Si Jésus est Dieu, pourquoi la Bible dit-elle qu’il est assis à la droite de Dieu? (Épisode 7)

On a reçu plusieurs questions tournant autour du même sujet. Episode 7 aborde la divinité de Jésus et la Trinité par la question précise: "Si Jésus est Dieu, pourquoi la Bible dit qu'il est assis à la droite de Dieu?"

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Transcription :

« Cette transcription vous est proposée par les bénévoles de Toutpoursagloire.com. Nous cherchons à garder le style oral des épisodes pour ne pas déformer les propos des intervenants. De même, nous rappelons que ces transcriptions sont une aide mais que les paroles de l’auteur (podcast et vidéo) restent la référence. Cependant, n’hésitez pas à nous signaler toutes erreurs ou incohérences dans cette transcription. Vous pouvez aussi en savoir plus ici pour rejoindre notre équipe de transcripteurs. Merci d’avance. »

La question est la suivante : Si Jésus est Dieu, pourquoi est-il dit dans la Bible qu’il est assis à la droite du Père ? C’est une excellente question qui nous invite à la réflexion : comment savoir à quoi ressemble Dieu, qui est-il, quels sont ses aspects, ses caractéristiques, ses qualités ? Alors, le dieu du judaïsme est un dieu de monothéisme strict, c’est-à-dire qu’il ne permet pas une notion de trinité. C’est également la conception de l’Islam. Les religions orientales, quant à elles, oscillent entre panthéisme (Dieu est tout et tout est Dieu) et le polythéisme (une multitude de divinités). Quant à nous qui sommes chrétiens, nous croyons en un Dieu trinitaire, c’est-à-dire qu’il n’y a qu’un seul Dieu mais que ce Dieu est de toute éternité en trois personnes. Ce que contestent évidemment les témoins de Jéhovah, les Mormons et un certain nombre de mouvements qui se disent d’inspiration chrétienne biblique. Alors je repose la question : comment répondre à cette question de façon pertinente et biblique ?

Notre perspective en tant que chrétiens sera de regarder à la Bible. On n’invente pas Dieu, on ne le définit pas comme on a envie de le définir, on le reçoit tel qu’il se présente, tel qu’il se décrit dans les Écritures. Autrement, on crée un Dieu à notre image. Et nous avons été créés à son image. Ce n’est pas à nous de le créer à notre image et de réfléchir à lui dans les termes qui seraient propres à notre façon de penser.

Alors je vais revenir à la question et la réponse est toute simple. Dieu est trinitaire et donc, il est absolument légitime et compréhensible que le Fils soit à la droite du Père parce que le Fils n’est pas le Père, le Père n’est pas le Fils, le Fils n’est pas l’Esprit, l’Esprit n’est pas le Fils, l’Esprit n’est pas le Père, etc. Il y a un Dieu, trois personnes pour qu’il y ait une distinction à réaliser. Alors la question devient donc : est-ce que l’on peut trouver ça dans l’ensemble des Écritures ? Dans l’ensemble des Écritures, peut-on recevoir cette notion d’un Dieu trinitaire à partir de l’Écriture ? 
Alors l’Ancien Testament a des indices de cette réalité. Lorsque Dieu déclare « Faisons l’Homme à notre image » en Genèse 1 v 26, le pluriel indique plusieurs référents. Avec Dieu, le plus proche, c’est l’Esprit qui planait au-dessus des eaux. Ce qui suggère l’idée d’une existence plurielle en Dieu. « Faisons l’homme à notre image », il y a le nom même de Dieu « Elohim » qui est un composé pluriel, un mot qui évoque une certaine pluralité. On a également des dialogues surprenants dans l’Ancien Testament, par exemple le Psaumes 110 que Jésus cite : « Oracle de l’Éternel à mon Seigneur : « assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied ». Ce qui est intéressant ici, c’est que vous avez l’Éternel qui parle à l’Éternel, qu’il considère comme son Seigneur. D’ailleurs Jésus va utiliser cette citation pour parler de lui. Et l’on se dit qu’effectivement, on a même dans l’Ancien Testament, en Genèse, l’Éternel qui fait tomber du feu de l’Éternel. Lorsque l’on connaît cette histoire du jugement de Sodome et Gomorrhe, on sait qu’il y avait l’ange de l’Éternel qui marchait et qui se préparait à faire venir ce jugement sur la ville de Sodome et Gomorrhe. Et lui, l’Éternel, fait venir de l’Éternel du feu. Donc on a ces dialogues, cette activité au sein même de Dieu qui distingue les personnes de Dieu. Dans l’Ancien Testament, on voyait clairement l’ange du Seigneur que Dieu envoie pour guider Israël. Et il porte en lui le nom du Seigneur et Israël doit lui obéir (Exode 23 v 20 à 23). Or, cet ange reçoit l’adoration de Josué (Josué 5 v 13 à 15) et il est même identifié au Seigneur même lorsqu’il défend Zacharie des accusations de Satan (Zacharie 3). Enfin, on peut remarquer que le Messie promis est annoncé à la fois comme un Fils donné et comme le Dieu puissant, le Père Éternel, le Prince de la paix. Quelque chose qui nous invite à l’émerveillement : Dieu va devenir homme, prendre une condition d’être humain. Quant à l’Esprit, il est omniprésent (Psaumes 139) et il est à l’origine de la vie (Job 33 v 4). Donc on a les caractéristiques, les qualités de Dieu qui sont associées au Saint-Esprit. Donc, de nouveau, nous voyons selon Deutéronome 6 v 4 que « Écoute Israël ! Le Seigneur, notre Dieu est un ! », nous comprenons que ce Seigneur est un, et dans son existence, dans son essence, pluriel. Ça, c’est pour l’Ancien Testament. J’ai parlé d’un faisceau d’indices, ce n’est pas absolu comme preuves.

Mais avec le Nouveau Testament, les choses sont évidemment très claires. Jésus-Christ, par ses oeuvres, démontre sa divinité, notamment l’autorité de pardonner (Marc 2 v 7), la manière dont il gère la nature en calmant l’orage, la manière dont il chasse les démons, la manière dont il guérit. L’abondance des guérisons qui a lieu démontre sans aucun doute qu’il est véritablement le Dieu incarné. Jésus a suscité et accepté l’adoration que Dieu seul peut recevoir (Matthieu 28 v 7, Jean 5 v 23, Jean 20 v 28). Si Jésus n’était pas Dieu, il se serait empressé d’empêcher les gens de l’adorer. Donc on voit à quel point il était attaché à cette réalité. Il affirme lui-même son unité avec le Père, ce qui a déclenché la colère des religieux (Jean 10 v 30 et 31). Lorsqu’il se présente à ceux qui l’arrêtent, il leur lance un « Je suis » qui rappelle le nom sacré du Seigneur. On voit en Exode 3 v 14 le parallèle avec Jean 18 v 6. Les apôtres, quant à eux, n’ont jamais hésité à affirmer la divinité de Jésus. Jean parle de la Parole incarnée, qu’elle est Dieu (Jean 1 v 1, Jean 1 v 14), Paul déclare explicitement que Christ est le Dieu béni éternellement (Romains 9 v 5), Il est le Créateur (Colossiens 1 v 16). Il parle également du grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ (Tite 2 v 13). On pourrait continuer, il y a de nombreuses expressions de ce genre.

La divinité de l’Esprit est pareillement attestée. J’entends parfois les témoins de Jéhovah dire que le Saint-Esprit est la force agissante de Dieu. Mais je remarque que lorsque Pierre reproche à Ananias et Saphira leur mensonge, il leur dit qu’ils ont menti non pas à un homme mais à Dieu et également, un peu plus loin, qu’ils ont menti à l’Esprit saint. Dans la pensée de Pierre, mentir à l’Esprit saint, mentir à Dieu est une expression équivalente (Actes 5 v 3-4). Paul également identifie l’Esprit au Seigneur (2 Corinthiens 3 v 16 et 17), seul capable de sonder Dieu dans son immensité (1 Corinthiens 2 v 10). C’est très intéressant cette idée parce que Dieu est un être infini mais si c’était un être fini, on pourrait en faire le tour mais c’est un être infini par rapport à nous ; il est au delà de nous, bien au delà de nous. Paul dit que le Saint-Esprit sonde les profondeurs de Dieu, c’est-à-dire que sa connaissance de Dieu est complète, ce qui ne sera jamais le cas de tout ce que Dieu a créé. Nous aurons une connaissance approximative, certes grandissante de Dieu, mais jamais complète. Et puis l’apôtre Paul présente le Dieu qui habite l’Église, son peuple, par son Esprit (1 Corinthiens 3 v 16-17). Les témoins de Jéhovah suggèrent que ce ne serait qu’une force mais une force ne sait pas intercéder (Romains 8 v 26-27), une force n’est jamais attristée (Éphésiens 4 v 30) et elle ne peut choisir d’accorder un don à un individu ; c’est ce que le Saint-Esprit fait, il nous donne à chacun des dons (1 Corinthiens 12 v 7 et 11). Et lorsque Jésus parle de l’Esprit, il en parle comme un défenseur qui serait comme lui, cet autre défenseur. Le mot utilisé en grec implique une équivalence formelle de qualités et donc, le Saint-Esprit est de même qualité, de même essence que lui, et nous avons là une affirmation très solide de la qualité divine du Saint-Esprit.

Je termine avec un survol de quelques formules trinitaires. La plus connue est le commandement de baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. C’est difficile de ne pas avoir ici, un rang égal sur chacun de ces noms : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il n’est pas dit « au nom de Dieu ». C’est quelque chose qui place chacun en un même rang. On observe également en Éphésiens 4 v 4 à 6 dans lesquels l’apôtre Paul propose aux chrétiens d’agir avec piété, avec unité en s’inspirant de l’exemple, en quelque sorte, trinitaire. Il est écrit ici : un seul esprit, un seul Seigneur, un seul Dieu et Père. Donc, on a cet élément des trois personnes de la Trinité qui oeuvrent ensemble. Nous avons également cette formule trinitaire de 2 Corinthiens 13 v 13 : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! ». Donc les données bibliques révèlent bien un Dieu unique qui existe en 3 personnes donc il est très facile de répondre à cette question de départ : Si Jésus est Dieu, pourquoi est-il à la droite du Père ? Parce qu’il est Dieu et distinct du Père. C’est l’un des mystères probablement que nous admirerons pendant l’éternité. Mais je voudrais souligner que c’est un mystère qui fait sens. Pourquoi ? Parce que l’une des qualités de Dieu est qu’il est amour, ce que nous dit l’apôtre Jean. Ce n’est pas sa seule qualité, ce n’est pas sa qualité principale, mais Dieu est amour. Dieu est amour, cela veut dire qu’il n’a pu exercer son amour qu’à partir du moment où il a créé, s’il est seul. Donc il a passé l’éternité passée, si on peut se représenter l’éternité passée, seul à s’aimer lui-même ? Cela n’a pas de sens. Et le fait que Dieu existe de lui-même de toute éternité en tant que Dieu trinitaire fait qu’il connaît, de toute éternité, l’expérience de l’amour. Et lorsqu’il crée, ce n’est pas pour pouvoir exprimer de l’amour qu’il avait besoin d’exprimer car il n’y avait personne pour en profiter, mais il crée parce qu’il exprime ce qui existe déjà dans la Trinité. Et un amour qu’il cherche à communiquer, à partager. La Trinité, non seulement fait sens, mais c’est une nécessité pour pouvoir dire, de façon juste que Dieu est Amour.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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