Si Dieu ne tente personne, pourquoi tenter Jésus? (Épisode 190)

Jésus, une personne unique venue accomplir une mission unique. Florent Varak vient nous montrer toute la profondeur du récit des tentations de Jésus, qui nous pointent vers la gloire du Fils, pleinement Dieu, pleinement homme.

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Transcription 1PVR n°190 : Si Dieu ne tente personne, pourquoi tenter Jésus ?

La question qui nous préoccupe pour ce podcast est la suivante :

Si Jésus est Dieu, pourquoi Jacques dit, au chapitre 1.13, que Dieu ne peut être tenté alors que Luc 4.2 dit que Jésus fut conduit dans le désert pour être tenté ?

J’apprécie vraiment votre travail. Que Dieu vous bénisse !

Merci pour ta question, elle est excellente ! Elle nous permet de revisiter la question de la christologie. C’est toujours un sujet qui est fascinant, qui est passionnant. La personne de Christ fait l’objet de toute notre attention, de tout notre amour et le comprendre, le connaître, le servir de façon plus appropriée, c’est évidemment une des grandes quêtes de la vie chrétienne.

Ta question a plusieurs étages et pour y répondre, il faut justement aborder ces différents étages. On va commencer par regarder les textes en eux-mêmes et puis, à partir de là, faire quelques remarques.

Donc Luc 4.1-2 nous dit la chose suivante : "Jésus, rempli d’Esprit Saint, revint du Jourdain et fut conduit par l’Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là et, quand ils furent achevés, il eut faim."

Et puis le récit de la tentation continue un peu plus – tout au long de ce chapitre.

Jacques 1.13, que tu cites dans ta question, dit la chose suivante : "Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise : C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal et ne tente lui-même personne."

Tu vois, effectivement, tu as bien noté quelques contradictions, en tout cas, quelques contradictions apparentes et quelques complexités par rapport à cela. Comment est-ce que l’on peut réconcilier ces données qui semblent irréconciliables ou, en tout cas, contradictoires ? D’un côté, on a Dieu qui tente, enfin, qui conduit Dieu pour être tenté. On a l’impression, quand même, qu’il y a, d’une manière où Dieu tente lui-même. Et puis, on a Jésus qui est véritablement, authentiquement tenté, et comment peut-il l’être s’il est véritablement Dieu ?

Pour répondre à ta question, on va aborder 4 éléments, 4 points :

– la première, c’est qu’il faut vraiment comprendre le sens du mot tenté, ou tentation ;

– la deuxième, c’est de bien comprendre la nature même de Jésus ;

– troisièmement, il faut comprendre le rôle unique de Jésus qui est très particulier, et tu verras en quoi c’est pertinent aussi pour nous ;

– et puis quatrièmement, on va essayer de parler des forces en présence, parce que ça nous sera utile, nous-mêmes qui sommes confrontés à des tentations de différentes natures tout au long de notre chemin.

Premièrement, regardons le sens du mot.

En grec, il se lit "peirazo" (alors ça, ça n’est peut-être pas forcément ce qu’il faut retenir) mais le dictionnaire Carrez distingue 3 sens :

– Premièrement : essayer, tenter (dans le sens de tentative) ;

– Deuxièmement : essayer, éprouver (dans le sens de l’épreuve, l’essai) ;

– Troisièmement : tenter (dans le sens de chercher à corrompre).

On est donc là, à mon sens, dans 2 sens possible par rapport à la personne de Jésus-Christ : d’un côté "éprouver/tester" et d’un autre "chercher à corrompre". A mon sens, la solution la plus simple consiste à comprendre que Jacques 1.13 affirme catégoriquement que Dieu ne cherche jamais à corrompre quiconque, mais que dans Matthieu 4.1 ou en Luc 4.2, Dieu cherche à éprouver, c’est-à-dire tester, valider la sainteté de son Messie, à révéler la nature de Christ. Il y a une différence entre "chercher à corrompre" ou bien manifester la pureté, la magnificence, la grandeur de la personne de Christ. C’est comme ça que l’on peut résoudre une partie de l’attention que tu soulignes, que tu as observé en liant ces 2 versets.

Deuxième remarque, il faut comprendre le rôle unique de sa personne.

Il y a quelque chose qui est unique en Jésus et qui nous dépasse tous. Bien sûr, en tout cas, la théologie, la Bible l’enseigne ainsi, c’est que Dieu est à la fois pleinement homme et, à ce titre, à expérimenter toutes les situations des hommes : que ce soit la faim, que ce soit la soif, que ce soit la tentation, que ce soit les limites de la nature humaine. Mais il est, en même temps, pleinement Dieu : il est le Dieu incarné qui, en s’incarnant, s’est dépouillé de sa gloire. Il a gardé tous ses attributs mais ces attributs n’ont été utilisés que lorsque le Père souhaitait qu’il les utilise. C’est ainsi que dans son humanité, parfois, il fait preuve de beaucoup de restriction par rapport à ce qu’il pourrait naturellement vivre. Il sait, des fois, directement la pensée des hommes et des femmes qui l’entourent, et parfois, il pose des questions. Il va même voir si, sur un arbre, il y a un fruit. Donc il limite, parfois, les attributs de sa divinité en fonction du plan du Père.

Alors, dans cette situation paradoxale, d’être pleinement Dieu et d’être pleinement homme, les théologiens se sont intéressés à cette question de la tentation. Est-ce que Jésus pouvait vraiment, légitimement être tenté au point de pouvoir pécher ou bien est-ce qu’il était même impossible qu’il pèche ?

Il s’agit de la peccabilité ou de l’impeccabilité de la personne du Christ. Dans les 2 camps, les 2 catégories de théologiens, ceux qui défendent la peccabilité, c’est-à-dire la capacité du Christ de pécher ou bien l’impeccabilité, c’est-à-dire, l’incapacité de Christ de pécher. Dans les 2 camps, tous s’entendent pour dire que Jésus n’a jamais péché. Mais, on est là sur la théorie : est-ce qu’il est possible qu’il ait été tenté au point de pécher ?

Je vais te lire une citation de Ryrie. C’est un nom un peu amusant pour un théologien mais c’est un théologien maintenant assez âgé (je crois qu’il encore vivant… je suis pas sûr en fait). Et il a écrit un livre qui s’intitule ABC de théologie chrétienne, qui était publié à la Maison de la Bible, et voilà ce qu’il dit à ce sujet : < < Quand l’auteur de l’épı̂tre aux Hébreux déclare que Christ a été tenté en toutes choses (kata panta), il ne veut pas dire que le Seigneur a connu toutes les tentations auxquelles les humains peuvent être exposés (Hébreux 4.15). Ainsi, Jésus n’a pas été tenté par un mauvais usage de la télévision. Mais il a connu des tentations taillées à la mesure d’un Dieu-homme, et ces tentations entrent dans les catégories qui englobent toutes les tentations, y compris les nôtres. D’ailleurs, s’il a pu être tenté, c’est parce qu’il possédait une nature humaine, car Dieu ne peut pas être tenté par le mal (Jacques 1.13). L’auteur d’Hébreux poursuit en ajoutant que Christ a été tenté en toutes choses "comme nous" (littéralement "selon une ressemblance"). En d’autres termes, le fait qu’il est apparu dans une chair semblable à celle du péché lui a permis d’être tenté. Mais une grande différence sépare son humanité de la nôtre : il a été tenté "sans commettre de péché" (littéralement "sans péché"). Il ne possédait pas une nature pécheresse, et il n’a jamais commis aucun péché. Cela ne veut cependant pas dire que sa nature humaine ne pouvait pas pécher : elle le pouvait, même si elle ne l’a jamais fait. La personne du Dieu-homme, elle, ne pouvait pas pécher. Shedd (il cite Shedd, un théologien) fait remarquer avec raison : "Il s’ensuit que, tout en possédant une nature humaine capable de pécher de par sa constitution, Christ était une personne incapable de pécher. L’impeccabilité caractérise le Dieu-homme dans sa globalité, tandis que la peccabilité est une propriété de son humanité" > >.

Je ne sais pas si je t’ai perdu dans cette citation. Parfois les gens qui écrivent des livres de théologie sont un petit peu trop compliqués dans leur formulation. Mais si on devait résumer ainsi, je crois que la réponse correcte (un peu) à cette question, c’est de dire : dans son humanité, Jésus était absolument capable de pécher mais dans sa divinité, il était absolument incapable de pécher. Résultat des courses, il a vraiment été tenté dans son humanité, mais il a, de toute façon, gagné absolument, en toutes choses et en tout point, la victoire. Il n’a jamais connu de chute qui pourrait le disqualifier, ça c’est important ! On va le voir dans un dernier moment.

Donc, est-ce que Dieu a été tenté en la personne de Jésus ? C’est difficile. On ne peut pas séparer les 2 personnes de cette manière. Il a été tenté dans sa globalité et oui, en tant qu’homme, il aurait pu pécher, mais non, en tant que Dieu – homme, il n’aurait pas pu pécher : impeccabilité et peccabilité de Christ. Quelque part, de façon évidente, c’est l’impeccabilité qui prime, en quelque sorte, par cette impossibilité de Dieu de pécher, d’être tenté et même de pécher. Mais en même temps, dans son humanité, le combat était réel et il faut surtout pas le minimiser en disant : "Mais Christ était impeccable ! Donc il n’était pas assujetti à la tentation". Pas du tout ! Dans son humanité, c’était une vraie épreuve que de faire face à la tentation.

Non seulement, il faut qu’on comprenne de façon unique sa nature, sa personne (c’était mon deuxième commentaire) mais ma troisième remarque, c’est qu’il faut comprendre le rôle unique de Jésus.

Je te propose d’y réfléchir en pensant un peu à une illustration (elle vaut ce qu’elle vaut, ce n’est pas grand-chose). Elle te permettra de saisir le débat. Imagine que Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son fils unique, pour nous. Tiens, c’est exactement ce qu’il a fait. Mais il se dit : "Oh, ça va être compliqué de vivre parmi les humains donc, ce que je vais faire, c’est que je vais envoyer un bébé.. enfin, mon fils va s’incarner, il va devenir bébé. Puis il va tuer par les Romains et en cela, bébé parfait qu’il est, il va absorber tous les péchés de l’humanité et, tué par les Romains, il expiera la faute de tous les hommes. Et ensuite, je le ferais ressusciter, et puis il y a des gens qui écriront évidemment un Nouveau Testament un petit peu différent de celui que nous avons."

Imagine que ce soit passé ainsi. Quel est le lien que nous pourrions avoir avec un bébé parfait ? C’est pas vraiment un grand lien que nous pourrions avoir. Et puis, comment pourrions-nous nous représenter la sainteté et la perfection de Dieu puisque Jésus dira : "Que celui qui m’a vu, a vu le Père" ? Voir un petit bébé, ça nous permet pas de voir… il n’y a pas une communication aussi importante, il n’y a pas un ensemble de rapports à l’humanité que nous pouvons tisser.

Donc il était très important que ce Messie qui vient, ce Dieu fait homme qui grandit, puisse vivre la vie de tous les enfants, qu’il puisse vivre la vie des adultes, qu’il puisse représenter l’humanité dans sa maturité, dans sa globalité. Il était très important pour le Père et puis pour nous, de bien réaliser la sainteté absolue, complète, réelle de ce Messie. Et pour cela, il fallait qu’il soit éprouvé. Parce que c’est facile de dire "je suis sans péché" mais c’est beaucoup plus difficile de le dire alors que l’on passe par l’épreuve de la tentation.

Et en fait, tout ce que nous montre les Évangiles par rapport à cela c’est que, Jésus a été constamment tenté. C’est pas simplement la tentation peut être… On en a quelques unes qui sont majeures : on a la tentation que tu as citée, qui est une tentation dans le désert au début de son ministère, et qui finalement lui proposait plein de choses qui l’éloignaient de compter sur Dieu, sur la providence de Dieu, et sur la volonté et l’orientation de Dieu. Mais de prendre, en quelque sorte, son destin en main et puis de faire confiance au diable plutôt qu’en lui-même. C’était absurde mais en même temps tentant parce que ça lui permettait d’obtenir, soi-disant, tous les royaumes du monde sans passer par la croix.

Ça a dû être une vraie tentation. Et en même temps, il n’y a pas que cette tentation. Il navigue pendant des jours et des jours, il voyage pendant des jours et des jours avec des disciples qui ne comprennent pas grand-chose (et puis je ne pense pas qu’on aurait fait mieux en fait). Ça a dû être source d’une irritation profonde ! On voit ses disciples parfois ne pas réaliser les miracles qu’ils sont censés réaliser. On voit les disciples poser des questions, mettre des freins, des bâtons dans les roues, ou bien même demander que le feu du ciel descende sur des gens que Jésus voudrait pourtant sauver. Jésus est resté calme, il est resté aimant, il est resté serein, même si parfois il a prononcé des paroles de jugement qui était, bien sûr, totalement légitimes.

Imagine Jésus qui reçoit cette femme prostituée, qui vient pleurer sur ses pieds, essuyer les larmes qui tombent sur ses pieds de ses propres cheveux. Jésus est d’une dignité, et il accueille cette femme dans une pureté que peu d’hommes seraient capable d’avoir, ou en tout cas, auraient peut-être des pensées de convoitise ou déplacées à son égard. Jésus et très digne vis-à-vis de cette femme, il honore cette femme et lui parle de grâce et de pardon.

Jésus était parfait aussi à Gethsémané, et peut-être, à mon avis, la tentation la plus forte, lorsqu’il réalise qu’il va bientôt boire la colère du Père, c’est-à-dire qu’il va recevoir le jugement que nous méritions. Il va le recevoir, ce jugement, à notre place pour nous donner une vie avec lui, une vie où on est pardonné, on est sanctifié, on est justifié, on est glorifié en lui. Il va subir la colère du Père et il demande s’il y a un autre moyen : "Mais pas ma volonté mais la tienne". Ça a dû être une vraie tentation de vouloir échapper à la croix et on le comprend. Pourtant, Jésus a décidé de se soumettre au Père, etc etc.

Tout au long des Évangiles, Jésus est tenté, tenté, tenté. Et chaque fois, il demeure parfaitement saint, parfaitement fidèle au Père. Pourquoi c’est important ? Parce que, s’il n’y avait pas ces récits et s’il n’y avait pas les preuves de la sainteté de Christ dans les évangiles, nous mêmes nous aurions de la peine à voir en lui un être saint. Or, c’est parce qu’il a été éprouvé, non pas dans le sens de chercher à corrompre (Dieu n’a pas cherché à le corrompre) mais Dieu a cherché à démontrer et manifester sa sainteté parfaite, sa pureté extraordinaire. Et en cela, il a démontré qu’il était vraiment l’agneau de Dieu. Et c’est nécessaire que, en tant qu’agneau de Dieu, il soit démontré comme cela.

Alors Hébreux 4.15 qu’a cité Ryrie, a dit la chose suivante "Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur incapable de compatir à nos faiblesses ; mais il a été tenté comme nous à tous égards, sans (commettre de) péché."

C’est vraiment extraordinaire ! Alors on pourrait parler de bien des aspects de la tentation de Christ. Tu vois, par exemple la manière dont Matthieu, l’apôtre Matthieu, décrit cette tentation. Ça nous fait penser à Jésus qui représente en quelque sorte tout le peuple de Dieu avec sa pérégrination dans le désert, quelque chose d’une identification à Israël qui est remarquable. Alors que Luc le présente plus comme le prophète, il y a pas mal de liens. Certains ont fait des parallèles avec le prophète Ezéchiel, avec certaines de ses oracles prophétiques, où là on a vraiment l’homme-Dieu qui vient servir, qui vient offrir. C’est quelque chose de très central au thème de Luc… mais bref ! Tout ceci a lieu pour que nous sachions que Jésus est vraiment l’Agneau sans tache et sans défaut. Lorsqu’il meurt à la croix, il représente vraiment la race humaine parce que devant le Père, il représente. Donc il peut subir la condamnation du Père à notre place, parce qu’il est l’éponge qui absorbe tous les péchés des hommes qui, un jour, croiraient en lui, placeraient leur confiance en lui, et réaliseraient qu’il est celui qui nous répare et qui nous unit à lui.

Alors maintenant, dernière remarque : il faut comprendre les forces en présence.

Dieu est le seul créateur, le diable n’est pas un créateur. Ce qui est vraiment intéressant de noter, c’est que le diable vient pour donner une sorte de paire de lunettes aux situations que nous rencontrons. Tu te souviens dans le premier jardin, il y avait une abondance, le premier commandement que nous ayons dans la Bible, c’est de profiter de la création de Dieu. Et puis le diable vient et, sachant que le commandement a été donné (notamment d’ailleurs à Adam et pas à Ève), il vient voir Ève pour essayer de la séduire en la faisant douter de ce que Dieu dit. "Vous ne mourrez pas du tout si vous mangez du fruit de cet arbre", et en fait, le fruit de cet arbre, c’est le fruit de l’autonomie morale, c’est le fruit qui allait montrer que l’homme et la femme allaient choisir leur propre chemin plutôt que d’avoir confiance en Dieu. Qu’est-ce qui se passe à ce moment là ? C’est comme si le diable mettait sur les yeux d’Adam et Ève, des lunettes différentes avec les mêmes situations. Et je pense que c’est comme ça qu’il faut voir la distinction dans le terme "peirazo", le terme de tenter, de chercher à corrompre, ou bien de chercher à tester. C’est que Jésus est dans le désert, et Dieu lui dit d’avoir confiance dans sa providence. Le diable lui dit : "Ça ne marchera pas, tu vas être abandonné, suis moi !" Il est à Gethsémané et le Père lui dit : "Tu vas boire la coupe et je vais te soutenir au travers de cela. Tu vas être accueilli dans la gloire bientôt." Mais le diable vient lui dire : "Ça va être trop dur, tu va flancher !". Et ce que je réalise c’est que, les mêmes choses sont à la fois des tentations à la corruption et des révélations de la justice.

Pour donner un parallèle ou une illustration de ce que j’essaie de dire, c’est, imagine, dans un restaurant bondé, quelqu’un qui laisse son portefeuille. Ce n’est pas le portefeuille qui tente, ou qui cherche à corrompre, ou qui cherche à tester, ça va simplement révéler ce qui est dans le cœur. Donc Dieu ne tente personne, mais les situations qui sont autour de nous, elles sont soit source de tentation, soit source de révélation de notre droiture. Parfois on doit reconnaître qu’on s’est planté, parfois on doit reconnaître que notre convoitise, notre ambition, notre orgueil, etc, ont pris le meilleur de notre intention. Il faut se repentir, le reconnaître, faire marche arrière, implorer la grâce de Dieu, se confier aussi à nouveau dans cette grâce de Dieu, et puis comprendre comment grandir, et prier avec des amis pour qu’on puisse grandir en cela.

Les tentations du monde, le diable ne crée rien. Mais il fait miroiter ce que Dieu nous a donné dans ce monde pour qu’on l’utilise, non pas à la gloire de Dieu, non pas selon les critères que Dieu les a cadrés, câblés, en quelque sorte, mais pour qu’on puisse dévoyer la création. Le diable cherche à corrompre mais Dieu, au travers des mêmes circonstances, au travers des mêmes situations, cherche à valider et à tester notre attachement à lui.

Ce matin, je lisais dans mon culte personnel, l’histoire de Job. Ce n’est pas la première fois que je le lis mais j’ai été frappé de voir la qualité humaine de Job. Les circonstances, tu les connais, qu’il traverse, sont absolument terribles. Mais à la fin, il fait un constat… enfin à la fin, au tout début l’histoire, mais à la fin de l’épreuve initiale, il fait le constat : "Je suis arrivé nu, je repars nu. Dieu fait ce qu’il veut !". Il y a une confiance en Dieu qui ne dépend pas des circonstances et qui, en fait, reflète la droiture de son cœur. Je me dis, ce qui se passe dans ce jardin, premièrement dans ce désert, et puis ça va petit à petit révéler la grandeur de la personne de Christ, et ça va révéler à quel point nous pouvons vraiment avoir confiance en lui.

Quand nous nous trouvons défaillants (et je ne sais pas toi mais moi parfois, je suis un peu découragé de voir les défaillances, de mon cœur, de mon âme) quand nous nous trouvons défaillants, nous avons auprès du Christ, un Recours, un Accueil, une Force, un Avocat, un Défenseur, un Père, un Sauveur et aussi un Seigneur. Nous pouvons venir à lui, il comprend la tentation parce qu’il l’a connue, il l’a vaincue. Il peut venir à notre secours même s’il est impossible (il dira lui-même) qu’il n’y ait pas d’occasions de chute – la tentation fait partie vraiment de l’existence. Il peut venir à notre secours mais encore mieux : c’est pas simplement qu’il peut venir à notre secours, c’est qu’il a carrément transformé toute la crasse de nos cœurs, parce qu’il a absorbé à la Croix, et maintenant il nous donne sa justice. Et lorsque l’apôtre Paul fait le constat du comportement absolument immoral que les Corinthiens avaient, (il fait la liste des péchés que pourrait qualifier n’importe quel Français, que je suis ou que nous sommes, ou dans d’autres pays du monde de la francophonie), et après avoir fait cette liste de péchés, il dit : "Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. (c’est 1 Corinthiens 6.11) Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ, et par l’Esprit de notre Dieu."

Justifiés, lavés, sanctifiés, glorifiés, c’est extraordinaire ! Et tout ceci parce qu’il est vraiment l’Agneau de Dieu.

Bon, je termine avec une recommandation. Si jamais tu veux en savoir plus sur la personne de Christ, je t’encourage à la lecture de Mark Jones, Connaître Christ. C’est un livre de théologie et, en même temps, un livre de dévotion, qui va nourrir ton culte personnel, nourrir ton admiration de la personne de Christ. Connaître Christ, Mark Jones, un livre absolument à lire pour découvrir les qualités et être émerveillé par celui qui nous a sauvés et qui est maintenant devenu notre Frère, notre Sauveur, notre Seigneur, notre Maître ; celui qui nous prépare une place et qui nous y conduira bientôt !

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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