Si Jésus a menti, est-il légitime de parfois mentir? (Épisode 192)

En Jean 7, on pourrait croire que Jésus ment à ses frères. Mais si tel est le cas, les implications sont bien plus grandes que simplement légitimer certains mensonges, et vont jusqu'à annuler l'efficacité de son sacrifice pour le pardon de nos péchés! Heureusement, Jésus n'a pas menti, et Florent Varak nous démontre cela en analysant finement le contexte et le texte même. Il fini en nous donnant une vision biblique du mensonge.

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Transcription 1PVR n°192 : Si Jésus a menti, est-il légitime de parfois mentir ?

La question est posée :

Salut Florent et toute l’équipe. Nous savons que Jésus n’a pas commis de péché, pourtant dans Jean 7, Jésus dit à ses frères qu’il ne montera pas à la fête, on comprend qu’il dit cela pour pouvoir y monter ensuite incognito. Si on considère que c’est un mensonge, mais que Jésus n’a jamais manqué le but, peut-on considérer que, dans certaines situations, mentir n’est pas pécher ?

Bien à vous

Écoute, merci pour ta question. Elle touche deux disciplines assez distinctes : d’un côté, la théologie systématique sur la personne de Jésus-Christ (donc la Christologie) et puis, d’un autre côté, la question de l’éthique du mensonge, qui a occupé un certain nombre de penseurs au fil des siècles, au fil des décennies. Je suis pas sûr qu’on va la résoudre pleinement mais je vais te donner ou te livrer ma perspective.

Le domaine de la théologie systématique, et notamment de la personne de Christ, est vraiment fascinant. Parce que réfléchir à la personne de Christ, c’est réfléchir à celui qui nous est le plus proche : notre Sauveur, notre Seigneur mais aussi celui que l’on va admirer, dont on va admirer les qualités, la gloire et l’humanité pendant toute l’éternité.

J’ai hâte de continuer mon exploration, mais bien sûr, non plus par la foi, comme c’est le cas maintenant, et de visu, de voir Christ dans la gloire, de temps en temps. Je ne sais pas si ça sera constant sur la nouvelle terre que Christ nous bâtit (ou nous bâtira… enfin bref, ce n’est pas la question de ce podcast !)

En tout cas, l’enjeu de ta question elle est majeure. Pourquoi ? Parce que si Jésus a menti, il a péché. S’il a commis une erreur, quelle qu’elle soit, il n’est plus parfait. S’il n’est plus parfait, il ne peut plus apaiser la colère du Père et il ne peut plus, légitimement, représenter l’humanité et recréer une humanité en étant le nouvel Adam. Il serait un nouvel Adam déchu. Comme le premier Adam, il ne serait donc pas susceptible de nous sauver et de nous apporter la rédemption. Donc s’il a menti, s’il a trompé des gens, s’il est pécheur, il ne peut pas nous sauver. Donc c’est super important.

Alors revenons maintenant à ta question. Tu as deux présuppositions qui orientent un petit peu la démarche et à mon sens, qui fragilisent sa conclusion. Tu vois par exemple tu dis, que la volonté unique de Jésus était de pouvoir monter incognito et deuxièmement, que c’est forcément un mensonge puisque (c’est comme ça que tu le poses), si on considère que c’est un mensonge.

On va regarder le texte dans son contexte. Déjà le verset 8 et 10, Jésus parle à ses frères de sang, c’est-à-dire les enfants de Marie et Joseph, mais ce sont ses demi-frères, en réalité, puisque Jésus est né d’une vierge, il n’est pas né de l’interaction sexuelle ou de rapports sexuels entre Joseph et Marie.

Mais nous lisons au verset 8 :

"Montez, vous, à la fête. Moi, je ne monte pas encore à cette fête, parce que le moment pour moi n’est pas encore accompli. Après leur avoir dit cela, il resta en Galilée. Quand ses frères furent montés à la fête, alors il y monta aussi lui-même, non pas de façon manifeste, mais comme en secret."

Comme d’habitude, le contexte est clé, toujours clé ! Quand tu es face à une difficulté dans le texte biblique, il faut toujours lire et relire, en amont, pour essayer de comprendre le flot de la pensée qui précède et qui souvent, éclaire le texte qui nous préoccupe.

Donc à partir de verset 2, voici ce que nous lisons :

"Or, la fête des Juifs, celle des Huttes, était proche. Ses frères lui dirent : Pars d’ici et va en Judée, afin que tes disciples contemplent aussi les œuvres que tu fais. Personne n’agit en secret, s’il cherche à se mettre en évidence ; si tu fais ces choses, manifeste-toi au monde. En effet, ses frères non plus, ne croyaient pas en lui. Jésus leur dit : Le moment n’est pas encore venu pour moi, mais pour vous le moment est toujours opportun. Le monde ne peut vous haïr ; il a de la haine pour moi, parce que je rends de lui le témoignage que ses œuvres sont mauvaises. Montez, vous, à la fête. Moi, je ne monte pas encore à cette fête, parce que le moment pour moi n’est pas encore accompli. Après leur avoir dit cela, il resta en Galilée."

Ce que l’on voit là c’est que, nous ne sommes pas face au sage conseil d’amis proches et pieux qui entouraient Jésus et lui donneraient des remarques pertinentes pour son chemin. Le verset 5 est assez explicite pour expliquer la tonalité de ce qui précède et qui dit : "ses frères non plus ne croyaient pas en lui". Ce sont des gens qui s’opposent à Christ en tant que Messie, qui s’opposent à lui en tant qu’envoyé du Père pour sauver le monde.

Alors, comme le souligne Carson dans son commentaire sur Jean, les conseils du méchant ne peuvent prévaloir, surtout pour le fils de Dieu.

Est-ce que Jésus ment à ses frères ? Je ne le crois pas du tout, pas un seul instant. Ce qu’il faut comprendre, c’est que Jésus vit une mission pilotée. C’est peut-être un peu compliqué à saisir parce que, sa vie et son ministère était entièrement soumis et voués à la souveraineté de son Père. Tout ce qu’il disait (on va le voir dans un instant), venait de ce que le Père disait, et en même temps, il était pleinement libre de ses choix, de ses décisions, de ses propos.

Et donc Jean 5. 19 nous dit ceci : "En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire par lui-même, mais seulement ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait également."

Jean 12. 49 : "Car mes paroles ne viennent pas de moi ; mais le Père, qui m’a envoyé, m’a commandé lui-même ce que je dois dire et ce dont je dois parler."

Tu vois, Jésus est dans une mission pilotée et il prend des décisions, et même temps certainement, le Père réoriente, réassigne, permet certaines choses qu’il ne permettait pas un moment précédent.

Quand on regarde maintenant ce texte plus dans le détail avec les éléments que j’ai évoqués, qu’est-ce que l’on remarque ?

Premièrement il y a une question de manuscrits. La Colombe, que j’ai cité dans la ma lecture, utilise le mot "encore" : "je ne monte pas encore à cette fête". Carson pense que c’est une addition postérieure de scribes zélés qui voulaient, justement, essayer d’expliquer la contradiction que toi-même tu as observée. La Nouvelle Bible Segond dit, plus simplement, "je ne monte pas à cette fête". Le mot "encore" est supprimé. Alors déjà, on a une question de manuscrits et ça permettrait d’évacuer la problématique.

Généralement, quand tu as un certain nombre de manuscrits qui essaient de donner des explications à quelque chose qui semble pas évident, on a la coutume de penser que c’est probablement des additions supplémentaires, des explications, en fait, de scribes zélés. On regarde quels sont les manuscrits les plus anciens, quelles sont les familles de manuscrits qui ont la plus haute réputation, et puis ça nous permet de reconstruire le manuscrit original.

Deuxièmement, et beaucoup plus fondamentalement, il y a une question de leadership ici. Personne ne dit à Jésus quoi dire, quoi faire. Et surtout si tu remarques un peu ce qui se passe, ça me fait penser un peu à la tentation de Jésus dans le désert : "Fais ça et puis tout le monde va t’acclamer !". On a le sentiment que les frères sont assez méprisants à l’égard de Jésus et lui dit : "Ecoute, arrête ton truc, arrête ton char… fais ça et tout le monde va t’acclamer, tout le monde va le voir !" En fait, ça devrait être l’inverse : c’est Jésus le boss, c’est lui le Seigneur, c’est lui le maître ! Et c’est lui qui devrait dire à ses frères quoi faire, c’est eux qui devraient demander : "Qu’est-ce ce que tu penses ? Qu’est ce qu’il faudrait faire ? Qu’est-ce que tu vas faire ? Pourquoi tu devrais faire ça ?" Mais la manière dont ils l’abordent, montre qu’il y a une question de leadership, qui est très inappropriée, et il n’appartient pas à Jésus de répondre à leurs sollicitations de cette manière.

Troisièmement, il y a une question de humble divinité. Et ça, j’ai un peu abordé la question (je citerai ce podcast tout à l’heure) mais Jésus a toujours été omniscient, mais il n’a pas toujours utilisé de son omniscience. Il a toujours été omnipuissant, mais il n’a pas toujours utilisé son omnipuissance, pendant son incarnation ! C’est le cas avant et après, bien sûr ! Mais pendant son incarnation, il a choisi de se dépouiller de sa gloire. Personne ne pouvait voir qu’il était le Dieu créateur. Il s’est dépouillé de sa gloire et il avait les qualités et les attributs de la divinité, mais il ne l’a pas toujours exprimé, de façon constante. Donc parfois, il attend du Père une information ou il attend du Père une instruction pour faire quelque chose. Et là, il y a vraiment plutôt la confiance humble de Jésus, qui s’attend à faire ce que Dieu veut. Au moment où il prononce les paroles qu’il prononce, il est totalement clair dans sa tête qu’il ne va pas suivre les conseils de ses frères. Puis il y a une réorientation qui vient du Père et qui a un objectif beaucoup plus pertinent.

Et ça nous a conduit à la quatrième remarque, la question du timing opportun. Il y a un mot-clé qui explique ce qui se passe. Au verset 8, il est dit que le moment n’est pas opportun. Dans le grec, il y a deux mots pour parler du temps : il y a le temps "chronos", chronologique, c’est-à-dire le déroulement du temps. Puis il y a le temps "kairos", le moment opportun, le bon moment. En fait, ce n’était pas le bon moment pour que Christ monte. Quelque temps plus tard, c’était le bon moment. Donc il n’y a pas de contradiction, il ne dit pas : "Non, je veux pas y aller !", "Ah puis finalement, je vais y aller !". "Je n’y vais pas encore". C’est pour ça que l’addition a été fait dans les manuscrits. C’est pas le moment opportun, le "kairos", le moment où ce serait pertinent.

En fait, il y a aussi une dernière remarque. C’est que, on est ici dans un contexte qui est très clairement orienté sur la mission de Jésus sur cette terre. Je te cite cette remarque de Carson, que je tire de son Evangile de Jean. Malheureusement, je ne l’ai qu’en anglais sur mon ordinateur, donc je ne peux pas citer le français tel qu’il a été publié chez Excelsis, mais voilà ce que le commentaire dit :

< < Les manuscrits anciens sont divisés entre "je ne monte pas encore (oupo) à cette fête" (SER), et "je ne monte pas à cette fête" (NBS). Le mot oupo a peut-être été une correction scribale pour corriger la difficulté évidente du v. 10 : Jésus finit par y monter. Mais même si la lecture ouk (‘pas’) est correcte, la difficulté est superficielle parce que le contexte offre une condition. La réponse de Jésus à ses frères n’est pas qu’il prévoit de rester en Galilée pour toujours, mais que parce que sa vie est régulée par les rendez-vous que décrète son Père céleste, il ne se rend pas à la fête quand eux disent qu’ils doivent le faire. Le conseil du méchant (Ps 1. 1) ne peut dicter son emploi du temps. Son affirmation négative répond à la demande de ses frères. Cela ne promet pas qu’il n’ira pas à la fête, lorsque le Père autorisera ce déplacement. > > (D. A. Carson, The Gospel according to John, The Pillar New Testament Commentary (Leicester, England ; Grand Rapids, MI : Inter-Varsity Press ; W. B. Eerdmans, 1991), 309.

Donc tu vois, il n’y a pas du tout de questions de contradictions ou de mensonges dans ce qui se passe. Alors, si tu veux creuser la question, je te recommande la lecture du livre de Mark Jones, Connaître Christ, qui est un livre remarquable sur la personne du Christ et toutes les difficultés de son humanité et de sa divinité. C’est vraiment un livre pertinent à la lecture.

Et puis je pense à l’un des podcasts qui moi m’a le plus touché, enthousiasmé, en quelque sorte. Enfin, c’est un de ceux, en tout cas, que j’ai aimé réaliser. C’est le podcast 137 qui touche un peu cette question : si Jésus est Dieu pourquoi ne connaît-il pas l’heure de son retour ? Sous cette question de ce jeu entre l’omniscience et une connaissance restreinte pendant son humanité.

Alors manifestement, ça répond à la seconde partie de ta question : non, Jésus n’a pas menti et on ne peut pas en tirer grand-chose sur le mensonge !

Tu poses une autre question : est-ce que le mensonge est parfois possible, sans que ce soit un péché ?

Certains l’affirment, et ils en prennent pour preuve le mensonge de Rahab pour protéger les espions.

Il y a d’autres lignes d’arguments qui sont utilisés dans l’Écriture, par exemple les tromperies que Dieu permet pour des attaques militaires etc.

Ceci dit, la Bible est explicite pour dire que Dieu ne ment pas et que ça, c’est le fondement de ce que doit être l’éthique du chrétien. Ce que Dieu est, Sa Sainteté, ça doit être le fondement, le point de départ et le point de repère (Tite 1. 2, il est le Dieu qui ne ment pas.)

Et la liste des fautes que les prophètes bibliques reprochent souvent au peuple, inclut le mensonge. C’est également le cas dans le Nouveau Testament. Je te lis, par exemple, Osée 4. 1–2 : "Écoutez la parole de l’Éternel, fils d’Israël ! Car l’Eternel a un procès avec les habitants du pays, Parce qu’il n’y a point de fidélité, point de loyauté, point de connaissance de Dieu dans le pays. Il n’y a que parjures et tromperies, assassinats, vols et adultères ; on use de violence, on commet meurtre sur meurtre." Tu vois, lorsqu’il est question de parjure et de tromperie, c’est vraiment la question du mensonge qui est au centre, et qui est le reproche qu’adresse Osée à son peuple.

Le dictionnaire Emmaüs, le dictionnaire biblique Emmaüs, explique pourquoi ça ne peut pas être considéré comme acceptable. L’opposition biblique au mensonge trouve son origine dans la personne même du Seigneur. Dieu est appelé le seul vrai Dieu (Jean 17. 3) ; Jésus, la vérité (Jean 14. 6) ; le Saint-Esprit, l’Esprit de vérité (Jean 16. 13) ; la Parole, la vérité (Jean 17. 17). Dieu ne ment point (Tite 1. 2 ; Hé 6. 18), alors que Satan est menteur et le père du mensonge (Jean 8. 44) et qu’à la base du péché humain réside la volonté de changer la vérité de Dieu en mensonge (Romains 1. 25).

Tu vois, parmi la liste des péchés qui sont la base du jugement de Dieu, tu sais que nos péchés nous condamnent et que nos bonnes œuvres ne nous rachètent pas. Il n’y a pas une sorte de balance, à la fin des temps, avec d’un côté nos péchés et de l’autre côté, nos œuvres bonnes. Nous sommes condamnés par nos péchés, les œuvres bonnes sont simplement les choses tellement légères et que nous faisons souvent dans un cœur tellement égoïste, que c’est un poids plume par rapport aux tonnes qui pèsent sur la balance du côté des péchés.

Donc nous sommes condamnés par nos œuvres, nous ne sommes pas sauvés par nos bonnes œuvres, mais nous sommes sauvés par la grâce et par la foi qui est en Jésus-Christ. Quand Dieu veut mettre l’accent sur le péché que nous commettons, dans ces listes et les listes qu’il mentionne, il y a le mensonge. Par exemple Apocalypse 21. 8 "Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les débauchés, les magiciens, les idolâtres et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang brûlant de feu et de soufre : cela, c’est la seconde mort." Whoa, aucune ambiguïté là-dessus vis-à-vis du mensonge.

Et Apocalypse 22. 15 : "Dehors les chiens, les magiciens, les débauchés, les meurtriers, les idolâtres et quiconque aime et pratique le mensonge !"

Donc ça rend difficile de pouvoir valider une éthique où le mensonge aurait une place légitime. Je crois que l’Écriture ne nous permet pas d’avoir ce genre de posture en disant que le mensonge peut parfois être utile ou nécessaire.

Maintenant, la réalité, c’est que nous avons tous menti. Nous sommes tous menteurs, parfois nous disons des demi-vérités, parfois nous sommes pas totalement clairs sur nous-mêmes. Cela invite justement à réaliser que, à cause de ça, la même condamnation, que je viens d’évoquer, est sur l’ensemble des êtres humains. Mais ça doit nous conduire à réaliser que nos cœurs sont vraiment loin d’un Dieu saint, nos cœurs sont vraiment éloignés de la perfection morale de Dieu, et que ça, ça nous condamne.

Alors la bonne nouvelle, c’est que Jésus-Christ est venu pour faire l’expiation de nos péchés. Quand il meurt sur la croix, il devient mensonge pour nos mensonges. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est 2 Corinthiens 5. 21 qui dit "qu’il est devenu péché pour nous". "Il a pris la malédiction" nous dit Galates, que nous méritions, c’est lui qui l’a prise. Et donc il devient mensonge pour les mensonges que nous avons commis, et Dieu le Père frappe le Fils pour que tous les menteurs soient pardonnés. De mon côté, je dis ‘alléluia’ parce que je confesse, malheureusement, hélas, hélas et trois fois hélas, que le mensonge a, parfois, fait partie de mes propos. Je ne peux même pas m’engager à dire que jamais plus je mentirais, parce que je veux pas être comme l’apôtre Pierre qui s’engage et qui ensuite, testé par le feu de la tentation, doit s’écrouler, le nez par terre.

Donc, on est vraiment de ceux qui sommes séparés de Dieu en tant qu’humanité. Mais, si tu écoutes ce podcast, si tu es un peu choqué et surpris de la condamnation si forte pour le mensonge – nous sommes pas une grande chose, mais c’est une grande chose parce que le péché nous éloigne de Dieu et nous éloigne de la qualité morale et de la perfection que Dieu a – la bonne nouvelle, c’est que nous pouvons nous confier dans un Dieu qui est mort pour nos péchés, en sorte que, alors que nous admettons nos manquements, alors que nous admettons que nous avons failli, il est celui qui peut nous relever. Parce qu’il est mort sur la croix pour nous, parce que son sang a coulé comme expiation pour couvrir, en quelque sorte, les choses méchantes et mauvaises qui sont dans notre cœur.

Et il nous donne, gratuitement et par la grâce, un plein pardon. La Bible dit que "c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu" (Éphésiens 2 : 8). Nous ne pouvons que recueillir la grâce d’un pardon qui couvre nos mensonges, et nous ne pouvons, en aucun cas, justifier nos mensonges parce que souvent, en fait, nous cherchons à nous protéger plutôt qu’à prononcer la vérité dans tout ce qu’elle est.

Voilà, j’espère avoir répondu à ta question, que ça te pousse dans les bras de notre Sauveur, en l’admirant pour Sa sainteté et Sa perfection, et en cherchant à vivre une vie qui le reflète.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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