Quel est le sens du baptême? (Episode 39)

L’épisode 39 continue sur le thème si important et si controversé du baptême. Une auditrice nous demande: quelle est la signification du baptême? Florent Varak relève 4 grands enseignements de la Bible sur le baptême et conclut en expliquant les 3 significations principales du baptême chrétien.

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La question est posée : A propos de baptême, enfants ou adulte ? C’est quoi le sens vraiment  du baptême ? La repentance aussi, sa définition ? Il y a beaucoup de choses dans cette question, et dans un premier podcast, on a abordé la question du baptême des enfants où j’ai défendu la perspective baptiste classique en tout cas, évangélique classique. Et maintenant, j’aimerais parler du sens du baptême tel que nous le trouvons dans les écritures.

Jésus établit la pratique du baptême en Matthieu chapitre 28.16-20. D’autres textes en parlent, mais c’est celui qui est le plus complet, et nous lisons : « Les onze disciples allèrent en Galilée sur la montagne que Jésus avait désigné. Quand ils le virent, ils l’adorèrent, mais quelques-uns eurent des doutes. Jésus s’approcha et leur parla ainsi : – Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre : allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez- les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ». Un texte absolument magnifique, et j’aimerais faire quelques remarques.

La première, c’est que le baptême de Jésus modifie en quelque sorte, ou s’appuie, ou développe le baptême de Jean Baptiste. Alors, Jésus n’invente rien en quelque sorte en lançant les disciples sur cette voie du baptême.

Jean-Baptiste baptisait avant lui, Jésus s’est même fait baptiser par Jean-Baptiste, et en Matthieu 3, nous lisons que Jean-Baptiste appelait à la repentance, il disait « Repentez-vous car le Royaume des cieux est proche » et au verset 5, nous lisons que : «  les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de toute la région du Jourdain, venaient à lui et se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain en confessant leurs péchés ».

C’est intéressant que, lorsque Jésus lance le baptême, l’arrière-plan immédiat, c’est Jean- Baptiste qui appelle à une repentance, c’est-à-dire un changement profond de mentalité, de la manière de vivre et que le témoignage de cette repentance, de cette autre manière de vivre était l’immersion dans l’eau.

On imagine tout de suite ce que ça peut représenter quand on va dans l’eau, on est pur, on est lavé, et c’est toute la notion de repentance, de grâce qui est représentée symboliquement par le fait d’être plongé dans l’eau.

J’insiste un peu sur cette notion de rentrer dans l’eau, c’est comme ça que Jean 3. 23 aussi nous dit que Jean Baptiste allait dans un certain coin du Jourdain, là où il y avait beaucoup d’eau pour pouvoir justement immerger les gens dans l’eau. C’est un beau symbole. Alors, comme tout symbole, ce n’est pas l’essentiel, mais c’est quand même une partie importante que de pouvoir reconnaître cette manière de faire. Là encore, lorsque Jean Baptiste réalise ce baptême et invite les gens à la repentance et au baptême, il n’invente rien de nouveau.

Bien sûr, dans l’ancien testament très longtemps en arrière, on se souvient d’Elisée qui a demandé à Naaman le syrien de se plonger dans l’eau 7 fois et qui sort de l’eau, pur de sa lèpre. Il y a probablement un symbolisme déjà là qui anticipe les baptêmes futurs.

Mais du temps de Jésus, il y avait un groupe, secte, je ne sais pas comment tu veux l’appeler dans le judaïsme, le groupe des Esséniens qui était un groupe un peu ascète, qui vivait un peu en marge de la société avec ce qu’ils considéraient être l’influence et la corruption du monde grec; et ceux qui régnaient sur Israël n’avaient pas vraiment un grand attachement à la personne de Dieu, donc ils formaient des communautés très messianiques, très orientées sur la venue du Messie et on a découvert par l’archéologie de ces dernières années, qu’ils étaient constamment à se purifier dans des bains de purification.

Donc ce que Jean Baptiste annonce, c’est vraiment quelque chose de connu, quelque chose qui était vécu, c’est que le changement de vie s’accompagne d’un bain de purification. D’ailleurs, encore aujourd’hui, la dernière étape d’une personne qui se convertit au judaïsme, c’est un baptême ; alors ils n’utilisaient pas le terme “baptême”, on parle plutôt d’un bain rituel et je te lis par exemple ce qu’un rabbin décrit comme le rôle des bains rituels de nos jours : « Lorsqu’un individu se convertit au judaïsme, il ou elle doit démontrer par des actions positives son désir de vouloir changer de religion. Comme la femme, comme pour l’homme, l’immersion dans un bain rituel « Mikvé » a été une pratique juive antique selon la Bible, l’immersion est une action requise pour qu’une personne impure retrouve un état de pureté ». Tu vois, tout ce symbolisme nous l’avons déjà dans le ministère de Jean Baptiste, dans le contexte essénien et juifs de l’époque.

Deuxième remarque, le baptême de Jésus ne concerne que des disciples. Je concentre ton attention sur le verset 19, et si je reprends sa lecture : « Allez, faites de toutes les nations de la terre des disciples, baptisez les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit », nous voyons un certain ordre. D’ailleurs, là, il s’agit de devenir disciple, c’est le seul verbe qui est à l’impératif dans le texte original, les autres sont des participes présents, à forces impératives, mais ça veut dire qu’ils sont dépendants de ce verbe principal, et donc il s’agit d’abord et avant tout de faire des disciples et ce sont ces disciples qui vont être baptisés.

On le voit d’ailleurs, ce que Christ prescrit en Matthieu chapitre 28, est ce que le livre des Actes enregistre comme pratique de l’Eglise primitive. Actes 2.38 : « Pierre leur dit :- Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé (immergé, on va y venir dans un instant) au nom de Jésus Christ pour le pardon de vos péchés, vous recevrez le don du Saint Esprit. « Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés en ce jour furent ajouté environ 3000 âmes. », c’est le verset 41.

Donc on voit bien cette chaîne d’évènements : repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé. Actes 8.12 : « Mais, quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus Christ, hommes et femmes se firent baptiser. », on croit, on se fait baptiser. Actes 8.36 : « Comme ils arrivèrent à un point d’eau. Et l’eunuque éthiopien lui dit : – Voici de l’eau ; qu’est ce qui m’empêche d’être baptisé. Il ordonna d’arrêter le char, tous deux descendirent dans l’eau, Philippe ainsi que l’eunuque, et il le baptisa. ». Actes 9.18 : «  Au même instant, il (c’est-à-dire Saul, qui deviendrait l’apôtre Paul) tomba de ses yeux comme des écailles, il tomba de ses yeux comme des écailles (donc à Paul), et il recouvra la vue, il se leva et fut baptisé.». Et je pourrais relever encore Actes 10.47, Actes 16.15, Actes 16.33, Actes 18.8, Actes 19.3. Il faut vraiment relever que c’est bien la pratique que nous avons dans le livre des Actes.

Certains disent, oui mais c’est la première génération, il n’est rien dit de la seconde génération, mais une telle situation alors nous donnerait des instructions assez précises dans les épîtres. Or, il n’en est rien, je vais y revenir dans un instant.

Troisièmement, le baptême est une immersion complète, le verbe baptiser : «  baptizo » se compose d’une racine « bapto » qui veut dire plonger avec un suffixe intensificateur « zo ». C’est pas moi qui le dit, j’ai consulté les spécialistes. Si je regarde un de ces dictionnaires il me dit : « Il s’agit de plonger de façon répétée, d’immerger, de submerger, de nettoyer en plongeant ou en submergeant, de laver, de rendre propre avec l’eau ». C’est vrai que le verbe est parfois utilisé de manière métaphorique, mais là, dans le contexte qui nous occupe, c’est impossible de le voir comme une métaphore. Il s’agit d’un symbole qui se pratique de façon réelle comme le pain et le vin sont symboliques d’une réalité spirituelle qui se pratique d’une manière réelle. Alors, le cadre de ce baptême :  il s’agit d’être baptisé sans les eaux du Jourdain ; la proposition grecque « en » n’est pas instrumentalle avec les eaux du Jourdain, mais spatiale « à l’intérieur de » ; j’ai cité Jean 3.23 et puis on a vu avec l’eunuque qui descendait dans l’eau.

Bien-sûr avec le sens du baptême que l’on va voir dans un instant, le fait de symboliser la mort et la résurrection, certainement rentrer dans l’eau, être enterré dans l’eau et de ressortir de l’eau, c’est un beau symbole qui le signifie.

Si le baptême évoque la justification, c’est certainement aussi magnifiquement représenté par le fait d’entrer dans l’eau, d’être entièrement couvert, lavé de cette eau et de se relever, même si j’insiste ce n’est pas le baptême qui réalise la conversion. Ça pourrait être une question éventuellement, certains s’appuient sur Marc chapitre 16 pour imaginer que le baptême est source de salut, donc c’est comme cela que l’on se convertit, il n’en est rien.

Il n’y a aucune œuvre humaine qui permette à des hommes et des femmes d’être sauvés, n’est-ce pas. Le salut est entièrement un cadeau, une grâce que Dieu fait. Ça a déjà été abordé dans d’autres podcast.

Quatrièmement, j’aime regarder maintenant, ce que le baptême signifie et il signifie essentiellement 3 choses :

D’abord, c’est une expression de repentance, Romains chapitre 6, qui à mon sens, joue entre le baptême de l’esprit et le baptême d’eau, nous dit la chose suivante : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Christ Jésus, c’est en sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons donc été ensevelis avec lui dans la mort par le baptême, afin que comme Christ est ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie ». Le baptême est l’engagement, en quelque sorte, ou le symbole de cet engagement, que nous sommes détournés d’une certaine manière de vivre, pour vivre d’une autre manière. Deuxième remarque, c’est le symbole d’une volonté de changement. Pierre évoque le baptême d’eau en ces termes”, c’était en parlant du déluge, une figure du baptême qui vous sauve à présent et par lequel on ne se débarrasse pas de la souillure de la chair, mais qui à la demande adressée à Dieu d’une bonne conscience par la résurrection de Jésus Christ.” Voilà un texte qui est clair, c’est que le baptême n’est pas l’acte par lequel on est débarrassé d’une souillure, mais c’est un témoignage, c’est un engagement, c’est une expression de notre attente de Dieu, qui va nous soutenir pour vivre une manière différente. Et enfin, je trouve cela absolument magnifique, c’est une identification à la personne et à l’œuvre d’un Dieu trinitaire. Le fait d’être baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, implique que l’ensemble des personnes de la Trinité « s’est mouillé », pour nous sauver.

On voit que chacune des personnes de la Trinité a un rôle particulier dans le salut. Le Père a conçu un plan de salut, il a envoyé son Fils. Le Fils est devenu homme, il nous représente pleinement, il devient le sacrifice expiatoire et il reçoit la condamnation du Père à notre place, il la gère, il est maintenant justifié, ressuscité, il est à la droite du Père. Et le Saint Esprit est envoyé pour appliquer les bénéfices de l’œuvre du salut acquis à la croix par Jésus Christ, en sorte que chacune des personnes de la Trinité est impliquée dans le salut, et donc magnifique d’être baptisé en réflexion de ce que Dieu a fait.

Parfois on trouve l’expression « baptisé au nom de Jésus » dans le livre des Actes, c’est simplement une réduction de cela, parce que Galates 3.27, souligne cette réalité où « vous tous, vous avez été baptisé en Christ, vous avez revêtu Christ ». Christ est l’aspect le plus visible en quelque sorte de cette œuvre de salut, et il ne faut pas y voir une sorte de formule qui serait changée, qu’une personne serait baptisée seulement au nom de Jésus. Non, Jésus institue ce baptême est l’expression raccourcie que l’on a dans le livre des Actes parle pour l’ensemble. Je conclus avec quelques remarques issues de l’histoire de l’église.

Si tu connais l’histoire de l’église, tu sais qu’on retrouve tout et n’importe quoi, donc c’est illustratif ce que je cite là, mais le 7ème article de la ditachè, qui est soi-disant l’enseignement des apôtres probablement très tardif, et c’est très légaliste, donc c’est vraisemblablement assez éloigné de la pensée des apôtres.

Mais voilà comment était envisagé cette sorte d’enseignement qui était transmis, était envisagé le baptême. “Quant au baptême, baptisez ainsi : « après avoir proclamé tout ce qui précède, baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit dans de l’eau vive courante, mais si tu n’as pas d’eau vive, baptise dans une autre eau, si tu ne peux pas baptiser dans l’eau froide, que ce soit dans l’eau chaude, et si tu n’as ni l’un, ni l’autre en quantité suffisante, verse 3 fois de l’eau sur la tête au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Avant le baptême, que celui qui administre le baptême et celui qui le reçoit se prépare par le jeûne et si d’autres personnes le peuvent, qu’elles fassent de même, en tout cas, tu commanderas, celui qui va être baptisé, de jeûner 2 jours auparavant ».

Voilà comment c’était envisagé au 2ème siècle le baptême, et tu vois que déjà on a la notion d’immersion, puis aussi un certain recul sur la forme qui simplement doit attester au mieux de l’intention initiale. Tertullien 155 à 222, je crois : « Christ donna comme dernier commandement, qu’ils devaient immerger au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit, pas au nom d’une seule personne, car nous ne sommes pas immergé une seule fois, mais 3 fois au nom de chaque personne de la Trinité ». Hippolyte de Rome, qui meurt en 236, écrit : « quand une personne dans l’eau, descend dans l’eau pardon, celui qui le baptise lui impose sa main et dit :- Crois-tu en Dieu le Père Tout Puissant ?, il répond : – Je crois. Celui qui baptise l’immerge 1 fois, puis celui qui baptise dit : -Crois-tu en Jésus Christ ?, quand il répond : – Je crois, il est immergé de nouveau. Puis il dit :- Crois-tu au Saint Esprit ?, celui qui est baptisé répond : – Je crois ; il est immergé une 3ème fois. (Traduction apostolique chapitre 21).

Alors qu’est-ce qu’il faut retenir de cela ? Encore une fois, il n’y a rien à retenir de normatif dans ce que je viens de lire maintenant des récits de la manière de pratiquer. Simplement pour illustrer au moins cette notion, que lorsque l’on baptise, on baptise des croyants et on baptise le plus près possible de l’intention de Matthieu chapitre 28. Voilà pourquoi, on doit focaliser notre attention et notre souci sur la proclamation de l’évangile, l’invitation à tous de croire, et de témoigner par les eaux du baptême de cette foi qui nous est donnée que nous professons en Jésus Christ.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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