Où vont les enfants qui meurent en bas-âge? (Épisode 24)

L’épisode 24 aborde une des questions les plus douloureuses. De nombreux auditeurs du podcast s’interrogent sur le Salut des enfants qui meurent en bas âge. Une auditrice demande: « Ayant perdu un enfant de maladie, que dit la Bible sur les enfants et leur avenir auprès de Jésus? ». Une autre personne demande: « Les enfants avortés et les bébés qui meurent en bas âge, vont-ils au Ciel ou en Enfer? ». Florent Varak apporte un éclairage biblique sur ce sujet hyper-sensible.

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La question est posée : ayant perdu un enfant de maladie, que dit la Bible sur les enfants et leur avenir auprès de Jésus ?

Une question associée à cette première : les bébés avortés et les enfants qui meurent en bas âge vont-ils au ciel ou en enfer ?

Alors cette question est tellement chargée émotionnellement et je suis conscient que ce que je vais dire ne peut pas apporter le réconfort. Un réconfort suffisant pour pouvoir apaiser une douleur qui restera très vive parce que c’est probablement la plus grande douleur que l’on puisse connaitre : la perte d’un enfant. D’ailleurs on ne sait même pas comment décrire un parent dont l’enfant meurt. On sait comment décrire un couple dont le conjoint décède c’est un veuf, c’est une veuve. Un enfant qui perd ses parents c’est un orphelin, mais on ne sait pas décrire un père, une mère dont l’enfant meurt c’est quelque chose de terrible. Leur point de réconfort par rapport à cela bien sûr c’est que notre Dieu le comprend tellement puisqu’Il a lui-même perdu son fils, Il a lui-même sacrifié Son fils pour le salut des êtres humains. Alors bien sûr c’est dans un contexte et dans un objectif bien différent que celui qui est évoqué dans ces questions, mais je peux imaginer qu’Il est celui qui peut comprendre une telle situation mieux que quiconque et j’espère que si tu entends ce podcast, et que tu connais des gens autour de toi qui ont connu cette tragédie, tu cherches pas à leur donner des leçons ou des explications trop rapides parce que finalement, devant la souffrance aussi crue, aussi terrible parfois, il est juste nécessaire de s’assoir à côté, de pleurer avec, d’écouter même des propos qui sont peut-être un peu durs parce que le temps est à l’écoute, le temps est à la compassion. Puis Dieu fera son œuvre dans les cœurs pour, progressivement apaiser, mettre à distance un peu si c’est possible, cette souffrance même si tout au long de la vie elle va subsister avec des pointes parfois de retour, de regrets, de … enfin, toute la complexité des émotions pour faire face à une tragédie comme celle-ci. Donc ceci dit, je me retire un peu de ce cadre d’accompagnement pour réfléchir maintenant à la question d’un point de vue biblique et je vais, je veux faire un ensemble de remarques pour tenter de répondre le plus justement, le plus droitement possible à cette question.

Alors à ma connaissance, la Bible ne répond pas de manière absolue et explicite à cette question et ça a conduit à des perspectives variées parmi les évangéliques que je vais lister ici. Alors on est tous d’accord que l’être humain nait séparé de Dieu, qu’il a une nature pécheresse et que cette nature l’exclu de la présence de Dieu. Cette nature ne fait que de se confirmer presque dès le début, dès le début par des actes qui sont indépendants de la pensée de Dieu, donc un certain nombre de théologiens ou pasteurs évangéliques ont conclu que, à moins qu’il y ait une nouvelle naissance, quel que soit l’âge sans nouvelle naissance, il n’y aura pas de salut. Donc ça c’est la position la plus dure, la plus terrible que l’on trouve parfois dans la pensée de ceux qui ont étudié la Bible sur cette question.

Il y a une autre pensée qui est évoquée et qui dit que :  voilà, les enfants de familles chrétiennes sont au bénéfice du salut et ils s’appuient en cela sur 1 Corinthiens 7 qui dit que les enfants dont l’un des parents est un saint, un chrétien, ses enfants sont saints. Et donc ils comprennent cela comme une sorte de pass pour le ciel, une sorte de grâce particulière pour les enfants de familles chrétiennes. Alors si je crois qu’il y ait une grâce particulière pour les enfants issus de familles chrétiennes je ne pense pas que la perspective de 1 Corinthiens 7 enseigne cela, parce qu’il est dit dans cette même section que les conjoints non chrétiens de couples mixtes chrétiens/non-chrétiens sont également saints. Alors, on se dit :  les conjoints non-chrétiens qui sont pas sauvés … sont-ils sauvés simplement parce que leur conjoint est chrétien? Ce n’est pas possible. Le salut est individuellement saisi, accepté personnellement par la foi. C’est un cadeau que l’on accepte et chacun est responsable de l’accepter, de se positionner dans une repentance et une foi, une confiance qui nous fait changer de direction. Donc le terme « saint » utilisé dans un 1 Corinthiens 7 nous ne semble pas décrire la sainteté issue de la justification de la conversion mais plutôt dans son sens original de mis à part. Un enfant de famille chrétienne comme un conjoint non chrétien associé à un chrétien est un conjoint qui est mis à part, qui est dans des dispositions favorables à l’écoute de la grâce de Dieu et à l’acquisition du salut par la foi. Donc il est mis à part pour cela, mais ça ne veut pas dire qu’il est automatiquement au bénéfice de cela. J’ai un peu de peine avec cette perspective.

Certains pensent qu’il faut un geste comme le baptême pour, en quelque sorte, actualiser la promesse d’alliance faite aux parents et que, par ce baptême-là, la personne est associée aux promesses de salut même s’il va falloir attendre quelque temps pour que l’enfant, peut-être l’adolescent, peut-être l’adulte, confirme cette foi de façon personnelle : c’est le rite de la confirmation où c’est … oui, le rite qui entérine la décision de la confirmation selon les traditions ecclésiales. Donc, dans cette perspective, un enfant qui serait nourrisson baptisé à la naissance serait placé dans des conditions de l’alliance, il serait au bénéfice de la grâce de Dieu, même si c’est une grâce qui est un peu “en suspend”… qui n’est pas incomplète, mais qui doit être validé par un acte conscient d’un enfant réfléchi qui s’appelle la confirmation. Ce qui me gêne, c’est que la confirmation est une notion que l’on ne trouve pas dans l’Écriture. Ce qui me gêne aussi, c’est que cela donne au baptême un caractère presque sacramentel, ce que je ne trouve pas dans l’Écriture et que le baptême serait en quelque sorte un acte efficace qui engendre le salut d’un enfant. J’ai des amis qui ont cette compréhension et je les respecte, mais je trouve que l’on est assez éloigné de la sotériologie de la doctrine du salut que je trouve dans l’Écriture.

D’autres ont essayé d’aller dans d’autres domaines de réflexion et disent que les enfants sont sauvés en fonction de ce qu’ils auraient fait s’ils avaient continué à vivre. Alors c’est un peu sur l’idée que Dieu sait toute chose, Il est souverain et donc un enfant qui mourrait à 2 ans, Dieu saurait, puisqu’il connait tout y compris le jeu des possibles, Dieu saurait qu’à 18 ans il se convertirait à un camp GBU ou je ne sais pas ou, qu’il se convertirait dans une école du dimanche ou qu’il rencontrerait un évangéliste et répondrait par la foi. Donc parce que Dieu sait ce qu’il ferait (conditionnel), Il sauve ceux qui, justement répondraient favorablement à l’évangile. C’est une vision un peu surprenante, très centrée sur le libre arbitre des humains puis que Dieu l’accepterait. Le problème, bien sûr c’est que ça met à mal un peu cette notion de souveraineté de Dieu dans le salut, puis c’est une notion qui est une logique humaine que je ne trouve pas dans l’Écriture.

Et enfin, d’autres ont la conviction que tous les enfants morts avant un âge de responsabilité sont sauvés à cause d’une grâce imméritée et spéciale que Dieu accorderait avec bienveillance. C’est la perspective inverse de la première : c’est que tous les enfants seront sauvés jusqu’à un âge de responsabilité, un âge où ils sont capables de dire : « non je ne crois pas » ou « oui je vais plus loin dans ma compréhension, je place ma foi véritablement dans la personne de Jésus-Christ ».

Alors voilà les options, j’en ai recensé six, je ne passe pas en revue la notion catholique de « limbes » ou de « purgatoire » parce que ce sont des notions qui sont entièrement contraires ou en tout cas étrangères à la Bible et à l’Écriture.

Alors, où est-ce que je me positionne dans toute ces options ? J’ai tendance à croire que la Parole de Dieu nous donne raison de croire que, les enfants morts avant d’atteindre l’âge de responsabilité, vont au ciel avec Christ. Je ne pense pas qu’on puisse en faire une affirmation catégorique, mais que nous pouvons en avoir une espérance forte et voilà mes raisons rapidement pour y croire.

Je constate, et contrairement à toutes les spiritualités que je connaisse, il y a une véritable attention et un grand amour du Seigneur pour les enfants. C’est assez surprenant, parce que les enfants étaient considérés plus comme des quantités négligeables ou des ouvriers futurs selon les cultures mais Luc 18.16 nous dit : « Jésus les appela, et dit : laissez venir à moi les petits enfants, et ne les empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent ». Alors il faut prendre exemple sur la simplicité d’un enfant; cela ne veut pas dire que la simplicité d’un enfant a une foi suffisante pour être sauvé. L’exemple ne nous dit pas que les enfants sont sauvés à cause de ça, mais que Dieu regarde et constate qu’Il souhaite que les enfants viennent à lui et ils lui sont chers, il  a un souci pour les enfants. Matthieu 18.10 : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits ; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon père qui est dans les cieux ». On a l’impression que Dieu a envoyé un ange par enfant pour les garder, pour les conduire et on voit un souci certain de ces enfants.

Deuxième remarque, il y a un texte qui me semble parlant à ce sujet, lorsque l’enfant né de David et Bath Schéba meurt. Alors qu’il était malade, David priait, jeûnait, suppliait Dieu pour que Dieu garde cet enfant; l’enfant meurt, David se relève, il mange et ses aides lui disent mais comment ça se fait que tu réagisses comme ça maintenant que l’enfant est mort ? Tu devrais pleurer. Et il dit en 2 Samuel, chapitre 12, verset 23 : « Maintenant qu’il est mort, pourquoi jeûnerais-je ? Puis-je le faire revenir ? Moi j’irai vers lui, mais lui ne reviendra pas vers moi ». C’est intéressant parce que … bon, on peut comprendre ce verset de façons différentes bien sûr. On peut imaginer que David dise simplement : moi j’irai vers lui vers la mort, et pas : j’irai vers lui au ciel. Mais néanmoins David avait très conscience du séjour des morts, très conscience de son salut, très conscience de cette rédemption et donc on peut penser que c’est une expression assez générale en lien avec la mort : je le rejoindrai dans la mort. On peut aussi comprendre cette affirmation comme la foi de David liée au salut de cet enfant.

Troisième remarque, Dieu est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob et c’est une manière de dire que les morts demeurent vivants aux yeux de Dieu, ça c’est certain, c’est comme ça que Jésus d’ailleurs reprend ou explique cette expression. Mais cette succession indique comme une passion et un désir pour le Seigneur de sauver au sein d’une même famille et donc je crois que Dieu cherche, par une grâce imméritée – comme toute grâce –, à sauver les enfants et notamment les enfants issus de parents qui font partie de l’alliance.

Dernière remarque, lorsque Dieu juge les israélites qui ont péché à la sortie d’Egypte, il dit qu’aucun des adultes de plus 20 ans n’entreront dans la Terre promise. Le jugement est donc sensiblement différencié entre ceux qui sont responsables d’avoir désobéi à Dieu en pleine connaissance de cause et ceux qui ont moins cette responsabilité par leur jeunesse ou pas leur immaturité. Alors c’est une remarque assez faible par rapport à notre sujet, mais c’est une remarque qui nous montre qu’il existe des raisons de croire que Dieu regarde les choses de façon différenciée. Il y a, semble-t-il, un âge de responsabilité, alors tout ceci me fait croire qu’il doit exister ou peut-être qu’il existe une grâce imméritée pour les enfants morts avant la naissance ou pour les enfants morts en bas âge. Quoi qu’il en soit, et ça c’est quelque chose qu’il faut vraiment vraiment vraiment garder en tête, quelle que soit la bonne réponse à cette question douloureuse.

La première chose c’est que Dieu est un Dieu aimant et juste et que son jugement sera toujours conforme à la fois à Son amour et à Sa justice. Non seulement cela, mais la Bible nous dit que le premier geste que Dieu fera dans le paradis futur, c’est qu’Il essuiera toute larme de nos yeux. Alors ces larmes seront, peut-être, le choc du jugement dernier que j’imagine extrêmement prenant, et Dieu nous réconfortera. Ou bien ce sont des larmes qui sont issues de notre réalisation brutale de notre vraie nature de pécheurs pardonnés mais on verra l’immensité de la grâce qui nous touche, et Dieu nous réconfortera par l’assurance de son pardon. Je ne sais pas pourquoi ces larmes couleront au tout début ou bien c’est simplement que nous serons réconfortés de toute la douleur de la vie terrestre, c’est une autre possibilité. Mais une chose est certaine : à la résurrection nous verrons les choses comme Dieu les voit. Nous aurons la même perception de la justice, nous serons pleinement d’accord avec lui. Il n’y aura aucune contestation désirée ou souhaitée de notre part, ni aucun mécontentement; donc quel que soit la réponse à cette question, nous serons en paix par rapport à cette question parce que nous verrons les choses comme Dieu les voit et alors cela nous semblera d’une logique qui, aujourd’hui, nous est inaccessible. Il est impossible de répondre sereinement selon les options que l’on choisit sans être saisi de tristesse profonde. Mais ce jour-là, ce ne sera plus possible, quel que soit le choix de Dieu vis-à-vis du sort des enfants qui seraient morts dans le sein de leur mère ou qui seraient morts en bas âge.

Et donc je peux terminer sur cette remarque sereine : moi je pense en une grâce, je crois en une sorte de grâce imméritée et qui sera à la gloire de Dieu. Et puis deuxièmement, je crois que même dans le pire scénario possible, je crois en une transformation tellement profonde de notre être que nous regarderons les choses comme Dieu et les choses seront d’une simplicité, d’une sérénité complète et absolue, on sera pleinement d’accord avec lui et donc la question sera résolue de toute façon.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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10 thoughts on “Où vont les enfants qui meurent en bas-âge? (Épisode 24)

  1. Cher Florent, tout en aboutissant à une thèse différente, j’apprécie beaucoup ta réponse à la question posée ! En effet, 3 éléments de ton message me semblent fédérateurs :
    – Tes paroles sont pleines de cœur, empreintes d’empathie pour ceux pour qui cette question n’est pas une simple question de philosophie ou de rhétorique !
    – Tu présentes l’option que tu choisis avec humilité, pas comme LA réponse infaillible !
    – Ta conclusion nous rassemble tous : Oui, ce qui est sûr, c’est que Dieu est parfaitement juste et aimant !

    C’est dans cet esprit que j’aimerais également te soumettre une 7e option, celle à laquelle je crois sans la couler dans le béton pour autant :
    La thèse (calviniste) que tu défends, et que W Mac Arthur expose dans un livre dédié à la question est celle que tous les enfants qui n’ont pas atteint l’âge de raison seraient sauvés.
    Rassurant pour les parents, mais je verrais 3 objections :
    – C’est affreux de le dire, mais d’une certaine manière, la meilleure chose qui pourrait alors arriver à un enfant, ce serait de mourir en bas âge !?
    – Il y aurait 2 sortes de rachetés au ciel : ceux qui ont cru et ceux qui n’ont pas pu croire. Les premiers se seront approprié la grâce offerte par la foi, aux autres, ce salut serait attribué sans la foi.
    – La notion de salut même récuse cette thèse, me semble-t-il. Il ne s’agit pas juste d’une place au ciel, mais Christ est venu réconcilier les hommes avec Dieu ! Il me paraît problématique d’admettre que quelqu’un soit réconcilié à son insu…

    Alors, que reste-t-il ? La prescience de Dieu qui voit ce que l’enfant aurait fait si… ? Un peu tiré par les cheveux ! Non, j’aurais tendance à me laisser convaincre par 3 considérations :
    – Les Écritures ne connaissent pas d’autre voie de salut que celle de la foi en Jésus-Christ et en son oeuvre expiatoire. (Celui qui croit… sera sauvé, celui qui ne croit pas en moi sera condamné…)
    – Dieu est assez puissant pour susciter une réaction de foi du cœur de chaque être humain, à partir du moment où il en est un, même si celui-ci ne pourra jamais formaliser cette foi. Cela inclut les embryons et les handicapés mentaux ! Considérons ces 3 évidence (oui, encore 3, pas fait exprès 🙂 * Doctrine : Jésus le dit ! Matthieu 21.16 * Démonstration biblique : Luc 1.44 * Expérience : Nous avons 2 jeunes adultes handicapés dans l’assemblée. Il faut voir leur bonheur de participer au culte, assis entre leurs parents !

    Et si je me trompais ? Ben, comme toi, Florent, je dirai que de toute façon, Dieu est parfaitement juste et aimant ! Bien à toi, en Christ, Claude

    1. Florent Varak dit :

      Bonjour Claude,

      Merci beaucoup pour cette réaction paisible et pleine de profondeur.

      Il ne me semble pas nécessaire d’imaginer 2 catégories de sauvés. Nous sommes bien d’accord que ce serait d’ailleurs impossible! Les humains sont enfants d’Adam ou ceux de Jésus… Que des nouveaux nés bénéficient d’une grâce particulière ne me semble pas modifier ni la source (la grâce acquise à la croix) ni le résultat (une justification complète).

      Etre réconcilié à son insu… Sur le fond, je suis d’accord. Quoi que selon un calvinisme plus strict, il serait difficile de parler de participation quelconque, n’est-ce pas? Que dire de Paul?!

      J’aime bien l’idée que Dieu soit capable de susciter la foi, même chez un « très petit ». Et je méditerai sur cette perspective dans les semaines à venir. En tout état de cause, cela resterait une grâce particulière, car il sera difficile de parler d’assentiment au sens où on l’entend généralement. Que cette grâce soit générale ou spécifique à quelques enfants, elle serait accordée en dépit du type de foi qu’on entend généralement quand on parle de conversion.

      Je me réjouis de cet échange, profitable. Et je me réjouis profondément du témoignage que tu évoques de ces 2 bienaimés de ton assemblée. Oui, Dieu est puissant pour sauver !

      Bien fraternellement,

  2. Franck Segonne dit :

    Merci à tout l’équipe de TPSG pour la qualité des articles et des podcast. Merci également d’oser aborder ce genre de sujet si délicat à traiter. Enfin, merci à Florent Varak pour la pertinence de ces réflexions et le fait qu’il ose se mouiller sur ce sujet.

    Je vous livre un commentaire de Kuen qui ne rejoint pas forcément les conclusions de Florent Varak mais qui mérite d’être lu et méditer à mon avis. Pour ma part, je trouve que c’est une perspective assez satisfaisante théologiquement, intellectuellement et humainement.

    # Elle donne de l’espérance à tous les parents d’enfants handicapés

    # Elle donne de l’espérance à tous ceux qui ont perdus des enfants avant qu’ils aient eu le privilège d’avoir atteint l’âge de raison.

    # Elle ne brade pas les difficultés théologiques, en affirmant que tout le monde sera sauvé à la fin…

    Propos de Glason Archer, historien et théologien de la Bible, cité par Alfred Kuen, dans, Encyclopédie des difficultés bibliques, volume II – Les lettres de Paul, Ed. Emmaüs, 2003, p. 41

    Quel humain n’a pas consciemment choisi de désobéir à Dieu, comme Adam ? « Aucun —excepté ceux qui sont morts trop jeunes pour pouvoir faire un choix moral conscient. » Et pourtant, eux aussi peuvent mourir avant d’avoir atteint l’âge d’une décision consciente et volontaire. Pourquoi ? Parce qu’ils font partie de la race d’Adam. Le péché d’Adam a été « imputé » à tous ses descendants —y compris aux tout jeunes enfants. Comme la justice de Jésus-Christ est imputée à tous ceux qui se tournent vers lui, qui lui font confiance et l’acceptent comme leur chef de file à la place d’Adam.

    Cependant dit Archer, dans l’application de ce principe aux enfants morts en bas âge, un sérieux problème se pose au sujet de leur salut. Si le bénéfice du Calvaire n’est accessible qu’à ceux qui se repentent et qui croient, quelle espérance peut avoir un enfant qui meurt avant d’être capable de se repentir et de croire ?

    Ceci nous amène à la potentialité « prévue » de cet enfant. Cela veut dire que tout enfant qui continue à vivre jusqu’à l’âge de responsabilité répètera sûrement le péché d’Adam et récapitulera sa chute sur la base de sa volonté libre et de son choix conscient, un choix dont il est pleinement responsable. Mais si cet enfant qui meurt jeune avait pu vivre, il aurait aussi répondu d’une manière ou d’une autre à l’offre de la grâce présentée par l’Evangile, soit en l’acceptant, soit en la rejetant.

    Dieu sait ce qui est dans le cœur de l’homme, même avant qu’il soit né. Il a dit à Jérémie : « Avant de te former dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu sois né, je t’ai consacré. » (Jer 1.5). Dieu n’avait pas besoin d’attendre de voir comment Jérémie allait lui répondre avant de le choisir. Il en était de même de Jean-Baptiste (Lc 1.13-15) et du serviteur de l’Eternel (Es 49.1). Si donc Dieu sait d’avance ce que chaque enfant fera et comment il répondra lorsqu’il atteindra l’âge où il pourra prendre des décisions morales, il y a toutes les raisons de croire qu’il sait aussi comment chaque enfant répondra à son appel, si oui ou non il acceptera son offre de la grâce rédemptrice ». Archer (et la confessions de Westminster) appliquent le même principe aux handicapés mentaux. Par contre, il s’oppose à la croyance que tous les enfants morts en bas âge seront automatiquement sauvés ; sinon, « les parents auraient l’obligation d’étrangler leur enfant dès sa naissance et tous ceux qui pratiquent l’avortement feraient une bonne œuvre ».

  3. Michel Martin dit :

    Cher Florent,

    Une question, pas exactement reliée à ce sujet, mais un peu, tout de même!

    Voici la question que je pose. Suivra la réponse que j’y donne. Puis j’attendrai tes commentaires, si tu as le temps et si le sujet te semble ‘méritant’.

    Est-ce qu’Ève, avant de pécher, avait une vie spirituelle?
    Non.

    À bientôt, j’espère!

    M.

    1. Florent Varak dit :

      Si on définit « vie spirituelle » par une vie proche de Dieu, je réponds par l’affirmative. Adam et Eve vivaient auprès de Dieu, en communion avec lui… Tout va dépendre de la définition de « vie spi » !

      1. Michel Martin dit :

        Je pensais que la définition de « vie spi » était très claire. Je dois m’être trompé!
        Il me semblait clair qu’Abel avait une vie spirituelle; contrairement à Caïn qui, la bible semble le dire, vivait suffisamment « proche de Dieu » pour recevoir ses conseils mais dont personne, à ma connaissance, n’a dit qu’il avait une vie spirituelle.
        Merci pour ton temps et ta patience. M.

        1. Florent Varak dit :

          La rupture de Gen 3 est totale sur ce que peut être une vie spirituelle. Elle est réelle et substantielle en l’innocence initiale de Gen 1 & 2. Elle dépend de la grâce active de Dieu vàv des pécheurs dès Gen 3. Me semble t il 🙂

          1. Michel Martin dit :

            La vie spirituelle en vertu de l’innocence est donc postulée pour Gen 1 & 2.
            1) Ne peut-on pas postuler cette même grâce pour les petits bébés?

            2) Dans ce contexte, qu’elle est l’utilité de la théorie traditionnelle du « péché originel »?
            Encore Merci! M.

          2. Florent Varak dit :

            Hélas… d’une perspective biblique, l’enfant (y compris le foetus, le nourrisson…) n’est pas dans un état d’innocence. La nature humaine ne se corrompt pas à cause du péché qu’une personne commet – c’est parce que la nature est corrompue que le péché s’exprime dans nos vies… A relire: Romains 3, Psaume 32 et 51, Ephésiens 2.

          3. Michel Martin dit :

            Je me tais. M.

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