Comment ranimer la flamme qu’on avait pour Dieu? (Episode 10)

Chaque semaine, le pasteur Florent Varak répond à vos questions dans Un Pasteur Vous Répond: le podcast où la Bible répond à vos questions.

Episode 10 parle des déserts que traversent les chrétiens. Une auditrice demande: « comment ranimer la flamme qu’on avait pour Dieu quand on voit qu’elle s’éteint progressivement? »

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« Cette transcription vous est proposée par les bénévoles de Toutpoursagloire.com. Nous cherchons à garder le style oral des épisodes pour ne pas déformer les propos des intervenants. De même, nous rappelons que ces transcriptions sont une aide mais que les paroles de l’auteur (poadcast et vidéo) restent la référence. Cependant, n’hésitez pas à nous signaler toutes erreurs ou incohérences dans cette transcription. Vous pouvez aussi en savoir plus ici pour rejoindre notre équipe de transcripteurs. Merci d’avance. »

La question est posée : « je voudrais savoir comment ranimer la flamme que l’on avait pour Dieu, quand on a le sentiment que celui-ci s’éteint un peu ? »

Je suis vraiment touché par cette question ; c’est une question qui nous touche tous, un jour ou l’autre. Ca me semble vraiment faire partie du chemin spirituel. On a cette flamme lorsque l’on découvre l’Evangile.

Je crois que Dieu se plaît aussi à se révéler à nous, à manifester sa présence, un peu comme un enfant a vraiment besoin de tenir la main de son père lorsqu’il apprend à marcher ; ça le rassure. Et puis heureusement quand il est adolescent, il en a moins besoin. Et puis j’imagine que Dieu, vraiment, dans sa bienveillance, se révèle à de jeunes chrétiens, et le sentiment qu’on a de sa présence s’étiole.

Mais note bien : il y a une différence entre le sentiment de sa présence et la réalité de sa présence. La réalité de sa présence nous est attestée par l’Ecriture. Jésus dit : « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Il nous dit également que rien ni personne ne peut nous arracher de sa main. Donc nous sommes toujours dans une communion réelle à Dieu si nous sommes nés de nouveau, si nous avons été justifiés, et c’est ainsi que nous avons reçu le Saint Esprit qui atteste que nous sommes enfants de Dieu. Mais il est vrai, parfois, notre flamme s’éteint un peu ou vacille : comment faire pour la ranimer ?

C’est une problématique fréquente, je passe par là régulièrement. Je suis triste de vivre ces déserts. Je sais par les Psaumes que je ne suis pas le seul à vivre de tels déserts, ou à ne pas vivre constamment avec une flamme remplie de passion pour mon Sauveur et mon Seigneur. Voilà ce que Jean chapitre 6 verset 63 nous dit : « C’est l’Esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie » et elles nous vivifient.

En sorte que très souvent, ce qui se passe, c’est qu’on sent que Dieu s’éloigne ; on a le sentiment, en fait, que Dieu s’éloigne. On sent notre flamme diminuer. Et nous faisons confiance à notre chair, à nos sentiments, notre émotion humaine, que notre flamme n’est plus là. Et alors ce sentiment, comment est-ce qu’on peut le combattre ? Dieu nous dit mais : c’est l’Esprit qui va vivifier, ce n’est pas notre chair, ce ne sont pas nos sentiments qui sont de bons témoins de ce qui se passe. « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie » et c’est donc ma parole, dit Christ, ma Parole qui va susciter en vous une passion renouvelée. Et donc quand je suis dans des temps un peu d’apathie ou de manque de punch spirituel, je fais vraiment attention de garder ma discipline spirituelle ; de lire et méditer les écritures, de demander à  Dieu qu’il s’impose à moi dans ma pensée pour qu’un verset puisse me parler, puisse m’encourager.

Je sais que les paroles que Christ a dites sont esprit et vie et qu’elles vont me vivifier ; pas la recherche d’un sentiment ou d’une émotion particulière, qui va me prouver quelque chose. En fait les émotions ne nous prouvent rien parce qu’un être humain va connaître des émotions très différentes au cours d’une vie, au cours d’une année, au cours d’un mois, au cours d’une semaine et même au cours de la journée.

Et je pense à un autre aspect qui nous est laissé, toujours par le Seigneur Jésus Christ, qui envoie une lettre à l’église d’Ephèse. Ca se trouve dans l’Apocalypse au chapitre 2 et 3 ; Il demande à l’apôtre Jean de les écrire. Dans la lettre qu’il écrit à l’église d’Ephèse, nous lisons ceci : « Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d’or ».

Alors je ne veux pas traiter l’ensemble du texte, ce serait une autre question. Mais Jésus se présente comme celui qui tient vraisemblablement les leaders, les anges de l’église, dans l’image qui nous est laissée par Apocalypse chapitre 1 ; celui qui marche au milieu des églises ; les chandeliers étant les églises. C’est-à-dire que Jésus connait exactement l’état de notre cœur spirituel ; il sait exactement où nous en sommes et donc son diagnostic est juste.

Et pour l’église d’Ephèse, il dit ceci : « je connais tes œuvres » ; et quand il dit « je connais » c’est « j’ai vu », ce n’est pas que j’ai appris quelque part en lisant le journal ou en allant sur internet. Je connais de visu tes œuvres, ton travail ta persévérance.  « Je sais, tu ne peux supporter les méchants ; tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas, et tu les as trouvés menteurs ».

Christ observe : tu as vraiment bossé dur, tu as persévéré, tu ne t’es pas fait berner par des gens qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, des gens qui se disent prophètes et qui ne le sont pas, tu as vraiment été discernant et « tu as de la persévérance ». Il ajoute : «  Tu as souffert à cause de mon nom, et tu ne t’es pas lassé. » Voilà une église formidable, composée d’hommes et de femmes qui ont persévéré dans leur amour pour Christ malgré les difficultés.

Mais Jésus ajoute, verset 4 : « j’ai contre toi, que tu as abandonné ton premier amour. » N’est-ce pas là un peu le reflet de la question : « j’ai contre toi, que tu as abandonné ton premier amour. » Il est probable que l’église d’Ephèse reçoive cette lettre à peu près 40 ans après son début glorieux ; c’est une des plus belles églises du Nouveau Testament, l’église d’Ephèse. Jésus leur reproche d’avoir perdu, d’avoir abandonné leur premier amour. Qu’est-ce qu’on fait quand on a perdu son premier amour ? J’évoquais le fait de rester attaché à la Parole, de rechercher l’illumination de l’Esprit en lisant et en demandant à Dieu qu’il nous éclaire en lisant l’Ecriture.

Mais ici Jésus-Christ nous propose une autre piste :il nous dit trois choses, trois actions qu’Il nous propose de mettre en place pour pouvoir retrouver ce premier amour. « Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres »

« Souviens-toi d’où tu es tombé »: je trouve que c’est la valeur de donner son témoignage de son chemin avec Christ. Je me souviens, il y a quelques années, je passais par un temps particulièrement difficile, j’étais découragé, et quelqu’un m’a demandé comment j’étais devenu chrétien, de raconter un peu mon cheminement et mon témoignage. Je n’avais pas envie, franchement, je n’avais pas envie. J’avais plutôt envie de parler d’autre chose, j’étais un peu découragé. Et bon, je me suis plié à la demande, j’ai raconté mon témoignage, et en fait, ouais, ça m’a fortifié. Je me suis souvenu de ce que Dieu avait fait dans ma vie. Je me suis souvenu des moments particuliers où il s’était révélé à moi, où il avait exercé sur moi une action bienveillante, où j’avais vu des changements particulièrement marquants dans ma vie. Et je pense que le souvenir doit jouer dans notre réveil. Lorsque le peuple d’Israël a traversé le Jourdain, il devait prendre 12 pierres du fleuve et en faire une sorte de monticule qui allait attester de leur traversée. Ca servait de mémorial, de souvenir. Parfois on a besoin de se souvenir de moments où on a été très engagés, de moments où notre amour pour Christ était vif. On a besoin de le cultiver, de le garder en tête et d’en faire un mémorial parce que ça va être un point de repère sur lequel revenir.

La deuxième chose que Christ nous demande c’est de nous repentir : « repens-toi », change d’attitude, change radicalement, laisse-toi profondément imprégner dans ta pensée pour penser différemment sur ces questions. C’est vrai que quand on pense au péché, on pense aux « gros péchés » que l’on évoque : le meurtre, l’adultère, etc. Et très certainement ce sont des choses à éviter. Mais dans notre liste de péchés en tant que chrétiens, membres d’église, on pense rarement au premier amour, de garder notre amour vif pour Jésus Christ. Et Jésus dit mais « repens-toi », reconnais-le.

La repentance c’est admettre là où on en est ; c’est-à-dire voir la situation comme Dieu la voit et puis s’engager, demander à Dieu de s’engager dans un chemin différent et mettre tout ce qu’il est nécessaire en place, de mettre en place tout ce qu’il est nécessaire de faire pour que ça change. Et donc la repentance c’est un chemin de la pensée qui se traduit ensuite par un chemin dans les actes. Change ta pensée sur la gravité de ta situation, reconnais-le devant Dieu et puis fais demi-tour. Et dans quelle direction est-ce que Jésus nous invite à faire demi-tour ? Eh bien « pratique tes premières œuvres ».

On vit dans une société extrêmement émotionnelle où si on a envie de le faire, on le fait. Et si je perçois bien la sagesse biblique, tu dois faire les choses que Dieu te demande même si tu n’as pas envie de les faire. Et alors que tu te réengages sur le chemin peut-être du témoignage, peut-être du service dans l’église, et de le faire avec une attitude de choix, un service … que ce soit le ménage, que ce soit l’école du dimanche, que ce soit le fait de manifester de la compassion auprès de ceux qui en ont besoin.

Bref, toutes ces situations qui sont tellement exigeantes et nécessaires dans une église. Réengage toi. Et le sous-entendu c’est que cela va refléter cette repentance, ça va te permettre de maintenir ce premier amour. L’amour dans la Bible n’est pas stérile. Ce n’est pas une vue de l’Esprit, ce n’est pas une sorte de pensée où les mains tendues, je suis devant Dieu constamment à dire « Alléluia,  Alléluia ». Ca en fait partie pendant des temps de louange, des temps de prière tout à fait appropriés, je n’ai pas de souci avec ça. Mais aimer Dieu ce n’est pas seulement cet aspect, et cette expression un peu par le chant, émotionnelle et par la louange ; c’est aussi le service.

Se prosterner et agir dans le sens de : Tu es mon Maître, je vais te servir, je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour avancer et être à ton bénéfice.

Donc comment ranimer sa flamme : se souvenir de quand elle était vive, cette flamme. Se repentir ; peut-être il y a eu des causes, de ce qui fait que cette flamme soit aujourd’hui moins forte, il faut l’admettre devant Dieu. Peut-être qu’il y a des relations qui sont à rétablir, peut-être qu’il y a des situations qu’il faut revoir, qui sont la cause de cet endormissement. Et puis, enfin, re-pratiquer les premières œuvres. Faire de nouveau ces œuvres premières avec toute la passion que cela implique et qui témoignent donc du changement et du renouveau que Dieu voudrait créer, réaliser dans notre cœur.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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One thought on “Comment ranimer la flamme qu’on avait pour Dieu? (Episode 10)

  1. jerome Laffez dit :

    Merci Florent ! Tellement vrai. C’est fou comment des notions si simple sont si essentielle à rappeler. Bonne continuation à l’équipe.

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