura fait de tels progrès que les gouvernements entiers se convertiront à la sagesse de l’Ecriture, et vraiment on va vivre, selon le post-millénarisme, une période extraordinaire, longue période qui se terminera par une petite courte rébellion, probablement problématique mais pas très longue, et qui débouchera sur l’ère éternelle, le paradis.

L’a-millénarisme maintenant, il faut comprendre le « a » -millénarisme, « a » comme « a » privatif. C’est-à-dire qu’il n’y a pas vraiment de millenium, de 1000 ans. C’est plutôt une longue période où Jésus règne du ciel pour exécuter sa volonté.

La période a-millénariste, enfin la période a-millénaire plutôt, a commencé avec Jésus qui meurt à la croix et qui vainc le diable à la croix.

Ça y est, c’est fini, le diable est écrasé. Et puis, il règne de son ciel, empêchant les nations de rester séduites par le diable pendant 1000 ans. L’Evangile peut donc progresser. Et ça durera jusqu’au retour de Christ en gloire pour inaugurer l’éternité.

Et puis, l’autre perspective, le pré-millénarisme, Jésus revient pour établir le millénaire, le millenium. Il revient avant 1000 ans, d’où le vocable « pré-millénariste ».

Et donc, dans cette perspective, Jésus régnera physiquement, corporellement, de Jérusalem sur les sauvés, les ressuscités des siècles passés pour un période littérale de 1000 ans.

Alors ce que je te propose, c’est de regarder un petit peu, les forces et les faiblesses de chaque système, en sachant que en réalité, aucun système n’est absolument parfait.

Dans le sens où, ce sont des présuppositions qu’il faut d’abord poser pour arriver à une construction assez cohérente, et chaque système est relativement cohérent au sein de ses présuppositions. Mais il y a toujours 2-3 problèmes dans les 3 systèmes en fait.

Et donc c’est merveilleux, parce que ça nous permet de focaliser notre attention sur le fait que Jésus reviendra, et que ça c’est déjà super.

Regardons donc les forces et les faiblesses de chacun de ces systèmes. Alors bien sûr, j’ai une conviction à ce sujet, mais ce n’est pas l’objet de ce podcast, et j’essaierai en tout cas d’être le plus juste possible dans mes réflexions.

La première position, celle du post-millénarisme, est soutenue par des textes comme Matthieu 28, qui dit que : « Toute autorité a été donnée au Christ, et qu’il faut faire des disciples de toutes les ethnies, de toutes les nations de la terre. »

Et dans leur pensée, il y a cette idée que c’est possible, et que toutes les nations deviendront un jour disciples de Jésus-Christ, au point que cela transformera radicalement la vie de ces nations.

Il y a aussi Matthieu 13, la parabole du grain de moutarde, dont l’influence est immense, et touche l’ensemble de la terre.

Et ils se disent que les réveils passés ont montré une influence énorme sur la société civile. On peut imaginer qu’un réveil planétaire engendrera de tels effets.

Alors c’est très optimiste, mais je ne suis pas tout à fait à l’aise avec les arguments. Je pense que les textes cités ne parlent pas d’une influence des chrétiens sur l’ensemble du monde. Je pense aussi que la déchéance du péché de l’homme semble proscrire cet optimisme. L’homme, même régénéré, même moi, est capable du pire.

C’est difficile d’imaginer un homme aimable universel, et notamment sans Christ. En tout cas, par association de l’amour des chrétiens autour de lui.

Hélas, la vie dans les églises nous montre que ce n’est pas aussi rose que cela. Par ailleurs, j’ai plutôt le sentiment que des jours mauvais arrivent, avec l’arrivée des temps ultimes, plutôt que des jours positifs et encourageants.

Et en fait, peut-être, le passage le plus convaincant à l’encontre du post-millénarisme, c’est la parabole de l’ivraie. Alors que Jésus sème ses enfants sur la terre, le diable sème les siens sur la terre. Il y a une prolifération de sectes et de mouvements religieux qui détournent l’attention de l’Evangile.

Et donc, c’est assez difficile d’imaginer une influence grandissante aussi positive des enfants de Dieu sur la terre.

Alors j’ai rencontré quelques post-millénaristes équilibrés, sympathiques et en fait souvent très optimistes. Ils voient le monde en rose. D’ailleurs, il faut observer que le post-millénarisme accroît son influence en amont des grandes guerres qui existent. Et puis ensuite ça s’effondre. Après, lorsqu’on est confronté à une guerre, ben on se rend compte que les hommes ne sont pas si capables de bien qu’on ne l’imagine.

Et puis je voudrais évoquer une secte, un mouvement sectaire qui est en cours de naissance, avec la nouvelle réforme apostolique et les mouvements du type Bethel, qui considèrent que c’est à l’église d’imposer son règne de la part de Christ, mais au point qu’un auteur que j’ai repiqué de chez « Costi Hinn » qui est le neveu de Benny Hinn, mais qui, après avoir suivi son oncle dans l’évangile de prospérité plusieurs années, est devenu chrétien, et parle un peu de son aventure et a changé son fusil d’épaule, et cite un certain William Newton Clark, qui enseigne que Jésus n’aura même plus besoin de revenir, puisque son église aura établi son règne à sa place.

On est vraiment là dans des considérations hérétiques, qui n’ont rien à voir avec ce que la Bible enseigne.

Passons maintenant à l’a-millénarisme. Aujourd’hui c’est la perspective la plus commune en francophonie, en France en tout cas. Elle est partagée avec les théologiens les plus éminents comme Henri Blocher et d’autres.

Alors l’avantage de l’a-millénarisme c’est la simplicité et la clarté de son architecture. Il il a une seule résurrection, celle des justes et celle des injustes, avant le paradis. Paradis que Christ vient instaurer et inaugurer.

Dans ce schéma-là, il y a un peu un dégoût de l’idée que des rachetés et des non rachetés puissent cohabiter ensemble sur une terre où Christ règnerait. Et ça semble un peu grossier. Grudem par exemple, qui lui est pré-millénariste, mais cite Berkhof a-millénariste, qui dit : « Il est impossible de comprendre comment une partie de l’ancienne terre et de l’humanité pécheresse pourraient coexister avec une partie de la nouvelle terre et d’une humanité glorifiée. Comment des saints parvenus à la perfection dans des corps glorifiés, pourraient-ils être en communion avec des pécheurs dans la chair ? Comment des pécheurs glorifiés pourraient-ils vivre dans cette atmosphère chargée de péchés au milieu de scènes de morts et de corruptions ? » Fin de citation de Berkhof.

Et donc, dans cette perspective, c’est un peu l’argument qui est évoqué en faveur de l’a-millénarisme contre le pré-millénarisme. Mais je remarque que c’est quand-même un argument philosophique qui est issu du dualisme grec, plutôt que de la pensée de l’Ancien Testament ou des textes.

En tout cas, en faveur de l’a-millénarisme, il y a le fait que Jésus est venu lier l’homme fort. Matthieu 12.29. Et les a-millénaristes disent : « Vous voyez, quand Christ meurt sur la croix, il a une victoire absolue sur le diable, et ça correspond à la ligature du diable, en Apocalypse 20 ».

Par ailleurs, pour que l’Evangile puisse se répandre, il faut que le diable puisse cesser ses séductions, et donc c’est ce qui a lieu, parce que le diable est lié pendant 20 ans.

Et puis par ailleurs, ils estiment que Apocalypse 20 nous apporte la première résurrection, comme une manière symbolique de parler de la conversion.

Quand nous sommes en Christ, nous sommes ressuscités avec Christ. C’est effectivement ce que dit Ephésiens 2. Je crois que c’est le verset 6.

Ressuscités avec Christ, ben c’est exactement cette première résurrection dont il serait question en Apocalypse 20.
Donc, voilà les corrélations qui leur permettent de construire ce système, où Apocalypse est plutôt considéré comme un livre symbolique et/ou cyclique.

Alors personnellement, je trouve qu’il y a quelques soucis. J’ai évoqué que cette distinction entre les sauvés et les non sauvés, vivant ensemble, n’est pas problématique. Toute la création est bonne, toute la création, même déchue, est bonne. Et d’autre part, il y aura une levée dans le millénium, si le millénium a lieu, d’une part de la malédiction, qui fait que ce n’est pas une scène de mort et de corruption, autant que Berkhof peut le dire. Mais qu’en tout cas, cette cohabitation (après tout le Saint-Esprit qui vit bien en nous qui sommes encore un peu entre ces 2 mondes, que sont celui de la vie sur terre et de celle de la vie glorifiée).

Et puis, j’ai franchement de la peine, et peut-être pour moi c’est l’argument principal qui pose problème dans l’a-millénarisme. J’ai de la peine à considérer que le diable soit lié aujourd’hui. La séduction des nations qui est aussi violente aujourd’hui qu’elle ne l’était sans le passé, que dans le temps de l’Ancien Testament, et qui conduit à autant de criminalité internationale. Par ailleurs le diable est toujours autant assujetti à Dieu dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament.

A mon sens, il n’y a pas cette notion qu’il ait été lié de façon particulière ou absolue, si ce n’est que cela a été réalisé, mais le diable, dans l’Ancien Testament, devait déjà demander l’autorisation de Dieu pour ses actions, comme c’est le cas dans le Nouveau Testament. Il est vaincu.

J’ai de la peine à considérer qu’aujourd’hui il ne séduise pas les gens. D’ailleurs 2 Corinthiens nous rapporte qu’il séduit les non croyants. Il est le dieu de ce siècle qui aveugle les non croyants. J’ai de la peine à voir comment ça pourrait s’articuler. Mais voilà.

Et puis, il y a le pré-millénarisme. C’est-à-dire que Jésus revient instaurer son règne. Il revient et les morts en Christ, ressuscités avec lui. Il instaure son règne pendant 1000 ans.

Et quels sont les arguments ? Bien, il y a beaucoup de textes de l’Ancien Testament qui disent par exemple, en Osée 3 que les israélites resteront longtemps sans voix, sans chefs sans sacrifices, sans stèles, sans ephod et sans teraphim, et après cela les Israélites reviendront, ils chercheront l’Éternel leur Dieu et David leur roi. Et ils trembleront en s’approchant de l’Éternel et de sa bonté.

Alors il y a un mouvement qui va saisir Israël et le porter à se placer vers Christ, et qui s’associe à un renouveau terrestre, un renouveau de la nation. Esaïe 2.1à 5. Je ne vais pas lire parce que le temps manque. Mais il y a cette notion que : « il arrivera… » Je vais quand-même le lire.

« Il arrivera dans l’avenir, que la montagne de la maison de l’Éternel (c’est la montagne de Jérusalem) sera fondée au sommet des montagnes. Elle s’élèvera au-dessus des collines. Toutes les nations y afflueront. Des peuples s’y rendant en foules diront : Venons et montons à la montagne de l’Éternel, à la montagne du Dieu de Jacob. Il nous enseignera ses voies. Nous marcherons dans ses sentiers. En effet, c’est de Sion que sortira la loi, et de Jérusalem la Parole de l’Éternel. Il sera juge des nations, l’arbitre d’un grand nombre de peuples. »

Et il y a ce texte en Esaïe 11, avec cette notion, qu’on n’apprendra plus l’art de la guerre. Il semble qu’il y ait une période annoncée par l’Ancien Testament, qui soit une période qualitativement différente de l’éternité, mais où déjà, une partie des malédictions de Genèse, a été levée, et qui permet à son peuple d’Israël de profiter de ses promesses réellement, alors qu’Israël se sera tourné vers son messie Jésus-Christ.

Et ça me semble convenir.

Alors j’ai une vingtaine d’arguments sur le pré-millenarisme. Tu as compris que c’est plutôt ma position, même si aujourd’hui en France, elle est minoritaire. Et si la question t’intéresse, je serai content de les évoquer, mais ce n’est pas l’objet de ce podcast.

Il faut savoir que si on regarde qui croit quoi parmi les pré-millenaristes, on a Papias, Irénée, Policarpe, Justin Martyr, dans les pères de l’église. Parmi les a-millenaristes on a Origène et Augustin. Et si on arrive au temps actuel, les a-millenaristes les plus importants, c’est Henri Blocher, c’est Keller, c’est Kevin DeYoung que l’on retrouve souvent à Évangile 21. Et puis parmi les pré-millenaristes, on a Carson et John Piper. Et voilà, donc vous avez des hommes qui aiment tout autant l’Ecriture, qui ont des positions différentes. Et on comprend donc que ce n’est pas vraiment l’essentiel de la vie chrétienne.

Alors, est-ce qu’il faut s’intéresser à ce sujet ?

Oui parce que c’est dans la Bible. Et tout sujet nous permet de découvrir des trésors dans la Bible, donc il ne faut vraiment pas se priver d’essayer de comprendre les tenants et les aboutissants de ces questions.

Beaucoup de gens sont un petit peu sceptiques sur l’intérêt de la question et disent : « Mais qu’est-ce ça change ? »

Bah, écoute, ça change un peu quand-même.

Les post-millenaristes sont très engagés pour changer la société.

Les a-millenaristes sont plutôt bienveillants et engagés dans des œuvres sociales, parce que on va essayer de préserver la terre. C’est tout ce qu’on a avant l’éternité.

Puis les pré-millenaristes s’en fichent un peu. Et ils cherchent surtout la conversion des âmes, parce que c’est la seule chose qui va rester. C’est des caricatures, hein.

Mais en tout cas, je te propose de formuler ta conviction, de relire les textes de l’Ancien Testament, de voir comment ils s’accomplissent en Christ, ou s’accomplissent en Christ avec quelques nuances, de relire les grands textes prophétiques, de voir ce qui est accompli en Jésus, ce qui ne l’est pas, de lire notamment Esaïe, Jérémie, Daniel, etc, de relire les grands discours de Jésus sur la fin des temps, Matthieu 24 et 25, puis de te faire plaisir en relisant l’Apocalypse, et puis en priant que Dieu te conduise. Et puis voilà, je te souhaite une bonne réflexion.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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