Comment tenir le confinement à plusieurs? (Épisode 219)

Le confinement se prolonge, et rester enfermé avec d'autres personnes sur une longue période peut devenir compliqué... Florent Varak est accompagné de Matthieu Caron afin de nous donner des conseils bibliques pour ne pas gaspiller ce confinement!

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« Cette transcription vous est proposée par les bénévoles de Toutpoursagloire.com. Nous cherchons à garder le style oral des épisodes pour ne pas déformer les propos des intervenants. De même, nous rappelons que ces transcriptions sont mises à disposition mais que les paroles de l’auteur (podcast et vidéo) restent la référence. N’hésitez cependant pas à nous signaler toutes erreurs ou incohérences dans cette transcription. Merci d’avance. »

Florent Varak: Bonjour à tous!

Je suis heureux d’accueillir Matthieu Caron qui est spécialiste en relation d’aide et nous allons aborder, pendant ce podcast et le suivant, 2 questions: comment faire face au confinement, notamment dans les aspects relationnels qui rendent la vie compliquée? Ou comment faire face au confinement dans la solitude, avec le désespoir que parfois les gens expérimentent dans ce contexte de solitude?

Matthieu, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques minutes?

MC: Oui, certainement! C’est un plaisir pour moi d’être ici avec vous virtuellement. Je m’appelle Matthieu Caron, je suis conseiller biblique au Québec pour la fondation du Counseling Biblique. J’ai le privilège également de travailler auprès de frères et sœurs européens une fois par an. Je suis également pasteur à l’Église évangélique baptiste de Shawinigan-Sud.

FV: Alors maintenant, vous pouvez comprendre pourquoi je lui ai demandé d’intervenir sur cette plateforme. Nous en France, nous entrons dans notre 7e ou 8e semaine de confinement. Ça crée vraiment des situations un peu nouvelles et un peu particulières.

Avec mon épouse, nous habitons à la campagne. Il y a notre fille, son mari et leurs enfants qui nous ont rejoint au début de ce confinement. On est dans un regroupement quelque peu inhabituel pour nous, pour une si longue durée mais on a un jardin! Mais je pense à des gens qui sont dans un appartement, en famille, depuis 7 à 8 semaines, et pour qui il y a un stress particulier qui monte. On sait, malheureusement, qu’il y a des comportements terribles. J’espère pas trop dans les familles chrétiennes mais ça peut peut-être arriver, de violences parfois à l’égard des enfants qu’ils n’arrivent pas à maîtriser. Il y a parfois des violences conjugales qui ont lieu et aussi une montée de l’alcoolisme, me dit-on, de l’utilisation de la pornographie et toutes ces choses… Sans parler de ces extrêmes -on pourra quand même en parler si tu estimes que ce serait utile- mais, déjà, qu’est-ce que tu poserais comme bases bibliques, comme conseils bibliques, à une famille qui vit dans un confinement, dans un rapprochement forcé si long, pour bien vivre leurs journées et bien gérer ces frustrations?

MC: On peut peut-être, d’entrée de jeu, mentionner qu’il y a 2 raisons pour lesquelles je vais répondre d’une manière plutôt générale et fondamentale à cette question. La première, c’est que, en Amérique, nous sommes bénis par une abondance d’espace, autant dans nos maisons, nos appartements qu’à l’extérieur, beaucoup, beaucoup d’espace. Je suis fort conscient que la situation en Europe, certainement en Asie et ailleurs, est beaucoup plus confinée que moi ou mes proches peuvent le vivre.

FV: C’est ça! Nous, on est comme des sardines parfois; vous, vous avez vraiment…

MC:…beaucoup d’espace! Deuxièmement, je crois que peu importe le contexte. Est-ce que je l’ai expérimenté? Dans ma vie personnellement, et je l’ai vu dans la vie de plusieurs frères et sœurs que j’ai eu le privilège d’accompagner dans des séances de counseling biblique, les principes qui nous donnent la force de traverser des situations difficiles, sont des principes qui transcendent les cultures, les contextes géographiques, les époques…, ce sont les principes bibliques. Ces 2 remarques préliminaires étant faites, moi je dirais que, pour tous frères et sœurs qui traversent des moments plus difficiles, pour toutes personnes, incroyants peut-être qui écoutent ce podcast et qui traversent également des périodes de confinement, moi j’aimerais dire que c’est important de toujours réexaminer particulièrement en période d’instabilité, les présupposés qui nous amènent à être malheureux. Je crois que, sans vouloir être théorique, être celui qui a beaucoup d’espace et puis qui parle de platitudes théologiques, je crois sincèrement qu’il y a un présupposé très occidental, autant en Amérique du Nord qu’en Europe (on est très individualiste comme société), qu’on a besoin d’avoir une bulle, un espace à nous où on peut se « retrouver », peu importe ce que ça peut vouloir dire pour une personne ou pour une autre. Et puis je crois qu’il y a un grand nombre de personnes en Amérique du Sud, en Asie, probablement en Afrique, qui n’ont pas le degré de souffrance que nous avons quand ils sont confinés, parce qu’ils ne croient tout simplement pas que ça leur cause préjudice.

FV: Ce que tu dis, c’est qu’il y a déjà une attente préalable qui nous prépare à la souffrance. « J’ai besoin de cette bulle, on m’en prive donc je suis forcément dans une situation de privation, de malheur! »

MC: Oui! Je crois que c’est une grâce, les commodités, l’espace que l’on peut avoir. Il faut rendre grâce à Dieu pour ça, ce n’est pas mal en soi. Rattachés à toute bénédiction de Dieu, plus la culture, ce ne sont pas de mauvais éléments. Mais ça peut nous amener à développer des présupposés erronés, des petites erreurs, des petites fausses croyances. Des croyances fondamentales erronées peuvent nous donner un bon lot de souffrances. C’est déjà, peut-être, un encouragement que je veux offrir aux personnes qui sont confinées: il est possible de s’épanouir, d’être heureux, dans un espace clos, parce qu’un grand nombre de personnes chrétiennes et non-chrétiennes le vivent un peu partout dans le monde, dans d’autres lieux, dans d’autres époques. C’est une première remarque qui aide.

FV: Excellent! Généralement, il y a une pression qui augmente quand on est plusieurs dans un espace plus réduit. Parce que, finalement, le péché du cœur s’exprime davantage, et la réponse aux péchés des autres n’est jamais excusable. Elle facilite l’émergence de ce qui est dans notre propre cœur. Comment est-ce que l’on aborde la pression que cette situation -quand même- fait peser, lorsqu’on prend conscience que finalement, ce n’est pas le contexte qui me rendra heureux ou malheureux?

MC: Je crois que, outre la remise en question de notre présupposé face à la pression, là bien réelle, bien tangible (qu’elle soit légitime ou non, la pression est là quand on est en espace clos!), je crois qu’il y a 2 promesses bibliques qui sont très précieuses. La première, c’est une promesse que nous connaissons probablement tous, Rm 8.28, la providence de Dieu: « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. »

Si Dieu permet une souffrance, dans notre vie, et il y a une souffrance, légitime ou non, dans le confinement, dans un espace clos… Si Dieu le permet, c’est qu’il a un agenda de rédemption, un agenda de gloire pour notre vie et/ou pour la vie des autres. Dieu ne permet jamais qu’il y ait une souffrance qui survienne qu’il aurait pu éviter dans son plan de rédemption. Quand Dieu permet une souffrance dans notre vie, c’est parce que c’était dans le cadre du plan optimal pour sa gloire, pour la rédemption. Il y avait pas de meilleur moyen moins souffrant de procéder. C’est très important de s’en rappeler: Dieu est au contrôle, il n’y a aucune souffrance inutile qui survient. Dieu sait ce qu’il fait! Si nous étions capables de voir la gloire et la beauté de ce que Dieu est en train de faire, nous serions probablement très très appréciatif de cet événement douloureux-là que nous vivons. Ça, c’est important de s’en rappeler!

FV: C’est en quelque sorte une deuxième gymnastique, dans son cœur être renouvelé dans son intelligence, de se fonder sur des promesses. Donc l’enfant qui m’irrite dans la même pièce dans laquelle je dois travailler, c’est ce que Dieu veut utiliser pour mon bien quelque part. Et c’est ça que je dois intégrer.

MC: C’est le plan A de Dieu, son plan optimal, le meilleur plan! Ce qui est le meilleur, selon Dieu, c’est le meilleur!

Vous savez, je crois que c’est important de se rappeler que notre culture nous a conditionnés comme croyants et comme croyantes, à prendre un temps de culte personnel avec Dieu, seuls, les yeux fermés et sans être déconcentrés. Les premiers chrétiens qui étaient en prison, qui se cachaient dans des catacombes sous la persécution romaine, les croyants en prison, les croyants qui durant la Seconde Guerre mondiale étaient dans des camps de concentration, entassés comme des animaux dans des dortoirs, etc, ces gens-là ont pour plusieurs eu des témoignages de gloire incroyable qui ont traversé les générations d’après. Tout le monde était surpris de voir leur aspect joyeux, leur résilience surnaturelle.

Je veux souligner une chose: c’est important de réaliser que, oui, il y a des promesses, il y a des principes théologiques qui rationnellement parlent à notre raison mais nous devons, dans des situations où notre ordinaire est bouleversé, réapprendre à nous connecter avec Dieu différemment. Je m’explique: je veux dire peut-être que pour certaines personnes, il ne sera plus possible de faire un temps avec Dieu de prière et de lecture des Écritures, seules, sans avoir de bruit; peut-être qu’il ne sera même plus possible de le faire sans qu’il n’y ait d’autres personnes dans la pièce (peut-être que ça va être avec du bruit); peut-être même qu’il y a des gens qui n’auront pas ce loisir-là et qui ont des déficits d’attention, qui ont des problématiques très réelles, peut-être qui ont des enfants avec des problèmes d’hyperactivité et qu’eux-mêmes ont des déficits d’attention…

Il peut y avoir des cocktails que Dieu permet à sa providence, qui ne sont pas faciles, qui vont nécessiter pour les gens d’être très créatifs dans leur manière de prendre du temps avec Dieu. Peut-être qu’ils vont devoir lire à voix haute. On sait que c’est un truc qui aide les gens qui ont des déficits d’attention, peut-être qu’ils vont devoir, comme certains missionnaires étaient célèbres face à cela, devoir apprendre à faire certaines choses de nouveau (un peu comme le roi David priait dans les veilles de la nuit); peut-être que Dieu veut utiliser ce témoignage public de piété qui n’est pas avec une intention de gloire, ou de vouloir bien paraître devant les autres, mais qui est inévitable. Peut-être que Dieu va l’utiliser pour édifier des gens, pour amener à la conversion d’autres personnes. Dieu est souverain. Il va falloir certainement réapprendre à être fidèle dans les Écritures, dans notre relation avec Dieu, dans la manière dont nous la cultivons, dont nous travaillons notre salut avec crainte et tremblement. Ça c’est important de le garder en tête.

FV: Oui c’est ça. Ce sont effectivement des principes universels qui sont indépendants de situation de confinement ou autres, d’avoir une théologie juste de la souveraineté de Dieu, de se nourrir de la pensée de Dieu quelles que soient les circonstances, avec le petit peu que l’on peut rassembler mais qui est aussi significatif, quelles que soient les circonstances.

Alors, maintenant, il y a quand même ce sentiment d’épuisement et de lassitude qui fait que les tempéraments sont un peu plus vifs. Qu’est ce que tu dirais à quelqu’un, conscient quand même de ces choses-là, qui a tendance à être un peu plus irrité ou irritable dans ses réactions, et qui se dit: « Comment est-ce que je peux faire face à ce débordement en moi qui fait de la peine, et qui cause de la peine et de la souffrance à ceux qui m’entourent? »

Qu’est-ce que tu donnerais comme conseil, en plus de refonder et de revisiter ces fondamentaux absolument essentiels?

MC: La réponse que nous devons avoir face à nos péchés est toujours la même: peu importe le nombre de péchés et la fréquence, peu importe si ce péché-là est très caché, peu apparent, ou s’il devient dérangeant pour l’entourage. Malheureusement, c’est un objet de tristesse pour l’entourage. La réponse doit être une réponse de repentance. La repentance, c’est d’être désolé -mais à cause de Dieu- face à nos fautes. C’est de se détourner de notre péché, pour se tourner vers Dieu. C’est à travers la confession et la prière. Je crois que, peut-être, Dieu aura-t-il un agenda pour nous. Une quantité de démarches de repentance beaucoup plus élevée qu’à l’habitude parce qu’il y a quelque chose caché dans notre cœur qui est invisible, mais dans un espace clos, tu l’as bien dit Florent, les choses les plus invisibles deviennent soudainement très apparentes. Il y a des idoles au niveau du confort, un manque d’amour envers les autres, un manque de patience, un manque de douceur qui soudainement deviennent exacerbés, un peu comme un croyant très pieux qui soudainement a un trauma crânien, fait un accident de voiture et puis devient extrêmement colérique. Il se met à jurer après des frères et des soeurs pour des peccadilles. Les gens se disent: « Pourtant, sa théologie n’a pas changé, sa personnalité, son identité non plus… Le péché n’a pas augmenté, la tache d’Adam n’a pas augmenté durant l’accident de voiture. » L’accident de voiture n’est pas un élément qui change la manière dont la chair, la présence du péché est dans le cœur d’un homme ou d’une femme. Mais des choses cachées sont soudainement moins inhibées, elles sont simplement plus apparentes. C’est important de réaliser cela!

FV: Oui, c’est ça, moins d’inhibition! Je peux totalement m’identifier parce que bien sûr on a une tendance, depuis Gn 3, à dire « c’est à cause de la femme que tu as mise à mes côtés » ou « c’est à cause du serpent qui se baladait par là. » Ce que ce que tu dis c’est « non, non », ça commence par réaliser que sa réaction, elle a pour origine son propre cœur et qu’il faut l’amener à la croix dans la repentance. Une fois par jour? 10 fois par jour? 100 fois par jour?

MC: Aussi souvent que Dieu amène à notre attention un péché, une idole, nous devons aller dans la repentance; et à l’inverse, aussi souvent que nous serons attristés, blessés face au péché des autres: on retourne la situation de côté, parce que dans le confinement on peut blesser des gens, mais nous on peut être blessés aussi, sans que nous n’ayons nullement péché! Là il y a une opportunité nombreuse de faire des démarches de foi, de repentance mais de foi; des opportunités de pardonner sur la base de l’Évangile, sur la base du pardon que Dieu nous a donné. Il y a donc une grande opportunité de croissance dans les épreuves. J’aimerais bien mieux grandir dans le confort et puis sans épreuves. Dieu fait les choses, ses plans sont parfaits.

Il y a une opportunité! Et c’est très important de réaliser que, pour utiliser une terminologie que John Piper utilise souvent, il ne faut pas gaspiller notre épreuve au final.

FV: Oui, c’est ça! C’est intéressant parce que le regard effectivement change. Lorsque l’autre m’offense, ce que tu dis, c’est que c’est une occasion dorée de pouvoir apprendre la grâce que l’on accorde. On ne peut apprendre l’amour tel que Dieu le voudrait, que dans ces situations-là. Bien sûr, c’est très compliqué parce qu’on aimerait être quelqu’un d’aimant naturellement, mais c’est que dans ces situations (où nous ne sommes pas aimés) que l’on voit à quel point on n’est pas très aimants, finalement, et qu’on a besoin de l’exemple de la grâce de Dieu. C’est vraiment fascinant!

Écoute, je te remercie parce que j’espère que ce sont des pistes qui seront utiles. Une dernière question sur cette thématique: on prend conscience de nos faiblesses, de nos failles plus facilement sous pression. Qu’en est-il dans la relation à l’autre? Faut-il l’évoquer, en disant: « Aujourd’hui, j’ai réalisé, j’étais plus irrité à ton encontre et ce je veux dire, ça vient de moi, je te demande pardon »? Ou est-ce qu’il faut simplement le gérer vis-à-vis de Dieu, sans forcément, peut-être même trop régulièrement, aborder la question avec ceux ou celles avec qui on est en relation?

MC: Par rapport à la repentance, le modèle biblique… rien qu’à partir des démarches de repentance, autant les faire de la manière dont Dieu l’entend! Nous voyons dans la Bible que les démarches de repentance sont souvent très publiques: les gens prennent le sac, la cendre, déchirent leurs vêtements en signe de désolation, ils confessent à l’entourage… A mon sens, le pardon est accordé par Dieu, ultimement. Mais tout ce dont les gens aux alentours -tout ce dont ils sont exposés, tout ce dont ils sont témoins- je crois qu’il est important à l’intérieur de la démarche de repentance, de confesser d’une manière très verbale comme dans Marc 1 avec des gens qui vivaient le baptême de la repentance avec Jean-Baptiste, donc de verbaliser non seulement les fautes, mais comme un Dieu bon. C’est bon l’Évangile! La repentance, ce n’est pas seulement de se détourner de ses péchés, c’est très important de se tourner vers Dieu aussi, il y a 2 parties. Je crois que c’est aussi important de ne pas hésiter, dans ce moment de confinement, de le faire d’une manière qui est visible. Je crois que ça doit d’être la même chose pour les péchés de la part des autres à notre égard. Que les gens reconnaissent que c’est mal ou non, je crois que c’est important de pardonner d’une manière qui n’est pas arrogante, qui n’est pas vindicative, d’une manière qui ne soit pas légaliste ou accusatrice envers l’autre, qui n’est peut-être pas au même endroit que nous, qui n’a pas le même angle de vue. C’est très important de pardonner, d’être remplis de grâce, et de montrer qu’on s’appuie sur le Seigneur dans tout ça, et puis qu’on l’aime.

FV: Excellent! Écoute, j’espère que c’est très utile!

Un petit témoignage puisque ni mon épouse ni moi-même ne venons de familles chrétiennes. On n’avait pas les repères, forcément, que l’on aurait aimé avoir pour accompagner nos enfants dans la maturité. Alors on a posé des questions assez systématiquement à des familles dont on avait vu que les enfants avaient grandi de façon équilibrée, avec un amour pour le Seigneur, et on a demandé à ses enfants: « qu’est-ce que vos parents ont fait qui était mal, et qu’est-ce que vos parents ont fait qui était bien? » On voulait le comprendre et apprendre d’eux. L’une des données systématique de cette question, ça a été: premièrement, « on savait que nos parents nous aimaient. » Il y avait la verbalisation de l’amour qui était tangible. Deuxièmement, « quand ils faisaient mal, ils demandaient pardon. »

C’était intéressant parce que ça peut sembler très humiliant de demander pardon mais en fait, c’est au contraire ce qui est un gage d’authenticité, de justice et de justesse et donc d’espoir. Alors ça nous a touchés. Nos enfants étaient très conscients d’avoir des parents imparfaits, pécheurs, et qui ont encore besoin de beaucoup de grâce pour continuer d’apprendre.

Je te remercie beaucoup Matthieu parce que je pense que ce sont quelques repères simples, fondamentaux, tirés de l’Écriture, qui permettent de naviguer dans les eaux compliquées de nos relations.

Merci beaucoup Matthieu!

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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