Qu’est-ce que le don des langues? (Épisode 15)

Chaque semaine, le pasteur Florent Varak répond à vos questions dans Un Pasteur Vous Répond: le podcast où la Bible répond à vos questions.

L’épisode 15 est le dernier volet d’une série de 4 podcasts sur le Saint-Esprit et ses dons. Un internaute demande: « Qu’est-ce que le don des langues? »

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« Cette transcription vous est proposée par les bénévoles de Toutpoursagloire.com. Nous cherchons à garder le style oral des épisodes pour ne pas déformer les propos des intervenants. De même, nous rappelons que ces transcriptions sont une aide mais que les paroles de l’auteur (poadcast et vidéo) restent la référence. Cependant, n’hésitez pas à nous signaler toutes erreurs ou incohérences dans cette transcription. Vous pouvez aussi en savoir plus ici pour rejoindre notre équipe de transcripteurs. Merci d’avance. »

La question est posée : Qu’est-ce que le don des langues ?

Voilà une question qui ne laissera personne indifférent. Je suppose qu’il y aura pas mal de débats suite à la manière dont je vais répondre à cette question. Comme d’habitude, il n’y a que la Bible qui a raison, et les êtres humains que nous sommes essayent de nous en approcher, et de la comprendre du mieux possible. Mais je suis conscient que ce que je propose ici n’est pas nécessairement la perspective que tout le monde peut avoir de ce phénomène.

Alors, quand je parle des langues avec mes amis qui m’interrogent sur mes positions, ma compréhension, j’aime bien regarder à ce que les langues sont dans l’Ancien Testament avant de parvenir au Nouveau Testament, parce que, alors à tort ou à raison, je crois qu’il y a une vraie continuité en tout cas dans le symbole qui nous est communiqué au travers d’elle.

D’où viennent les langues ?

Les langues, ce n’est pas simplement le phénomène d’Actes chapitre 2, où les gens spontanément se mettent à parler en langues lors de la venue du Saint Esprit.Mais les langues viennent d’un événement qui était un jugement dont nous avons trace en Genèse chapitre 11 : les hommes voulaient s’unir contre Dieu, au-dessus de Dieu, mener la vie qu’ils voulaient mener. Rien de nouveau sous le soleil. Et pour éviter qu’ils parviennent à leur projet, Dieu les sépare en distinguant leurs langues. Genèse 11 versets 6 à 9 : « l’Eternel dit : Voici un seul peuple, ils parlent tous un même langage et voilà ce qu’ils ont entrepris de faire. Maintenant, il n’y aurait plus d’obstacle à ce qu’ils auraient décidé de faire. Allons, descendons et là, confondons leur langage afin qu’ils n’entendent plus le langage des uns des autres. L’Eternel les dissémina loin de là, sur toute la surface de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Eternel confondit le langage de toute la terre et c’est de là que l’Eternel les dissémina sur toute la surface de la terre. »

Donc, la première fois que nous avons le phénomène des langues sur terre et bien, c’est un jugement.  Un jugement qui sépare les hommes. Alors, oui bon okay, c’est le premier événement, la première fois qu’il est question de langage. Et voilà la raison : c’est pour éviter que les hommes soient unis trop rapidement dans le mal.

La prochaine fois que l’on a mention des langues dans le livre de la Bible, c’est en Deutéronome. Là dans Deutéronome  chapitre 28, nous sommes après l’exode du peuple des juifs hors d’Egypte. Nous sommes à la veille de l’entrée dans la terre promise, et Moïse fait une liste de bénédictions et de malédictions encourageant le peuple à obéir, à suivre, à faire confiance dans ce Dieu qui les avait délivrés de l’esclavagisme d’Egypte. Donc, il leur parle et dans la liste des malédictions qui surgiraient s’ils venaient à désobéir aux principes de la loi de Dieu, nous lisons ceci : « l’Eternel soulèvera contre toi de loin, des extrémités de la terre, une nation qui se précipitera comme le vautour. Une nation dont tu ne comprendras pas la langue. » Alors l’image qui nous est utilisée, c’est comme si quelqu’un se mettait à parler sous la tour Eiffel en 1938 en invitant les hommes à l’écouter et en disant « si vous ne m’écoutez pas, si vous ne vous repentez pas et bien lorsque vous entendrez parler allemand  à Paris alors vous comprendrez que j’ai raison ». C’est une illustration bien sûr, c’est que je veux souligner.

De nouveau, le phénomène des langues est utilisé dans la Bible pour évoquer la notion de jugement, le symbole du jugement « c’est un pays dont tu ne connais pas la langue qui viendra t’opprimer, et là tu feras attention à ce que moi j’ai pu vouloir te dire ». Donc les langues sont encore une fois un symbole de jugement.

Lorsque nous retrouvons les langues c’est en Esaïe chapitre 28, verset 11. Si vous avez le temps je vous encourage à lire Esaïe chapitre 28, c’est saisissant. Le prophète est en colère contre son peuple, il est en colère contre les principaux sacrificateurs. Les responsables de la nation sont ivres morts. Il y a des vomissures sur la table. Le spectacle qui nous est donné est vraiment un spectacle terrible de gens qui se fichent complètement de Dieu, qui vivent pour des soirées, pour l’alcool. Ca ressemble à certaines choses que l’on pourrait rencontrer aujourd’hui. Et le prophète Esaïe dit au chapitre 28.11, « C’est par des hommes aux lèvres balbutiantes d’un autre langage que l’Eternel parlera à ce peuple. » Qu’est-ce qu’il veut dire ? Et bien, il veut dire exactement la même chose : « vous ne voulez pas entendre, vous ne voulez pas m’entendre, moi qui suis prophète ? Vous ne voulez pas entendre les paroles de Dieu ? dit Esaïe. Okay, lorsque des gens viendront autour de vous parler d’autres langues alors vous comprendrez. Vous comprendrez que j’avais raison, que le jugement arrive et qu’il est en fait venu. » De quoi il parle ? Et bien, lorsque le prophète parle de cela, il parle au royaume du nord qui dans quelques années, en l’an 722 avant Jésus Christ,  va être massacré par les Assyriens qui viendront par le nord prendre en captivité, les emmener. Ce seront des combats assez terribles et le prophète leur dit « voilà, vous ne voulez pas m’entendre, vous ne voulez pas écouter Dieu maintenant. Bien, lorsque vous entendrez l’assyrien, c’est-à-dire des gens aux lèvres balbutiantes d’un autre langage, vous comprendrez qu’il fallait m’écouter et que j’avais raison. »

Donc, c’est encore une fois, la troisième fois que l’on a mention des langues comme ça. C’est encore une fois un symbole de jugement. Les langues dans la bible, ce n’est pas un symbole paisible, joyeux, synonyme de voyage. C’est un symbole de jugement. D’ailleurs, c’est ce verset d’Esaïe chapitre 11 que cite l’apôtre Paul en 1 Corinthiens 14, verset 21. Je reviendrai là-dessus, c’est assez important.

La fois suivante où les langues sont mentionnées, c’est en Jérémie chapitre 5, verset 15 et là c’est le prophète Jérémie qui utilise le même type de langage, mais cette fois-ci il prophétise au royaume du sud, le royaume de Juda. Et il dit : « me voici, je fais venir de loin une nation contre vous, maison d’Israël, oracle de l’Eternel. C’est une nation forte, c’est une nation qui existe depuis toujours, une nation dont tu ne connais pas la langue et dont tu ne comprendras pas ce qu’elle dit. » A quoi fait-il référence ? Et bien, il fait référence aux Babyloniens, à Nebucadnetsar. En 586, il y aura la déportation du royaume du sud à Babylone. Et Jérémie se lamente que personne ne l’écoute, lui le prophète que Dieu envoie. Il dit « puisque vous ne m’écoutez pas, vous écouterez lorsque vous entendrez des langues, le babylonien, parlées à Jérusalem. Là vous comprendrez, vous réaliserez que j’avais raison et c’était juste ce que je vous annonçais ». Donc, c’est quand même intéressant que tout au long de l’Ancien Testament, les langues sont un symbole de jugement.

Est-ce que c’est la même chose dans le Nouveau Testament ? Est-ce que ça sert la même fonction ? Ma conviction, c’est que oui effectivement, le symbole que nous avons dans  les livres du Nouveau Testament, donc symbole de jugement, c’est-à-dire que à la fois Israël serait jugée pour son incrédulité, et c’est hélas ce qui a eu lieu en l’an 70 après Jésus Christ lorsque les romains sont venus et ont mis le peuple juif dans une déportation qui allait durer jusqu’en 1948. C’est un jugement qui est donc accompli. Mais ce  qui est intéressant à mon sens, c’est que chaque fois que le parler en langues a lieu dans le livre des Actes, le livre qui est une transition : on va d’Israël à toutes les nations, c’est toujours dans un contexte de ce changement.

Acte chapitre 2, nous lisons que les apôtres  et les premiers disciples se mirent à parler dans des langues qu’ils n’avaient jamais apprises. Ils se mirent à louer Dieu dans des langues qu’ils n’avaient jamais apprises. Les gens étaient surpris, ils pouvaient reconnaître que certains parlaient leur propre langue. C’était des juifs qui venaient de tout le bassin méditerranéen, c’était la saison de la pentecôte, donc ils étaient en pèlerinage à Jérusalem. Ils entendent leur langue et ils sont vraiment très surpris. D’ailleurs certains pensent qu’ils sont ivres, c’est une discrète allusion à Esaïe chapitre 28 je pense, et le contexte est vraiment très intéressant. Alors, oui effectivement, les langues d’Actes 2 me semblent indiquer deux choses.

Premièrement, ça aurait dû mettre la puce à l’oreille d’un juif pieux qui connaissait la thématique des langues dans l’Ancien Testament, dire « ça sent le roussi, ça sent le jugement ». Mais c’était aussi une bonne nouvelle, parce que des gens qui parlaient à Dieu, le Dieu d’Israël dans des langues païennes, des langues qui n’étaient pas l’hébreu, qui n’étaient pas l’araméen, c’était quelque chose de très fort comme signal. Ca voulait dire que le Dieu d’Abraham était accessible à toutes les nations.  Donc c’est à la fois signe de jugement pour ceux qui ne croiraient pas, mais signe d’inclusion pour ceux qui croiraient.

Et la prochaine fois que nous trouvons le parler en langues dans le livre des Actes, c’est en Actes chapitre 10, et là nous avons des païens, c’est la deuxième fois seulement que le livre des Actes mentionne le parler en langues, nous avons des païens qui croient en Jésus Christ et se mettent à parler en langues. Ce qui pour les apôtres est l’attestation, la preuve que les païens aussi ont accès au Dieu d’Abraham et au Dieu d’Israël. Donc, nous voyons que les langues étaient le témoignage de leur inclusion dans les promesses faites à  Israël. C’est d’ailleurs ce que les apôtres ont compris, donc le don du salut a été donné aux païens comme à nous, même chose. Parce qu’il y avait eu les mêmes phénomènes.

Et la troisième fois que nous avons le parler en langues dans le livre des Actes c’est en Actes chapitre 19. Là nous sommes devant une situation qui est intéressante, parce que ce sont les derniers  croyants de l’Ancien Testament en quelque sorte, symbolisés par les disciples de Jean Baptiste, des gens qui n’avaient pas encore bénéficiés de toutes les promesses de la nouvelle alliance. Croyants dans l’Ancien Testament, ils se mettent à comprendre qu’ils ont besoin du Saint Esprit par la prédication de l’apôtre Paul. Ils se convertissent, ils sont baptisés, reçoivent le Saint Esprit, se mettent à parler en d’autres langues. C’est comme si la boucle était bouclée. On a maintenant les juifs qui croient et qui parlent en langues, on a maintenant des païens qui croient et qui parlent en langues, et nous avons les derniers croyants de l’Ancien Testament qui croient et qui parlent en langues. La porte est maintenant ouverte à toutes les nations pour qu’elles bénéficient du salut qui est en Christ. Pourquoi je crois cela ? Parce que quand nous arrivons à 1 Corinthiens chapitre 14, verset 21, nous lisons que Paul, et je l’ai mentionné tout à l’heure, cite Esaïe chapitre 28, verset 11. Et lorsqu’il en parle il dit : « Il est écrit dans la loi c’est par des hommes d’une autre langue et par des lèvres d’étrangers que je parlerai à ce peuple et ils ne m’écouteront pas même ainsi, dit le Seigneur. » Et Paul conclut : « Par conséquent, (verset 22) les langues sont un signe non pour les croyants, mais pour les non croyants ».

Comment est-ce que les langues peuvent être un signe pour les non croyants ? Elles sont un signe pour les non croyants dans le sens où ils sont invités maintenant à venir au Dieu d’Israël, à venir au Dieu d’Abraham et à bénéficier de l’ensemble des promesses qui sont faites à Israël. La manière dont je me le représente : imaginez vous êtes à Corinthe et vous êtes païens, vous êtes non-juif. Vous entrez dans une église et soudainement vous entendez des gens, vous entendez une personne louer Dieu en chinois, c’est contemporain comme illustration, une autre  personne qui se met à louer Dieu en espagnol et une autre personne qui se met à louer Dieu en arabe. Et il se dit « mais qu’est-ce qu’il se passe ici ? » Et la Bible nous dit que deux ou trois parlent en langues tout au plus, et puis qu’un interprète. Alors qu’est-ce qu’il dit le gars qui interprète ? Soit il interprète dans le sens qu’il traduit, c’est l’un des sens possibles du verbe hermeneo. Il donne sous l’inspiration du Saint Esprit la traduction de ces trois parlers en langues. Par exemple, il va traduire ce que le Saint Esprit lui donne de comprendre ce que l’un a prié en espagnol, l’autre en arabe, l’autre en chinois. Bref, il se met à traduire. La personne se dit « woah, Dieu est vraiment à l’œuvre au milieu de vous parce que il y a des miracles que je ne peux pas expliquer ». Notamment si lui il connait l’espagnol ou le chinois, il peut voir que ce n’est pas n’importe quoi, que c’est vraiment solide. Donc ça l’impressionne et il cherche à en savoir plus.

Mais il y a un autre sens possible à hermeneo. Vous savez que ça nous a donné le terme herméneutique, qui veut dire interpréter. Il est possible que celui qui se lève pour donner l’interprétation de ces parlers en langues se lève et dise « frères et sœurs, voilà je vais vous expliquer ce qui s’est passé ». Et il raconte que le Dieu créateur du ciel et de la terre qui a fait alliance avec Abraham pour que toutes les nations de la terre soient un jour bénies en son nom. Et il a œuvré au travers du peuple juif et il lui a donné des alliances nombreuses, et il lui a donné des promesses nombreuses et toutes ces promesses s’accomplissent en Jésus Christ.  Maintenant la bonne nouvelle, c’est que tous ceux qui parlent le chinois, tous ceux qui parlent l’espagnol, tous ceux qui parlent l’arabe peuvent maintenant louer Dieu dans leur langue selon leur cœur pour adorer le dieu d’Abraham qui a envoyé Jésus Christ pour mourir à la croix pour que nos péchés soient pardonnés.

Le rôle de l’interprète serait un peu le rôle d’un évangéliste, il donnerait sens à cet événement que sont les parlers en langues. Non seulement il donnerait sens, mais il donnerait une orientation en direction de l’évangile qui permet aux non croyants de comprendre ce que c’était. Et le pendant de cette bonne nouvelle que toutes les nations sont greffées sur les promesses d’Abraham, ou certaines des promesses d’Abraham, le pendant terrible, c’est que Israël est dégreffé de cette branche de départ. Bien sûr selon Romains 9 à 11, nous croyons qu’Israël sera greffée de nouveau. Mais le symbole de jugement, c’est des gens qui parlaient en langues à Jérusalem, et qui annonçaient ainsi la venue du jugement, comme c’était le cas de tous les passages que nous avons dans l’Ancien Testament. Mais aussi l’annonce d’une bonne nouvelle, c’est que, même si les juifs ont été dégreffés de la racine souche, les hommes et les femmes de toutes les nations et les juifs y compris, peuvent s’ils le souhaitent par leur foi en Jésus Christ, être greffés à ces promesses et le signe le plus merveilleux de l’accessibilité du Dieu d’Israël à toutes les nations, et bien c’est le parler en langues.

D’ailleurs quand on lit des pères de l’église comme Chrysostome et comme… son nom m’échappe maintenant, mais ça va me revenir dans un instant, nous lisons que leur compréhension des langues était identique. C’est-à-dire qu’ils avaient la même perception sur le rôle des langues ; c’était le témoignage de l’ouverture à toutes les nations. Donc voilà ce que moi, je crois du parler en langues. C’est un don magnifique, merveilleux, très puissant. Des hommes et des femmes se mettent à louer Dieu dans une langue qu’ils n’ont jamais apprises et un homme soit traduit, soit explique ce qu’il en est. Et la bonne nouvelle est la suivante : c’est que les hommes qui étaient étrangers au peuple de Dieu peuvent maintenant en faire partie. Des hommes et des femmes qui étaient loin de la promesse d’Israël peuvent maintenant en jouir et en profiter, connaître le Dieu d’Israël, l’adorer en esprit et en vérité et lui rendre un culte qui est tout à son honneur.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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7 thoughts on “Qu’est-ce que le don des langues? (Épisode 15)

  1. Amelie dit :

    Cette explication est intéressante et pertinente, mais comment comprendre alors les 5 premiers versets de 1 corinthiens 14?

    1. Florent Varak dit :

      Bonjour Amélie. Excellente question ! C’est toute la difficulté de définir en seulement quelques minutes :). La seule difficulté pour harmoniser avec 1 Cor 14 ce que j’ai dit dans le podcast est le verset 4: « celui qui parle en langue s’édifie lui-même ». J’entends souvent que le parler en langue édifie celui qui le pratique.
      Pourtant, cette idée va à l’encontre de tout ce que souligne Paul sur les dons spirituels. Les dons dans l’église doivent être complémentaires (il n’y a pas un don à chercher au-dessus des autres) et viser l’édification de l’église – chapitre 12. C’est l’amour, donc l’intérêt de l’autre, qui doit primer dans la manière d’exercer les dons – chapitre 13. C’est l’édification du Corps du Christ qui est la préoccupation principale d’un don spi, d’où la valeur supérieure de la prophétie – chapitre 14.
      Ce grand miracle du parler en langue (une louange que Dieu donne miraculeusement à une personne) édifiait l’église quand elle était traduite / expliquée. Tous pouvaient voir la grandeur de Dieu qui sauve des hommes et des femmes de toute nation. Je suppose aussi que tous pouvaient comprendre la profondeur de la louange que le Saint Esprit exprimait si cette langue était traduite. Belle édification donc, mais seconde, car elle nécessitait la traduction / explication, rendant le parler en langues inférieur à la prophétie.
      Comme expliqué, il me semble que les langues sont un signe de la promesse faite à toutes les nations pour rejoindre la bénédiction promise à Abraham.
      Bien fraternellement,

      1. Mike dit :

        Bonjour Florent. Désolé pour le timing!!
        Tout comme Amélie, j’ai du mal à bien comprendre 1 Co;14.2..
        1° Car il est dit: « celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend.. » On a l’impression que se sont vraiment des langues « non-humaine » puisque personne ne peut le comprendre..
        2° Alors que dans Actes 2 il n’y a pas eu d’interprétation au v.8: « Comment se fait-il donc que nous les entendions chacun dans notre propre langue, notre langue maternelle.. ». Y-a-t ‘il 2 parler en langue?
        Merci pour ton excellent travail.
        Fraternellement.

        1. Florent Varak dit :

          Merci de la remarque. Alors tout d’abord… Dieu seul a raison – la Bible seule a raison. Il est possible que je vois mal les choses.
          – Pourquoi les Corinthiens ne comprennent pas parfois ces langues? Parce qu’elles sont « angéliques » ou parce qu’à l’inverse de Jérusalem à la Pentecôte, il y avait moins de nations représentées dans l’église? Dans ma compréhension, les langues sont un signe (seulement) et que l’édification a lieu par l’interprétation. Ainsi, 2 ou 3 personnes pouvaient parler en langues et 1 devait interpréter pour garantir l’édification de l’église (cf. 1 Co 14.27)
          – 1 Cor 14.2: comment comprendre: « s’édifier soi-même ». Mes amis et frères charismatiques considèrent que les langues sont un moyen personnel d’édification. Voilà quelques raisons qui posent pb: (1) seul ceux qui auraient ce don pourraient s’édifier? Alors que ce n’est qu’un don parmi d’autres, les 80% des autres croyants ne pourraient pas?! (2) Toute l’argumentation des chapitres 12, 13, et 14 porte sur l’édification des autres comme ambition centrale; (3) l’édification demande notre participation, et un mécanisme « automatique » semble étranger au reste de la révélation; (4) Paul est assez sarcastique avec les Corinthiens (cf. 4.8-10; 14.36). Comprendre que c’est une édification perso c’est aller à l’encontre de ce que je vois dans le reste de cette épître et du NT.
          – « Interpréter » signifie soit « traduire » soit « expliquer ». Je me demande de plus en plus si ce n’est pas la seconde qui est au centre de la préoccupation de Paul. Il faudrait qu’une personne explique ce qui se passe (càd l’ouverture à toutes les nations des promesses spirituelles faites à Abraham). Or c’est précisément ce que Pierre fait en Actes 2. Après le parler en langues, il explique, donne sens à ce phénomène…
          – Je ne pense pas qu’il y ait 2 langues différentes. C’est la thèse de plusieurs, et elle a certain mérite. Mais la similitude des vocabulaires en Act et 1 Cor va plutôt dans le sens d’un phénomène homogène.
          Voilà mon avis ! Fraternellement et cordialement,

  2. Bonjour Florent,

    Merci pour ce podcast (et même tous les autres !) ainsi que pour l’articulation claire de ta position. Deux questions :

    1- Dans ton livre de 1994, tu sembles faire le distinguo entre le don des langues et celui de prophétie. Dans ce podcast, tu reprends la même terminologie que dans ton ouvrage, par ex. « louange miraculeuse », « symbole de jugement »(dans ton livre tu parles aussi de « signe » prophétique). Ma question porte sur la nature du message lui-même : penses-tu qu’il s’agisse d’un substrat de la prophétie, en d’autres termes que la nature même du message communiqué par les langues est prophétique (pas simplement un signe, mais le contenu du message)? Le parler en langue est-il de la prophétie?

    2- Cette deuxième question est implicitement connectée à la première : quand tu lies la fin du parler en langue à l’accomplissement de son but (jugement d’Israël et ouverture de la porte du salut aux païens), as-tu en tête une sorte de « transition de dispensation », ou bien simplement la cloture du canon et la complétude de la révélation?

    Merci encore pour tout
    À très vite
    Guillaume Bourin

    1. Florent Varak dit :

      Bonjour Guillaume,
      Merci de ces questions!

      1. Prophétiser est probablement l’activité la plus large de sens. C’est une parole révélée pleine d’autorité (comme celle des prophètes de l’AT ou la prophétie qu’est le livre de l’Apocalypse), c’est aussi une parole juste qui s’accomplira, issu de la bouche d’un non croyant (comme la prophétie de Caïphe qui dit qu’il vaut mieux qu’un seul meure pour le peuple) et c’est également l’exhortation, ou le réconfort d’une parole percutante (comme celle de 1 Cor 14).
      Si les langues sont, comme je le crois, une louange miraculeuse, je crois que leur contenu sont comme une prophétie effectivement. C’est ainsi qu’elles édifient le corps du Christ lorsqu’il y a traduction / explication..

      2. Je n’ai pas vraiment besoin de rentrer dans le débat de « transition de dispensation ». Si les théologies dispensationalistes et les théologies de l’alliance s’opposent sur les éléments de rupture et de continuité d’une période à l’autre, et notamment avec la nouvelle alliance, toutes considèrent qu’il y a tout de même un changement significatif avec la croix, le baptême de l’Esprit, et la résultante d’une Eglise composée de Juifs et de non-Juifs réunis en un seul corps. Il est donc tout à fait possible de voir dans les langues ce signe d’ouverture de la promesse abrahamique à toutes les nations, quel que soit le système théologique général. D’ailleurs, Augustin et Chrysostome le voyaient ainsi, dans une logique plutôt proche de la théologie réformée.

      Je n’ai pas non plus besoin d’y voir la clôture du canon. Il me semble difficile d’imaginer que les Corinthiens aient compris ainsi « la venue du parfait » de 1 Cor 13. Par contre, la fin de 1 Cor 13 contraste la permanence de l’amour à la temporalité des dons: tous les dons cesseront un jour. Pas l’amour. Dans cette perspective, Paul évoque les besoins de l’enfant, différents de celui d’un adulte. Devons-nous comprendre que certains dons devaient accompagner l’Eglise dans son enfance, et que certains ne seront pas utiles avec la maturité? C’est ma compréhension, même si je n’ai pas évoqué dans ce podcast la question d’une possible cessation de certains dons. Quand on voit à quel point les apôtres étaient « racistes » (en tout cas avec de forts préjugés et une immense difficulté à prêcher aux non-Juifs!), on sent le besoin de les encourager à comprendre cette nouvelle donne que d’autres nations puissent pleinement être greffés aux promesses spirituelles d’Israël. Les langues attestent de cela, dans cette église naissante, qui avait besoin de repères spirituels et théologiques sur cette réalité.

      Encore une fois, je veux partager mon émerveillement de ce don remarquables du parler en langues ! Quelle assurance pour toutes les nations qui se sentaient exclues du Dieu d’Israël, du Dieu véritable, et qui maintenant devenaient le peuple de Dieu !

      J’espère avoir répondu à tes questions.

      Bien amicalement et fraternellement,

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