Un chrétien peut-il avoir une maladie psychiatrique? (Épisode 197)

En présentant une perspective biblique sur la question, Florent Varak nous montre que la réponse est oui. Il nous montre également comment la Bible nous permet d'affronter de telles problématiques avec espérance.

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Transcription 1PVR n°197 : Un chrétien peut-il avoir une maladie psychiatrique ?

La question qui nous préoccupe pour ce podcast est la suivante :

"Bonjour, je voulais savoir ce que pensez vous des maladies psychiatriques comme la démence et autres ? Un chrétien, né de nouveau, peut-il avoir une maladie psychiatrique qui entraînerait un oubli de l’Évangile ou une détérioration de la compréhension ? Une maladie de l’esprit est-elle un mauvais signe par rapport à Dieu ? Le sujet est douloureux mais pas assez évoqué. Merci cher pasteur."

Merci pour ta question ! Elle est excellente et elle touche, bien entendu, profondément les émotions de ceux qui, soit passent par une situation comme celle que tu évoques, ou bien qui côtoient des gens qui ont ces troubles, que l’on appelle maladies psychiatriques ou maladies mentales. On se demande quels peuvent être les progrès spirituels qui peuvent être réalisés ou envisagés. Ta question est très pertinente et bien sûr, effectivement, elle n’est pas très évoquée parce qu’on ne sait pas d’ailleurs toujours comment se positionner par rapport à cela.

[Tout d’abord, je voudrais m’excuser pour les conditions d’enregistrement de ce podcast. Je suis à N’djamena, capitale du Tchad et donc j’enregistre alors que le jour se lève et qu’autour de moi, la vie commence. Il y aura probablement quelques bruits intempestifs tout au long de l’enregistrement. Je voulais que tu saches d’où ça vient !]

Pour répondre à ta question, on va aborder trois points : la première, on va définir ce qu’est un trouble psychiatrique, autant que je puisse le faire (je ne suis pas psychiatre ni médecin, mais de ce que je peux comprendre de ce qu’est un trouble psychiatrique) ; deuxièmement, on va définir ce qu’est un chrétien. Là ce sera un peu plus facile pour mes compétences, et enfin, je te proposerais ma réponse par rapport à la question que tu poses.

On désigne par troubles psychiatriques, un ensemble de troubles du comportement qui s’accompagnent souvent de troubles émotionnels, relationnels ou des troubles de la personnalité. Tu vois que c’est assez vague comme description et ça peut toucher un certain nombre de situations et les symptômes ici sont assez généraux.

L’origine de ces troubles peuvent être multiples. Certains peuvent être extérieurs à la personne. Je pense notamment à des personnes qui ont vécu des traumatismes ou des sévices graves dans leur enfance, et qui ont les conséquences de ces sévices de façon assez durable. Parce que ce n’est pas traité, parce que ce n’est pas abordé dans un contexte d’accompagnement psychologique ou d’accompagnement psychiatrique, la personne peut développer une réaction assez vive à ces traumatismes, je pense notamment à ce que peut être l’inceste. Ça ne veut pas dire que tous ceux qui ont vécu l’inceste vont développer de tels troubles, mais un traumatisme va enclencher un certain nombre de réactions, à la fois physiologiques et psychologiques chez un individu qui, venant à maturité, peuvent se développer comme ce que l’on qualifierait de trouble mental.

Parmi les facteurs externes, on peut aussi observer que, et c’est de plus en plus avéré, un usage du cannabis chez certaines personnes, peut faciliter le développement d’une schizophrénie. Encore une fois, je ne dis pas que tous ceux qui fument du cannabis vont ensuite être schizophrènes, mais il y a une corrélation certaine entre la pathologie de la schizophrénie, dans certains cas, et l’usage du cannabis. C’est toujours un pari sur soi, quand on s’engage à prendre de ce genre de drogue parce qu’on ne sait pas comment l’organisme réagit. On ne sait pas d’ailleurs quels peuvent être les facteurs qui sont internes comme des facteurs génétiques qui prédisposent tel type de réaction.

Autre remarque, l’origine de ces troubles peut être interne. On commence tout juste à explorer ce que l’on définit comme les prédispositions génétiques que j’ai évoquées. Elles pourraient être déclenchées par certains facteurs contextuels ou environnementaux. Et il semble que certains patients ont un dérèglement biochimique qui empêchent l’absorption de certaines substances nécessaires à l’équilibre des émotions.

Je suis conscient que j’ai dit des choses assez compliquées ici mais, ce que je veux dire par là, c’est que, l’organisme en lui-même peut connaître des déficiences dans son fonctionnement, et notamment tout ce qui régule les émotions. Ça peut déclencher des comportements qui seraient considérés comme un trouble mental.

L’une des expériences, enfin… les observations les plus exceptionnelles qui étaient les premières, un peu, à réfléchir aux liens entre l’organisme tel que le cerveau et le comportement : je crois, si mes souvenirs sont bons, ça vient d’un ouvrier qui était un homme extrêmement aimable qui travaillait à l’installation des chemins de fer, c’était aux États-Unis. Un homme extrêmement aimable, gentil, prévenant, poli… enfin, le type parfait par excellence. Et puis, il semble qu’il y ait eu une explosion qui ait envoyé un barre de fer au travers de sa mâchoire, qui a enlevé une partie de son cerveau (je suis désolé, c’est pas très ragoûtant comme histoire !) Il a survécu, mais son comportement est devenu extrêmement agressif, grossier, violent. On a remarqué donc, en l’absence d’une partie de son cerveau, son comportement avait changé. On peut donc comprendre, il y a une corrélation assez facile à observer puis à comprendre que, s’il y a une partie du cerveau qui s’atrophie, s’il y a certaines fonctions de l’organisme, certaines fonctions nerveuses notamment qui s’atrophient ou sont inexistantes, cela peut engendrer des comportements qui seraient qualifiés de trouble mental.

Alors maintenant si on va hors du contexte médical, hors du contexte de l’observation, on remarque, dans le Nouveau Testament, il y a des comportements d’extrême violence ou d’associabilité énorme, gigantesque. On perçoit, on voit que cela peut être le fruit d’une occupation démoniaque. Je suis bien conscient qu’en disant ça, je me place dans le terrain résolument de l’Évangile et de la Parole de Dieu. Ce sera absolument pas un diagnostic recevable dans un contexte médical mais qui, néanmoins, on doit l’observer, existe d’un point de vue spirituel dans le temps du Nouveau Testament. En sachant que le temps du Nouveau Testament est assez particulier parce que c’est le moment de l’incarnation du Fils de Dieu et que cette incarnation, elle suscite beaucoup d’émoi, de tensions et d’oppositions dans le monde spirituel, parce que le Fils de Dieu est venu détruire le malin et c’est ce qu’il fera. Hébreux (2.14) nous dit "qu’il a écrasé le diable par sa mort". Colossiens 2.15 nous dit "qu’il a dépouillé les principautés et les pouvoirs". Et donc, on peut imaginer que cela suscite une sorte d’opposition très intense et particulière qui n’est pas forcément celle que nous pouvons attendre tous les jours dans nos situations. La prévalence de ces situations démoniaques, un peu excessive, peut aussi être le résultat de l’incarnation et de la volonté démoniaque, en quelque sorte, de s’opposer à Dieu le Fils dans l’oeuvre qu’il allait faire à son encontre.

Maintenant, la deuxième remarque, qu’est-ce qu’un chrétien ? Un chrétien, c’est quelqu’un :

• Que le Saint-Esprit a fait naître de nouveau (Jean 3.5) ;

• Que Dieu a baptisé du Saint-Esprit pour le placer dans son corps (1 Corinthiens 12.13 ; Romains 8.9) ;

• Qui croit que Jésus est mort pour ses péchés, il a confiance que Jésus lui a pardonné, il a confiance que Jésus le répare, couvre son péché, couvre sa honte par son sacrifice : Romains 3.23-25 et une pléthore d’autres versets, Romains 6.23 etc. Un ensemble de textes qui nous montrent que Jésus est venu pour pardonner les péchés, couvrir notre honte, masquer ce qui est hideux en nous ; et nous revêtir de son honneur, nous revêtir de son pardon, nous préparer une place. Nous sommes cohéritiers avec Jésus-Christ ;

• Qui, en conséquence de ce sacrifice de Christ sur la croix et de l’invasion de Dieu dans sa vie, aime Dieu et aime son prochain ;

• Qui attend aussi, avec assurance, cette espérance glorieuse du retour de Jésus-Christ. Il attend la résurrection du corps, il sait que son être est soumis à des influences physiologiques défaillantes, mais il attend avec impatience le moment où Jésus reviendra pour le transformer à son image.

• C’est donc un homme (une femme ou un enfant) qui est profondément renouvelé, transformé, mais, en même temps, une personne qui est entre 2 mondes : le monde où Dieu l’a sauvé et le monde où Dieu le sauvera ; le monde où Dieu l’a pardonné, mais entre le monde à venir qui est le monde de la glorification, où il sera à l’image de Jésus-Christ. Cette tension nous est montrée et notamment visible vis-à-vis du corps. Je suis chaque jour de plus en plus renouvelé dans mon amour pour Jésus, vraiment (enfin… chaque jour c’est peut-être un peu excessif !). Dans le temps, je vois combien, par sa grâce, j’aime Jésus de plus en plus. En même temps, mon corps prend une autre direction : il vieillit, il est moins fonctionnel, ou fonctionne moins bien qu’auparavant. L’apôtre Paul on parle de cette manière en 2 Corinthiens 4.16 (SER) "C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même lorsque notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour."

Le corps, depuis le péché d’Adam et Eve, est assujetti à la mort. Il y a un principe intérieur dans mon corps qui est associé au péché en Adam, et qui est associé à ce principe de défaillance de l’organisme que l’on voit, non seulement dans l’organisme des hommes et des femmes, mais dans l’ensemble de la création. La création a été soumise à la vanité du péché. Le monde ne fonctionne pas comme on voudrait, le corps ne fonctionne pas comme on voudrait, y compris chez un chrétien.

Donc ces deux observations, que je viens de faire (ou ces deux séries d’observations que je viens de faire) nous permettent de répondre, avec un oui catégorique, à ta question ! Il est tout à fait possible d’être un disciple de Jésus et d’être atteint d’une déficience mentale dont on ne peut pas forcément, d’ailleurs, comprendre l’origine, ça peut être un ensemble de facteurs. Il ne faudrait surtout pas ajouter à la souffrance d’une maladie psychiatrique, la souffrance de la culpabilité parce qu’on a suffisamment à porter, avec la souffrance et la maladie, pour ne pas ajouter, encore, dans son imagination, que ce serait un mauvais signe de la part de Dieu, comme tu l’évoques dans ta question. En fait, les uns et les autres, nous sommes assujettis à des influences et des forces qui sont opposées, en quelque sorte, à cette vie initiale que Dieu avait donné dans la création d’Adam et Eve.

Oui, il est possible qu’un disciple de Jésus, que quelqu’un qui croit que Jésus est mort pour le pardonner, le restaurer et le réparer en même temps… qu’il soit atteint d’une maladie psychiatrique.

Son système nerveux peut être dégradé parce que c’est cette partie de son corps qui ne fonctionne pas, de la même manière que pour d’autres, ils peuvent avoir un problème de foie ou avoir un problème de genou, ou ils peuvent avoir un problème de digestion ou autre… Peu importe le type d’organisme de l’être humain qui est affecté, c’est tout à fait envisageable et possible qu’un disciple du Christ connaisse des défaillances dans son corps.

Son passé peut-être amoché. Je connais des gens, il y a des gens autour de moi que j’aime profondément et qui me sont proches, qui ont été profondément affectés dans leur psychisme par la violence. Un certain nombre de comportements s’explique, en partie, par la violence qu’ils ont subie, par la gestion optimale qu’ils font de cette situation, sans pouvoir être aussi à même de le contrôler qu’ils le souhaiteraient.

Les pensées d’un individu peuvent être affectées, les émotions d’un individu peuvent être affectées. Il y a des facteurs biochimiques, biologiques, aussi psychologiques, l’habitude que l’on a de la pensée que l’on peut avoir.

Donc ce n’est pas forcément un mauvais signe de Dieu. Comme toutes choses qui nous arrivent et qui sont sous la souveraineté de Dieu, Romains 8.28 nous rappelle que "toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu". Et il ajoute, au verset 29, pour nous faire ressembler à Jésus (je paraphrase). La grande idée, c’est que Dieu va nous faire ressembler à Jésus et parfois, il utilise la tentation, la pression, la maladie, les circonstances adverses, opposées ou difficiles à vivre, pour que nous puissions nous rapprocher de lui ou pour que nous puissions trouver en lui les ressources nécessaires pour faire face.

Parfois, on n’arrive pas si facilement que ça à faire, et c’est certainement un défi unique pour quelqu’un qui a une maladie psychiatrique, notamment une maladie psychiatrique profonde. Mais, en même temps, il n’y a absolument pas de situations qui empêcheraient un Dieu souverain de se révéler à quelqu’un, et de faire en sorte que ces personnes progressent avec toute la difficulté unique que cette personne va rencontrer, de la même manière que d’autres ont d’autres difficultés dans le développement de leur vie chrétienne.

C’est drôlement important et je voudrais aussi souligner, qu’il ne faut jamais préjuger de ce que l’on est ou de ce que l’on deviendra, parce qu’il y a des gens totalement "normaux" entre guillemets (enfin… si "normaux", je pense qu’on est quelque part tous brisés par le péché de façon différente) mais il y a des gens tout à fait "normaux" qui, à un moment donné, déraillent, dérapent pour x raisons, et ils deviennent, ou ils développent un comportement qui est soit asocial, soit parfois très problématique à leur encontre, à leur égard, sur leur propre corps, sur ceux qu’ils aiment, et ils peuvent développer des troubles de type psychiatrique. Certains ‘burnout’ peuvent faire passer quelqu’un par quelques mois, quelques années, de comportement de ce genre. Je ne vais pas dire que le’ burnout’ conduit nécessairement à des maladies psychiatriques, mais tu comprends ce que je veux dire ? C’est que, nul d’entre nous ne peut dire, mais "je suis exempt à jamais de ce genre"… On ne sait pas ce qui peut arriver !

Cela me conduit – ce sera finalement la chose que j’aimerais que tu retiennes – cela me conduit à encourager vraiment, et c’est pas facile en tant qu’église de le vivre, encourager vraiment une expression de patience, d’amour, d’être aux côtés du souffrant, sans nécessairement avoir toutes les solutions. Nous qui sommes évangéliques, on a parfois le doigt sur la gâchette pour donner les solutions, donner des versets aussi, et puis penser qu’il suffirait d’une petite onction d’huile… (ce qu’il faut faire, pourquoi pas, parce que la Bible dit en Jacques 5, "que celui qui est malade appelle les anciens pour qu’ils prient pour lui en l’oignant d’huile", pourquoi pas). Mais cette pensée, un petit peu magique, un peu rapide, qu’une prière, une option d’huile, un verset, va forcément, profondément, changer un individu.

Parfois la vie chrétienne, c’est d’accompagner ceux qui sont faibles (et je pense que ceux qui sont dans cette situation, sont dans cette faiblesse), d’être à leurs côtés en les aimant, sans forcément chercher à les guérir parce que le mot guérison a une connotation tellement complète, tellement globale. Mais c’est là où la communauté, en aimant et en aimant sans préjugés, en aimant avec tact, et aussi en s’entourant de gens qui sont compétents dans ce domaine, pour se donner quelques pistes et quelques conseils.

Parfois, et moi je me souviens d’une personne qui était schizophrène et qui menaçait un membre de notre église. Elle est venue dans notre église, elle était schizophrène. Je ne sais pas si elle avait vraiment fait une démarche de foi. Elle a commencé à menacer une personne qu’elle voulait épouser. On s’est renseigné auprès de médecins, quel était le comportement le plus adapté pour ce genre de situation. Et les anciens ont dû prendre une position absolument ferme, justement, pour éviter que, petit à petit, ça prenne une plus grande proportion et que l’obsession se développe. A la fois pour protéger l’individu qui était menacé et à la fois, pour pouvoir donner un cadre à cette personne.

Bref ! C’est pas évident, mais ça nécessite parfois d’accompagner, d’être aux côtés d’eux, parfois de donner un cadre de fonctionnement qui permettent aussi la sécurité de chacun. Et certainement d’utiliser toutes les ressources professionnelles nécessaires pour pouvoir faciliter l’intégration de cette personne dans un espace tel qu’une église, qui est un espace social avec un certain nombre de règles aussi à respecter. On ne peut pas laisser ce qui pourrait être une violence, ce qui pourrait être une menace s’exprimer non plus dans une église. Donc avoir quand même cette perspective d’être aux côtés d’eux, parce qu’il y a pas que des maladies mentales, il n’y a pas que la violence, il y a aussi simplement de la confusion, et être aux côtés d’eux en aimant, en accompagnant, sans forcément chercher à tout résoudre, ce n’est pas si évident que ça. Mais en étant aux côtés d’eux comme Jésus a pu l’être et comme le Saint-Esprit voudrait certainement que l’on soit. Lui intercède pour chaque chrétien, y compris les chrétiens qui sont atteints de maladies psychiatriques. C’est notre privilège et notre rôle en tant qu’église d’être à leurs côtés.

Si jamais tu t’intéresses à cette question et que tu veux faire quelques recherches, il y a, publié chez Publications Chrétiennes, d’excellents livres notamment par Edward Welch. C’est un psychologue et un théologien, c’est un homme qui est très impliqué dans le counselling biblique, dans la relation d’aide biblique. Il a écrit plusieurs ouvrages qui sont remarquables. Ils sont proposés chez Publications Chrétiennes. Je vais t’en lire quelques titres, mais si tu vas sur n’importe quel site, comme celui de la Maison de la Bible, par exemple, et que tu tapes le nom Edward Welch, tu feras apparaître la liste des ouvrages qu’il a publiés. Ils sont tous excellents, je te les recommande !

Je te dis quelques titres :

• "C’est la faute au cerveau" : ça c’est pour ceux qui voudrait dire que tout leur comportement est excusable sur des processus biochimiques. Non, justement, il y a des problèmes aussi… le cerveau aussi fonctionne en fonction de stimuli que l’on nourrit.

• Un qui s’intitule "La dépression" (pas besoin d’en faire la description)

• Un autre qui s’intitule "Le trouble déficitaire de l’attention" : c’est un trouble très à la mode aujourd’hui que l’on diagnostique assez rapidement, et surtout que l’on médicalise, parfois, peut-être un peu trop, mais qui suis-je pour le dire ainsi ? En tout cas, c’est un livre que si, votre enfant ou si vous-même êtes qualifiés de ce genre le trouble, mérite la lecture.

• "Les troubles alimentaires" : avec tout ce que cela peut représenter de popularité aussi, avec les gens qui ne mangent pas ou qui se font vomir, anorexie, boulimie etc, tout ce genre de choses.

Après t’avoir recommandé ces lectures, et si tu fais l’excellente formation que propose la fondation du counselling biblique, qui nous est proposé par nos frères québécois, tu verras, tu seras confronté à pleins d’informations et de relations sur cette situation. Je termine avec la première des béatitudes : "Heureux les pauvres en esprit". Il y a cette notion que, on vient à Dieu les mains vides, on vient à Dieu sans aucune prétention soi-même. Les gens qui ont un grand intellect ont parfois tendance à penser que c’est leur réflexion qui les mène à Dieu. En fait, la grande idée c’est qu’on vient à Dieu parce qu’on y est invité, parce qu’on est appelé, et que l’on réalise qu’on a rien à mettre sur la balance. Souvent, les gens qui sont dans des situations de faiblesses, comme peut-être la maladie psychiatrique, peuvent tout à fait comprendre qu’ils n’ont rien à donner à Dieu, rien à apporter, mais que Dieu peut les retrouver et peut remplir leurs mains vides, parce que c’est par la grâce que l’on est sauvé, par le moyen de la foi. Et la foi d’une personne qui est faible, qui est assujettie à la maladie mentale, est une personne qui peut reconnaître qu’elle a besoin d’un Dieu qui intervient dans sa vie, qui peut reconnaître et croire que Jésus est mort pour lui.

Alors, il y avait une partie de ta question : est-ce qu’elle peut oublier cela ? Oui, elle peut oublier cela ! Puis les situations comme Alzheimer et de démence sénile nous montrent des chrétiens qui ont été fervents tout au long de leur vie, et qui après ne savent même plus comment ils s’appellent, ou quel était leur lien à Jésus. Il faut se garder de conclusions hâtives, notre esprit – notre esprit, notre âme, la partie la plus immatérielle et intime de notre être – est éternelle. La Bible dit que Jésus nous garde dans sa main et je veux croire que c’est cette partie là qui ne pourra jamais être ôtée de sa main. En sorte que, même si le corps se détruit, y compris par rapport à la mémoire, y compris par rapport à la capacité de croire et d’exprimer la foi, même si l’homme extérieur se détruit de plus en plus, l’homme intérieur se renouvelle parce qu’il est le fruit de la présence et de l’occupation du Saint-Esprit et parce qu’il est le fruit de l’intercession du Saint-Esprit.

On peut prier pour ceux et celles qui sont autour de nous et Dieu peut leur donner, même s’ils semblent absents, un éclair d’illumination et de compréhension sur l’Évangile et sur un Évangile qui sauve, et leur donner la foi et le désir de croire.

Voilà, j’espère avoir répondu à ta question.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de nombreux livres dont le Manuel du prédicateur, L'Évangile et le citoyen et la ressource d'évangélisation produite en co-édition avec TPSG: La grande histoire de la Bible. Florent est aussi conférencier, et professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève. Il est le directeur international du développement des Églises au sein de la mission Encompass liée aux églises Charis France. Il est marié avec Lori et ont trois enfants adultes et mariés ainsi que quatre petits-enfants.

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