Le baptême de l’Esprit est-ce une seconde expérience?

Chaque semaine, le pasteur Florent Varak répond à vos questions dans Un Pasteur Vous Répond: le podcast où la Bible répond à vos questions.

L’épisode 13 continue notre série sur le Saint-Esprit. Une auditrice demande: « Le baptême de l’Esprit est-il une seconde expérience? » Réponse de Florent Varak.

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11 thoughts on “Le baptême de l’Esprit est-ce une seconde expérience?

  1. jerome Laffez dit :

    Merci. Verset 13 Simon voyait les [grands] miracles et signes qui s’accomplissaient, donc philippe avait le St Esprit en lui, s’il avait été mandaté pour « ouvrir la porte » comme cela est bien dit, les Samaritains auraient reçu par lui mais il fallait effectivement que les apôtres viennent…
    Après cela peut-on dire qu’il est possible de croire et être témoin des miracles sans pour autant être converti? Personnellement je me suis converti 4ans après avoir découvert que Dieu existait et avoir vu Dieu dans certaine situation de ma vie.
    Je n’ouvre pas une porte nouvelle (humour), bonne route les amis.

  2. Cal dit :

    Super, entièrement d’accord avec Florent.

    Juste une petite correction, cependant, Grudem n’est pas pentecôtiste mais baptiste. Ce qui le rend si populaire, néanmoins, dans le milieu pentecôtiste c’est qu’il articule brillamment la position non-cessacionniste et la position prémil historique, croyances communes à nos bien-aimés pentecôtistes.

    1. Florent Varak dit :

      Bonjour Cal, merci du mot. Grudem est un théologien issu du mouvement charismatique dit de la 3e vague. Il dédie son livre Théologie Systématique à John Wimber, fondateur des églises Vineyard. Il est effectivement non cessationiste, et est le 1er à avoir diminué la force de la prophétie. Dans sa thèse de doctorat (reprise dans les positions de TS), les prophètes de l’AT, qui faisaient autorité, trouvent leur équivalent dans les apôtres du NT. Selon lui, les prophètes du NT communiquent une parole à mi chemin entre exhortation et intuition. Des propos qui peuvent se révéler inexacts car (toujours selon lui), seuls les apôtres portaient une révélation autorisée. Bien cordialement,

      1. Cal dit :

        Salut Florent, je te donne le lien d’un article écrit par Grudem intitulé « Why I’m a Baptist ». Il parle du fait que la famille de son père fréquentait les ADD (pentecôtistes) et celle de sa mère les Evangelical Covenant Churches (que je ne connais pas du tout d’ailleurs); il explique plus loin pourquoi il n’est ni l’un ni l’autre et pourquoi donc il est baptiste.
        Voici le lien : http://www.waynegrudem.com/wp-content/uploads/2012/03/A-Baptist-Because-of-the-Bible.pdf
        L’article date un peu (2001 je crois) mais je n’ai pas entendu qu’il ait changé de position.

        Donc, je pense vraiment que cette question est assez claire, d’autant qu’il a eu un désaccord amical avec Piper sur la question du membership (Piper acceptant comme membres des pedo-baptisés, Grudem, lui, refusant de leur accorder le membership, argumentant que la position baptiste ne le permet pas cf http://www.desiringgod.org/articles/response-to-grudem-on-baptism-and-church-membership)

        Il ne me semble pas qu’il ait changé de dénomination depuis. Cela n’empêche pas qu’il soit très amical et courtois envers les pentecôtistes et certains charismatiques; et même qu’il partage certains points théologiques qu’il articule plus brillamment qu’eux, ce qui lui vaut d’être bien accueillit par certains leader du mouvement Vineyard. En outre, il parle de Wimber comme étant un ami…

        Enfin, S’il est vrai qu’il dédie son livre à Wimber, cette dédicace arrive en dernier, après celle à A. Kenneth Ham, pasteur baptiste, celle à Edmund Clowney, John Frame et Ver Poythress, tous les 3 presbytériens… De ces 4 personnes, il dit qu’elles l’ont influencé dans ses positions théologiques pour la majeure part.

        Maintenant, j’ai lu la position de Grudem sur la prophétie, position pour laquelle j’ai quelques sympathies mais que je ne partage pas entièrement; le point particulier que tu mentionnes (exhortation / intuition) étant pour moi intrigant, justifiable, mais posant peut-être plus de problèmes qu’il n’en règle…

        Bien à toi,
        Cal

        1. Florent Varak dit :

          Merci Cal ! Ces éléments sont intéressants. J’ai survolé rapidement les pages recommandées, et il me semble qu’il se définisse comme baptiste par opposition aux pédo-baptistes (les Réformés évangéliques et les Presbytériens qu’il fréquentait à l’université et qui baptisent les nourrissons). Quoi qu’il en soit, j’apprécie beaucoup Grudem. Un homme qui aime profondément le Seigneur et sa Parole. Même si je ne partage pas tout de ses convictions, il a encore beaucoup à m’apprendre :). Bien fraternellement.

          1. Cal dit :

            Oui, ta précision est juste, il se définie comme baptiste surtout en opposition aux pédo-baptistes, principalement, mais pas uniquement, invoquant l’héritage d’un Mullins (auteur de baptists beliefs), entre autre, même s’il s’écartera de certaines positions théologiques.
            Je te rejoins sur le fait que Grudem a beaucoup à nous apprendre; en particulier je suis toujours frappé de voir combien il est attaché, avant de réfuter une position théologique, de la représenter le plus fidèlement possible.

            (sans transition il a un cancer depuis quelques temps, et a récemment été un encouragement pour beaucoup en répondant à Piper qui lui demandait comment il allait : « la dernière fois que j’ai vérifié, Romains 8:28 était encore dans la Bible… 🙂 )

            Merci en tout cas pour tes réponses, et surtout pour les podcasts. Que Dieu te bénisse.

      2. Ayant relu un chapitre de Grudem ce matin et tombant sur cette vieille discussion ce soir, j’ajouterais juste que Grudem dédie sa Théo Syst a 8 personnes, dont ses parents, des baptistes et des charismatiques. 🙂

  3. Nathan dit :

    Désolé du long commentaire, mais bon… Je réponds à un audio de 15 minutes, donc…

    1:59 : La croyance en la « double expérience » ne remet pas du tout en question l’oeuvre de la croix… Sinon la Pentecôte pose cette question aussi. Si la croix était suffisante, quel besoin de Pentecôte ? Ce n’est pas une question de salut, mais de mission. C’est après avoir été revêtus de puissance que les apôtres allaient être témoins. Ils étaient déjà sauvés, mais pas témoins. C’est ça être remplis du Saint-Esprit. L’analogie ascenseur/escalier est très mauvaise. Ce n’est pas une question d’arriver au « ciel » plus vite ou plus facilement. C’est une question d’avoir la vie débordante de Dieu en soi ou pas alors qu’on proclame le Royaume…

    2.37 : très bien dit : pas deux, mais plein d’expériences. Simplement, pour moi, bibliquement, les deux premières (conversion/nouvelle naissance et « réception » du S-E) sont importantes. Les deux sont l’œuvre de l’Esprit à l’intérieur du croyant, et la deuxième est à répéter encore et encore et encore, mais la deuxième concerne la plénitude, et pas la première.

    14.00 : « choses normatives dans les épîtres ». Le principe selon lequel les épîtres sont « normatives » et pas les récits est tendancieux, et c’est plus complexe que ça. 2 Tim 4.13 n’est pas « normatif » dans le sens où tu l’entends, et beaucoup d’enseignements dans les récits (en particulier les évangiles) le sont. Mais c’est vrai que de regarder les actions d’une personne ou d’un groupe de personne à un moment dans l’histoire est tendancieux à transformer en dogme. Ceci étant dit, on a un passage dans les épîtres qui mentionne la double expérience : l’auteur de l’épître aux Hébreux encourage les croyants, au ch 6, à aller au delà des choses basiques. Dans ces choses basiques, il mentionne l’enseignement concernant « les baptêmes » (pluriel). On pourrait présumer qu’il parle de la distinction entre le baptême de Jean et le baptême au nom de la Trinité… Mais il le connecte à la notion de l’imposition des mains, qui revient souvent dans la prière pour recevoir le Saint-Esprit. Tout semble indiquer qu’il s’agit de cela…

    Mais le noeud du sujet est ici : tu ne parles que de Actes 8, sauf qu’il n’y a pas que Actes 8. Voici plusieurs passages qui pour moi montrent que la « naissance chrétienne normale », comme le dirait David Pawson, passe par la conversion/nouvelle naissance, le baptême d’eau, la reception/plénitude/baptême du Saint-Esprit et une vie de sanctification. Voici quelques passages dans Actes qui semblent aller plutôt dans le sens des deux expériences (suivies, bien sur, de multiples autres expériences).

    Actes 8 : tu l’abordes, mais dans ce que tu avances, je vois un énorme problème qui se pose à moi, théologiquement, en tant que calviniste : tu affirmes qu’ils deviennent chrétiens et que ce n’est qu’après qu’ils reçoivent le S-E. Pour moi, pas de problème dans ma théologie, puisqu’on
    devient chrétien par l’Esprit (et pas par nos forces/intelligence/spiritualité) et qu’ensuite on reçoit la plénitude de l’Esprit. Mais si tu affirmes que le baptême du S-E=conversion, alors cela veut dire que ces personnes se seraient converties sans l’Esprit de Dieu, si je te suis bien. Or quelqu’un peut-il devenir chrétien sans le St-Esprit ??? Pas si c’est Dieu qui opère tout, du début à la
    fin, pour nous donner le vouloir et le faire de notre salut. Donc soit je t’ai mal compris, soit ta position se met en opposition à 1 Co 12.3, selon lequel personne ne peut confesser Jésus comme Seigneur sans l’aide de l’Esprit.

    Actes 9… Paul devient chrétien (il appelle Jésus ‘Seigneur’), et il obéit à Jésus. Et pourtant Ananias vient pour qu’il soit rempli du Saint-Esprit. Donc Actes 8 n’est pas un exemple isolé. A moins de dire que Paul n’était pas croyant avant qu’Ananias ne vienne, mais cela me semble peu probable à la lumière du fait qu’il l’appelle « Seigneur » (v. 5) et à la lumière, toujours, de 1 Co 12.3.

    Actes 10 semble être l’exception pour moi, alors que tu disais que Actes 8 serait l’exception : Corneille et co. sont convertis et baptisés dans l’Esprit simultanément. La remarque au v. 47 est pour moi l’explication. Les Juifs, malgré l’expérience en Samarie, ont encore du mal à intégrer les non-Juifs. Les samaritains étaient un peuple entre deux, avec des origines à moitié juives, mais là, Corneille est un Païen sans aucune connexion à Abraham, Isaac et Jacob. Et il faut que Dieu intervienne souverainement pour les remplir du Saint-Esprit pour que les chrétiens de Jérusalem reconnaissent que c’est ok de les baptiser et les accepter dans leur communion. Dans le contexte de la vision de Pierre et de l’ouverture graduelle de la « porte » aux païens, cela a du sens. Donc pour moi, l’exception due à « l’ouverture de la porte » ne se trouve pas en Actes 8, mais en Actes 10. Actes 8 lui, semble suivre le schéma de Actes 9, Actes 11 et Actes 19.

    Actes 11… Lorsque Pierre explique son aventure avec Corneille aux Juifs incrédules, il parle de la réception du Saint-Esprit comme quelque chose de connecté à la conversion, mais pas de synonyme. « Et je me suis souvenu de cette parole du Seigneur : ‘Jean a baptisé d’eau, mais vous, vous serez baptisés du Saint- Esprit.’ Puisque Dieu leur a accordé le même don qu’à nous qui avons cru au Seigneur Jésus-Christ, qui étais-je, moi, pour m’opposer à Dieu ? » (Ac 11.16-17). De croire au Seigneur conduit à recevoir ce don, selon la norme. Mais le don et la croyance ne sont pas la même chose.

    Actes 19… La question de Paul au v. 2 est suffisamment édifiante : « avez-vous reçu le St-Esprit lorsque vous avez cru ? » La lecture la plus simple de ce texte est de comprendre qu’il est tout à fait possible de croire sans avoir été rempli de l’Esprit. Mais, pour aller dans ton sens, on pourrait aussi présumer qu’il leur pose cette question parce qu’il veut s’assurer qu’ils sont bien chrétiens et pas disciples de Jean Baptiste. Les deux interprétations sont possibles… Mais c’est l’enchaînement des vv 5 et 6 qui est le plus parlant. Ils sont baptisés, ayant reconnu qu’ils n’ont pas reçu le bon type de baptême. Paul avait l’assurance qu’ils étaient sauvés ; sans quoi il ne les aurait pas baptisé. Mais au v. 6 il prend l’initiative de leur imposer les mains pour qu’ils reçoivent l’Esprit.

    Donc nous avons trois cas où il y a une deuxième expérience (Ac 8, 9, 19), et un cas où les deux choses sont simultanées (Ac 10) ; et d’autres cas où il y a silence sur la question. On a un passage dans Hébreux qui parle des baptêmes au pluriel, et on a l’expérience des apôtres, qui peut très bien être expliqué par les deux « camps ».

    Je pense que le témoignage des Ecritures penche en faveur de la double expérience ; tout en maintenant que cette expérience de plénitude de l’Esprit ne devrait pas être un « une fois pour toutes » pour le croyant (contrairement à la nouvelle naissance), mais que chacun est appelé à être rempli de l’Esprit de façon continue, quotidienne. Nous devons toujours revenir boire à la source de son Esprit qui nous donne dons, puissance, fruits et qui nous fait nous rappeler au quotidien, de façon puissante et présente que nous sommes les fils et filles de « Abba », notre Père.

    1. Florent Varak dit :

      Bonjour Nathan. Merci pour le retour. Je réponds brièvement

      1. Ton commentaire révèle parfaitement ce que j’estime être problématique: « sauvés mais pas témoins ». Il y a bien, dans ton propos, l’idée de deux classes de chrétiens foncièrement séparés. Or c’est précisément l’inverse qui a lieu avec le baptême de l’Esprit à la conversion: nous sommes tous incorporés au corps du Christ. Il n’y a pas de sauvé authentique qui ne soit pas automatiquement un témoin! cf. 1 Pie 2.9-10 et la proclamation des vertus de Dieu.

      2. Non, il n’est pas tendancieux de dire que les récits ne sont pas normatifs! C’est un principe très important. Je te propose de lire le livre de Fee et Stuart, un nouveau regard sur la Bible (Vida?). Fee est un théologien pentecôtistes et le chapitre sur Actes est remarquable. Sinon, tu feras comme cet homme de Marseille qui distribuait les mouchoirs qu’il portait « pour la guérison » en croyant s’appuyer de Act 19. Ce que l’histoire inspirée par l’Esprit nous rapporte est une information utile (2 Tm 3.16-17), qu’il faut interpréter à la lumière des récits normatifs.

      3. Dans les choses basiques d’Héb 6, tu cites « des baptêmes ». Attention, sois précis :). Cela n’a probablement pas grand chose à voir avec le baptême de l’Esprit. Il s’agit du terme baptismos, et non baptistes, qui a surtout le sens de « ablutions » (cf. Mc 7.4, Hé 9.10). Souviens toi que l’auteur s’adresse à des Juifs qui ne sont pas encore certains de basculer vers la nouvelle alliance. Ils restent sur des rites, tentant d’ajouter Jésus à leur pratique, et l’auteur leur dit qu’ils ne peuvent en rester là.

      4. Les dizaines de conversion recensées en Actes montrent des parcours divers, qu’il faut comprendre. Actes 8 est l’exception que je tente d’expliquer. Pourquoi c’est une exception? Parce que les autres conversions recensées ne se passent en deux étapes (cf. plus loin pour Ac 19). Ni en Ac 2, ni en Ac 3, ni dans tous les autres récits. Il faut donc comprendre pourquoi ça se passe ainsi chez les Samaritains. Cela n’a rien à voir avec le calvinisme: il y a là des gens qui croient, se font baptiser, mais où Dieu retient son Esprit. J’ai donné plusieurs raisons à cela (et je ne suis pas le seul, bien des commentateurs le font avec moi!): l’inimitié entre Samaritains et Juifs exigeait que les premiers reconnaissent que le salut vient des Juifs (Jn 4) ; que les apôtres étaient le fondement de l’Eglise (Eph 2.20 et 3.5, cf. Ap 21) et les Juifs devaient reconnaître l’authenticité de la foi des Samaritains (confirmant Mt 28.19-20, Ac 1.8 etc). Enfin, Pierre avait ce rôle « d’ouvreur » et c’est lui qui apporte la plénitude de l’Evangile aux Juifs (Ac 2) aux païens (Ac 10) et ici, il fallait qu’il soit aussi présent auprès des Samaritains. IL n’y a aucun autre exemple de ce genre, ni en Ac ni dans les épîtres.

      5. Ac 19 est un très mauvais exemple pour toi : il ne s’agit pas de disciples en Christ, mais de disciples de Jean-Baptiste. La question que pose Paul relève au contraire qu’un disciple de Christ a reçu l’Esprit. Comme ils ne savent même pas qu’il y a un Esprit saint, ces gens sont clairement des non chrétiens, comme les derniers croyants de l’ère de l’AT. Il n’y a pas là des chrétiens qui reçoivent l’Esprit. Lorsque je discute avec des gens que je ne connais pas et qui ont rejoint l’église, je leur demande leur témoignage. Et j’écoute leur réponse. Je « mesure » si l’Esprit a un jour envahi leur vie. J’observe si leur confiance est en Christ seul. C’est tout ce que est associé à la question de Paul.

      6. TU dis croire en la double expérience. Je suis navré de te décevoir davantage, mais cette doctrine n’est pas biblique. Et je te propose de lire les trois livres suivants, rédigés par des auteurs charismatiques, et que j’apprécie malgré les divergences que je peux avoir sur certains points. Je te mets les numéros de page pour que tu vois ce qu’ils disent explicitement du baptême de l’Esprit comme expérience chrétienne:

      – Fee, Gordon D. God’s Empowering Presence, Hendriksen, 1994 (réédité en 2009 chez Bake), p. 181. Auteur pentecôtiste

      – Satyavrata, Ivan, Le Saint Esprit, Farel, 2009, pp. 133-141. Auteur pentecôtiste.

      – Grudem, Wayne, Théologie Systématique, Excelsis, 2010, p. 845. Auteur charismatique issu de la 3e vague (il dédicace son ouvrage à John Wimber).

      Voilà. Bon approfondissement dans la Parole.

      Fraternellement,

    2. Cal dit :

      Salut Nathan,
      permets-moi de ne répondre qu’à un seul point, car je crois que le commentaire de Florent, est complet et ne nécessite pas de redite. Simplement une divergence pour moi sur la lecture et l’interprétation de l’événement en Actes 8.
      En lisant le commentaire de Calvin, il apparaît clairement qu’il croyait en la réception du Saint-Esprit en deux temps (ou double expérience) un peu à la manière dont l’expriment les pentecôtistes. Calvin considère que les apôtres avaient déjà l’Esprit avant la pentecôte et l’ont donc reçu au moment où Jésus souffle sur eux. Cette lecture ne me semble pas tenir compte de la facette prophétique de l’oeuvre de Christ qui, comme Florent l’a expliqué, préfigurait ici plutôt l’envoie effectif du Saint-Esprit, comme un Ézéchiel qui mime et préfigure le siège de Jérusalem, ou Jésus qui préfigure la croix à travers la cène.

      Pour revenir à Actes 8, je ne crois donc pas que l’on puisse y voir un argument pour la double expérience. Je crois que les deux interprétations les plus solides sont, soit, celle proposée par Florent et d’autres (sur laquelle je tique légèrement), soit celle-ci :

      – Lorsque Luc décrit le fait que les samaritains ont cru et ont été baptisés, il ne s’agit probablement pas d’une foi salvatrice, mais d’une foi équivalente à celle qu’ont pu avoir ceux dont il est parlé dans de tels passages : Jean 2:23-24 ; Jean 6 (la foule croit mais se trompe sur des points essentiels) ; Jean 12:42-43 ; ou même la foi morte dont parle Jacques; etc…
      Les miracles opérés par Philippe étaient tellement indéniables que sa personne était revêtue d’un crédit évident et attirant. D’ailleurs, sans trop vouloir jouer sur la syntaxe, il est intéressant de constater que le texte nous dit que les samaritains ont cru en Philippe et pas nécessairement à son message. D’autre part, des pharisiens aussi ont cru en Jésus, mais ne l’ont finalement pas reçu, ayant préféré la gloire des hommes à la gloire de Dieu.

      Leur foi avant réception du Saint-Esprit (les samaritains d’Actes 8) est aussi comparable à celle de ceux qui sont représentés par le sol pierreux et le sol de mauvaises herbes. Ils reçoivent la parole mais ne peuvent la garder et persévérer à moins d’être gardés par l’Esprit de régénération qui peut faire d’eux des terres fertiles, en lesquelles la parole prend racine et porte du fruit.

      Ainsi, dans Actes 8, il est dit aussi de Simon le mage, qu’il a cru et a été baptisé… or nul ne doute que sa foi était corrompue et ne pouvait le sauver, quand on lit la suite du récit. Il a cru, comme les autres samaritains, et d’autres dans les évangiles, en l’évidente puissance de l’Esprit de Jésus qui agissait alors à travers Philippe, sans pour autant avoir été régénéré.

      En suite, notons que Pierre et Jean n’ont pas immédiatement imposés les mains sur les samaritains, mais qu’ils ont d’abord prié (v15). Ceci, plus le fait que l’imposition des mains est souvent le symbole de l’approbation/bénédicion (1 Tim 5:22 ; 1 Tim 4:14 ; Actes 9:17; Actes 13:2-3 ; Matthieu 19:13-15 ; etc…), on peut aisément supposer que Pierre et Jean ont vérifié très précisément ce qui a été annoncé à ces samaritains, ce qu’ils ont compris pour pouvoir approuver et confirmer leur foi; Pierre et Jean les ont probablement exhortés aussi. Seulement alors, Pierre et Jean ont imposé les mains et Dieu a envoyé son Esprit-Saint, comme un don gratuit qui ne s’achète pas (v20). Les apôtres étaient l’attestation, ou l’autorité visible de Dieu qui validait le message de Philippe et la compréhension de ce message par les samaritains.

      On voit, dans la suite que Simon a 1) une mauvaise théologie 2) un mauvais coeur (alors qu’il est dit qu’il a cru et a été baptisé…).

      1) Mauvaise théologie parce qu’il pense que Pierre et Jean ont choisi ceux à qui l’Esprit a été accordé, alors que c’est le Père qui envoie l’Esprit au nom de Jésus, à tous ceux que le Père attire à Jésus… Le don du Saint-Esprit est aussi libre que la souveraine grâce de Dieu. La conversion de Corneille l’illustre bien dans une certaine mesure.

      2) Un mauvais coeur parce qu’il a recherché c’est la gloire des hommes à travers la manifestation d’une vraie puissance, tout comme à l’époque où il « provoquait l’étonnement du peuple samaritain » en exerçant la magie…

      Voici quelques objections possibles à ce que je viens de proposer :

      – Obj : Pourquoi alors attendre la présence des apôtres?
      Réponse : Florent a bien rappelé la volonté de Jésus de confier à Pierre les clés qui ouvraient les portes pour les premiers juifs sauvés dans la nouvelle alliance, des samaritains et des païens unis à Jésus par l’Evangile. En quelque sorte, c’était aussi un accomplissement de la prière de Jean 17, concernant « ceux qui croiront [en Jésus] par leur (les apôtres) parole ». L’infaillibilité papale n’est en fait qu’une erreur qui veut étendre à Rome, l’infaillibilité doctrinale réservée aux apôtres qui sont le fondement de l’Eglise (Eph 2:20).

      – Obj 2 : Le travail de Philippe était donc inutile!
      Réponse : « J’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui donne la croissance »…

      – Obj 3 : N’y a-t-il pas le risque de minimiser l’importance du baptême d’eau?
      Réponse: Le baptême d’eau est un commandement, et notre amour pour le Seigneur nous le ferra observer avec respect et profonde ferveur, tant qu’il sera administré avec la connaissance de ce qu’il représente notre union à Christ, joie de nos coeurs de rachetés.
      Aussi, si cela était une crainte légitime, nous devrions craindre aussi de négliger tous les autres commandements du fait que nous ne sommes sauvés que par pure grâce… Mais ceux qui sont morts au péchés ne pensent pas ainsi et l’Esprit qu’ils reçoivent de Dieu les rend obéissant.
      Enfin, ce qui rend puissants les moyens de grâce tels que le baptême d’eau, la prière, la sainte cène et autres exercices de piété, ce n’est pas de les observer à la force du bras, mais de les pratiquer par l’Esprit, au nom de Jésus. Les moines de la confession romaine qui prient des heures durant, ou les musulmans zélés qui 5 fois par jour se prosternent devant Allah, ont infiniment moins de puissance que le plus petit et le moins éloquent des saints qui n’aura que des soupirs suscités par l’Esprit de Dieu.

      – Un dernier élément : les partisans de la double expérience dans le livre des actes devront conclure que l’Éthiopien a été d’office privé de l’espoir de la seconde expérience du Saint-Esprit puisqu’on ne connait pas d’apôtre qui lui ait rendu visite en Ethiopie pour lui imposer les mains…

  4. Marc Jutras dit :

    Dans le fond ça revient à demander, la guérison, s’obtien comment, JESUS guérissait comment ? JESUS n’a pas guéri deux personnes de la même façon. N’oublions pas que Dieu est SOUVERAIN Il fait tout comme ça lui plait. Donc, pour l’expérience avec l’E S, je crois qu’Il est aussi là, souverain.

    Soyez béni

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